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SPEECH/11/181

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

European economic governance in action

Conseil économique et social européen

Bruxelles, le 15 mars 2011

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs, chers amis

C'est avec grand plaisir que je suis ici aujourd'hui avec vous, à une semaine du Conseil européen de printemps.

Je saisis cette occasion pour féliciter votre président, le président Nilsson. Je l'ai reçu immédiatement après son élection, et je lui ai transmis mes meilleurs vœux pour son succès, comme le succès du Comité économique et social.

Je suis content que ce soit notre rencontre à la veille du Conseil Européen de printemps, qui est très important.

Je crois que nous avons maintenant toutes les cartes en main pour franchir, la semaine prochaine, une étape décisive dans la mise en œuvre de notre réponse globale à la crise fondée sur une coordination renforcée de nos politiques économiques.

Nous sommes à l'un de ces moments clés de la construction européenne où plus que jamais le dialogue avec les partenaires sociaux est fondamental. Et le sommet tripartite qui se tiendra précisément avant la réunion du Conseil européen en sera d'autant plus important.

La crise a eu un effet profond sur nos sociétés et son coût humain, en particulier, a été très lourd, et reste encore très lourd.

Notre enjeu essentiel est donc de restaurer un climat de confiance propice à une relance d'une croissance durable, équitable et génératrice d'emplois.

La crise nous a mis aussi en face à des réalités que nous ne pouvons plus ignorer ou prétendre ignorer. Et elle a contribué à accélérer des prises de décisions politiques en faveur d'une plus grande intégration européenne. C'est très précisément ce dont nous avions besoin, non pas pour donner plus de pouvoirs à Bruxelles, mais pour donner plus de forces à une Europe qui doit continuer à s'affirmer dans un monde qui devient de plus en plus compétitif.

Nous savons maintenant à quel point nos économies sont interdépendantes. Nous n'avons pas d'autres choix que de nous attaquer avec détermination à nos faiblesses structurelles, à renforcer le pilier économique de notre Union économique et monétaire.

Nous avons une union monétaire pour la zone euro, mais nous n'avions pas vraiment encore une union économique. On est en train de la consolider, de la construire vraiment maintenant.

C'est pourquoi c'est important d'avoir la consolidation fiscale, la stabilité financière, et plus de gouvernance économique. Ces éléments ne sont plus des options, ce sont des impératifs qui se renforcent mutuellement.

Cela fait plusieurs années déjà que la Commission européenne en appelle à une plus grande gouvernance économique. Nous l'avons souligné par exemple quand on a présenté notre document "Euro at 10" pour célébrer les 10 ans de l'Euro. Pendant longtemps c'était prêcher dans un quasi- désert tant les réticences de certains gouvernements étaient tenaces.

Aujourd'hui, je crois que c'est évident, que ce n'est pas simplement les Européens les plus convaincus qui demandent cette gouvernance plus poussée, ce sont les marchés qui l'exigent, comme façon de donner de la confiance et de la cohérence à nos efforts. Chacun s'accorde aujourd'hui à reconnaître la nécessité d'aller plus loin dans cette gouvernance.

Et j'y vois la preuve que nous avons su tirer les bonnes leçons de la crise et que nous sommes engagés sur la bonne voie pour que l'Europe sorte plus forte de cette crise.

Ceci dit, il nous faut être réalistes et dire la vérité. La sortie de la crise comme la nécessaire adaptation de nos économies, à l'évolution de nos sociétés vieillissantes et aussi à la nouvelle donne géoéconomique mondiale, demanderont des efforts de la part de tous.

Nous le voyons bien, plusieurs de nos Etats membres ont dû s'engager, sans plus tarder, dans des programmes ambitieux pour assainir leurs finances publiques. C'est absolument incontournable car sans assainissement des finances publiques, il n'y aura pas de reprise économique saine, fondée sur des bases solides.

Sans assainissement des finances publiques, il n'y aura pas de confiance. Sans confiance, pas d'investissements. Sans investissements, pas d'emplois.

C'est un acte de responsabilité et de solidarité à l'égard des générations futures qui ne doivent pas porter le poids de nos dettes ni payer le prix de l'absence de réformes trop souvent remises à demain.

C'est aussi un acte de responsabilité et de solidarité nécessaires au sein de l'Union européenne, où tout dérapage d'un Etat membre, on l'a vu, peut avoir des conséquences sur les autres, sur la confiance générale dans l'économie.

