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Dr Joe Borg
Commissaire chargé de la Pêche et des Affaires Maritimes
«Un nouvel élan pour la politique maritime intégrée et la politique commune de la pêche»
Allocution de M. Joe Borg, lors de la réunion du bureau politique de la Commission Arc Atlantique de la CRPM
Caen (France), le 12 février 2009

European Commission - SPEECH/09/59   12/02/2009

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SPEECH/09/59












Dr Joe Borg

Commissaire chargé de la Pêche et des Affaires Maritimes



«Un nouvel élan pour la politique maritime intégrée et la politique commune de la pêche»






















Allocution de M. Joe Borg, lors de la réunion du bureau politique de la Commission Arc Atlantique de la CRPM
Caen (France), le 12 février 2009

Très chers membres du bureau, Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d'être en Basse-Normandie aujourd'hui. Je me félicite tout particulièrement de me trouver dans cette belle région à l'heure où la Basse-Normandie prend la présidence de la Commission Arc Atlantique de la Conférence des régions périphériques maritimes.

Il est très enrichissant pour moi de rencontrer les principaux acteurs bas-normands du secteur de la pêche et des questions maritimes. Je me réjouis du riche programme qui nous attend et qui me permettra d'échanger des idées avec des membres de vos institutions régionales et locales et de la communauté scientifique, ainsi qu'avec des représentants des pêcheurs et de l'industrie.

La Commission Arc Atlantique est un partenaire essentiel pour le développement des communautés du bassin atlantique. Elle est également un partenaire à part entière dans l'élaboration d'une véritable politique maritime intégrée en Europe. Les efforts déployés par la CRPM et ses membres pour la mise en œuvre de la politique maritime intégrée sont à mon avis tout à fait encourageants. Nous espérons pouvoir organiser cette année un séminaire sur les projets maritimes des partenaires atlantiques dans le contexte d'INTERREG, et nous compterons sur votre soutien à cet égard. Un tel événement nous permettra de poursuivre le processus d'évaluation et de mettre la politique maritime intégrée en totale adéquation avec les besoins des parties intéressées et des communautés de l'arc atlantique.

Mesdames et Messieurs,

La Commission est déterminée à travailler sur l'Atlantique en tant que région, car elle est convaincue que chaque bassin maritime a ses spécificités tout en partageant certaines de ses caractéristiques avec d'autres bassins.

Un excellent ouvrage, publié récemment et intitulé «Espace Manche: un monde en Europe» fait clairement état de cette dualité. Il décrit les caractéristiques communes, mais aussi les caractéristiques spécifiques, des bassins maritimes voisins de la France et de la Grande-Bretagne le long de la Manche – des caractéristiques qui, à première vue, ont pu paraître difficiles à identifier. Ce nouvel éclairage nous permet de cartographier l'intensité des interactions dans la Manche de façon innovante, ce qui peut nous aider à pousser la coopération maritime encore plus loin.

C'est exactement le type d'initiatives que nous souhaitons promouvoir et soutenir, notamment dans le cadre de l'élaboration du concept relativement nouveau de cohésion territoriale.

Dans ce contexte, je tiens à dire que nous partageons pleinement l'opinion de la CRPM selon laquelle la cohésion territoriale a à la fois une dimension terrestre et une dimension maritime, et que ces deux dimensions sont inséparables. À mon avis, les stratégies relatives aux bassins maritimes qui se rattachent à la politique maritime intégrée peuvent tout à fait s'inscrire dans une politique de cohésion territoriale.

Avant d'aller plus loin, je souhaiterais vous donner un bref aperçu des récentes évolutions de notre politique maritime intégrée. Cela fait déjà un an que le livre bleu a été adopté et je me réjouis de pouvoir annoncer que plusieurs développements sont en cours.

Je pense que le progrès sans doute le plus important concerne le changement de la manière dont les gens perçoivent cette politique.

Nous sommes non seulement parvenus à faire prendre conscience tant aux décideurs politiques et aux utilisateurs qu'au grand public de la prépondérance de la dimension européenne en ce qui concerne l'océan et les mers, mais nous avons également beaucoup travaillé pour que cette prise de conscience soit plus concrète et plus susceptible d'avoir un impact sur leur quotidien. L'adoption de stratégies spécifiques pour les bassins maritimes est un moyen d'y parvenir.

