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José Manuel Barroso Président de la Commission européenne Pour une Europe Equitable Biennale du Comité économique et social européen Florence, 22 mai 2010

Commission Européenne - SPEECH/10/256   22/05/2010

Autres langues disponibles: aucune

SPEECH/10/256

José Manuel Barroso

Président de la Commission européenne

Pour une Europe Equitable

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Biennale du Comité économique et social européen

Florence, 22 mai 2010

Monsieur le Président du Comité économique et social, cher Mario,

Madame la Vice-Présidente du Parlement européen, Madame Isabelle Durant,

Madame la ministre Almagro, représentante de la Présidence espagnole,

Monsieur le Président de la Région de Toscane, Monsieur Rossi,

Mesdames et Messieurs,

C'est avec grand plaisir que je vous rejoins à Florence ici, dans cette institution historique de la solidarité qu’est l’Istituto degli Innocenti, pour participer à cette biennale organisée par le Comité économique et social européen, avec le soutien de la Commission européenne. Je remercie chaleureusement le Président du Comité économique et social européen, Mario Sepi, de m'avoir invité à la conclure avec vous tous.

J'ai écouté avec grand intérêt les conclusions que vous avez tirées de ces deux jours de débat. Je vais m’attacher, avec les commissaires en charge, à répondre à vos propositions. Car la question qui nous réunit est fondamentale pour nous tous ici présents: comment faire de l'Europe un espace prospère qui assure une meilleure inclusion sociale de ses citoyens, dans un contexte de crise économique et de grandes pressions budgétaires?

C'est un des grands défis que se propose de relever la stratégie Europe 2020 que j'ai proposée aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union et au Parlement européen, aux institutions et aux citoyens. Ce projet sera au centre de notre action coordonnée en Europe pour les dix prochaines années.

Le point de départ, c'est évidemment la crise économique et financière actuelle. Elle a balayé dix ans de progrès, de croissance et de création d'emplois. Elle n'est pas encore derrière nous. La situation de la Grèce et les attaques dirigées contre la stabilité de la zone euro il y a quelques jours le prouvent.

Nous avons adopté un mécanisme de stabilisation financière coordonné pour soutenir les États membres qui seraient menacés de graves difficultés. Je m’en félicite, car ce n’était pas facile. Au bout du compte, sur la base d’une décision des Etats membres et d’une proposition de la Commission, les Etats membres se sont mis d’accord sur un mécanisme de stabilisation financière coordonné. Mais il faut aller plus loin - dans la coordination des politiques économiques, dans la gouvernance européenne, dans la surveillance et dans la régulation des marchés financiers. C'est tout le sens des propositions que fait la Commission depuis le début de la crise, et encore avec notre communication du 12 mai, qui avance des propositions très concrètes pour renforcer la coordination des politiques économiques. Car les défis, notamment financiers, sont immenses, ne le cachons pas. Ces derniers temps, on utilise souvent l’expression « sans précédent », et c’est vrai, c’est sans précédent: c’est la première fois que nous avons vu des attaques contre la dette souveraine d’une zone monétaire intégrée. Il faut en tirer une conclusion très claire: l’Union européenne, notamment la zone euro, doit faire un choix. Sommes-nous prêts ou non à avoir une véritable union économique ? Car il est évident, après les derniers développements, qu’on ne peut pas avoir d’union monétaire sans union économique. Les marchés l’ont compris. J’espère que les hommes et les femmes politiques vont le comprendre aussi.

Les défis sont immenses, je le disais. L’urgence, aujourd’hui, est de rétablir la confiance. C'est aussi par la consolidation budgétaire, par la réduction des déficits publics, par la réduction des dépenses que l'on y parviendra. Si nous ne prenons pas des mesures déterminées sur ces différents fronts, il faut le dire honnêtement, nous ne reviendrons pas à la stabilité dont nous avons absolument besoin. Sans stabilité financière, on n’aura pas de confiance dans les économies, dans la gouvernance, dans les règles du jeu et dans la fiabilité des acteurs. Sans stabilité, il n'y aura pas de reprise ni de croissance. Sans croissance, nous ne pourrons pas maintenir et renforcer notre modèle social et notre économie sociale de marché.

