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José Manuel Durão Barroso Président de la Commission Européenne Déclaration du Président Barroso suite à sa rencontre avec François Fillon, Premier Ministre de la France Point presse Bruxelles, le 14 avril 2011

Commission Européenne - SPEECH/11/274   14/04/2011

Autres langues disponibles: aucune

SPEECH/11/274

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission Européenne

Déclaration du Président Barroso suite à sa rencontre avec François Fillon, Premier Ministre de la France

Point presse

Bruxelles, le 14 avril 2011

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Permettez-moi d'abord de vous dire le grand plaisir de recevoir le Premier Ministre François Fillon ici, au siège de la Commission européenne. La dernière visite était en juillet dernier, lors de sa rencontre avec l'ensemble du Collège.

C'était une réunion de travail très constructive, sur plusieurs sujets d'actualité. Je peux constater – une fois encore – que la Commission et la France sont sur la même longueur d'onde s'agissant des grands enjeux européens et j'en soulignerai deux, qui étaient l'essentiel de nos discussions aujourd'hui: la migration, et aussi la question de la gouvernance économique.

La migration est au cœur de nos préoccupations. L'Europe est confrontée sur ses côtes italiennes et maltaises à un afflux important de migrants en provenance de la rive sud de la Méditerranée. Beaucoup de ces migrants cherchent un avenir meilleur en Europe, notamment via l'Italie, vers la France.

Schengen fournit les réponses adéquates, basées sur l'esprit européen, à savoir la coopération entre les États membres, la solidarité entre tous et la responsabilité de chacun. Ne nous y trompons pas: ce n'est pas un problème italien ou maltais. C'est un défi européen qui passe par une réponse européenne. Toute autre solution serait un recul collectif.

Pour répondre aux premiers besoins humanitaires issus de ces mouvements migratoires, l'Union européenne a d'ores et déjà lancé le 20 février dernier l'opération Frontex "Hermès", pour aider les autorités italiennes à gérer le flux des migrants d'Afrique du nord.

François Fillon et moi sommes également d'accord sur le fait que nous devons traiter le problème à la source et permettre à ces populations de rester ou de revenir dans leur pays d'origine pour y vivre avec les moyens nécessaires.

C'est tout le sens des discussions que j'ai eues cette semaine, avant-hier, avec nos amis tunisiens. J'ai proposé un Partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée. A travers cet accord ambitieux, l'Europe pourra aider ces pays dans leur développement politique et économique, tout en assurant qu'ils maîtrisent mieux l'immigration irrégulière vers l'Europe et puissent réintégrer ces populations aujourd'hui en errance sur le sol européen.

Je tiens à vous dire que j'ai passé ces messages de façon très claire, en montrant notre soutien politique, économique et financier à la transition démocratique en Tunisie. C'est vraiment extraordinaire ce qui est en train de se passer dans ce pays, je crois que nous devons beaucoup faire pour soutenir cette révolution démocratique, en même temps, soyons clair, nous n'avons aucun intérêt, ni les Européens, ni les Tunisiens, et surtout pas les jeunes qui parfois perdent leur vie en Méditerranée à permettre ce flux incontrôlé de l'immigration. Il y a des réseaux criminels, les "passeurs" comme on dit là-bas, qui exploitent ces jeunes gens. Donc nous devons maitriser ensemble, en partenariat, ce flux, et c'est dans ce contexte que nous travaillons avec les Tunisiens, et j'espère bien sûr, et je peux le dire que c'est ce qui se passe maintenant, avec le soutien de la France, de l'Italie, de l'Union européenne dans son ensemble.

Enfin, plusieurs chantiers économiques sont encore devant nous, notamment jusqu'au Conseil européen de juin.

Nous devons consolider la gouvernance économique. La France et la Commission ont toujours eu, l'une et l'autre, une ambition forte sur la gouvernance économique européenne, sur la coordination des politiques économiques européennes. Ce qui a été fait en ce sens, depuis un an, est un pas en avant très considérable.

Je sais qu'on peut toujours dire qu'on pourrait avoir plus, mais pensons où nous étions il y a deux ans, ou même un an. Il n'y avait pas un accord sur la gouvernance renforcée pour le Pacte de stabilité. Il n'y avait pas d'autorité paneuropéenne de supervision. Il n'y avait pas tout ce qu'on est maintenant en train de mettre en pratique.

Il faut maintenant finaliser les décisions prises au Conseil européen, fin mars, et parvenir à un accord en juin sur les propositions de gouvernance présentées par la Commission (le Conseil a déjà donné son soutien, il faut maintenant trouver cet accord surtout au niveau du Parlement Européen), pour renforcer le Pacte de Stabilité et de croissance et limiter les déséquilibres économiques au sein de l'Union. C'est un aspect essentiel pour renforcer l'intégration économique : protéger notre monnaie commune et éviter de nouvelles crises, au service de notre stratégie de croissance et d'emplois.

Mais pour cela il faut aussi des réformes. L'Europe a désormais une stratégie économique claire et ambitieuse au service de la croissance et des emplois. Ça, c'est notre but - la croissance et les emplois. D'ici le mois de mai, les États membres – dont la France – vont finaliser leurs programmes de réformes économiques ainsi que leurs plans pour réduire les déficits publics. Ils doivent s'inscrire dans le cadre global adopté au niveau européen pour garantir la cohérence de l'ensemble et éviter de nouveaux déséquilibres. Dans ce contexte, je tiens à féliciter le Premier Ministre Fillon pour les résultats vraiment importants et positifs réussis en termes de réduction du déficit budgétaire.

La Commission analysera ses rapports et présentera ses recommandations par pays en juin. Ce sera un test de crédibilité économique et politique des engagements pris par tous nos États membres.

Voilà, pour vous dire, en résumant, quelques mots sur ce qui était vraiment un échange très riche. Il y a la convergence sur les grandes lignes, sur les dossiers européens entre la France et la Commission. Encore une fois, je tiens à remercier le Premier Ministre Fillon pour sa position d'engagement pour une Europe plus forte et pour la qualité du dialogue que lui et la France entretiennent avec la Commission européenne.

Merci


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