Il est évident que la consolidation fiscale et budgétaire n'est pas une fin en soi, c'est un moyen. Elle est avant tout la garantie de notre cohésion et de notre économie sociale de marché. Elle est la porte ouverte au rétablissement de la confiance et à la relance de la croissance. Elle ne fait de sens que si elle va de pair avec la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires à une croissance durable et génératrice d'emplois. Et il est tout aussi indispensable d'investir en même temps dans des secteurs d'avenir tels que la recherche et l'innovation.

Les plus vulnérables de nos sociétés ne doivent en aucun cas subir un poids disproportionné des efforts demandés et doivent être parmi les premiers bénéficiaires de nos politiques de réformes.

Il faut aussi avoir une attention particulière à la lutte contre la pauvreté. Ce n'était pas facile de mettre dans la stratégie 2020 la lutte contre la pauvreté comme un des objectifs pour l'Union Européenne. Certains Etats s'y opposaient clairement, en disant que ce n'était pas, à cause de la subsidiarité, de notre compétence, que c'était leur compétence. Mais je crois que, dans la situation actuelle, il faut un effort volontariste spécialpour les exclus de la société et pour ceux qui risquent de devenir exclus de la société. Parce qu'il y a des phénomènes de nouvelle pauvreté en Europe, alors là nous aurons non seulement des problèmes d'injustice très grave, mais aussi des problèmes de cohésion dans les réformes nécessaires.

C'est aussi pourquoi l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle, la création d'emplois et la lutte contre cette exclusion, sont au cœur de notre stratégie Europe 2020 pour la croissance et l'emploi.

Europe 2020 appartient à tous. Nous devons tous être solidaires dans sa mise en œuvre. C'est le gage de son succès. Je suis donc particulièrement heureux du soutien que votre Comité a apporté à cette stratégie et je compte sur votre active participation.

Europe 2020 rassemble tous les acteurs européens au profit d'un même intérêt commun : une croissance européenne qui soit intelligente, durable et inclusive.

Europe 2020 souligne par ailleurs l'importance de garder une Europe ouverte car le commerce c'est plus de croissance, plus de compétitivité et plus d'emplois. Libérer tout le potentiel du marché unique, notre meilleur atout depuis presque vingt ans, contribuera également à apporter plus de croissance et plus d'emplois. Je me réjouis du dialogue enrichissant et constructif que vous avez pu développer avec le Commissaire Barnier sur le Single Market Act qui est, vous le savez, une étape majeure dans la relance du marché unique, à l'aube du vingtième anniversaire du marché unique. Donc nous présenterons le Single Market Act le mois prochain.

Enfin Europe 2020 ouvre la voie à une meilleure coordination de nos politiques économiques. Ce qui est agir dans l'esprit du Traité, le traité de Lisbonne, dont l'article 121 spécifie bien que les Etats membres doivent coordonner leurs politiques économiques. Entendons-nous bien, ce ne signifie pas passer les compétences des Etats membres à l'Europe. Mais c'est évident que dans un monde interdépendant et dans une Europe et une zone euro de plus en plus interdépendantes, c'est la question même du bon sens qu'on puisse coordonner des politiques économiques, pour éviter des spillover négatifs, pour éviter des problèmes comme ceux que nous avons connu récemment.

Afin d'élargir cette coordination, qui nous a tant fait défaut par le passé, nous nous sommes tous mis d'accord pour la mise en place d'un nouveau cycle de gouvernance économique, ce qu'on appelle maintenant le Semestre européen.

Nous avons ainsi franchi un pas fondamental puisque désormais nous pourrons tous tirer les bénéfices d'une coordination ex ante non seulement des politiques budgétaires mais aussi des politiques économiques et des réformes structurelles de chacun des Etats membres.

Le tout premier semestre européen a été lancé en janvier par la présentation de l'Examen annuel de croissance préparé par la Commission. Nous y disons clairement que les politiques actuelles ne sont pas suffisantes. Maintenant on engage ce débat, et j'espère avoir des conclusions opérationnelles.

Ladies and gentlemen,

I believe together we need to do more to increase growth and competitiveness. We particularly need to take action in priority areas, such as pensions' reform and reform of the labour market.

It goes without saying that these steps need to be taken in close consultation with the social partners.

