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José Manuel Durão Barroso Président de la Commission européenne Conclusion de la Présidence belge Parlement européen – Session plénière Strasbourg, le 18 janvier 2011

Commission Européenne - SPEECH/11/26   18/01/2011

Autres langues disponibles: aucune

SPEECH/11/26

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Conclusion de la Présidence belge

Parlement européen – Session plénière

Strasbourg, le 18 janvier 2011

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Avec efficacité et concentration, avec pragmatisme et esprit communautaire, l'Union européenne a fait d'important progrès pendant la Présidence belge qui mérite à la fois notre admiration et notre reconnaissance.

Au nom de la Commission européenne je tiens à féliciter très sincèrement le Premier Ministre Leterme, tout son équipe du gouvernement, d'administration, tous les belges qui ont donné le meilleur d'eux mêmes pour le succès de cette présidence.

Ce fut une grande et belle présidence à un moment délicat et exigeant pour l'avenir de l'Union européenne. Rarement les défis ont été aussi importants, et les difficultés si cruciales à surmonter.

Au cours de ces longs mois de bruit et de fureur, permettez-moi l'expression, la Présidence belge n'a eu de cesse de garder le cap européen. Son action s'est toujours inscrite dans ce qui est le sens fondamental de l'existence de l'Union européenne, la solidarité de chacun au profit de l'intérêt général européen. Son action nous a aussi permis de parfaitement baliser la voie à suivre pour atteindre notre principal objectif : stabilité et relance d'une croissance génératrice d'emplois.

Ce furent des mois où l'Europe a encore vécu au rythme frénétique des développements de la crise de la dette souveraine. Tous les regards étaient rivés sur l'avenir de la zone euro et sur notre détermination à la défendre.

Dire que nous ferons tout pour défendre la stabilité de la zone euro dans son ensemble ne devront pas de vaines paroles, ce n'est ni plus ni moins que l'expression de notre ferme volonté politique de défendre notre destinée commune.

L'avenir de la zone euro et l'avenir de l'Union européenne sont les deux faces d'une même pièce. Cet avenir nous le voulons stable et prospère pour les générations futures. Cela a toujours été et cela reste le sens de la construction européenne.

Les réformes de fonds auxquelles nous nous sommes engagés montrent que nous avons pris pleinement conscience de l'enjeu auquel l'avenir de l'Union européenne est confronté.

Nous devons réussir à nous adapter aux nouvelles donnes - politiques, économiques et stratégiques - d'un monde globalisé et en pleine mutation. Nous devons réussir cette adaptation en affirmant nos valeurs, en défendant nos intérêts et en renforçant notre crédibilité et notre influence sur la scène internationale.

Les décisions de base que nous avons prises sur le renforcement de la gouvernance économique européenne et la lutte contre nos déséquilibres macro-économiques sont au cœur de ces progrès. Elles ne sont pas une option mais un impératif. J'espère que pendant ce semestre, le Parlement européen et le Conseil adopteront les propositions de gouvernance économique.

Fondamentalement, la question n'est pas de savoir qui, parmi les différents acteurs politiques européens, y gagne ou y perd. Fondamentalement la question est de savoir si chacun d'entre nous est prêt à coopérer dans le plein respect de nos prérogatives mutuelles. Car fondamentalement, la question est de savoir si l'Union européenne dans son ensemble y gagne ou y perd.

La réponse est claire. Sans renforcement de notre gouvernance économique nous serons tous perdants. Tous: dans la zone euro et dans l'ensemble l'Union européenne.

Sans renforcement de notre gouvernance économique nous ne gagnerons pas la bataille pour la stabilité et la croissance en Europe.

Sans renforcement de notre gouvernance économique les maillons forts d'aujourd'hui pourraient devenir les maillons faibles de demain.

Et sans renforcement de notre gouvernance économique nous perdrions notre crédibilité sur la scène internationale.

Alors que les questions de gouvernance et de déséquilibres macro-économiques sont également des questions mondiales, qu'on discute notamment au G20, comment pourrions-nous rester crédibles et influents auprès de nos partenaires internationaux si nous n'étions même pas capables de les résoudre au niveau européen?

Alors je le dis en pesant bien tous mes mots. Fondamentalement, il s'agit d'une question existentielle pour l'Union européenne. Nous agissons et nous nous affirmons en tant qu'Union ou nous subissons et nous nous laissons marginaliser.

C'est vraiment une question de destin collectif qui est en cause.

