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Vladimír &#352;PIDLA<br> Membre de la Commission européenne chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Egalité des chances<br>Un Agenda Social Renouvelé<br> Conférence de la Commission: Répondre aux nouvelles réalités sociales. Chances, accès et solidarité, un agenda européen<br>Bruxelles, le 5 mai 2008<br>

Référence: SPEECH/08/223 Date de l'événement: 05/05/2008 Exporter pdf PDF word DOC
Autres langues disponibles : Aucune

SPEECH/08/223












Vladimír ŠPIDLA

Membre de la Commission européenne chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Egalité des chances




Un Agenda Social Renouvelé





















Conférence de la Commission: Répondre aux nouvelles réalités sociales. Chances, accès et solidarité, un agenda européen
Bruxelles, le 5 mai 2008

Mesdames et Messieurs,

C'est avec un très grand plaisir que j'ouvre ce forum. C'est effectivement un moment-clé dans ce long processus qui a été initié par le Sommet de Hampton Court. Le forum marque une nouvelle étape après la Communication de 2006 en faveur d'un "Projet citoyen", la large consultation sur la réalité sociale de l'Europe et la Communication de 2007 établissant un programme au service d'une nouvelle vision sociale.

Ce Forum est l'occasion de donner tout son sens à cette longue phase de débats et d'échanges de vues. Tout ce travail conduira à l'adoption par la Commission d'un Agenda social renouvelé visant à mobiliser et à fédérer les Etats membres et tous les autres acteurs de l'Europe sociale autour d'un projet commun.

Je tiens donc à remercier l'ensemble des intervenants qui vont prendre la parole aujourd'hui et demain, et dont la qualité ne fait que renforcer nos attentes.

Je tiens aussi à remercier chacune et chacun d'entre vous de votre présence : c'est surtout de vous et de votre participation que dépend le succès d'un événement comme celui-ci.

Je suis ravi de voir que vous avez été très nombreux à répondre à notre invitation. Ceci indique clairement la teneur des enjeux relatifs à la dimension sociale du projet européen. En effet, nous devons ensemble trouver et mettre en œuvre des réponses concrètes aux préoccupations essentielles de nos concitoyens.

Je souhaiterais donc,

  • dans un premier temps, vous montrer que la réalité sociale en Europe a changé, ce qui implique de renouveler notre approche des politiques sociales afin de rester fidèle aux valeurs de notre modèle européen.
  • Dans un deuxième temps, je rappellerai que l’Union européenne a toujours eu le souci de mettre ses moyens au service des citoyens, et que les changements qu'elle connaît aujourd'hui l'engagent encore plus.
  • Enfin, dans un troisième temps, je reviendrai sur le travail de la Commission afin d'engager le débat sur les moyens pour promouvoir un modèle social plus efficace.

Nouvelle situation, nouveaux défis

De nombreuses mutations sont à l'œuvre dans nos sociétés européennes et génèrent progressivement de nouvelles réalités sociales. Ce sont un ensemble de facteurs qui remodèlent progressivement nos économies bien sûr, mais également nos quotidiens et nos équilibres sociaux.

D'abord, les changements technologiques. Ils entraînent de profondes mutations concernant l'organisation et la demande de travail. Ils génèrent ainsi des réallocations d'emplois très importantes. Le manque de qualification peut dès lors désormais être un frein à l'accès au marché du travail. Nous devons donc nous donner massivement les moyens d'investir dans le capital humain.

La mondialisation ensuite. Il s'agit là d'une source réelle de création de richesses, économiques mais aussi humaines. La difficulté vient bien du fait que les bénéfices ne sont pas également répartis entre les territoires et les différentes catégories de travailleurs. Les restructurations liées à la nouvelle division internationale du travail ont par exemple des conséquences sociales parfois très dures pour certains bassins d'emplois et pour les travailleurs non qualifiés. Le développement de la mobilité professionnelle doit ainsi faire partie de nos objectifs.