And here I should underline just how much importance the Commission attaches to your Committee’s involvement in the work for the European Semester.

I would also like to see the Commission proposals aimed at deepening our economic governance by reinforcing fiscal surveillance and correcting macroeconomic imbalances adopted in the very near future. Today we have a good news. I don't know if you have already been informed but the Council today agreed unanimously on our proposals for economic governance, so now we hope that the European Parliament will put even more impetus in its work so that we can complete these proposals. Our objective here is to increase both efficiency and effectiveness by means not just of preventive measures but of corrective measures so that we can, if necessary through sanctions, implement credible governance for Europe.

It is against this backdrop of reinforced economic governance that the idea of a competitiveness pact now known as the Pact for the Euro was put forward.

The Commission has been for a long time asking the Member States to commit to higher level of economic policy coordination and stronger economic governance, especially in the Euro area. And this is now accepted.

As you know, last Friday Euro area leaders have agreed on a Pact for the Euro, which should be formally adopted at the next European Council, next week.

I have always been very clear about the key principles to be observed in this matter. And I am very pleased that these conditions have been met.

The Pact for the Euro is now approved - after the work made by the President of the European Council and myself, in consultation with all Member States from the euro area, but also consultations with non euro area Member States. We can say, it is fully in line with the Treaty, it is anchored in Europe's institutional framework and with full respect of the role of the Commission and the other Community institutions, of the Parliament and of social dialogue. I want to underline this because, as you know, in the first proposals there was not a reference to the social dialogue or to the role of social partners and it was precisely one of the points myself and the Commission we have insisted to have in the Pact for Euro.

It is also fully in line with the economic strategy set out for the 27 Member States in our Annual Growth Survey. It focuses primarily on matters under national competence, but it is precisely the way to achieve a higher level of coordination of those national competences, because the situations are very different in the 17, but also in the 27 Member States. And so the concrete commitments the Member States take on competitiveness, employment and public finances will be brought into their Stability programmes and National Reform Programmes and will be assessed by the Commission. So I believe we have avoided what could be a risk – it was to have a kind of competitiveness pact, a pact for the euro outside the Treaties, duplicating structures, making life more difficult and, in fact, making things more complicated, even less readable for the citizens. What is important is to have this joint approach now.

As I said the Pact is open to the non-Euro area members if they so wish. The euro area cannot be a closed club; we should never put in danger the basic principles of integrity of the European Union, namely the Single Market that is for the 27 Member States. The Commission has pleaded for all these conditions to be met, and that's what has been agreed. The Pact for the Euro, I repeat, is not a parallel exercise. I think it can genuinely represent an added value both in terms of policy and in terms of ambition.

We also need to keep focused on what remains to be done notably for enhanced financial stability.

I am thinking in particular of the financial stability of the Euro zone. The Commission has been stressing for sometime the need to reinforce the effective financing capacity of the European Fund for Financial Stability and broaden its scope. A few weeks ago this still seemed impossible, now we have a decision. As you probably remember, some weeks ago, the Commission and myself we were very strongly criticised for putting these proposals on the table. Now they were unanimously approved by the euro area Member States - so the reinforcement of the EFSF and also widening the scope of its activities. Once again, we knew that that had to be the case, because it is critical for the credibility of the euro area.

On Friday, European leaders have agreed they will make sure the full amount is available, that is 440 billion euros for the current Fund and 500 billion euros for its successor, the future permanent Mechanism.

I am also thinking of the European banking sector. In the months ahead we need to apply more stringent stress tests to banks. A healthy banking sector is a key factor in economic recovery.

This year we will also have to take budget decisions that will shape Europe’s future, including decisions on its cohesion policy and also agriculture and fisheries policies. I am counting on your Committee’s support and involvement in these areas too.

We must make sure that our spending is targeted properly so that it contributes effectively to achieving the policy objectives of Europe 2020.

We have therefore arrived at a crucial time for the future of European integration. It is imperative that we remain focused on what really matters and continue to act with determination.

In particular, we should not forget that our Union is a true political Union based on values, like peace, democracy, freedom, justice. People of the South Mediterranean countries, young men and women in Tunisia, Egypt and also in Libya, are fighting for these values. They should count on us for democracy and shared prosperity.

And I know that your Committee will always be in the front line to promote and defend our core values in Europe and beyond.

Thank you for your attention.


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