Nous sommes, fort heureusement, sur la voie de l'affirmation. Et c'est pourquoi je félicite sincèrement la présidence belge. L'accord obtenu au Conseil ECOFIN du 7 septembre dernier a permis la création d'un nouveau cycle de gouvernance économique, ce qu'on appelle le Semestre européen. La toute première étape a été lancée la semaine dernière avec la présentation de l'examen annuel de croissance préparé par la Commission européenne. Nous y indiquons très clairement les trois axes prioritaires sur lesquels doivent porter nos efforts pour l'année à venir : renforcement de la stabilité macroéconomique – notamment par l'assainissement budgétaire rigoureux, réformes structurelles et croissance créatrice d'emplois.

Nous avons aussi obtenu des succès majeurs dans le domaine de la surveillance financière notamment avec l'adoption d'une nouvelle architecture européenne de supervision financière qui a vu le jour le 1er janvier 2011 avec la mise en place du Comité européen du risque systémique et de trois nouvelles autorités de supervision financières couvrant respectivement les marchés, les banques et les assurances. Pendant ces six mois, nous avons aussi réussi à obtenir des accords sur la gestion des fonds spéculatifs et autres fonds d'investissements alternatifs ainsi que sur les agences de notation.

Pour nos concitoyens les mesures d'austérité ne sont pas un vague concept mais une dure réalité qu'ils vivent au jour le jour. Il y a à travers l'Europe beaucoup d'inquiétude et de préoccupation. Il y a aussi à travers l'Europe une forte attente pour que les réformes trop longtemps remises à demain soient enfin menées à terme et pour que la dimension européenne soit partie intégrante de la solution; pour que l'Europe défende et projette ses valeurs et ses intérêts dans le monde.

Il est donc important de largement communiquer sur ce que l'Union fait pour relancer une croissance durable génératrice d'emplois et bâtir une société européenne plus équitable et plus respectueuse de l'environnement.

Mais je souhaiterais aussi évoquer quelques autres succès notamment en matière de politique étrangère et de relations extérieures, par exemple l'accord de libre-échange signé avec la Corée du Sud le 6 octobre dernier. C'est tout simplement l'accord commercial le plus ambitieux jamais conclu par l'Union européenne. Il doit rester une référence pour nos futurs accords commerciaux bilatéraux.

Cancun, contrairement à ce qu'ont prévu les pessimistes, a aussi réussi à montrer quelques progrès sur la voie multilatérale dans la lutte contre le changement climatique. Cancun a également montré l'importance de la coopération entre la Présidence et la Commission, pour que l'Europe parle d'une voix cohérente et audible sur la scène internationale.

Je voudrais aussi saluer l'accord enfin obtenu dans le domaine des transports sur le dossier Euro-vignette. C'est quelque chose très important pour nos citoyens.

Et je voudrais surtout rendre hommage à la façon exemplaire dont la présidence belge a permis que les principales innovations du traité de Lisbonne soient respectées et exécutées . Elle a déployé avec brio tous ses talents de négociations lors de la difficile discussion sur le budget 2011 de l'Union européenne selon les nouvelles règles budgétaires du traité. Ce fut une illustration de l'esprit européen - et de sa culture du compromis - dans ce qu'il a de meilleur.

La Commission est fière de la contribution qu'elle a apportée à ce résultat. Demain même, en appliquant les engagements donnés à ce Parlement, j'aurai une première réunion avec le Président du Parlement européen, le Président Buzek, et le Président tournant du Conseil, le Premier Ministre Orbán, pour discuter les prochains pas en matière budgétaire.

L'année 2010 a été une année souvent difficile, parfois extrêmement exigeante, mais finalement très productive. Et c'est sous la Présidence de deux pays, la Belgique, mais aussi l'Espagne, que l'intégration européenne a pu avancer de façon déterminée. J'y vois la marque de la force de notre Union et du bon fonctionnement de nos institutions.

Il appartient maintenant au troisième pays du trio, à la Hongrie, de poursuivre sur cette lancée. Les grandes décisions que nous avons prises au cours de cette dernière année sont la preuve que nous savons tous - Parlement, Conseil, Commission, Etats membres - ce que nous devons faire pour assurer un avenir européen stable et prospère. Si nous savons ce que nous devons faire, nous devons le faire maintenant. Nous avons dit que nous avions la volonté de le faire. Nous devons maintenant montrer que nous sommes effectivement capables de nous tenir à nos engagements politiques, sans les diluer, sans faiblir et sans nous laisser leurrer par de timides signes de reprise.

Il s'agit de consolider nos actions, de montrer qu'elles ne sont pas qu'une réaction à la pression de la crise et des marchés mais bien la réaffirmation forte de notre volonté de vivre ensemble dans cette Union pour la paix, pour la démocratie, pour la solidarité et pour la liberté.

Je vous remercie de votre attention


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