En fait, tout ce que nous faisons pour répondre à l'urgence de ce retour à la confiance et à la stabilité ne doit pas remettre en cause ni nous faire oublier les objectifs sociaux que prévoit la stratégie Europe 2020. Il faut continuer à investir de façon sans doute plus sélective dans les domaines et les mesures qui nous permettent d'obtenir les plus grands gains de compétitivité et de renforcer l'équité et la cohésion sociale. C’est pourquoi il faut effectivement beaucoup investir dans l’innovation sociale. Le défi, c’est de cibler des politiques sociales dans un contexte budgétaire qui a pris, dans certains pays, une dimension très, très exigeante. Le défi, c’est de rendre compatible la réforme budgétaire avec les dépenses sociales.

Je crois que tout le monde reconnaît aujourd’hui, parmi les gouvernements européens les plus attachés à nos valeurs sociales, que certaines dépenses publiques ne sont vraiment pas nécessaires. Il faut se concentrer sur les dépenses qui ont une valeur ajoutée en termes soit de compétitivité, soit d’inclusion sociale. En même temps, il ne faut pas regarder seulement les dépenses, mais aussi les recettes. Nous avons encore, dans beaucoup de pays, d’im menses problèmes d’évasion fiscale.

Il faut regarder les recettes, je le disais, car les difficultés sociales et humaines sont là. La crise a été un choc pour des millions de nos citoyens, notamment le drame de chômage. Il y a aujourd’hui en Europe 80 millions de personnes menacées de pauvreté, dont 19 millions d'enfants. Des millions de retraités et de travailleurs, en particulier des femmes, n'ont pas les moyens de vivre dignement. La crise n'a fait qu'aggraver toutes ces situations de précarité. Or, de la précarité à l'exclusion sociale, il n'y a parfois qu'un très petit pas.

Alors il n'y a pas de temps à perdre. Nous avons une vraie bataille à livrer pour sortir de la crise et préparer l'avenir.

Avec la stratégie Europe 2020, nous mettons en place les conditions d'une Europe équitable. Notre raisonnement, c'est que l'essentiel de l'Europe équitable se joue dans le triangle éducation, emploi et inclusion sociale. C'est en misant résolument sur l'économie du savoir que nous renouerons avec la croissance et que nous serons compétitifs. C'est par cette croissance intelligente que nous créerons plus d'emplois de meilleure qualité. Ces emplois, accompagnés d'une politique active d'inclusion sociale, favoriseront l'équité et la cohésion dans nos sociétés.

C'est donc sur ce triangle que nous voulons concentrer l'essentiel de nos efforts. Voilà pourquoi trois des cinq objectifs communs de la stratégie Europe 2020 s'y rapportent.

D'ici à 2020,

  • nous voulons ramener le taux d'abandon scolaire de 15 à 10 % et faire passer de 31% à 40% au moins la part de la population âgée de 30 à 34 ans qui aura suivi un cursus universitaire, un cursus supérieur complet;

  • nous voulons augmenter de 69 à 75% le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans, notamment par une plus grande participation des femmes et des travailleurs âgés et par une meilleure intégration des migrants dans la main-d’œuvre;

  • nous voulons réduire de 25% le nombre d’Européens vivant au-dessous des seuils de pauvreté nationaux pour permettre à 20 millions de personnes de sortir de cette situation intolérable.

Au Conseil européen, il y a eu, notamment sur cet objectif, une grande discussion, qui se poursuit d’ailleurs. Certains disent que faire de la lutte contre la pauvreté un objectif ne vaut pas la peine, parce que pour eux, l’essentiel, c’est l’emploi. Je ne suis pas d’accord. L’emploi est évidemment essentiel, mais je peux vous le dire, nous avons des problèmes de pauvreté en Europe que l’emploi ne peut pas résoudre.

Nous avons le problème de la pauvreté des enfants. On ne peut pas leur dire d’aller travailler pour résoudre le problème de la pauvreté !

Nous avons le problème de pauvreté des retraités très âgés.

Et même parmi ceux qui travaillent, nous avons des situations de pauvreté dans des familles qui n’ont pas un minimum de budget pour vivre dans la dignité. C’est pour cela qu’il faut définir un objectif de « lutte contre la pauvreté ».

