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SPEECH/09/235












Antonio Tajani

Vice-Président de la Commission européenne




Discours d'ouverture de la Conférence Vélo-City






















Conférence Vélo-City
Bruxelles, 12-15 mai 2009

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie de m'avoir convié à participer à la session d'ouverture de la conférence Vélo-city 2009. C'est pour moi un grand plaisir que d'être parmi vous.

L'utilisation du vélo est un sujet important. Presque la moitié des trajets effectués en voiture concernent des distances inférieures à cinq kilomètres. Cela indique qu'il y a un potentiel énorme pour le vélo. Il y a des villes qui se distinguent par des taux d'utilisation du vélo très élevés – villes où un trajet sur trois ou quatre se fait à vélo. Il y a des villes qui ont investi dans la sureté des infrastructures pour le vélo, ce qui a conduit à une réduction significative des accidents. La Commission européenne joue un rôle important dans la promotion de l'utilisation du vélo en Europe, et nous continuerons à jouer ce rôle.

La politique européenne des transports

Les transports jouent un rôle essentiel dans le développement de l'Union européenne. Ils revêtent une importance cruciale, aussi bien pour le développement durable que pour notre compétitivité, pour notre bien-être et pour la cohésion européenne. Notre politique des transports vise à fournir aux Européens des systèmes de transport efficaces et efficients, qui assurent un degré de mobilité élevé aux individus comme aux entreprises et qui offrent de nombreuses possibilités de liaisons internationales. Dans le même temps, elle doit permettre de protéger l'environnement, de garantir la sécurité énergétique, de promouvoir des normes minimales en matière de législation du travail et d'assurer la protection des passagers et des citoyens. Il faut avoir recours à l'innovation pour améliorer l'efficacité et la pérennité du secteur des transports.

L’Europe s’est fixé des objectifs ambitieux pour 2020, à savoir améliorer de 20 % l’efficacité énergétique, réduire de 20 % ses émissions de CO2 et porter à 20 % la part des énergies renouvelables. Le secteur des transports devra apporter sa contribution avec une part de carburants renouvelables de 10 %. Les transports urbains auront un rôle déterminant à jouer dans la création d'un système européen de transport plus efficace.

Dans la perspective du nouveau livre blanc sur les transports que nous préparons pour 2010, nous avons commencé à nous pencher sur les défis que les secteurs des transports va devoir relever. J'espère proposer une communication sur l'avenir des transports le mois prochain. Je pense qu'il nous faut examiner de manière objective et sans préjugés la façon dont le système européen des transports fonctionne, et que nous devons également revoir notre conception de la mobilité et chercher de nouveaux moyens de financement.

40 années d'expérience de la mobilité urbaine dans l'UE

Les systèmes de transport urbain font partie intégrante du système européen de transport. Ils permettent aux centaines de millions d'habitants de nos zones urbaines, chaque jour de la semaine, de se rendre au travail ou à l'école, d'aller faire des courses ou de rendre visite à des parents ou à des amis. Cependant, cela signifie aussi que beaucoup des incidences négatives dues aux transports touchent essentiellement les villes et les agglomérations. Il est par conséquent essentiel de disposer de systèmes de transport urbain propres, intelligents, sûrs et abordables pour pouvoir s'attaquer au problème du changement climatique et respecter nos engagements en matière de développement durable.

En ces temps de crise économique, nous ne devons pas oublier que nos villes sont les moteurs de l'économie. En effet, près de 85 % du PIB de l'UE est produit dans les zones urbaines. Dans le domaine des transports à longue distance de marchandises et de passagers, de nombreux trajets commencent ou finissent dans des zones urbaines. En outre, c'est dans les zones urbaines, qui sont traversées par plusieurs corridors du réseau transeuropéen de transport, que se situent de nombreuses interfaces de ce réseau.

Les transports urbains ne sont pas un domaine nouveau pour la politique européenne des transports. La question a été abordée par tous les documents stratégiques importants sur la politique européenne des transports. Les marchés des transports publics dans les zones urbaines sont soumis à la réglementation communautaire depuis 40 ans, soit depuis 1969.

