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SPEECH/11/222

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Sur la voie de la démocratie - une perspective européenne

Conférence Sergio Vieira de Mello

Genève, le 28 mars 2011

Madame, Excellence, Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Laissez-moi tout d'abord vous dire combien je me sens honoré d'être ici aujourd'hui avec vous à Genève pour rendre hommage à Sergio Vieira de Mello.

En fait, c'est toujours un plaisir pour moi de revenir à Genève, où j'ai passé six ans de ma vie, et je le fais d'ailleurs en la présence de certains amis, et je tiens à les remercier pour leur présence.

Sergio Vieira de Mello fut un homme d'exception dont le souvenir reste si vivace en chacun d'entre nous. Et je voudrais remercier très chaleureusement Madame Vieira de Mello, ses enfants et aussi l'Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement de m'avoir invité à la quatrième Conférence annuelle organisée à la mémoire de ce grand serviteur de la paix, de la démocratie et des droits de l'homme.

Chacun sait à quel point Sergio était un homme remarquable tant par ses qualités humaines et intellectuelles que par son engagement professionnel, son courage, son dévouement de tout instant au service de la dignité de l'homme. Kofi Annan, aussi parmi nous ce soir, alors Secrétaire général des Nations Unies, a probablement le mieux résumé l'extrême richesse de la personnalité de Sergio lorsqu'il a déclaré, je cite : "je crois que personne ne pourrait nous manquer davantage, au plan professionnel comme au plan affectif." Sergio était effectivement, à plus d’un titre, une personnalité tout à fait unique et attachante.

Ici même à Genève en septembre 2002, s'adressant à des journalistes alors qu'il venait de prendre ses fonctions de Haut Commissaire aux Droits de l'Homme, Sergio disait et je le cite: "mon travail concerne les individus, il concerne ceux qui ont faim, ceux qui vivent dans la misère, ceux qui subissent les régimes d'oppression, ceux qui subissent la torture, ceux qui sont exploités et ceux auxquels on impose le silence."

Pendant trente-cinq ans, Sergio a consacré sa vie à aider tant d’hommes et tant de femmes à travers le monde à affirmer leur dignité, à faire entendre leur voix, à se construire un avenir. Il a inlassablement poursuivi ce combat du Bangladesh au Soudan, du Mozambique au Liban, du Cambodge au Kosovo, et du Timor oriental jusqu'en Iraq, jusqu'à un 19 août 2003 à Bagdad.

Avant l'Iraq, Sergio avait accompli ce qui est probablement l'une de ses plus belles réussites, et à laquelle je suis particulièrement sensible. Pendant presque trois ans, de novembre 1999 à avril 2002, alors qu'il était le représentant spécial des Nations Unies et chef de l'administration transitoire au Timor oriental, Timor Leste, Sergio a contribué à l'émergence d’un nouveau État, d'une nouvelle démocratie, le 192ème pays des Nations Unies, le premier pays indépendant du 21ème siècle : le Timor Leste créé le 20 mai 2002.

Je garde encore la lettre, que conjointement avec Ramos-Horta, il m'a écrit pour m'inviter, en tant que Premier Ministre du Portugal, à la cérémonie de l'indépendance de ce pays. Et je peux vous dire avec quelle émotion nous avons pris note de ce grand fait pour ce petit pays de la région de l'Asie-Pacifique.

Et s’il est vrai que ce sont les Timorais eux-mêmes qui ont gagné leur indépendance grâce à leur détermination et à leur courage, il est vrai aussi que la consolidation de l’indépendance du Timor et la construction d’un Etat démocratique viable doivent beaucoup à l'engagement et au dévouement de personnes telles que Sergio Vieira de Mello.

