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SPEECH/11/2

Antonio Tajani

Vice-président de la Commission Européenne, Commissaire à l'Industrie et à l'Entreprenariat

Symposium Nouveau Monde, Nouveau Capitalisme

Paris, le 6 janvier 2011

Mesdames et Messieurs,

L'Union Européenne dans son Traité fondateur propose un modèle économique basé sur une économie sociale de marché. Ceci signifie que le marché doit être un moyen pour améliorer le bien être de nos concitoyens et non pas une fin. Ce modèle est une réussite que le reste du monde nous envie et que l'Europe peut exporter vers les autres parties. Je crois qu'avec la crise financière nous avons constaté ce qui arrive quand le marché devient un but en soi. Il faut par conséquent revenir à un modèle économique basé sur une croissance réelle de l'économie réelle.

Et pour atteindre cette croissance de l'économie réelle, il faut que nos entreprises soient compétitives. J'ai été invité ici pour porter clair et haut ce message.

En tant que Commissaire chargé de l'Industrie et de l'entreprenariat j'ai consacré cette première année de mandat à remettre l'économie réelle au centre de nos préoccupations.

L’Europe n’a pas la possibilité de concurrencer d’autres régions du monde au niveau des faibles coûts salariaux. Elle ne peut pas non plus s’engager dans une course aux subventions ou une guerre des taux de change avec des pays comme la Chine.

Elle peut cependant concurrencer les autres régions du monde sur certains plans, grâce à des atouts essentiels pour la compétitivité durable de l’économie et de l’industrie. Par exemple:

  • Un marché unique de 500 millions de consommateurs, avec plus de 200 millions de travailleurs qualifiés et plus de 20 millions d’entrepreneurs innovants,

  • Des infrastructures publiques et privées de transport, d’énergie, de communications d'excellente qualité, au service de l’industrie et de la société,

  • Des services publics excellents, des institutions et un cadre institutionnel démocratiques, transparents, prévisibles

  • Et enfin, une multitude de pôles de classe mondiale et de chaînes de valeur et de production nés de l’histoire et difficiles à copier ou à reproduire à court terme.

Voici quelques exemples d’atouts sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour rester compétitifs. Mais tous ces atouts doivent être développés, optimisés et nous devons poursuivre nos efforts de modernisation, qui doivent devenir plus ambitieux et plus incisifs aussi bien au plan national que communautaire.

Pour lancer une nouvelle stratégie de croissance, nous devons agir différemment: il nous faut tourner le dos au confort du status quo, du “business as usual”. Nous devons recentrer les efforts politiques sur le renforcement de la compétitivité de nos entreprises. Il nous faut cependant rendre notre système industriel plus efficace et stimuler l’esprit d’entreprise et d’innovation ici en Europe.

C'est ce que j'ai voulu faire avec le lancement d'une nouvelle approche de politique industrielle - car l'industrie doit être considérée comme une partie de la solution. Elle constitue, en effet, l'un des principaux facteurs de modernisation, d'augmentation de la productivité et de progrès technologique en général.

C’est pourquoi la désindustrialisation ne peut être une option pour l'avenir - ni en Europe, ni ailleurs dans le monde. Les services ne peuvent être un substitut à l’industrie, mais doivent être considérés comme complémentaires à celle-ci.

Nous, les politiques, pouvons contribuer à cette solution en améliorant les conditions cadre et donc, avant tout, nous devons réduire les charges administratives sur nos entreprises, surtout sur les petites et moyennes entreprises.

Mais il est également nécessaire que les infrastructures des transports, de l’énergie et des communications suivent. Il faut que le poids de l'ajustement structurel ne soit pas porté exclusivement par un secteur ou une région. Il faut intervenir là où les marchés ne fonctionnent pas convenablement en tant que marchés. Il est indispensable d'aider nos PME à grandir et à s'internationaliser pour pouvoir profiter des marchés globaux.

Il est nécessaire de favoriser la compétitivité des entreprises quelle que soit leur taille et leur secteur. Si les grandes entreprises sont les premières à pouvoir tirer profit de la globalisation, les PME constituent la grande majorité des entreprises européennes et assurent la diffusion capillaire de richesse et d'emploi sur le territoire. C'est sur cette richesse que nous devons investir pour que tous les citoyens de l'Union profitent des bénéfices de la croissance.

Il convient aussi de protéger notre propriété intellectuelle et nos marchés des biens non conformes à nos règles en matière de protection des consommateurs. Je suis également en train d'envisager l'opportunité de prendre des initiatives pour protéger nos actifs stratégiques. En effet, l'Union Européenne doit avoir le courage de définir et de défendre ses intérêts stratégiques. Pour ce qui est de mon domaine, on peut considérer comme intérêts stratégiques les suivants:

  • la sécurité, au niveau de l'espace également: c'est pour cela que l'Union Européenne continue à investir dans le grand projet industriel qu'est le système de radionavigation par satellite Galileo;

  • Les terre rares, dont la disponibilité est cruciale pour les industries européennes: d'ailleurs, la Commission européenne lancera à la fin du mois une initiative dans ce domaine ;

  • le know-how technologique de pointe. Il ne s'agit pas de refuser tout investissement étranger direct en Europe, bien au contraire, l'Europe a besoin d'investissements. Mais il s'agit de s'assurer que les fruits des investissements en innovation européenne restent en Europe au bénéfice des entreprises et des économies européennes.

D'ailleurs, vous entendez bien que je dis 'européen'. Il nous faut prendre acte du fait que les marchés sont devenus mondiaux, avec des chaînes de valeur disséminées autour du globe, surtout en ce qui concerne les marchés des produits. Je suis convaincu qu'il n'est plus possible de réfléchir en termes de marchés nationaux et de politiques économiques nationales.

Il faut au moins considérer le niveau européen. C'est pour cela qu'une meilleure coordination des politiques est nécessaire, non seulement des politiques fiscales, mais aussi des politiques industrielles et de celles en faveur de la compétitivité des entreprises.

Ce n’est qu'en mettant de côté nos approches nationales non coordonnées que l'Europe peut devenir plus que la somme de ses composantes et sortir gagnante du défi de la croissance.

Je vous remercie de votre attention !


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