Le changement démographique encore. Il faut bien prendre conscience que l'Europe pourrait perdre 10% de sa population - soit environ 48 millions de personnes - d'ici à 2050. Cette nouvelle donne nécessite notamment une redéfinition des mécanismes de solidarité intergénérationnelle, du rôle des personnes âgées au sein de nos sociétés et de nos systèmes de protection sociale.

L'immigration et l'intégration des immigrés aussi. Il est indispensable de promouvoir une approche globale et équilibrée de l'immigration, surtout que celle-ci devrait s'accroître du fait du changement démographique. Il est essentiel que les personnes immigrées trouvent leur place non seulement sur le marché du travail, mais aussi dans nos sociétés. Des efforts supplémentaires doivent être faits afin de garantir notre cohésion sociale.

Et enfin, dernier défi que je souhaite évoquer, le changement climatique. L'adaptation de notre modèle économique entraînera d'importantes restructurations sectorielles, parmi lesquelles le développement "des emplois verts". Nous devons préparer nos travailleurs et nos entreprises à répondre aux nouveaux besoins générés par une prise en compte renforcée des aspects environnementaux.

L'ensemble de ces grands changements sont aujourd'hui une réalité incontournable pour l'Europe. Dans ce contexte, les dépenses sociales doivent être réorientées en direction des priorités que je viens d'identifier.

Mesdames et Messieurs, ces mutations ont un impact fort sur nos sociétés; il est donc fondamental de veiller à ce que les valeurs de notre modèle social européen soient préservées. Nous devons aujourd'hui agir au nom de ces principes structurants que sont l'égalité, la solidarité et la cohésion. En effet, nos valeurs sont vraiment notre force.

C'est donc, précisément, parce qu'il faut sauvegarder ces valeurs fondatrices que nous devons savoir réformer nos instruments en matière sociale. C'est pour ne pas affaiblir nos valeurs que j'appelle à la réforme des outils de notre modèle social, sans préjugé ni tabou. Ce sont bien la dignité, l'humanisme et l'égalité des chances, que je souhaite garantir par la modernisation de notre approche. La réforme est désormais le moyen incontournable, dans le cadre d'un monde qui change si vite, de garantir à l'ensemble de nos concitoyens qu'ils continueront de vivre dans un espace où chacun a sa chance.

Nous devons donc développer des politiques plus dynamiques. Il convient de fournir à nos concitoyens des outils pour s'adapter au mieux à ces nouvelles réalités économiques et sociales. C'est pour cette raison qu'il faut redonner du souffle à nos politiques sociales. Si nous n'agissons pas de manière pro-active, nous subirons les changements et leurs conséquences sociales négatives. C'est maintenant qu'il faut faire preuve de courage afin de mieux préparer nos sociétés à répondre à ces mutations. Nous avons une vraie responsabilité vis-à-vis de nos concitoyens.

Notre engagement sera porteur à condition que nous unissions nos efforts.

L'Europe sociale, dans quelle direction?

L'Union européenne, qui a déjà beaucoup œuvré pour le progrès social, doit faire encore mieux, et c'est là mon deuxième point.

Depuis le traité de Rome, l'Union européenne n'a cessé de développer son action dans les domaines de l'emploi et des affaires sociales. Elle l’a fait en s'appuyant sur des valeurs communes qu'elle a concrétisées à travers ses instruments législatifs, financiers ou d’autres natures encore. Il serait d’ailleurs intéressant de se demander si ces instruments sont aujourd’hui suffisamment pertinents et exploités, auquel cas nous pourrions prévoir des ajustements. Je pense par exemple à la Méthode Ouverte de Coordination : on pourrait examiner les modalités de son approfondissement et trouver ainsi les moyens de la rendre encore plus efficace.

Depuis 2000, l’Union européenne s’est également dotée d’un cadre d’action global. La Stratégie de Lisbonne nous a fixé des objectifs ambitieux, tant sur le plan économique que social. En 2005, ces objectifs ont été confirmés en même temps que notre Stratégie a été recentrée sur la croissance et l'emploi dans un souci d’efficacité. Cette démarche a produit de très bons résultats Nous sommes aujourd'hui dans la dernière ligne droite de cette Stratégie puisque l'échéance est 2010. Nous devons fournir tous les efforts nécessaires pour véritablement et concrètement mettre en œuvre les engagements pris pour ce dernier cycle.