Je veux d'ailleurs vous dire à quel point cela a été important le rôle des Nations Unies. A un moment où presque personne ne croyait à la possibilité de l'indépendance du Timor Leste, je me rappelle bien parce que parfois le Portugal et les pays lusophones, nous étions pratiquement seuls dans cette lutte. C'était aux Nations Unies que nous allions, je me rappelle des contacts que j'ai eu avec le prédécesseur de Kofi Annan, Boutros Boutros-Ghali, ici même, à New York, mais ici même à Genève, nous avons lancé des conversations avec le ministre Indonésien Ali Alatas, qui a déjà disparu, pour lancer ce processus, qui après aurait mené à l'indépendance de ce pays, et je vois là mon compatriote Antonio Guterres, lui-même ancien Premier Ministre du Portugal, qui a aussi donné une contribution pour que cela puisse être possible.

C'était vraiment un de ces événements qui montre que les cyniques n'ont pas toujours raison. Les cyniques qui disaient que c'était impossible de lutter contre la géopolitique, contre la realpolitik, n'ont pas toujours raison. Que c'est possible, grâce au droit international, grâce aux Nations Unies, grâce à la volonté de tous ceux qui croient à certains idéaux, lutter contre ce que certains présentent comme la fatalité.

Mesdames et messieurs, aujourd'hui, pour la première fois, va être remis le prix Sergio Vieira de Mello. Comme vous le savez, il sera décerné tout à l'heure à l'organisation non-gouvernementale 'Al Mesalla Center for Human Resources Development' en reconnaissance de son travail pour la paix et la réconciliation en Iraq. Il ne pouvait y avoir de plus bel hommage rendu en ce jour à Sergio qui a donné sa vie pour la paix et la démocratie dans ce pays.

Je tiens à féliciter vivement cette organisation pour sa ténacité dans son travail en faveur de la promotion de la non-violence, et du dialogue inter-ethnique et inter-religieux. Le respect de l’autre et le respect de la différence sont à la base de la démocratie. Car si la démocratie c’est la volonté de la majorité, la démocratie c’est aussi, nous le savons tous, le respect des minorités.

L'indépendance, la démocratie sont des biens précieux et c’est justement de la démocratie dont je veux vous parler aujourd’hui. Ici, en Europe nous avons réussi à bâtir des Etats et une Union qui, bien qu’imparfaits, ont comme clef de voûte le respect de la démocratie et des droits de l´Homme.

Ce n’est malheureusement pas encore le cas dans d’autres régions du monde. Après la grande percée des années 1990 avec la chute du mur de Berlin, la dissolution de l’ex-Union Soviétique et le début des alternances de pouvoir en Afrique, les dernières années ont connu une stagnation des progrès de la démocratie dans le monde.

Cependant, 2011 pourrait bien être le début d’un nouveau réveil démocratique. Récemment, nous avons entendu une forte demande pour plus de liberté résonner partout dans le monde arabe.

Des images qui nous sont familières de jeunes gens descendant dans les rues pour réclamer démocratie, liberté politique, justice sociale nous ont tous touchés. Mais si les images étaient familières, les lieux étaient plus surprenants. Certains ne pensaient-ils pas que les rues et les places arabes ne pourraient jamais connaître de tels spectacles et entendre retentir une telle clameur populaire pour la participation à la vie politique, pour le respect de la dignité humaine, pour la liberté?

Ces mêmes voix estimaient que les valeurs de la démocratie étaient incompatibles avec la culture arabe, ou dans des pays à majorité islamique, que la démocratie était une valeur exclusive des pays et cultures occidentalisés.

Ces préjugés révèlent une méconnaissance de l'Histoire, mais aussi une véritable méconnaissance de l’être humain ; chaque individu aspire à vivre une vie plus digne et à voir ses droits respectés. S'il a la possibilité, il aura de la liberté. Ces préjugés révèlent aussi une méconnaissance de la pensée d’Arabes aussi importants pour l’histoire des idées qu’al-Farabi, Avicenna et Averroes qui ont été parmi les premiers à traduire et à interpréter les classiques grecs sur le "dêmos-kratos".

Les droits de l'Homme sont sans aucun doute une valeur universelle. L'aspiration à la démocratie est universelle parce qu’elle émane du fonds de l’être humain. Peu importe d’où il vient, où il habite.

Nous avons tous été impressionnés par ces jeunes gens et ces jeunes femmes. Leurs aspirations, leur enthousiasme, leur courage ont, je l'avoue, ravivé mes souvenirs de jeunesse.