Le livre vert sur la mobilité urbaine publié par la Commission en 2007 a permis de placer les transports urbains au centre des débats sur l'avenir des transports en Europe. Ce document a suscité une réflexion sur des aspects essentiels de la mobilité urbaine, tels que des villes fluides et plus vertes, une mobilité urbaine plus intelligente ainsi que des transports urbains accessibles à tous les citoyens de l'UE et leur garantissant sûreté et sécurité.

À la suite de la consultation des parties concernées, nous avons commencé à mettre en pratique des idées d'actions concrètes, selon une approche complète et intégrée destinée à renforcer la mobilité urbaine durable. Je suis heureux de pouvoir vous présenter, à l'occasion de cette conférence, un certain nombre de nouvelles actions que la Commission européenne a déjà entreprises ou qu'elle compte lancer avant la fin de l'année.

  • Nous allons accorder un financement à de nouveaux projets pilotes issus d'un appel à propositions qui a été clôturé en mars. Ces projets pilotes sont consacrés à certaines des questions prioritaires que nous avons recensées, à savoir les déplacements à vélo et à pied, le transport de marchandises, les zones vertes et les actions visant à promouvoir le transport public.
  • La Commission a ouvert un site web pour assister les pouvoirs publics dans leurs achats de véhicules propres et sobres, tels que des autobus plus propres pour leur flotte de transports publics. Ce site fournit des informations et des conseils pour les marchés publics écologiques, un outil de calcul des coûts sur la durée de vie, et une aide à l'organisation de marchés publics conjoints. Il constituera un instrument important pour l'introduction de la nouvelle directive relative à la promotion de véhicules de transport routier propres et économes en énergie qui a été officiellement adoptée le 23 avril 2009.
  • Notre site web contient également des informations sur la législation et sur le financement dans le domaine de la mobilité urbaine. Nous comptons en faire un site de référence pour les informations relatives aux actions et au soutien financier de l'UE dans le domaine de la mobilité urbaine. De plus, nous allons, à l'occasion de cette conférence, créer sur le site web de la Commission européenne une page consacrée aux déplacements à vélo.
  • Nous avons lancé une étude qui vise à étudier les possibilités d'accroître l'interopérabilité des systèmes de transport public, par exemple grâce à l'amélioration de l'information et à la billetterie intelligente. Nous avons aussi mis en chantier une étude portant sur les «zones vertes». Les résultats de cette étude devraient permettre aux villes de trouver des solutions qui correspondent à leurs besoins et qui renforcent la protection de l'environnement tout en garantissant aussi la liberté de circulation, sans discrimination, pour tous les habitants de l'Union européenne.
  • Enfin, nous allons élaborer une stratégie pour «Civitas Futura» appelée à prendre le relais de l'initiative Civitas, qui a remporté un franc succès.

Ces actions concrètes, complétées par d'autres mesures, féront faire partie d'un plan d'action global pour la mobilité urbaine, que la Commission adoptera dans les mois à venir. Ce plan d'action doit couvrir à la fois le transport de marchandises et le transport de passagers, et je souhaite qu'il aborde tous les modes de transport, y compris le vélo. L'usage du vélo peut aider à résoudre le problème des encombrements et il est en outre écologique, sain et garantit une utilisation efficace de l'espace. Cependant, il faut veiller à assurer la sécurité des cyclistes.

Sécurité routière

Les deux tiers des accidents de la route et un tiers des décès dus à ces accidents se produisent en zone urbaine. La sécurité routière est une des priorités de mon mandat dans le domaine des transports et, tout particulièrement, la sécurité routière des jeunes conducteurs. D'ailleurs, avec mon collègue M. Maroni, Ministre italien de l'Intérieur, nous avons procédé au lancement d'un projet hier à Rome, le projet "ICARUS", dont l'objectif est d'améliorer la sécurité routière des plus jeunes. Alors, on a bien vu que l'usage du vélo répond à des impératifs, tels que ceux liés à l'environnement ou au développement durable, mais il est tout aussi important d'assurer la sécurité de ces usagers vulnérables dans leurs déplacements sur la route ou en zone urbaine.