Et c’est très curieux, il y a un deuxième argument utilisé contre cet objectif, celui de la subsidiarité. Ce ne serait pas une compétence de l’Union européenne, mais des Etats membres. Les gens n’ont pas complètement lu le traité de Lisbonne ! Parce qu’effectivement, la lutte contre l’exclusion sociale est une compétence partagée entre les Etats membres et l’Union, c’est explicitement mentionné dans le traité. Alors, il faut le reconnaître. Je pense que certains n’aiment pas le terme de pauvreté, alors que c’est une réalité aujourd’hui en Europe. C’est plus vrai dans certains pays que dans d’autres. Les phénomènes de pauvreté que nous constatons aujourd’hui dans l’Union prennent de nouvelles formes.

C’est pourquoi ce n’est pas le terme qui est essentiel, et d’ailleurs le terme de lutte contre l’exclusion sociale, pour moi, est acceptable. Le débat n’est pas encore terminé. Je me félicite de l’appui du Parlement européen. Au niveau du Conseil européen, nous espérons parvenir à un consensus d’ici au mois de juin.

Pour renforcer encore notre action et notre efficacité, la stratégie Europe 2020 propose aussi de consacrer trois de ses sept initiatives-phares au triangle éducation-emploi-inclusion sociale.

La première, "jeunesse en mouvement", va libérer les capacités innovatrices de l'Europe en améliorant la qualité de l'éducation et de la formation à tous les maillons de la chaîne. Nous présenterons notre projet dans une communication dans les prochaines semaines, puis un nouveau programme intégré pour les années 2014-2020.

La deuxième initiative, "nouvelles compétences pour nouveaux emplois", va moderniser les marchés de l'emploi et donner un coup d'accélérateur à la formation tout au long de la vie. Nous devons augmenter la participation au marché du travail. Nous devons aussi faire mieux correspondre offre et demande de travail en Europe. Il faut absolument agir pour éviter les situations comme celles dans lesquelles se trouvent certains États membres aujourd'hui, avec des centaines de milliers d'emplois non pourvus. Pour prendre deux exemples, il y a 440 000 emplois qui ne trouvent pas preneurs au Royaume-Uni et 942 000 en Allemagne! Cette inadéquation entre offre et demande d’emploi montre encore l’importance de l’éducation et de la formation.

La troisième initiative, enfin, la "plateforme européenne contre la pauvreté", permettra de partager plus largement les bénéfices de la croissance et des emplois. Il ne s'agit pas d'une politique d'assistance. Dans l'esprit de l'agenda social renouvelé de 2008, il s'agit de garantir les droits de ceux qui sont frappés d'exclusion. Je pense aux trois éléments: accès, opportunités, solidarité. Nous devons assurer aux personnes en difficulté sociale la possibilité de vivre dans la dignité et de participer activement à la société. Je pense que nous pourrions, en cette "Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion", mettre en place cette plateforme qui nous permettra par exemple, tout en respectant pleinement la subsidiarité, de comparer les expériences très différentes. On ne peut pas avoir le même modèle pour tous, une approche uniforme. Il faut agir de façon très ciblée et intelligente.

Un des moteurs de la dynamique de compétitivité et d'équité que nous voulons enclencher, c'est l'éducation.

Pouvons-nous accepter, dans l'Union européenne, qu'un quart des élèves maîtrisent mal la lecture? Qu'un jeune sur sept quitte prématurément l’éducation ou la formation? Que 50 % d’entre eux environ atteignent un niveau de qualification moyen, mais sans rapport avec les besoins du marché du travail? Que seulement 30% environ des 25-34 ans aient un diplôme universitaire, alors qu'ils sont 40 % aux États-Unis et 50 % au Japon? Que l'Union ne compte que deux universités parmi les 20 meilleures du monde dans certains classements internationaux? Que près de 80 millions d'adultes n'aient que des compétences de base?

Est-ce qu’on peut l’accepter ? Bien sûr, la réponse est non!