Car je viens moi-même d'un pays qui longtemps a été privé de démocratie, de libertés politiques, de libertés publiques. Quand j'étais jeune étudiant en droit à Lisbonne, le Portugal d'alors était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. Il n’y avait pas de liberté politique, il n'y avait pas de partis politiques; ils étaient interdits. La presse était censurée et à l'époque, je me rappelle aussi de voir beaucoup de gens faire le lien entre démocratie et un certain type de culture.

Une dimension importante de la consolidation du projet démocratique au Portugal a été, justement, l’adhésion à la Communauté européenne, qui deviendrait maintenant l’Union européenne. Il en a été de même avec l’Espagne post-franquiste ou avec la Grèce après le régime des Colonels.

Ça explique pourquoi notre génération a fait cette équation tellement claire entre démocratie et Union européenne.

Et quelques années plus tard, nous avons vu cette même aspiration à la démocratie s'exprimer, dans d'autres circonstances, en Europe centrale et orientale, et avec le même désir de joindre l'Union européenne. Dans ce cas, dans le post totalitarisme des régimes imposés par l'Union Soviétique.

Mais le chemin de l'adhésion à l'Union européenne ne va pas sans conditionnalité. Il faut remplir ce que nous appelons les critères de Copenhague qui sont à la fois des critères politiques et économiques, le premier d'entre eux étant précisément d'avoir des "institutions stables garantissant l'état de droit, la démocratie, les droits de l'homme, le respect des minorités et leur protection."

Par cette politique d'élargissement conditionnelle l'Union européenne contribue ainsi à la consolidation de la démocratie naissante ou renaissante dans les pays qui souhaitent la rejoindre. C'est ce qu'on appelle parfois maintenant le soft power de l'Union européenne. En fait l'Union européenne a été, et continue à être, une grande source d'inspiration pour la démocratie dans son voisinage et même dans d'autres régions du monde.

Et ce parcours explique que l'Union européenne comprenne parfaitement les aspirations des peuples voisins du Sud. Face aux enjeux du Printemps arabe, l’Europe ne pouvait être qu’aux côtés de ceux qui manifestent pour plus de liberté car notre place est et sera toujours auprès de ceux qui aspirent à la dignité humaine, à la liberté et à la démocratie. Il ne peut y avoir aucune ambiguïté à cet égard!

Certes nous sommes encore loin, bien loin de connaître la fin de ces processus. Les transitions s’accompagnent toujours de risques, d’incertitudes, parfois de dangers très importants. Toutefois la peur de l’incertitude ne peut pas paralyser l’espoir d’un avenir plus prometteur. Et pour nous, en Europe, il fallait définir une position, on ne pourrait pas rester au milieu du pont entre dictature et démocratie, nous avons choisi clairement le soutien à la démocratie.

Car nous croyons que cette nouvelle génération, ces jeunes gens et ces jeunes femmes qui sont descendus dans les rues ne font pas appel à des modèles autoritaires comme alternatifs. Ils expriment, avant tout, un rejet des dictatures corrompues et une aspiration à la démocratie.

En s'inspirant de la distinction faite par Samuel Huntington, nous pourrions dire qu'une quatrième vague de démocratisation a commencé à Tunis et au Caire et je crois qu'elle ne s’arrêtera pas à Tripoli. Huntington considérait que la première vague de démocratisation était celle qui au 19ème siècle s'était développée en Grande-Bretagne, en France, aux Etats-Unis et qu'elle était suivie par celle de l'après- seconde guerre mondiale avec une renaissance de l'idéal démocratique entre 1945 et 1962 puis à partir des années 1970 par une troisième vague qui a précisément débuté avec les pays du Sud de l'Europe, avec la Grèce, le Portugal, l' Espagne et qui alors avait touché l'Amérique latine qui a été très déterminée par l'évolution de la péninsule ibérique, et après bien sûr, l'Europe centrale et orientale.

Mais il y a une certaine ironie à constater que cette quatrième vague qui vient de commencer dans les pays de la Méditerranée du sud marque aussi la fin du déterminisme culturaliste défendu par Huntington. L'aspiration à la liberté et à la dignité peut partout à travers le monde être plus forte que les forces de la haine et de la peur.