Je pense que cette approche est la meilleure si l'on veut tenir compte des spécificités de chacune des communautés maritimes. Elle permettra de profiter de la dynamique et de la vague de soutien de plus en plus importantes qui sont apparues dans le sillage de notre politique maritime intégrée et elle la rendra encore plus efficace et renforcera son intérêt. La stratégie pour la région de la mer Baltique, habilement lancée par ma collègue Mme Hubner, est un bon exemple de la manière d'y parvenir.

D'autres progrès majeurs sont également à signaler.

Je tiens principalement à attirer votre attention sur les premières actions de mise en œuvre portant sur trois domaines politiques distincts, à savoir: l'aménagement de l'espace maritime, la surveillance maritime intégrée et la connaissance du milieu marin.

Ces trois axes constituent des exemples clairs de domaines pour lesquels l'orientation politique a tracé la voie à suivre et pour lesquels des initiatives spécifiques ont déjà été mises en œuvre. Ainsi, une feuille de route sur l'aménagement de l'espace a été publiée et un projet pilote sur la surveillance maritime a été lancé; ce dernier s'accompagne de propositions concrètes des États membres dont le coup d'envoi sera donné mi-avril. En ce qui concerne la connaissance du milieu marin, le réseau européen d’observation du milieu marin et de collecte de données, EMODNET, est déjà mis en place dans le but d'améliorer nos capacités dans ce domaine précis.

Cela m'amène à la question de l'excellence en matière de recherche, qui est au cœur de la politique maritime intégrée. L'adoption de la toute première stratégie européenne de la recherche marine et maritime, destinée à encourager l'intégration et les synergies d'une discipline à l'autre, a donné un nouvel élan à la recherche. Ce n'est pas une coïncidence si les ministres de l'Union européenne chargés de la compétitivité ont souligné en décembre dernier que la stratégie est également capable de générer des compétences basées sur des connaissances scientifiques, de créer de nouveaux emplois et d'ouvrir de nouveaux marchés.

Une des autres priorités de la Commission Arc Atlantique réside donc dans la recherche et l'innovation en vue d'améliorer la compétitivité. Je vous encourage vivement à recourir aux structures de financement et de gouvernance mises en place dans le cadre de la stratégie pour réaliser vos objectifs.

La Commission a également plusieurs études en préparation. Ces études porteront sur tout un éventail de sujets, dont les effets du changement climatique sur les populations côtières, la législation applicable à la surveillance maritime dans les États membres et les pôles d’activités maritimes, connus sous le nom de «clusters maritimes».

Tout comme la recherche, la création de pôles d’activités revêt une importance cruciale pour la compétitivité d’une région, qu’il s’agisse des zones côtières ou des zones situées au-delà. De plus, l’amélioration, par le dialogue et l’échange des bonnes pratiques, de la coopération transfrontalière entre les clusters maritimes peut renforcer le potentiel économique de la région atlantique et retentir indirectement sur l’ensemble de l’Union européenne. Le consortium GASD (Atlantique propre pour un développement durable) est un bel exemple de partenariat transnational ayant pour objet la création d’une plateforme d’expertise et d’action sur les questions de sécurité maritime et environnementale. Voilà précisément le genre d’initiatives venant de la base dont nous nous félicitons.

Je suis convaincu que nous sommes aujourd’hui dans la dynamique nécessaire pour avancer sur la voie de la politique maritime intégrée. Une dynamique similaire de changement existe dans un autre domaine dont j’ai la directe responsabilité: la politique commune de la pêche. De fait, la PCP a un rôle essentiel à jouer dans la réalisation des objectifs au centre de la politique maritime intégrée.

En ce qui concerne la politique commune de la pêche, nous sommes confrontés à la tâche délicate d’assurer un avenir durable au secteur de la pêche grâce à la préservation du milieu marin, alors même que la situation actuelle se caractérise par une surcapacité des flottes et une surexploitation d’un grand nombre de stocks dans les eaux européennes. Certes, nous avons, chemin faisant, remporté plusieurs succès, mais un certain nombre de questions ayant trait à la durabilité, ou plutôt à son absence, demeurent. Cet aspect, qui est en soi important, a de surcroît des répercussions sur l’économie, l’emploi et le bien-être de nombreuses communautés côtières, qui sont tributaires, souvent totalement, du secteur de la pêche.

