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SPEECH/10/442

Antonio Tajani

Vice-Président de la Commission Européenne en charge de l'industrie et de l'entrepreneuriat

L'ESPACE POUR LE CITOYEN AFRICAIN

Figures and graphics available in PDF and WORD PROCESSED

Conférence de la présidence belge

Bruxelles, 16 septembre 2010

Tout d’abord, je tiens à remercier la Présidence belge de l'Union européenne et notamment Mme Sabine Laruelle, Ministre des PMEs, des Indépendants, de l'Agriculture et de la Politique Scientifique, d'avoir pris l'initiative d'organiser cette Conférence sur l'espace pour le citoyen africain. Je voudrais aussi exprimer aussi ma reconnaissance à son Excellence le Commissaire EZIN et à tous nos invités africains pour leur participation à cette conférence aussi importante que nécessaire.

Cette conférence démontre la pertinence des technologies spatiales et des services qui en découlent pour favoriser le développement et la croissance, faciliter la bonne gestion des ressources et contribuer à des politiques dans divers domaines tels que la sécurité alimentaire, la santé et l'éducation.

Je voudrais exprimer mon engagement personnel et celui de la Commission européenne pour renforcer la coopération entre l'Europe et l'Afrique afin d'assurer aux citoyens africains un accès aisé aux services spatiaux et le renforcement des capacités et des institutions spatiales.

Mon ambition est de faire prendre conscience aux citoyens africains (et européens !) de l'aspect incontournable de l'espace pour faire face aux défis majeurs auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés. L'espace n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Seule cette prise de conscience permettra de franchir la prochaine étape, pour faire profiter le citoyen Africain des services offerts par l'espace.

L'Agence Spatiale Africaine

Hier, j'ai eu l'honneur de présider une réunion avec le Commissaire Ezin à laquelle ont également participé certains des acteurs clef dans le domaine spatial en Afrique et en Europe. Cette réunion a confirmé deux développements essentiels pour l'accès du continent africain à l'espace. Je fais ici référence au projet d'agence spatiale africaine et à celui d'un Institut des Sciences Spatiales de l'Université panafricaine.

Je me réjouis de la décision des Ministres de la Communication du 7 août dernier à Abuja de confier à la Commission de l'Union africaine l'étude de faisabilité concernant une future agence spatiale africaine. La Commission européenne et l'ESA sont prêtes à mettre à disposition toute leur expérience et leur expertise au service de ce projet important pour le futur de l'espace en Afrique.

Je ne partage pas l'avis de certains qui prétendent qu'à l'heure actuelle, il est prématuré de parler d'une agence spatiale africaine. Une telle agence pourrait offrir une valeur ajoutée importante pour l'Afrique:

Elle assurerait une coordination étroite des activités spatiales des pays africains.

Elle conforterait la place de l'Afrique parmi les nations ayant la maîtrise de l'espace et, ce faisant, l'agence spatiale africaine aiderait à endiguer le départ des meilleurs chercheurs africains vers d'autres continents.

L'université panafricaine

L'initiative de l'université panafricaine vise à promouvoir les sciences et la technologie en Afrique et à faire le lien entre les sciences et le développement économique. Cette initiative africaine mérite le soutien de l'Europe. Le futur Institut pour les sciences spatiales deviendra avec le temps le centre d'excellence qui assurera la formation des ingénieurs et des scientifiques qui alimenteront les agences spatiales des nations africaines et bien entendu la future agence spatiale du continent africain.

Par ailleurs, il existe actuellement de nombreuses initiatives visant à renforcer la capacité et l'impact de l'innovation au niveau européen. A titre d'exemple, je citerais la création récente de l'Institut européen d'innovation et de technologie (EIT).

L'EIT a un mandat spécifique pour mettre en œuvre des partenariats public-privés entre l'enseignement supérieur, la recherche et les entreprises. Le futur Institut pour les sciences spatiales pourrait certainement tirer profit de cette expérience et des leçons apprises dans le cadre de leur mise en œuvre. En outre, il n'est pas exclu qu'à l'avenir le Comité Directeur de l'EIT choisisse l'Espace comme futur thème. Pour que chacun profite de l'expérience de l'autre, je voudrais encourager un rapprochement de ces deux initiatives et notamment entre les communautés africaines et européennes de la connaissance et de l'innovation.

Le 7e programme-cadre de recherche et du développement

La connaissance est au cœur de la création d'une économie de la connaissance dynamique et compétitive. Le 7e programme-cadre de recherche et de développement figure parmi les mesures de soutien en faveur de la connaissance.

Je me félicite de constater que les pays africains figurent parmi les premiers participants internationaux à ce programme-cadre. Ceci dit, je suis convaincu que l'Europe doit redoubler ses efforts en vue de promouvoir la collaboration scientifique et d'augmenter sensiblement la participation africaine dans les projets de recherche du 7e programme cadre.

L'espace et les ressources minérales

Lancé en février 2009, le Système africain-européen d'observation des géo-ressources "AEGOS" constitue un excellent exemple du partenariat UE-Afrique en matière de recherche, financé par le 7e programme-cadre. Il s'agit d'une contribution des géosciences au programme international GEOSS (Global Earth Observation System of Systems). Ce projet fait partie d'une stratégie globale d'aide de la Commission européenne au développement durable des ressources naturelles en Afrique. Le but d'AEGOS est d'élaborer une infrastructure panafricaine et des services interopérables relatifs aux ressources minérales, hydrogéologiques et géothermiques de l'Afrique.

