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SPEECH/08/535












Antonio TAJANI

Commissaire responsable des transports



Discours de clôture sur "More and better jobs at sea: in search of a social dimension for the EU Maritime Policy"























EU Maritime Policy seminar, PSE
Bruxelles, le 16 octobre 2008

Chers Vice Présidents de la Commission des transports et du tourisme, honorables parlementaires, mesdames et messieurs,

C'est un grand plaisir pour moi de conclure ce séminaire sur les manières d'améliorer les professions de la navigation maritime et l'emploi des gens de la mer.

Tout d'abord, j'aimerais remercier le Groupe Socialiste pour cette invitation. Je voudrais aussi remercier la Féderation Européenne des Travailleurs du Transport pour avoir rencontré ce mardi mon Cabinet et présenté les dix actions contenues dans la "Charte pour les marins européens".

Ce séminaire est une excellente occasion pour une réflexion commune sur la dimension sociale du secteur des transports maritimes.

Le grand problème que nous avons devant nous aujourd'hui est la pénurie croissante de gens de la mer, qui touche beaucoup de pays dans le monde, mais en particulier l'Europe. L'industrie maritime européenne fait face à un paradoxe sans précédent: d'un coté, il y a une demande croissante d'expéditions par mer; mais, de l'autre coté, il y a une pénurie de marins européens.

J'aborderais dans mon discours trois sujets principaux:

1. Le problème de la pénurie d'emplois,

2. L'importance des compétences maritimes,

3. La nécessité d'assurer des conditions sociales équitables.

1. Le problème de la pénurie d'emplois et la nécessité de promouvoir l'emploi dans le secteur maritime

La diminution du nombre de marins dans la plupart des pays européens depuis les années 1980, et la baisse du savoir-faire maritime qui en découle, présentent une menace réelle pas seulement pour l'industrie maritime, mais également pour les industries terrestres qui dépendent des compétences des gens de la mer.

Déjà lors de la conférence de Dublin de 1996, les marins européens avaient été décrits comme des "espèces en danger". Encore plus aujourd'hui, les gens de mer sont une "main-d'œuvre vieillissante". Il est nécessaire que des jeunes commence à entrer et rester dans la profession maritime, au fin d'assurer un renouvellement de cette profession.

La Commission a lancé plusieurs initiatives pour promouvoir les professions maritimes et pour améliorer leur attractivité. J'aimerai souligner la vaste campagne de sensibilisation pour informer sur les professions maritimes et sur les perspectives professionnelles dans ce secteur. De plus, la Commission a réalisé des projets de recherche spécifiques sur le développement d'une carrière à terre après avoir quitté le travail en mer.

Nous savons tous qu'être marin est une profession difficile et il n'y a pas beaucoup de personnes disposées à rester longtemps en mer. Je crois donc qu'il est nécessaire de développer une carrière maritime à long terme. Ce type de carrière motiverait les professionnels, tout en avantageant l'industrie maritime entière. De plus, la mobilité des gens de mer devrait être promue de sorte que l'insuffisance nationale de main-d'œuvre soit réduite par les excédents d'autres pays.

Le secteur des services réguliers de ferry intra-UE exige aussi une attention particulière. Le caractère à forte intensité de main-d'œuvre de ce secteur fait de lui une source précieuse d'emploi pour les marins européens. Cet aspect implique aussi que les conditions de concurrence entre les opérateurs soient fortement influencées par les coûts des équipages. Dans certains cas, cela a eu pour résultat le remplacement des marins européens par une main-d'œuvre à prix réduit, provenant des pays tiers et notamment de l'Asie.

Il est nécessaire de trouver un bon équilibre entre la prévention du "dumping social" et la compétitivité des flottes européennes. Les particularités du secteur, y compris son caractère global, doivent être entièrement prises en considération. La Commission a donc lancé une étude afin d'effectuer une analyse approfondie de ce secteur. Les résultats de cette analyse devraient nous permettre de décider des initiatives à prendre dans le futur.

2. L'importance des compétences maritimes

Les gens de la mer sont aussi essentiels pour assurer la sécurité ainsi que pour la protection de l'environnement marin.