Pleinement conscients du problème, nous préparons une réforme de la politique commune de la pêche, qui s’inscrira dans le prolongement de la réforme intervenue en 2002.

Plusieurs éléments de la politique actuelle appellent notre attention. Il s’agit à la fois de problèmes structurels et de problèmes sociaux. Et, comme si cela ne suffisait pas, ils ont été exacerbés par la crise du carburant et la récession économique qui sévit partout depuis plusieurs mois. Les éléments à l’œuvre ici ont mis en évidence l’ampleur de la tâche à accomplir pour garantir des niveaux de rentabilité qui permettent au secteur de la pêche de se maintenir sur le long terme.

On ne pourra donc faire l’économie de changements structurels si l’on veut que le secteur, une fois passé l’orage, puisse bénéficier d’une durabilité à long terme.

Aujourd’hui, il y a encore trop de navires de pêche se disputant des ressources halieutiques trop peu nombreuses. Il faut aussi mettre un terme à la surexploitation et au rejet des poissons dont dépend l’avenir des pêcheries. La productivité de nos mers et de nos océans doit être rétablie. L’enjeu n’est pas seulement écologique. Il y va des intérêts économiques à long terme du secteur de la pêche et des populations côtières.

La réalisation de ces objectifs nécessite une véritable réforme de fond. C’est pourquoi nous lançons d’ores et déjà le processus qui aboutira à une réforme en 2012. Le livre vert qui sera prochainement publié a pour objet d’ouvrir un vaste débat auquel sera invité à participer le plus large éventail possible d’acteurs sur tous les aspects de la réforme. Le débat ne devra négliger aucune hypothèse; personne ni aucune idée ne devra en être exclu. En donnant dès maintenant le coup d’envoi de ce vaste processus de réforme, nous mettons toutes les chances de notre côté pour dégager des solutions audacieuses propres à transformer notre façon de gérer nos pêcheries sur le long terme.

Il n’en reste pas moins, à mon sens, que nous pouvons nous entendre sur certains grands objectifs, qui devraient déterminer notre approche à long terme de la gestion des pêches:

  • premièrement, mettre en place un système plus simple et plus efficace;
  • deuxièmement, renforcer l’adhésion du secteur et des parties prenantes, dont vous faites partie, à la politique menée;
  • troisièmement, approfondir la dimension régionale de la PCP;  
  • quatrièmement, changer les modalités de gestion de nos activités de pêche au-delà des eaux communautaires. Il faut favoriser une meilleure gouvernance internationale des mers et des océans, lutter contre la pêche illicite, intensifier la coopération avec nos partenaires et mieux tenir compte de l’approche régionale adoptée dans telle ou telle zone.

Il ne fait pour moi aucun doute que sur toutes ces questions, la CRPM et ses membres apporteront une contribution, comme toujours, franche et constructive. Ensemble, nous pouvons élaborer une politique adaptée au 21e siècle. Une politique qui permettra au secteur d’être rentable et de fournir aux consommateurs européens des produits de la mer de qualité, issus d’un milieu marin fort et durable.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes résolument tournés vers l’avenir. Je reviens tout juste d’une conférence des parties prenantes qui s’est tenue à Rostock sur la stratégie pour la mer Baltique. Le partage de l’information et la coopération ont atteint dans cette enceinte un niveau avancé, ce qui donne à la région de bonnes chances de pouvoir adopter des solutions intégrées pour relever les défis auxquels elle doit faire face, aussi bien sur les questions maritimes que dans le domaine de la pêche.

Bien entendu, la région atlantique a des priorités et des besoins différents. Les avancées en mer Baltique pourraient néanmoins être considérées comme un exemple que pourrait étudier le bassin atlantique. (look into)

En visitant votre région, j’ai aussi pu recenser un grand nombre de domaines dans lesquels votre exemple pourrait inspirer les autres. Vous avez reconnu et commencé à exploiter le potentiel d’intégration réelle des secteurs de cette région. Il faut maintenant relever le défi de passer à la vitesse supérieure, et c’est ce que vous ferez sans hésitation aucune, j’en suis persuadé.

Mon soutien total dans vos efforts pour atteindre cet objectif vous est acquis, car je crois sincèrement que c’est en empruntant cette voie que nous pourrons garantir la bonne santé d’un milieu marin permettant de soutenir les activités de nos nombreuses industries maritimes.


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