A titre d'exemple, le système pourrait être très utile pour la gestion conjointe des aquifères transfrontaliers. Il pourrait aussi indiquer si l'exploitation d'une mine ne risque pas d'induire une pression trop grande sur les ressources en eau, nuisant ainsi à l'environnement.

Il s'agit là d'un bel exemple de collaboration scientifique entre l'Afrique et l'Europe, qu'il faut approfondir en vue d'assurer la gestion efficace et responsable des ressources minérales en Afrique. L'observation de la Terre dans le cadre de GMES-Afrique et les partenariats pour l'innovation en construction dans le cadre du plan d'action innovation de l'UE pourraient constituer des outils clef dans ce domaine, notamment dans le contexte du projet de Vision 2050 pour l'industrie minière en Afrique.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais me tourner maintenant vers la question des démarches qui restent à faire concernant notre coopération en matière d'observation de la terre et la navigation par satellite.

Tout d'abord je voudrais souligner l'importance critique d'achever le travail commencé en 2007 avec le sommet "GMES et Afrique" de Lisbonne. En bâtissant sur les progrès faits depuis ce sommet, le Plan d’Action pour la mise en œuvre du partenariat stratégique entre l'Afrique et l'Union doit être adopté en temps utile pour le sommet de Tripoli. Ce sommet marquera la séparation entre la phase de planification et la mise en place de GMES et EGNOS en Afrique. Cela signifie qu’il faudra bien connaître non seulement les besoins des utilisateurs africains mais aussi les priorités afin d’établir le programme des actions prévues.

GSMES et l'AFRIQUE

Une de nos plus hautes priorités est de faire avancer l’initiative GMES et l’Afrique en accord avec le processus de Lisbonne adopté en 2007.

En ce qui concerne l'observation de la Terre, les initiatives existantes tels que l’AMESD, TIGER et une série de projets financés par le 7ème programme-cadre de recherche et de développement constituent un bon point de départ. Les services opérationnels de GMES Europe débutent également, ce qui pourrait contribuer aussi aux besoins du continent africain, comme cela a été demandé à Maputo.

Pour GMES, le défi à relever dans le contexte africain sera tout d'abord d'identifier les besoins des utilisateurs africains et ensuite d’établir un cadre cohérent dans lequel les initiatives existantes et planifiées s'insèrent.

Afin d’assurer que le financement nécessaire soit prévu dans le budget de l’Union pour la période 2014-2020, nous devons déjà être en mesure d'identifier et de justifier les besoins d’utilisateurs.

Les parties africaines et européennes doivent donc se mettre d’accord sur le Plan d’Action détaillé au plus tard au printemps 2011. Ceci est essentiel pour assurer un futur financement de GMES -Afrique qui réponde aux vrais besoins africains.

Navigation par satellite (Galileo/EGNOS/SBAS)

Un deuxième domaine important de coopération entre l'Europe et l'Afrique est la mise en œuvre d'une infrastructure au sol pour la fourniture de services de navigation par satellite (SBAS1), comme le système européen EGNOS2. Cette idée ambitieuse apportera des avantages à travers tout le continent, favorisant l'intégration régionale et l'intégration de l'Afrique avec l'Europe.

Le premier système de satellites européens de navigation, EGNOS, est basé sur trois satellites qui couvrent aujourd'hui l'Europe et le continent africain dans son ensemble. Par la simple mise en œuvre de stations au sol en Afrique, ses services pourraient être étendus au continent africain.

La fourniture d'un service SBAS sur le continent africain apportera des avantages économiques importants pour le secteur de l'aviation ainsi que dans d'autres domaines.

L'Afrique représente aujourd'hui un faible pourcentage du trafic aérien mondial (seulement 3%), mais représente 19% des accidents aériens dans le monde. Avec EGNOS, la sécurité des transports aériens serait augmentée, notamment avec la réduction des accidents pendant la phase d'approche et d'atterrissage des aéroports. Les bénéfices associés à cette augmentation de sécurité en Afrique sont estimés à plus d'un milliard d'Euros !

La fourniture d'un service SBAS sur le continent africain apportera aussi des avantages économiques importants dans d'autres domaines: l'utilisation du positionnement par satellite est très efficace pour le développement de services cadastraux; dans le domaine du transport fluvial, l'utilisation de la navigation par satellite améliorera l'efficacité et la sécurité ou pour le transport ferroviaire.

Les services de la Commission Européenne et de la Commission Africaine travaillent à la préparation d'une proposition cohérente et complète pour un programme pour l'extension d'EGNOS en Afrique. Comme pour le Plan d'Action détaillé de GMES, les parties africaine et européenne doivent faire tout le nécessaire pour arriver sans délai à un accord permettant l'extension d'EGNOS en Afrique.

Pour conclure, l'espace est une nécessité absolue pour l'Afrique. Une agence spatiale africaine et le futur Institut pour les Sciences Spatiales de l'Université panafricaine sont cruciaux pour élever le profil de l'espace en Afrique ainsi que pour promouvoir les carrières scientifiques et d'ingénierie.

Concrètement, nous devons nous assurer que les derniers travaux restant à faire concernant la collaboration UE-Africaine pour GMES et le SBAS progressent rapidement pour permettre l'adoption à Tripoli du Plan d'Action du Partenariat Afrique-UE. Nous avons l'obligation de réussir, tant les enjeux sont importants pour nous tous, et surtout pour le citoyen africain.

1 :

Space-Based Augmentation System

2 :

European Geostationary Navigation Overlay Service


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