Nous ne sommes pas restés inactifs, naturellement. La Commission a beaucoup fait dans les domaines de l’éducation et de l’inclusion ces dernières années. Nous respectons bien sûr les systèmes nationaux d’éducation, mais comment peut-on répondre au défi de la compétitivité, comment penser l’économie de l’Europe sans intégrer dans cette stratégie économique le domaine de l’éducation ? Les efforts doivent être partagés.

Nous devons faire plus. La Commission proposera en novembre des recommandations sur les mesures à prendre contre les sorties prématurées du circuit scolaire. Elle lancera en 2010-2011 un nouveau réseau sur les politiques d'éducation pour les migrants. Nous proposerons au début 2011 une communication sur l'éducation et la prise en charge de la petite enfance. Nous consulterons en 2011 tous les acteurs intéressés sur la dimension sociale de l'éducation et de la formation. C'est un sujet fondamental, qui occupe une place importante dans Europe 2020. Le CESE y apporte une contribution essentielle.

Quoi qu'il en soit, il y a un très large consensus européen sur ce point: nous devons investir massivement dans l'éducation. Car c'est un vecteur dynamique à la fois de croissance et de cohésion sociale.

En dehors de la dimension humaine - la plus importante - qui est de donner aux hommes et aux femmes la possibilité de se réaliser en tant que personnes et de réaliser leurs aspirations, l’éducation, rappelons-le, est aussi un investissement économique. En encourageant la créativité, la mobilité, la capacité d'adaptation au changement et l'esprit d'entreprise à tous les niveaux de l'éducation et de la formation, on actionne un des moteurs clés de la croissance: l'innovation. C'est indispensable à la compétitivité de l'Europe.

Dans le même ordre d'idée, si les partenariats entre éducation, recherche et innovation fonctionnent relativement bien, notamment entre le monde de l'entreprise, l'éducation et la formation, ils permettent de mieux cibler les compétences dont le marché du travail a besoin. C'est important pour les entreprises qui cherchent à employer. Ça l'est encore plus pour orienter les personnes vers des formations qui offrent des perspectives d'emploi.

L'éducation est aussi le meilleur des investissements humains, civiques et économiques. Le but de l'école, c'est à la fois de favoriser l'épanouissement personnel et l'autonomie, et de donner les moyens d'une citoyenneté active. C'est d'enseigner des compétences interculturelles, les valeurs démocratiques et le respect des droits fondamentaux. C'est aussi de combattre toutes les formes de discrimination en ouvrant aux autres venus d'horizons différents. C’est très important, et pas uniquement du point de vue des valeurs, mais d’un point de vue économique. Je suis absolument convaincu, en voyant ce qui se passe dans d’autres parties du monde, par exemple en Asie, qu’on gagnera la bataille de la mondialisation si nous transmettons à nos jeunes, à nos enfants, cette culture d’ouverture.

C’est une question culturelle au sens large du terme, parce que l’économie n’est pas indépendante de la culture et la culture n’est pas indépendante de l’économie. Si on continue à transmettre à nos jeunes et à nos enfants des messages de repli sur soi, de peur, de résistance au monde contemporain, au lieu de leur dire qu’ils doivent gagner dans ce monde plus compétitif et qu’on a des moyens, notamment culturels, d’ouverture, je crois qu’on perdra cette bataille de la mondialisation. Donc, la question de la culture de l’ouverture est une condition du succès économique et social de l’Europe.

L'éducation, enfin, est un investissement social très efficace. Toutes les études le prouvent: une bonne éducation est le meilleur des départs dans la vie et le meilleur passeport pour une bonne inclusion sociale. Plus le niveau de formation d'une personne est élevé, plus son salaire est élevé, plus elle a accès à un bon logement, au système de santé et à l'information, et plus elle vit longtemps en bonne santé. À l'inverse, plus le niveau de formation d'une personne est bas, plus les probabilités de vivre dans la pauvreté sont fortes et c’est la raison pour laquelle une personne sans diplôme est trois fois plus susceptible d'être au chômage qu'un diplômé.

L'échec, dans certains cas, de nos systèmes d'enseignement a une traduction directe en inégalités sociales, en pauvreté et en exclusion sociale. Il se mesure par un sentiment d'injustice, par de l'incivilité et même de la violence. Le coût social et financier de l’échec scolaire est très important en termes de santé, d'aides sociales, de sécurité ou encore de justice.

