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SPEECH/10/469

Antonio Tajani

Vice-Président de la Commission Européenne en charge de l'industrie et de l'entrepreneuriat

La recherche en matière de sécurité dans le 7e PCRD

5e conférence de recherche en sécurité

Ostende, 22 septembre 2010

C’est d’abord un grand plaisir pour moi d’être ici à Ostende dans le cadre de la 5ième conférence de recherche en sécurité.

Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier la présidence belge de l’Union Européenne pour son invitation et le travail d’organisation remarquable qu’elle a effectué dans ce merveilleux cadre balnéaire.

La Belgique croit en l’avenir de l’Europe. Depuis Paul-Henri Spaak, père fondateur de l’Europe, au premier président du Conseil Herman Van Rompuy, la Belgique a toujours été un fer de lance dans la construction Européenne.

Elle a non seulement grandement contribué à la formation de l’Union Européenne, mais nous fait aussi le plaisir de son hospitalité depuis plus de cinquante ans.

1. La sécurité joue un rôle fondamental pour la société.

J’ai la conviction que la sécurité est un élément déterminant du fonctionnement d’une société. Si une société ne peut pas garantir la sécurité de ses citoyens, ceux-ci ne sont pas libres de vivre et travailler comme ils le souhaitent. Comme l’affirme l’article 6 de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne: « Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. »

L’Union Européenne et ses Etats Membres doivent faire respecter ces droits. La Commission soutient les Etats Membres dans leurs efforts et facilite leur coopération.

Par ailleurs, les défis et les menaces auxquels l’Europe est confrontée sont en constante évolution. Le crime organisé et le terrorisme international ne connaissent plus de frontières. Ils utilisent souvent des technologies de pointe et font preuve d’une ingéniosité effrayante, que ce soit, par exemple, pour fabriquer des engins explosifs, dans la cybercriminalité ou pour acheminer des stupéfiants.

Ces activités criminelles mettent à mal notre mode de vie et sapent notre confiance dans notre modèle de société et de gouvernement.

L’année 2010 aura aussi connu une avalanche de crises humanitaires sans précédent, que ce soient les tremblements de terre en Haïti, au Chili et en Chine ou les inondations en Europe et en Asie.

Face à ces catastrophes, l’Europe a clairement démontré sa volonté d’agir et de soutenir les nations frappées par ces événements bouleversants.

Mais ces événements on démontré une chose : aucun pays au monde n’a les capacités nécessaires pour les surmonter seul.

Même les grandes puissances de ce monde comme les Etats-Unis et la Chine ont été confrontés à des situations qui dépassaient leurs moyens propres.

Si l’Europe veut jouer, au niveau mondial, un rôle à la hauteur de son poids économique, elle doit faire évoluer son approche de la sécurité.

Pour cela, il est indispensable de mieux prendre en compte la dimension externe de la sécurité et de continuer à développer nos capacités existantes.

Un exemple remarquable d’aide au niveau international est le soutien apporté par l’Europe aux sauveteurs chinois lors des tremblements de terre dans la province du Sichuan en 2008. Grâce à des images satellites fournies par les Européens, les sauveteurs chinois purent accéder plus rapidement aux zones sinistrées et sauver de nombreuses victimes.

Les mêmes technologies ont été également utilisées un an plus tard lors des tremblements de terre à l’Aquila en Italie.

Je suis convaincu que c’est dans ces moments là que l’Europe peut et doit montrer l’exemple au reste du monde, par sa solidarité, ses valeurs, son efficacité et sa vision de l’avenir.

C’est pour cela qu’une approche européenne commune est indispensable. C’est seulement en agissant ensemble, que nous pourrons rassembler suffisamment de moyens pour surmonter des épreuves de cette ampleur.

L’UE se doit d’être à la pointe de la recherche en matière de sécurité afin de garantir la meilleure protection possible de ses citoyens.

Une recherche également indispensable afin de maintenir le niveau de compétitivité de l’industrie européenne de la sécurité.

Conscients de ces nécessités, en 2007, le Conseil et le Parlement Européen ont mandaté la Commission de coordonner et de financer la recherche européenne en matière de sécurité.

Les technologies ne peuvent pas garantir la sécurité, mais aucun concept de sécurité n'est pensable sans les technologies adaptées.

Il est donc de notre responsabilité de faire tout notre possible afin d’assurer à nos concitoyens le respect de ce droit fondamental qu’est la sécurité.

Nous avons également le devoir de renforcer la capacité de la population à faire face et surmonter les crises auxquelles elle peut être confrontée.

Pour cela nous devons soutenir la résilience de la société Européenne, une société unie et pleine de confiance.

Nous sommes maintenant à mi-chemin du Septième Programme Cadre de recherche et de développement technologique, le « FP7 ». A ce jour, la Commission finance plus de 130 projets de recherche en sécurité à hauteur de plus de 500 millions d’euros, un peu plus du tiers des 1,4 milliards d’euros attribuées au thème sécurité pour les sept ans du programme.

La Commission contribue ainsi de manière active à l’amélioration de la sécurité quotidienne de la population européenne dans de nombreux secteurs.

Par exemple, sont financés des projets sur la sécurité des transports en commun, d’autres concernent la détection des engins explosifs, la lutte contre le trafic de drogues, des équipements de protection des secouristes ou des technologies innovantes de détection des victimes ensevelies sous les décombres d’immeubles effondrés.