Il est nécessaire que tous les navires de l'UE et des pays tiers faisant escale dans nos ports soient servis par des équipages compétents. Les erreurs humaines liées à des compétences insuffisantes qui provoquent des catastrophes maritimes ne peuvent plus être tolérées.

La législation communautaire en place devrait être entièrement exploitée pour assurer que les marins de toute origine soient formés au moins jusqu'aux niveaux STCW (Standard of Training, Certification and Watchkeeping). La Commission a une responsabilité importante dans l'application conforme de ces règles pas seulement dans les États membres mais aussi dans les pays tiers.

Considérant que le monde maritime évolue rapidement, il est nécessaire d'adapter de manière permanente la formation pour tenir compte des nouvelles compétences et aussi des besoins de l'industrie maritime. La révision en cours de la convention STCW est cruciale à ce propos et la Commission a contribué et contribuera sensiblement à cet exercice.

3. La nécessité d'assurer des conditions sociales équitables.

N'oublions pas qu'être marin est une profession difficile! Le navire est pour le gens de la mer le lieu de travail, mais aussi leur maison.

Par conséquent, toute tentative pour rendre la profession maritime plus attractive doit se fonder sur la nécessité de rendre les conditions de travail meilleures et plus équitables. Des conditions sociales convenables sont absolument cruciales pour la satisfaction professionnelle, ainsi que pour la performance des marins.

La conclusion de la Convention de l'Organisation Internationale du Travail sur le travail maritime est une étape importante à cet égard. Cette déclaration universelle des droits des marins est essentielle, pas seulement pour assurer des conditions sociales appropriées, mais aussi, et surtout, pour assurer une égalité de traitement entre les armateurs au niveau mondial.

Comme vous le savez, la Commission a déclenché la mise en œuvre de cette convention dans la Communauté en encourageant les partenaires sociaux à entrer dans des négociations conformément à l'article 139 du traité. L'accord, qui a été signé entre les partenaires sociaux en mai dernier, constitue maintenant la base pour transposer ces normes dans les États membres.

Les partenaires sociaux ont successivement demandé que la Commission présente une Directive du Conseil pour transposer cet accord dans le droit communautaire. Ensemble, avec mon collègue le Commissaire Spidla, nous avons travaillé à un projet de directive qui a été adoptée par le Collège des Commissaires en juillet comme partie intégrante de l'Agenda Sociale.

Le texte est maintenant sur la table du Conseil des Ministres. Je compte sur l'appui total des États membres pour son adoption rapide.

Ma réponse aux préoccupations manifestées par Fédération Européenne des Travailleurs des Transports

Je comprends que, ce mardi, les marins on manifesté ici, a Bruxelles, et ont aussi présenté à mon Cabinet la "Charte pour le Marins Européens". La préoccupation principale est la perte d'emplois pour les marins communautaires et le risque de perte du "know-how" maritime.

Avant la fin de l'année je proposerai à la Commission une Communication sur la stratégie du Transport Maritime pour la période 2008-2018. Cette communication comportera un volet social substantiel. J'ai l'intention de créer une "task force" pour étudier de manière concrète comment pourraient être améliorées les conditions d'emploi des marins et la position compétitive du secteur maritime européen.

Enfin, la Fédération Européenne des Travailleurs des Transports a également manifesté des préoccupations relatives à l'application des lignes directrices aides d'Etat. Comme vous le savez, les lignes directrices vont être réexaminées en 2011. Dans ce contexte la faisabilité d'un lien renforcé entre l'octroi de l'aide et l'emploi sera examinée.

Conclusions

Je vous assure que la Commission poursuivra ses efforts pour rendre la profession maritime la plus attractive possible et les équipages plus compétents. Mais la Commission seule ne peux pas résoudre le problème. Il y a une nécessité d'action concertée de tous les acteurs impliqués.

Pour conclure, j'estime qu'il est essentiel d'opérer un changement d'attitude envers les aspects sociaux de cet important secteur. Il est nécessaire de reconstituer le prestige social des professions maritimes pour un avenir de succès de ce secteur industriel.

Je suis sûr que la discussion d'aujourd'hui, à la quelle a également participé un représentant de mes services, sera une contribution précieuse pour formuler les orientations futures dans ce domaine.

Merci pour votre attention.


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