J’insiste aussi sur ce point, en pensant à certains comportements que nous avons constatés dans le système financier. Si nous n’avons pas un minimum de consensus social, nous aurons d’énormes difficultés pour réaliser les réformes qui sont nécessaires à notre économie.

Il faut donc tout faire pour que l'éducation joue pleinement son rôle de facteur d’équité, d'assurance contre l'exclusion et d'ascenseur social.

C'est en investissant dans l'enseignement et la prise en charge des enfants dès leur plus jeune âge que l'on obtient les meilleurs résultats, notamment dans les groupes défavorisés. C'est aussi en offrant une éducation pour tous. Quelle que soit sa situation, il faut que chacun, en Europe, puisse acquérir et développer tout au long de sa vie les savoirs et les compétences clés nécessaires à son employabilité, à une citoyenneté active et au dialogue interculturel.

Personne ne doit être abandonné sur le bord du chemin. Nous devons notamment investir dans la richesse de nos sociétés multiculturelles et dans leurs acteurs, les enfants de migrants. À l'inégalité des chances auxquels sont confrontés ces enfants, encore trop souvent défavorisés, il faut substituer ce qui fait la recette de la réussite scolaire: mixité des milieux sociaux et des origines, interactivité des apprentissages, soutien scolaire et implication des familles. Le seul critère d'intégration des migrants qui vaille, c'est le succès de leurs enfants. Nous devons réussir. Il ne peut pas y avoir de fatalité de l'échec scolaire en Europe!

Mesdames et Messieurs,

Bien sûr, investir dans le savoir, la formation et les compétences est un travail de longue haleine. C’est vrai, les élections ont normalement lieu tous les quatre ans, mais les décideurs politiques n’auront le courage de faire des choix que si la société porte ces objectifs.

Je parle de ces choix qui ne visent pas la prochaine élection, mais la prochaine génération. C'est comme planter un arbre, dont nous récolterons les fruits dans dix ou vingt ans. Offrir une bonne éducation aujourd'hui, c'est un acte de responsabilité pour les générations futures. C'est un acte de solidarité pour valoriser le gisement de talents que renferme notre capital humain en Europe.

Une fois que le Conseil européen aura donné le dernier feu vert à la stratégie Europe 2020, dans quelques jours je l’espère, il faudra passer des paroles aux actes. Et la stratégie deviendra alors très concrètement notre affaire collective.

Ce ne sera pas seulement la stratégie des institutions - Commission, Parlement, Conseil européen -, mais la stratégie de la société. L’Europe, ce n’est pas seulement Bruxelles. On ne fera l’Europe que si on a le sentiment que c’est un projet que l’on porte collectivement, au niveau politique et au niveau de nos sociétés.

L'enjeu mérite vraiment que nous travaillions tous main dans la main. Nous devons entraîner toute la société avec nous pour remettre l'Europe sur les bons rails. Il faut un partenariat étroit et solide entre l'Union, les États membres, les partenaires sociaux, les acteurs locaux et régionaux, la société civile.

Le Comité économique et social européen a déjà joué un rôle actif pendant la stratégie de Lisbonne en mettant en place son observatoire. Je suis sûr que vous reconduirez ce processus.

J’espère que les Etats membres accepteront une meilleure structuration de la mise en oeuvre de la stratégie 2020, car le renforcement de la gouvernance est un élément essentiel. La Commission est prête à poursuivre encore plus activement son dialogue avec vous.

J’ai peut-être été un peu long, mais je voulais vous faire part de ma conviction sur ce programme politique, et vous dire que personnellement, j’y crois énormément . C’est dans ces circonstances difficiles que l’Europe peut montrer de quoi elle est capable. Et si on a la capacité d’unir la volonté politique à la volonté sociale et à l’urgence d’une meilleure cohésion sociale et de l’équité, tout en tenant compte de nos énormes défis de compétitivité, je crois que l’Europe sera présente et montrera qu’elle ajoute beaucoup de capacité de contribution à la prospérité et au développement économique et social de tous nos citoyens.

Je vous remercie de votre attention.

Merci!


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