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José Manuel Durão Barroso
Président de la Commission européenne
Renforcer la construction européenne à l’ère de la mondialisation
Fondation Collège européen de Parme
Parme, 11 janvier 2008

European Commission - SPEECH/08/5   11/01/2008

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SPEECH/08/5












José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne




Renforcer la construction européenne à l’ère de la mondialisation























Fondation Collège européen de Parme
Parme, 11 janvier 2008

Signor presidente della Fondazione,

Autorità tutte,

Signore e Signori,

Carissimi studenti,

Sono davvero onorato dell’invito che mi è stato rivolto ad inaugurare il nuovo anno accademico del Collegio europeo di Parma, in questo splendido auditorio concepito da un maestro italiano dell'architettura europea e mondiale. Sono estremamente colpito dal vostro invito e dalla calorosa accoglienza di questa città...e non solo perché melomane e amante dell'opera! Credetemi, sono soprattutto molto felice di essere con voi oggi per condividere insieme la nostra grande passione comune, l’Europa !

Permettetemi, per prima cosa, di rivolgervi degli auguri per un 2008 ricco di soddisfazioni accademiche e personali. L’Unione europea e la Commissione europea di cui sono Presidente, sono orgogliose di poter contare su di un centro di eccellenza in studi europei come il vostro.

Voglio confessarvi fino a che punto è grande il mio piacere di tornare in Italia. Nonostante i doveri di imparzialità e di neutralità proprie delle mie funzioni, devo dirvi con franchezza che adoro il vostro paese. L'Italia raccoglie ciò che di più bello ed affascinante offre la cultura europea.

Se adoro cosi tanto l’Italia, non posso che esprimere tutta la mia gioia nel pronunciare questo discorso a Parma, una città che ha avuto da sempre una tradizione profondamente europea... ben prima della creazione del Collegio europeo e dell'istituzione dell'Agenzia europea per la sicurezza alimentare!

Sono attratto da questi luoghi, che trasudano musica e di cultura, e dove batte il cuore vivo dell'opera europea. Sono altresì affascinato dalle molteplici influenze storiche che hanno forgiato la Parma moderna, quella del dinamismo industriale ed agroalimentare, delle università di punta, dell'arte del saper vivere. Parma è proprio un bel campione d'Europa – varia e aperta al mondo. A tale proposito, un dato storico mi ha veramente impressionato: quando i francesi Diderot e D'Alembert si lanciarono nel "folle" progetto dell'enciclopedia, la maggiore impresa editoriale europea di un secolo dei Lumi che si apriva alla conoscenza universale, Parma fu la città che, dopo Parigi, contava il maggior numero di abbonati. Si tratta di una meravigliosa testimonianza di apertura e di quello che può essere definito un genuino spirito europeo.

Nous sommes tous héritiers et dépositaires de cet esprit européen. Pour moi, si l’Europe est l’Europe, c’est parce que c’est une création qui parle au cœur et vibre par l’esprit. De ce patrimoine, tous les Européens peuvent être très fiers. C’est aussi, à mes yeux, une raison d’avoir foi dans le projet européen. Car il traduit bien - et de quelle manière ! – l’idée que l’Europe a une âme.

Je le dis dans un pays qui est non seulement fondateur de l’Union européenne, mais aussi un pays qui incarne plus qu'aucun autre toute la richesse de la culture européenne. Un pays qui a toujours apporté sa formidable énergie et sa mobilisation enthousiaste à notre entreprise commune.

Je le dis aussi quelques jours après une série d’événements de portée historique pour l’Europe. Je veux parler de l’ouverture des frontières dans les États membres qui viennent d’adhérer à la zone Schengen, de l’entrée de Chypre et de Malte dans la zone euro et du passage de témoin entre le Portugal et la Slovénie, le premier « nouvel » État membre à assurer la présidence du Conseil.

Pour avoir assisté personnellement à la levée des barrières dans quatre zones frontalières de l’Union les 21 et 22 décembre derniers, je peux vous dire que non seulement l’Europe a une âme, mais  qu’elle est aussi bien vivante ! Quand on a vu, comme moi, l’émotion et la joie des citoyens de l’espace Schengen élargi ce jour-là, on garde gravé dans sa mémoire le souvenir d’un moment unique. Et si j’avais un vœu collectif à formuler, ce serait que 2008 soit une année d’enthousiasme européen, à l’image de l’enthousiasme que j’ai perçu ce jour-là.