Et sur la Libye précisément, laissez-moi vous dire que ce qui était en train de se passer dans ce pays était inacceptable. Un régime qui tire sur son propre peuple n’a pas de place dans le concert des nations. La décision d’utiliser des moyens militaires pour assurer la protection des civils n'est jamais facile. La résolution 1973 des Nations Unies est sans doute une résolution extrêmement importante dans l'Histoire du droit international. Et l'action qui a été décidée par certains pays, notamment par certains pays européens, a été une décision d'un grand courage politique. Mais quelle serait l'alternative ? L’alternative aurait été de croiser les bras pendant que toute une population se faisait massacrer. Comme si l’on avait tout oublié et rien appris du Rwanda ou de Srebrenica.

La souveraineté des Etats ne va pas sans responsabilité dont celle de protéger ses populations. Quand un régime échoue de façon si brutale il revient à la communauté internationale de prendre ses responsabilités!

Mais l’expérience démontre que s’il faut beaucoup de courage et de détermination pour mettre fin à des régimes autocratiques, il en faut encore plus, au moins plus de patience, plus de détermination, pour bâtir des vrais régimes démocratiques. Et si je ne pense pas que l'on puisse imposer la démocratie de l'extérieur – non, elle doit venir de l'intérieur de la société elle-même - je crois qu'on peut aider à la promouvoir, à la consolider.

Ceci doit être justement le rôle de l’Union européenne, et bien sûr de tous ceux qui forment la communauté des démocraties dans le monde. Ça doit être le rôle de l'Union européenne face aux transitions en cours; aider à ce que ces processus de transition aboutissent à des systèmes plus justes, plus démocratiques et plus respectueux des droits individuels.

Les aspirations exprimées jusqu’à présent par ces hommes et ces femmes du pourtour de la Méditerranée ne pourront être satisfaites que par des réformes politiques et économiques rapides et ambitieuses; et nous sommes prêts à apporter notre soutien à tous ceux qui ont la volonté d'entreprendre de telles réformes.

C'est pourquoi la Commission européenne a lancé un "Partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée" avec le sud de la Méditerranée reposant sur trois piliers: transformation démocratique (notamment l'appui à l'institutionnalisation d'un régime démocratique); engagement avec les sociétés civiles et développement solidaire. Cette orientation a été appuyée par le Conseil européen c'est-à-dire par l'unanimité des Etats membres de l'Union européenne.

Il est de notre responsabilité de soutenir les changements en cours qui portent en eux l'espoir d'une plus grande liberté, d'une vie meilleure, de plus de démocratie et de justice sociale, autant de valeurs et d'aspirations que nous partageons tous, parce que nous croyons qu'elles doivent être vues comme des valeurs et aspirations universelles.

L'Union européenne possède l'expérience et les instruments nécessaires pour aider ces peuples dans leur chemin vers la démocratie.

Mais ici encore, fidèles à nos valeurs et à nos principes, le partenariat que nous proposons est un partenariat non seulement solidaire mais aussi responsable. Il repose sur une politique conditionnelle et différenciée d'aide à la démocratie. Réformes politiques et économiques doivent aller de pair et les pays qui iront plus loin et plus vite dans leurs réformes pourront compter sur un soutien plus important de la part de l'Union européenne.

Mais la démocratie est beaucoup plus que la tenue d’élections. C'est aussi une société civile vibrante, une presse libre.

C’est la raison pour laquelle l’un des éléments clés de ce nouveau partenariat, que nous voulons bâtir avec nos voisins du Sud, est l’engagement direct avec la société civile. Une société civile dynamique peut contribuer à défendre les droits de l'homme ainsi qu’à renforcer la démocratie et la bonne gouvernance, en jouant un rôle important de surveillance des pouvoirs publics.

La Commission va créer un mécanisme de voisinage en faveur de la société civile visant à renforcer leur capacité à suivre les réformes et à participer efficacement aux dialogues concernant les politiques à mener.