Pour cela, je parlerais plus de prise de conscience et d'éducation que de dispositifs d'ordre législatif. En effet, en ce domaine, il n'y a pas vraiment lieu de légiférer. En revanche, il faut informer le cycliste des dangers spécifiques qui le guettent, notamment quand il n'est pas très visible pour les autres usagers, comme les conducteurs de poids lourds, par exemple. Permettez-moi de rappeler les directives de 2003 et de 2007 qui imposent l'équipement de ces gros véhicules de rétroviseurs, dits "angle mort", justement pour que les vélos soient mieux vus par les camionneurs et ainsi réduire le nombre de ces accidents dramatiques.

Je veux évoquer aussi les campagnes de communication efficaces, menées par des associations de cyclistes, pour promouvoir, par exemple le port du casque ou de vêtements rendant l'usager plus visible, comme les gilets rétro-réfléchissants. Des actions sont menées aussi pour éduquer les enfants aux règles du code de la route et aux dangers particuliers que représente la pratique du vélo. Un jeune cycliste sensibilisé à la sécurité routière est déjà un futur conducteur de voiture plus averti des dangers. Il est donc du devoir des pouvoirs publics, et donc notamment de la Commission européenne, d'apporter tout le soutien nécessaire à cet égard. Ce soutien doit aussi s'appliquer au développement d'infrastructures spéciales pour séparer les cyclistes de la voirie générale, chaque fois que c'est possible, bien sûr plus particulièrement en ville. Des projets de recherche cofinancés par la Commission, comme NR2C (New Road Construction Concepts), apportent un appui en ce sens.

Je voudrais enfin rappeler ici le concept de "responsabilité partagée" qui sous-tend la politique européenne actuelle de sécurité routière. Certes, tout usager a des droits, mais il a aussi des devoirs et ce n'est que dans un contexte de respect des uns et des autres, bien compris par tous, que des progrès significatifs pourront être attendus. Tel était l'objectif majeur de l'organisation de la dernière journée européenne de la sécurité routière dont le thème était "la sécurité routière dans nos villes", le 13 octobre 2008 à Paris, sous les auspices de la Présidence française: amener autour d'une même table les décideurs et tous les usagers de la route qui doivent partager cet espace restreint qu'est la ville, afin que se dégagent des pistes communes d'amélioration de la sécurité routière à travers l'Union européenne.

Promotion du vélo par la Commission européenne

Nul besoin de rappeler ici que le vélo constitue un moyen efficace d'utiliser l'espace routier, et que c'est un mode de transport peu onéreux, propre et économe en énergie. Nul besoin, non plus, de rappeler que se déplacer à vélo, c'est choisir un mode vie sain et agréable. Et bien entendu, les transports publics ne peuvent pas fonctionner correctement sans installations assurant de bonnes connexions pour les piétons et les cyclistes. Pourquoi n'y a-t-il pas davantage de gens qui optent pour le vélo? Ces dernières années, la Commission a lancé un certain nombre d'actions importantes pour promouvoir l'usage du vélo et pour rendre la mobilité urbaine plus durable.

Selon le livre vert sur la mobilité urbaine, le vélo devrait faire partie intégrante des politiques de mobilité urbaine. La Commission européenne montre l'exemple en accordant une importance particulière aux déplacements à vélo dans sa politique interne de mobilité du personnel. Dans le cadre de ses responsabilités liées à l'élaboration de politiques et à la gestion d'instruments de financement, la Commission fournit des financements pour les infrastructures, encourage l'échange de meilleures pratiques et soutien le développement de politiques locales pour le vélo. En voici quelques exemples concrets:

Les fonds structurels et le fonds de cohésion peuvent soutenir l'aménagement de pistes cyclables dans les régions éligibles. Il semble, d'après nos informations, que les États membres aient l'intention d'investir un montant de plus de 600 millions d'euros dans les pistes cyclables pour la période 2007-2013. C'est en République tchèque, en Allemagne, en Hongrie et en Pologne que les dépenses devraient être les plus élevées car tous ces pays prévoient de consacrer des sommes supérieures à 100 millions d'euros aux pistes cyclables.