Mesdames et Messieurs,

L’Europe du 21e siècle qui vient de vivre ces événements historiques reste, dans son esprit, celle d’Alcide de Gasperi et des pères fondateurs. Celle de la paix, de la démocratie, de l’État de droit et du respect des libertés. Elle n’en renie pas les principes d’union économique et de solidarité matérielle. Elle n’en renie pas non plus la volonté d’une union politique à renforcer jour après jour autour des valeurs européennes d’ouverture, de tolérance et de respect des diversités, qui forment son ciment.

Mais l’Europe du 21e siècle ne peut pas devenir le musée figé d’une époque, qui s’est heureusement achevée, où elle a conquis de haute lutte sa liberté et son union contre les guerres fratricides, les dictatures et les murs de Berlin. Notre cinquantième anniversaire a célébré le miracle européen : une vision politique sans équivalent, des conquêtes de paix et de démocratie irréversibles et la réunion d’une famille qui avait été si longtemps déchirée. 

Mais cet anniversaire du traité de Rome ne signe pas la fin de l’histoire. Il marque au contraire le début d’une nouvelle mobilisation pour l’avenir, celle d’une Europe qui, pour la première fois, vient de signer à 27 un nouveau traité capital pour aller de l’avant.

L’Europe du 21e siècle doit regarder en face les défis de son temps. Les défis de son temps, ce sont la mondialisation, son échelle inégalée, son rythme vertigineux, ses bouleversements et ses réalités inédites. Regardons les choses telles qu'elles sont : le monde n’a plus de centre. Le centre du monde, c’est le monde lui-même. La mesure de la puissance maximale, aujourd’hui, c’est celle d’une deuxième place ! Alors allons-nous continuer à penser l’Europe et le monde avec les outils du 20e siècle ? Non, bien sûr.

L’Europe première puissance commerciale du monde est, par nature, partie prenante de la mondialisation économique et a tout intérêt à garantir les équilibres économiques. L’Europe premier donateur mondial d’aide publique au développement rappelle aussi que la solidarité doit rester au centre de nos rapports humains. L'Europe veille à atténuer les déséquilibres que la mondialisation peut entraîner autour d’elle. L’Europe porteuse de valeurs et d’un modèle d’intégration politique unique dans l’histoire occupe une place de choix pour participer au nouvel ordre mondial qui émerge. Voilà l’enjeu. Voilà notre force.

Mais il ne faut pas s’y tromper : la réalité qui émerge est celle d’un ordre mondial sans hégémonie. Un ordre mondial qui, à regarder l’évolution de la Chine, de la Russie ou de l’Inde, pour ne citer que quelques exemples, annonce le retour en force de la géopolitique.

Dans cet ordre en gestation, qui va façonner la mondialisation ? L’Europe n’a pas vocation à imposer son modèle. Mais sans doute le modèle européen a-t-il des pistes de réflexion à proposer au monde. Je crois que de plus en plus, l’Europe sera perçue comme un laboratoire de l’avenir. C’est-à-dire un modèle de rapports de confiance et de partenariat durable entre les peuples qui peut se substituer à un rapport de concurrence dans la gestion des affaires communes du monde et servir de principe de gouvernance à l’échelle de la communauté internationale. L’Europe est mieux placée que d’autres régions du monde pour réussir. Et pour le monde d’aujourd’hui et de demain, elle est plus nécessaire que jamais.

Robert Schuman, qui donne son nom à votre promotion, l’avait déjà pressenti lorsqu’il écrivait: « L’Europe devra cesser d’être un assemblage géographique d’Etats juxtaposés, trop souvent opposés les uns aux autres, pour devenir une communauté de nations distinctes, mais associées dans un même effort défensif et constructif. Le plein épanouissement de l’humanité se fera au travers de la pluralité des civilisations, qui seront poussées à se tourner les unes vers les autres, et notamment vers le continent africain ».

Ce travail d’union et d’ouverture au monde reste d’une incroyable actualité cinquante ans plus tard, à l’ère de la mondialisation.