Afin d’être plus concret, je souhaiterais vous donner deux exemples de ces projets. Vous le savez, les explosifs improvisés, réalisés artisanalement, parfois dans une cuisine, représentent une des armes les plus employées par les terroristes. A travers certains projets, nous nous employons à rendre plus difficile la réalisation de ces bombes en travaillant sur les produits chimiques précurseurs, souvent disponibles librement dans le commerce, mais également à développer des systèmes permettant de détecter ces « bomb factories » bien avant l’organisation d’un attentat.

Vous n’ignorez pas non plus qu’aujourd’hui, tous nos grands systèmes de production et de distribution d’énergie sont interconnectés et fortement interdépendants. Nous en avons fait ces dernières années la triste expérience quand un câble coupé en Allemagne a privé un tiers de l’Europe d’électricité pour quelques heures. Ces systèmes sont pilotés par des systèmes informatiques très sophistiqués qui sont régulièrement la proie d’attaques « cyber-terroristes ». Renforcer la protection de ces systèmes critiques est l’objet d’étude d’un certains nombres de nos projets, associant scientifiques, opérateurs et autorités de sécurité.

2. Une politique industrielle pour le secteur de la sécurité

Je voudrais maintenant m’arrêter un instant sur le rôle crucial que joue l’industrie européenne pour la sauvegarde de notre sécurité quotidienne.

Je crois qu’il est primordial de renforcer la compétitivité de l’industrie européenne de sécurité afin d’avoir un accès rapide et durable aux technologies les plus modernes.

A ce jour, le marché interne de sécurité est affaibli par la fragmentation en différents marchés nationaux. Cette fragmentation nuit aux acheteurs institutionnels ; elle nuit, à court terme, aux entreprises européennes qui voudraient profiter d’un marché unique, mais elle leur nuit également à long terme en réduisant leur compétitivité au niveau international.

J’ai donc décidé d’agir face à ces difficultés et je me propose de soutenir une politique industrielle européenne pour le marché de la sécurité.

Cette politique industrielle sera partie intégrale de l’initiative phare: «Une politique industrielle à l’ère de la mondialisation» que la Commission Européenne va lancer prochainement et qui fait partie des sept initiatives d’Europe 2020 : « Une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive ».

Les axes principaux de cette «  politique industrielle à l’heure de la mondialisation », dans laquelle s'inscrira la politique industrielle pour le secteur de la sécurité sont les suivants:

la mise en place ou l’amélioration des conditions cadre: assurer une réglementation plus intelligente et plus cohérente dans son ensemble, renforcer le marché intérieur, développer d’infrastructures européennes intégrées dans le domaine du transport, de l'énergie et de la communication; améliorer le fonctionnement des marchés financiers facilitant l’accès aux crédits nécessaires aux entreprises, y compris les plus petites qui sont des forces d’innovation et d’emploi. Tous ces points ne sont pas nouveaux, mais ils sont des éléments clé pour que l'industrie se développe en Europe;

un support renforcé à l'innovation, y compris la recherche, la standardisation, l’entreprenariat et l’amélioration du système de gestion des droits de propriété intellectuelle;

une meilleure prise en compte des défis et des opportunités liés à la mondialisation;

et finalement la necessité d'accompagner l'industrie dans la transition vers une économie plus efficace en termes de ressources et plus soutenable pour l’environnement.

Le secteur de la sécurité est ainsi intégré dans les fondamentaux politiques de la Présidence de José Manuel Barroso.

D’ici la fin 2011, j’ai l’intention de publier une communication sur la « politique industrielle dans le secteur de la sécurité ».

Cette communication traitera des facteurs déterminants pour améliorer le fonctionnement du marché interne européen et renforcer la compétitivité de l’industrie, tels que :

L’innovation,

La standardisation et la certification,

Les achats publics avant commercialisation,

Les synergies avec le monde de la défense.

3. Résultats et avenir de la recherche en matière de sécurité

Les projets de recherche du thème FP7 Sécurité impliquent aujourd’hui plus de 1000 participants - grands industriels, PMEs, universités ou utilisateurs publiques - originaires de toute l’Europe et même au-delà.

Je peux dire, non sans fierté, que le thème sécurité est même le plus performant pour ce qui concerne la participation des Petites et Moyennes Entreprises. Plus de 100 millions d’euros leur ont déjà été attribués.

De plus, pour chacun des appels à propositions organisés, le niveau très élevé de demandes par rapport au budget disponible est le signe de l’intérêt toujours croissant des acteurs européens de la sécurité.

La Commission joue, par le biais de ce programme de recherche, un rôle important dans la structuration et la coordination tant de la demande que de l’offre en matière de sécurité.

Ceci permet de réduire d’inutiles duplications d’efforts, favorise les synergies et l’émergence de solutions européennes, intégrées, interopérables, plus efficaces et moins onéreuses à l’achat comme à l’entretien.

Une réduction de coûts, d’autant plus importante en ces temps de crise financière et de restrictions des dépenses publiques.

La question que nous devons nous poser maintenant est celle de l’orientation future que nous voulons donner à la recherche en matière de sécurité.

Je compte sur vous, chercheurs, industriels et utilisateurs pour inspirer les futures orientations de recherche et de politique en matière de sécurité.

Je vous remercie.


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