Les chemins qui mènent à la démocratie, nous le savons bien, ne sont jamais faciles, ils sont souvent très fragiles. Ils ne sont jamais un long fleuve tranquille. Et c'est bien là que nous pouvons aider, dans la consolidation des systèmes qui respectent l’Etat de droit et les libertés individuelles. Car comme l’a rappelé Raymond Aron: "Ce qui est essentiel dans l'idée d'un régime démocratique, c'est d'abord la légalité : un régime où il y a des lois et où le pouvoir n'est pas arbitraire et sans limites."

La base juridique est effectivement fondamentale et c'est un point que Sergio Vieira de Mello avait lui aussi souligné en parlant des droits de l'homme et je le cite : "les droits de l'homme ne sont pas uniquement une question politique, une question économique ou sociale, ils sont essentiellement une question juridique, ayant une base juridique, ils ont une base de droit. "

Mesdames et Messieurs,

A Genève, ce jour de septembre 2002 que j'ai évoqué au début de mon intervention Sergio a dit aussi et je le cite: "les droits de l'homme se fondent sur la dignité, et la dignité de tous, mais aussi la nôtre. Et plus particulièrement la mienne afin que je puisse me regarder dans le miroir et me dire que je fais ce que, eux, attendent de nous."

Je crois que c'est une leçon qui s'applique à tous et que nous ne devons jamais oublier. Pour l'Union européenne aussi être auprès de ceux qui aspirent à la démocratie, à la dignité c'est faire ce qu'ils attendent et espèrent de nous, c'est pouvoir nous regarder dans le miroir sans honte. Si nous devons nous tromper que ce soit en faveur de ceux qui crient pour plus de libertés.

Nous devons reconnaitre nous-mêmes, nous avons des problèmes, mais nous devons reconnaitre aussi que nous pouvons travailler avec nos partenaires.

Je crois que nous serions indignes de rester indifférents à leurs aspirations. Il appartient à chaque pays de tracer sa propre voie et de faire ses propres choix, nous sommes là pour les aider et contribuer à ce que l'espoir l'emporte définitivement sur la crainte et que la liberté triomphe définitivement de la répression.

Et quel meilleur endroit que Genève pour passer un tel message. Cette ville accueille les Nations Unies, et les plus grandes organisations internationales. Des milliers de personnes, dans le sillage de Sergio, des sièges de leurs organisations à Genève jusqu'aux quatre coins du monde, loin de leur patrie, servent la cause de la dignité humaine. Et je tiens à saisir cette occasion, où je fais mon hommage à Sergio Vieira de Mello, pour faire aussi un hommage à tous ceux, les fonctionnaires internationaux, aux Nations Unies, aux organisations internationales, aussi aux organisations non gouvernementales, tous ceux qui parfois quittent leur patrie pour travailler, très souvent dans l'anonymat, avec un grand courage. Je crois que le monde est aujourd'hui mieux que ce qu'il pourrait être grâce à l'effort des milliers et des milliers d'hommes et de femmes qui parfois ne sont pas tellement reconnus, parce qu'ils ont quitté leur pays, parce qu'ils travaillent au service d'un idéal transnational, supranational. Peut-être mieux que quiconque, ces fonctionnaires, ils nous font comprendre que le monde est aussi notre patrie et que les valeurs de la liberté et du respect des droits de l'Homme et de la démocratie sont universelles. Ils illustrent parfaitement ce qu'Erasme de Rotterdam avait un jour écrit à son ami Budé et je que cite: "Que vous soyez patriotiques sera loué par beaucoup et facilement pardonné par tout le monde; mais à mon avis il est plus sage de traiter les hommes et les choses comme si nous avons tenu ce monde la patrie commune de tous."

Voilà. Sergio Vieira de Mello était un Brésilien qui aimait profondément son pays, mais qui considérait aussi comme Erasme le monde comme la patrie commune de tous. Aujourd'hui, lui rendre hommage, c'est continuer de lutter pour les valeurs de la démocratie, du respect des droits de l'Homme, de la paix, et de la Justice.

Je vous remercie de votre attention.


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