Je suis convaincu que l’Europe doit utiliser la mondialisation comme un moteur pour renforcer la construction européenne. Pour deux raisons, interne et externe. Parce que la construction européenne, c’est-à-dire l’union, est LA réponse politique qui va dans le sens de l’intérêt commun des peuples et des États européens. Et parce que la construction européenne est la contribution de notre continent à un ordre mondial plus juste.

L’Europe politique que nous voulons renforcer, l’Europe forte que nous voulons bâtir dans la mondialisation, nous la construisons par l’approche payante que nous suivons à la Commission européenne: l’Europe des résultats, l’Europe des citoyens. L’Europe a toujours été et reste un rêve lucide, c’est-à-dire une création qui conjugue la vision et le pragmatisme. Il n’y a pas de contradiction entre le grand dessein et les avancées concrètes. C’est même le mode de fonctionnement naturel de l’Union européenne depuis le premier jour. Qui pourrait nier que cette méthode nous a réussi?

L’Europe des résultats, je l’ai dit, n’est pas une alternative à la « grande vision européenne ». Encore moins une échappatoire. C’est une véritable stratégie qui fait jouer la valeur ajoutée européenne au profit d’avantages réels offerts aux citoyens européens.

Cette stratégie porte ses fruits. Elle a d’ores et déjà permis à l’Union de sortir de l'impasse institutionnelle dans laquelle elle se trouvait depuis un certain temps. En espérant que la ratification du nouveau traité aura lieu dans tous les Etats membres, nous pouvons dire que la signature du traité de Lisbonne témoigne de la détermination de l'Europe à se donner une capacité d’agir à la hauteur des enjeux du monde d’aujourd’hui.

Ce traité va nous donner davantage de moyens pour armer l’Europe dans la mondialisation et lui permettre d’imprimer sa marque.

Mais il y a des conditions à réunir. Pour réussir, il faut une Europe à 27 unie, en accord avec ses valeurs, qui prenne l’initiative. Une Europe pionnière. Une Europe audacieuse. Une Europe dynamique. Bref, une Europe qui exerce un « leadership ». Car il ne suffit pas d'avoir la capacité d'agir, il faut surtout la volonté d'agir.

Je l’ai toujours pensé et je le pense plus que jamais : la Commission européenne joue un rôle absolument fondamental dans cette ambition. En incarnant l’intérêt européen, en exerçant son pouvoir d’initiative et en favorisant le consensus, elle est au cœur de ce « leadership ».

Alors que signifie armer l’Europe pour la mondialisation ? C’est relever les grands défis de l’innovation, de l’énergie, de l’immigration, de l’éducation et de la démographie, sur la toile de fond d’une réforme économique en profondeur pour créer de la croissance et de l’emploi.

Ce vaste programme, nous l’avons engagé avec détermination en 2005, notamment en relançant la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi. Nous l’avons accéléré en 2006. Nous l’avons poursuivi en 2007 avec succès en ouvrant deux immenses chantiers d’avenir.

La politique énergétique que la Commission a proposée en 2007 pour l’Europe, c’est celle d’un 21e siècle qui verra le tarissement des sources d’énergie fossile et qui doit trouver d’urgence des alternatives. Mais c’est aussi, sur le plan de la politique européenne, une nouveauté absolue, dans un continent dépendant de sources d’approvisionnement extérieures situées dans les zones les plus instables du monde. Le plan d’action ambitieux que nous présenterons dans quelques jours permettra d’assurer, à l’échelle de l’Union, la sécurité de notre approvisionnement, la viabilité de notre consommation à long terme et la compétitivité de notre marché.

Ensuite, parce que l’un ne va pas sans l’autre, nous avons lancé un plan très concret et contraignant de lutte contre le changement climatique, qui est en train d’asphyxier notre planète. Ce plan nous place en position de précurseur au niveau international. Il nous donne une longueur d’avance dans la mise en place d’une économie sobre en carbone et en pointe dans les écotechnologies.

Je suis convaincu que cette double stratégie « d’ouverture offensive » va amener l’Europe au seuil d’une troisième révolution industrielle.

Dans le même ordre d’idée, je voudrais dire que les récents accords politiques conclus pour Galileo et pour l’Institut européen de technologie vont faire franchir à l’Europe un pas décisif dans le 21e siècle des technologies, de la recherche et de l’innovation. Je suis très fier de la contribution que la Commission européenne a apportée à ces deux projets phares.

