Chemin de navigation

Left navigation

Additional tools

José Manuel Durão Barroso Président de la Commission européenne Intervention du Président Barroso au sujet de la présentation du programme de la Présidence belge de l'Union européenne au Parlement Européen Débat en session plénière du Parlement Européen Strasbourg, le 7 Juillet 2010

Commission Européenne - SPEECH/10/366   07/07/2010

Autres langues disponibles: aucune

SPEECH/10/366

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Intervention du Président Barroso au sujet de la présentation du programme de la Présidence belge de l'Union européenne au Parlement Européen

Débat en session plénière du Parlement Européen

Strasbourg, le 7 Juillet 2010

Merci Monsieur le Président,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames, Messieurs les députés,

La Belgique assume la Présidence tournante du Conseil à un moment clé pour l'Union européenne. Je remercie le Premier ministre pour la présentation d'un programme si clair et si ambitieux.

Les défis des prochains mois sont très clairs: Il s'agit notamment de mettre en place des nouveaux mécanismes de coordination de nos politiques économiques, de stabiliser la reprise économique à travers la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 pour la croissance et l'emploi, et d'assurer que l'Europe assume les responsabilités qui lui incombent sur le plan globale.

Le Conseil européen de juin a soutenu les propositions de la Commission dans sa Communication du 12 mai sur le renforcement de la discipline fiscale et de la surveillance macro-économique, questions qui ont également été discutées dans le cadre de la Task Force présidée par M. Van Rompuy. Le rapport final de la Task Force sera présenté d'ici le mois d'octobre. Dans l'intervalle, la Commission a accéléré son travail pour traduire ces orientations en propositions concrètes, plus particulièrement par notre communication du 30 juin. Il s'agit de renforcer la surveillance macro-économique, y compris par des mécanismes de sanction et d'alerte, ainsi que de renforcer le Pacte de Stabilité et de Croissance en se concentrant, en particulier, sur la question du niveau de la dette et des déficits. Enfin, un "semestre européen" permettra d'aboutir à une coordination ex-ante des politiques qui sera plus efficace. Il est important de finaliser ceci au plus vite et le commissaire Olli Rehn ne ménage pas ses efforts pour soumettre les propositions législatives dans les meilleurs délais. Je compte sur la Présidence belge ainsi que sur le Parlement européen pour faire avancer les travaux afin que nous ayons un nouveau système en place d'ici la fin de l'année 2010.

Le semestre belge doit permettre des avancées décisives dans la mise en œuvre de la stratégie "Europe 2020". Cela suppose une appropriation de cette stratégie par chacun des Etats membres et l'intégration de cette stratégie dans les différentes politiques: finances, budget, emploi, innovation, environnement, énergie, éducation et politique sociale. L'instrument pour y arriver est la préparation, par chaque Etat membre, de son Programme National de Réformes dans les prochains mois. Le suivi de cet exercice par toutes les institutions constitue une condition préalable du succès de la stratégie.

Les différentes politiques communautaires préparées par le travail collégial de la Commission soutiendront et amplifieront le mouvement qui sera initié par chaque Etat membre. Les initiatives phares que la Commission présentera d'ici la fin de l'année seront cruciales à cet égard. Je voudrais vous parler plus spécifiquement de trois de ces initiatives, à savoir celle centrée sur l'emploi et l'éducation, sur l'innovation et sur la politique industrielle.

La question de l'emploi reste au cœur de l'actualité, et je me félicite de la priorité accordée à l'emploi par la présidence belge. Dans ce cadre, l'initiative «Une stratégie pour les nouvelles compétences et les nouveaux emplois», préparée sous la coordination des commissaires Andor et Vassiliou, visera à créer les conditions propices à la modernisation des marchés du travail dans le but d’améliorer les taux d’emploi et de garantir la viabilité de nos modèles sociaux.

Pour créer de l'emploi, il faut de la croissance, et une bonne partie de notre croissance future devra venir de l'innovation. L'initiative phare "Une Union pour l'Innovation", coordonnée par la commissaire Geoghegan-Quinn sera donc un des sujets clé sous présidence belge.

Le but principal en sera de faciliter la commercialisation de l'innovation, d'identifier un nombre limité de partenariats européens pour l'innovation afin de résoudre les défis de société dans les domaines où l'Union européenne peut apporter une valeur ajoutée et améliorer l'efficacité des systèmes d'innovation européens, nationaux et régionaux. Il est surtout important d'avancer sur la question du brevet communautaire dans les mois à venir. La Commission vient de présenter une proposition.

De plus, l'initiative phare sur «Une politique industrielle à l’ère de la mondialisation», dont la préparation est coordonnée par le Vice-président Tajani et que nous présenterons en octobre, visera à améliorer l’environnement des entreprises, notamment des PME, et à soutenir le développement d’une base industrielle forte et durable, à même d’affronter la concurrence mondiale.