Nous avons déjà commencé à poser les jalons d'une mise en œuvre renforcée :

  • la stratégie de flexicurité en est l'illustration : la Mission pour la flexicurité aura à cœur d'accompagner les Etats membres dans la mise en œuvre concrète des principes communs adoptés en décembre dernier;
  • le traité de Lisbonne, et notamment sa clause sociale horizontale, pourraient également contribuer à ce nouvel élan.
  • Mais il nous faut vraiment poursuivre nos efforts pour que tous les Européens puissent aborder l'avenir de manière sereine et confiante.

Le projet d'Agenda social : lancement des débats

Afin de progresser de manière pertinente, il faut d'abord bien comprendre les évolutions en cours. C'est pour cela que la Commission a lancé une vaste Consultation publique l'année dernière. Les contributions reçues nous ont apporté un réel éclairage sur la nouvelle réalité sociale de l'Europe.

Les premières conclusions ont naturellement inspiré la nouvelle vision sociale pour l'Europe du 21ème siècle, présentée par la Commission dans sa Communication de novembre 2007.

Notre action est désormais articulée autour de trois grands piliers :

  • premièrement, les opportunités qui doivent être données à tous, sans barrière ni discrimination;
  • deuxièmement, l'accès de tous aux opportunités et aux chances que peuvent offrir nos sociétés. Cette possibilité passe entre autres par des services de qualité, notamment en matière d'éducation et de santé;
  • troisièmement, des solidarités entre les personnes, entre les générations, entre les territoires et, en définitive, entre les Etats membres.

C'est sur la base de ce triptyque que la Commission a ouvert le grand chantier de l’Agenda social renouvelé, chantier auquel tous les acteurs intéressés ont été invités à collaborer.

Ce forum participe de la préparation de cet Agenda. Les échanges d'aujourd'hui et demain vont effectivement nous permettre d'enrichir notre projet.

Notre but est ambitieux. Nous souhaitons, pour plus d'efficacité, promouvoir une approche globale et holistique. Il ne faut pas cloisonner les politiques sociales mais au contraire créer et développer toutes les synergies possibles entre les différentes politiques de l'Union pour augmenter le bien-être des individus.

L'important est de penser cet Agenda d'une manière dynamique. Il est essentiel qu'il nous permette de véritablement préparer l'avenir, en investissant notamment sur l'éducation et la formation.

L'Agenda social renouvelé doit contribuer à donner à l'ensemble de nos concitoyens les outils appropriés pour une insertion solide et durable dans notre monde globalisé et sans cesse en mouvement. Il doit notamment aider à mieux appréhender et sécuriser les transitions et la mobilité, qu'elle soit professionnelle ou géographique. Nous souhaitons ainsi que les Européens soient correctement armés pour faire face aux changements et surtout pour en tirer pleinement bénéfice.

Il est aussi important de ne pas laisser de côté les personnes les plus vulnérables et de soutenir celles qui auraient besoin d'une aide supplémentaire pour prendre entièrement place au sein de nos sociétés.

Ce sont tous ces éléments qui doivent trouver des réponses pragmatiques dans le prochain Agenda social renouvelé.

Mesdames et Messieurs,

A nous de créer les conditions qui nous permettrons de transformer les risques du 21ème siècle en autant de nouvelles opportunités.

Nous avons ici une vraie responsabilité. Les attentes vis-à-vis de l'Union européenne sont fortes. Dans le cadre de nos compétences et de nos moyens, nous devons proposer des solutions véritablement efficaces et respectueuses de la diversité de l'Union. C'est la mobilisation de tous autour d'un projet commun qui est donc essentielle : l'Union sera vraiment efficace si elle travaille de concert avec les Etats membres, les partenaires sociaux, les associations et tous les autres acteurs du social.

C'est pourquoi je vous souhaite à tous de très bons débats. J'espère que les échanges seront riches et fructueux pour vous, pour les travaux de la Commission, et surtout pour les citoyens à qui l'on doit de faire des choix éclairés et justes.

Je vous remercie de votre attention.

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