En 2007, nous avons donc commencé à engranger les premiers résultats positifs de notre action coordonnée. La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi que pilote la Commission européenne a déjà créé 6,5 millions d’emplois en deux ans. Elle restera la pierre angulaire de l’approche européenne de la mondialisation.

Pourquoi avons-nous réussi là où rien ne paraissait possible quelques années plus tôt ? Il y a plusieurs raisons, qui sont liées à notre évolution interne. La première, c’est que l’élargissement a donné un coup de fouet à la croissance européenne. La deuxième, c’est que nos fondements économiques sont sains et que l’euro protège les économies européennes des turbulences. La troisième, c’est que l’Europe jouit d’un regain de confiance auprès des citoyens, comme le prouvent de récentes enquêtes d’opinion.

Autrement dit, les décisions politiques majeures et extrêmement audacieuses que l’Union a prises pour renforcer son intégration – élargissement, monnaie unique – sont les stratégies gagnantes d’une Europe puissance. Et la confiance qu’elles suscitent en est un des précieux dividendes. Devrions-nous changer de méthode ?

Je ne crois pas. Au contraire, je pense que la méthode suivie en Europe, c'est-à-dire un projet d'union politique fondée sur l'intégration économique, qui s'appuie sur l'idée même de cohésion sociale, est une inspiration pour d'autres pays et régions du monde. Nous ne voulons pas changer notre modèle, qui repose sur les principes de l'ouverture économique et de la solidarité sociale. Mais il s'agit d'adapter nos instruments aux réalités du XXIème siècle pour consolider notre façon européenne de vivre ensemble.

Bien sûr, la croissance que connaissent certains pays d’Asie fait rêver. Mais la croissance européenne incorpore une valeur ajoutée inestimable : nos valeurs. Ces valeurs, ce sont celles que nous attachons par exemple à l’éducation, à la formation tout au long de la vie, au développement de nos universités, à la recherche, à l’innovation, à la solidarité, à l’équité, à la protection sociale. Il n’est pas question de renoncer à ces valeurs. C’est précisément en renforçant les capacités d’adaptation de l’Union que nous assurerons le bien-être des citoyens dans tous les États membres.

Les libertés du marché intérieur, l’efficacité de notre politique de concurrence et notre politique de cohésion active sont les meilleurs moyens de diffuser la prospérité dans les États et les régions de l’Union, tout en préservant la solidarité, qui est l’essence même de notre projet commun.

Sur le plan extérieur, l’Europe, qui est une puissance ouverte au monde, entend bien défendre ses intérêts et ses valeurs dans la gouvernance mondiale. Je ne nie pas qu’il y ait parfois des contradictions entre valeurs et intérêts. Ces contradictions existent et il faut les surmonter par une dynamique positive. La Commission européenne joue là un rôle essentiel. Les pays tiers avec lesquels nous négocions, par exemple, essaient parfois d’utiliser les intérêts économiques de certains États membres et de certaines entreprises nationales comme moyens de pression. Mais la Commission européenne n’a pas d’intérêts économiques propres à défendre ! Elle défend l’intérêt général européen en jouant son rôle de « gendarme intransigeant » et en appliquant les règles de concurrence. Ces règles sont une arme extraordinaire, non pas pour nous retrancher derrière des barrières protectionnistes, mais bien pour protéger les intérêts de l’Union. La Commission européenne parle au nom de tous. Et je peux vous l’assurer, elle se montre aussi ferme sur les principes du marché intérieur que sur le respect des droits de l’homme dans les pays tiers.

Certains voudraient aussi faire croire que la mondialisation est un prétexte pour adopter une attitude fermée et égoïste. C’est faux. Prenons l’exemple du changement climatique. Nous sommes six milliards d’êtres humains à partager une seule et même Terre. S’attaquer au réchauffement planétaire et prendre la tête de ce chantier mondial comme l’a fait l’Europe, c’est faire preuve de responsabilité collective. C’est aussi faire preuve de solidarité et, je tiens à le souligner, de générosité.