Au-delà de ces initiatives phares, je voudrais relever deux autres chantiers à enjeux majeurs. A la suite de la publication du rapport que j'ai demandé à Mario Monti la Commission présentera une initiative sur le renforcement du marché intérieur, y compris en vue du 20ème anniversaire du marche intérieur en 2012, et nous comptons la présenter maintenant sous la présidence belge. Le commissaire Barnier travaille avec intensité. D'autres contributions viendront, par exemple, de la Vice-présidente Reding et le commissaire Šemeta pour ne mentionner que deux autre collègues qui on fait le travail sur le marché intérieur qui est au cœur, par sa nature transversale, de notre approche collégiale.

J'ai souligné également l'importance de la réflexion sur l'avenir de notre politique commerciale, sur laquelle travaille le commissaire De Gucht et qui sera présentée sous la forme d'une Communication à l'automne.

En parallèle, il s'agira de poursuivre nos travaux sur la réforme des marchés financiers, en coopération avec nos partenaires du G20. Sur les services financiers, nous devons continuer sur la voie de la réforme. La Communication de la Commission adoptée le 2 juin souligne que toutes les mesures nécessaires seront proposées d'ici le printemps 2011 et, en fait, la plus grande partie du travail viendra sous présidence belge, donc vraiment un semestre bien rempli, Monsieur le Premier ministre. Ces mesures constituent notre réponse à la crise financière et nous les avons présentées de manière coordonnée et cohérente. Je compte sur la présidence pour faire le maximum du progrès au conseil, et sur ce Parlement pour donner une priorité à ce domaine.

En liaison directe avec cette stratégie de développement de l'UE jusqu'en 2020, la Commission présentera en septembre le document de révision budgétaire. Effectivement, on ne peut pas parler de politique sans considérer, à un certain moment, les moyens d'application de la politique. Ce document, auquel, ensemble avec le commissaire Lewandowski, on accorde une attention toute particulière, permettra au Parlement européen et aux Etats membres de se prononcer sur les principes clés pour le prochain cadre financier. La Commission se félicite de l'intention de la présidence belge de procéder à son évaluation, parallèlement aux travaux pour l'élaboration du budget 2011.

Mesdames et Messieurs les Députés,

L'importance, la gravité et l'urgence de ces dossiers économique, social, financier, et budgétaire ne doit pas nous amener à nous replier sur nous-mêmes. Nous avons des responsabilités internationales très importantes.

Un rendez-vous majeur sera le Sommet du G20 à Seoul. Ce sera le moment de vérifier la mise en œuvre des engagements pris par tous les acteurs. Je souhaite à cet égard maintenir le leadership européen et, par conséquent, la Commission s'engagera à fond dans la préparation de ce sommet et nous ferons tout pour que la voix de l'Europe soit bien entendue.

Parmi plusieurs rendez-vous internationaux importants, comme celui de la biodiversité à Nagoya, j'aimerais souligner la conférence de suivi de Copenhague en décembre à Cancun. Nous devons avancer d'une manière très concrète dans la mise en œuvre de l'accord de Copenhague, en travaillant à la fois avec les pays industrialisés et avec les pays en voie de développement, et c'est ce que nous sommes en train de faire par le biais de contacts approfondis et élargis que mène la Commission, notamment la Commissaire Hedegaard, et tout ceci afin de préparer le terrain pour un accord international global, équilibré et contraignant qui reste notre objectif principal.

Nous devrions aussi redoubler nos efforts pour la réalisation des objectifs de développement du millénaire, comme nous l'avons dit lors du Sommet du G8. Nous devons parler d'une voix forte et unie lors de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre et lors de l'évènement spécial organisé au sommet à cette occasion pour évaluer notre parcours, le parcours de la communauté internationale, pour atteindre les objectifs du développement du Millénaire.

La cohérence de notre action extérieure sera renforcée par la mise en place du Service d'Action Extérieure. L'engagement de notre Représentante et Vice-présidente Catherine Ashton a permis à nos trois Institutions de jeter les bases pour un démarrage rapide et sur des fondements solides. Il nous incombe maintenant de trouver un accord sur les textes détaillés qui doivent être en place le plus tôt possible et que nous discuterons avec ce parlement.

Nous avons donc, Mesdames et Messieurs les députés, un agenda extrêmement chargé devant nous. Mais avec la détermination et l'esprit communautaire qui anime et unit cette Présidence belge, et aussi je peux le dire le Parlement européen et la Commission, je suis sûr que l'Europe sera à la hauteur des défis. Nous le savons très bien: dans l'histoire de l'intégration européenne, c'est normalement dans une période de crise que l'Europe montre qu'elle est capable de faire face à ses difficultés et les dépasser pour le bien de tous nos citoyens.

Merci pour votre attention.


Side Bar

Mon compte

Gérez vos recherches et notifications par email


Aidez-nous à améliorer ce site