Le programme de coopération régionale Interreg offre, lui aussi, des possibilités non négligeables pour ce qui est du soutien aux projets portant sur l'utilisation du vélo. Par exemple, des ressources financières considérables ont été octroyées à la promotion du vélo dans le cadre de projets de coopération transfrontaliers et interrégionaux. C’est dans cette catégorie que se classe l'aide financière que nous avons accordée à la création du réseau d'itinéraires cyclables EuroVélo.

La Commission soutient également l'utilisation du vélo par l'intermédiaire de différents projets cofinancés par le programme STEER. Le programme STEER est le volet «Transport» du programme Énergie intelligente pour l'Europe. Nous avons octroyé, au cours des dernières années, 10 millions d'euros à dix projets portant sur des activités d'audit et d'élaboration de politiques cyclables[1], le transfert de connaissances et de technologie[2] et le marketing et le changement des comportements[3]. Je continuerai à travailler en étroite collaboration avec mon collègue Andris Piebalgs pour veiller à ce que le vélo reste un domaine de financement prioritaire pour STEER.

Nous soutenons aussi l'utilisation du vélo à travers les actions menées au titre du programme-cadre de recherche et de développement technologique de l'Union européenne. L'initiative CIVITAS en est une bonne illustration. Jusqu'ici, nous avons mis 180 millions d'euros à la disposition de 59 villes, sur tout le territoire de l'UE. Cette initiative aide les villes à introduire et à mettre à l'essai des paquets de mesures innovantes afin d'améliorer leur système de transport local.

Environ 35 des mesures mises en œuvre par CIVITAS ont une incidence directe sur l'utuilisation du vélo. Elles couvrent un vaste éventail de sujets, tels que la révision des infrastructures, la planification personnalisée des déplacements, les plans de déplacement d'entreprise, les campagnes de marketing et de sensibilisation, la location de vélos, la mise en place d'un réseau bus-vélo, l'introduction de la priorité aux cyclistes aux feux de signalisation et la mise en œuvre de quartiers «vélos admis».

CIVITAS permet à d'autres villes de profiter des résultats issus des nombreux projets pionniers qui ont été exécutés. Nous avons mis en place un fonds CIVITAS et nous espérons lancer bientôt un nouveau programme qui facilitera la formation grâce à des échanges de personnels des administrations municipales. Les meilleures pratiques en matière d'utilisation du vélo sont disponibles sur l'internet, sur le portail ELTIS (Service européen d'information sur le transport local). Depuis sa création en 1998, ELTIS a été consulté plus de dix millions de fois. Sa base de données sur les meilleures pratiques contient plus de 200 études de cas consacrées au vélo.

Conclusion

En conclusion, j'aimerais souligner que le succès et les effets de bon nombre d'actions qui peuvent être cofinancées par des fonds de l'UE dépendent aussi des élus locaux, régionaux et nationaux, des politiques qu'ils adoptent pour faciliter le changement, et de leur volonté de prendre les décisions nécessaires, qui ne sont peut-être pas toujours faciles ni populaires. La Commission européenne leur fournit un cadre adapté ainsi qu'un large éventail d'activités de soutien.

Selon moi, il est impossible de réaliser les objectifs de la politique européenne des transports sans se pencher sur les transports en zone urbaine. Nous devons, bien entendu, agir dans le plus total respect du principe de subsidiarité. Je suis tout à fait déterminé à poursuivre le développement des activités européennes dans le domaine de la mobilité durable. Notre livre vert sur la mobilité urbaine a permis de placer les transports urbains au centre des débats sur l'avenir des transports en Europe. Nous lançons actuellement des actions concrètes et nous préparons un plan d'action, ce qui définira notre programme de travail pour les années à venir. Je peux vous assurer que le vélo y occupera la place qui lui revient.

Merci pour votre attention.


[1] Projets BYPAD et SPICYCLES
[2] Projets ASTUTE, OBIS, STREAM et PRESTO
[3] Projets CONNECT, TRENDY TRAVEL, MIDAS et ADDED VALUE


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