Solidarité avec les générations futures, mais aussi solidarité et générosité à l’égard des pays en développement, qui n’ont pas les ressources financières et technologiques des pays industrialisés, et que nous voulons aider à maîtriser le changement climatique. Je pense en particulier à l’Afrique, qui a besoin de notre soutien, notamment sous forme de transferts de technologie.

Le modèle européen dont je parlais tout à l’heure et qui pourrait inspirer la gouvernance mondiale trouve une illustration très concrète dans la position courageuse que l’Union a prise face au changement climatique. Je disais que l’Europe avait une sorte de « devoir » d’union et d’initiative, et qu’à tout le moins, elle y avait tout intérêt. Je crois que nous avons pleinement assumé notre rôle en prenant des initiatives unilatérales et en montrant l’exemple pour entraîner la communauté internationale. Le changement climatique est devenu l’affaire de tous, comme l’a bien montré la conférence de Bali. L’Europe continuera à jouer de son influence pour parvenir à un accord international sur un régime « post-Kyoto » d’ici à 2009.

Sur le plan interne, je vois dans le changement climatique un excellent moyen de renforcer l’intégration européenne. Aucun État membre ne peut l’affronter efficacement seul, c’est une évidence. En revanche, nos efforts conjugués, dans des conditions équitables et dans un cadre coordonné, ne peuvent être que payants.

Je vais même plus loin : le combat pour une planète viable est une excellente cause à proposer aux jeunes Européens pour qu’ils se mobilisent en faveur de l’Europe.

Mesdames et Messieurs,

Les faits prouvent sans ambiguïté que nous sommes sur la bonne voie. Mais nous ne pouvons pas relâcher nos efforts. En 2008, nous allons continuer à examiner nos politiques internes pour nous adapter à la mondialisation.

Il faut tirer pleinement parti du marché intérieur. Il faut aussi répondre aux nouvelles réalités sociales de l’Europe. Il faut compléter notre approche globale de l’immigration. Il faut renforcer notre coopération en matière de justice, de liberté et de sécurité. Dans les domaines où l’Europe joue un rôle direct, elle agira. Elle fera aussi jouer sa solidarité.

Je pourrai poursuivre la liste des tâches très importantes pour l’avenir qui nous attendent, comme la réforme de la politique agricole commune ou le réexamen du budget communautaire. Je n’oublie pas non plus, bien entendu, l’examen de la situation dans les pays des Balkans occidentaux, qui s’engagent dans une phase décisive, et notamment le sort du Kosovo. Mais pour conclure, je voudrais surtout insister sur un point fondamental : la volonté politique.

Le traité que nous venons de signer, c’est vrai, nous donne des bases indispensables pour avancer. Les dirigeants politiques européens ont su faire prévaloir l’intérêt général européen sur des préoccupations étroitement nationales. Ils ont montré leur sens des responsabilités. Je salue ce signal politique à sa juste valeur, qui est immense.

Il faut maintenant profiter de cet élan pour assurer la ratification du traité, qui sera le grand défi politique de 2008. Je tiens d’ailleurs à saluer sincèrement la Hongrie, qui a donné l’exemple en devenant le premier pays à ratifier le traité, le 17 décembre dernier ! Pour ma part, je suis confiant, les 26 autres États membres suivront. Je pense que la conjoncture politique est favorable.

Mais ne soyons pas dupes : un traité ne résout pas tous les problèmes. Un traité ne donne pas « mécaniquement » la volonté d’agir. Un traité européen ne remplace pas et ne remplacera jamais une « volonté d’Europe ». Or, ce dont l’Europe a le plus besoin aujourd’hui, c’est de volonté politique !

L’Europe peut et doit jouer dans la cour des grands. Elle en a les dimensions et la puissance économique. Le récent traité lui donne de nouveaux moyens institutionnels et une visibilité politique sans doute accrue. Il faut maintenant que tous ensemble, États membres, institutions européennes et citoyens européens, nous ayons la ferme volonté politique d’en tirer parti et de continuer de construire notre projet politique. La Commission européenne y contribuera avec détermination et je vous assure de mon engagement personnel sans faille.

Aller plus loin dans la construction politique de l’Europe, c’est une question de vision. C’est aussi une question de réalisme. L’Europe unie est notre horizon commun. Elle porte nos espoirs et notre avenir. Elle porte aussi ceux d’un monde nouveau.

Merci


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