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SPEECH/08/633












Viviane Reding

Membre de la Commission européenne responsable de la Société de l'Information et des Médias



EUROPEANA: un voyage à travers la culture européenne























Lancement d'Europeana, la Bibliothèque européenne
Bruxelles, le 20 novembre 2008

Mesdames, Messieurs,

Il y a trois ans, la Commission européenne a lancé l'initiative-phare 'bibliothèques numériques'. Aujourd'hui, je suis heureuse de nous voir réunis si nombreux pour le lancement d'Europeana, fruit de la collaboration sans précédent des institutions culturelles et du soutien politique du Parlement européen et des Etats membres.

Le 'Grand Tour' virtuel

Par le passé, les jeunes désireux de parfaire leur éducation entreprenaient un voyage à travers l'Europe en visitant les hauts lieux culturels européens, le 'Grand Tour', qui leur donnait l'occasion de découvrir les cultures d'autres pays, leurs œuvres d'art et leurs monuments les plus prestigieux. Parmi ces voyageurs figuraient des artistes et des écrivains, comme Goethe et Dumas, pour qui cette expérience devenait la source d'inspiration pour leurs propres œuvres.

Grâce aux technologies de l'information et de la communication, Europeana permettra à tous de faire un 'Grand Tour' virtuel, d'admirer les trésors artistiques des pays européens, de découvrir leur littérature et leur histoire.

Bien sûr, une découverte virtuelle ne remplace pas l'expérience directe. Mais elle ouvre de nouvelles perspectives. Elle permet, par exemple, la recomposition virtuelle de collections, voire d'objets, jusqu'alors éparpillés aux quatre coins du monde. Le "Codex Sinaiticus" illustre ce phénomène. C'est un exemplaire de la Bible du 4ème siècle dont les 350 pages se trouvent aujourd'hui dans 4 pays différents. L'année prochaine, la numérisation de ses différentes parties permettra de voir, en ligne, l'œuvre dans son intégralité.

Caractéristiques d'Europeana

Permettez-moi de souligner quelques-unes des caractéristiques d'Europeana qui me paraissent particulièrement importantes.

Tout d'abord, Europeana a pour vocation de promouvoir l’accès aux connaissances. Elle est pilotée par des institutions culturelles, dont la raison d'être est de préserver le patrimoine, et d'en assurer l'accès. Ce modèle de gouvernance permet la préservation des contenus numérisés dans le temps.

Une deuxième caractéristique essentielle d'Europeana est son ouverture. Celle-ci se traduit par la manière dont les institutions culturelles coopèrent entre elles et (à l’avenir) aussi avec des partenaires privés. Elle s’exprime également par la possibilité offerte aux internautes de réutiliser les contenus qui relèvent du domaine public et qui ne sont donc pas soumis aux droits d’auteur.

En troisième lieu, Europeana va devenir une source de référence pour les amateurs d'art et de culture de toutes les générations. Les jeunes générations vont s'approprier la bibliothèque numérique européenne, non seulement pour la consulter, mais aussi pour la faire évoluer (à travers une utilisation créative et interactive). La possibilité de réutiliser des contenus d'Europeana, une présentation dynamique (qui montre les objets les plus consultés par les internautes à un moment donné), et les applications liées au 'Web 2.0' (qui permettent de partager des idées, de se rencontrer et de s'organiser au-delà des frontières), correspondent en effet à la façon dont les jeunes utilisent l'internet. Europeana sera leur bibliothèque numérique.

J'ai la conviction qu'Europeana réussira à réunir les générations autour de la culture sur Internet en donnant, à chacun, la possibilité de découvrir, à son rythme, en interaction avec d’autres, les merveilles cachées dans les institutions culturelles de notre continent.

Cette conception d'Europeana me ramène au ‘Grand Tour’, le voyage éducatif qui permettait jadis de découvrir l’Europe. Europeana sera notre 'Grand Tour" d'aujourd'hui, permettant d'enrichir notre regard sur les cultures de nos voisins, avec qui nous partageons un patrimoine commun.

Conclusion

Europeana est née. Un projet qui fait rêver est mis sur les rails. Les conclusions adoptées ce matin par les Ministres ici présents contribueront à renforcer le projet et à en réaliser les ambitions.

Unissons nos efforts pour qu'au moins 10 millions d'objets soient accessibles à travers Europeana en 2010. Pour cela, les institutions culturelles – que je félicite pour le travail déjà accompli - doivent faire entrer tous leurs objets déjà numérisés ou en voie de numérisation dans Europeana. Comme, par exemple, le "Codex Sinaiticus", dont j'ai parlé. A vous, chers Collègues Ministres, de tout faire pour que l'effort de numérisation de vos œuvres soit accéléré.

Le second objectif est de renforcer le multilinguisme et les nouvelles applications interactives que les jeunes apprécient tellement. Cet objectif est soutenu par les programmes de recherche de l'Union européenne.

Un autre objectif consiste à augmenter le nombre d'œuvres sous droits dans Europeana : pour cela, j'invite les institutions culturelles à poursuivre les discussions avec les éditeurs et autres ayants droit. Je continuerai également à travailler sur le problème des œuvres orphelines, celles dont les ayants droit ne sont pas connus. Il est fondamental que nous trouvions rapidement des solutions à ce problème d'ampleur qui concerne une grande partie de notre patrimoine. Un exemple: 40% des livres de la British Library sont des œuvres orphelines!

Grâce à l'engagement de tous, Europeana sera le musée de notre patrimoine commun, des richesses de notre diversité culturelle. Que tous les citoyens européens s'y sentent chez eux!


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