Navigation path

Left navigation

Additional tools

Other available languages: none

SPEECH/07/496












Leonard Orban

Commissaire européen chargé du Multilinguisme




"Splendeurs du patrimoine linguistique"























Universite d'été "jouer le jeu" organisé par le MEDEF
Jouy-en-Josas, 30 août 2007

Madame la Présidente, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, chers amis,

C'est un grand honneur pour moi de participer à cette rencontre. Et je tiens à remercier le MEDEF, et en particulier sa présidente, Mme PARISOT, qui a pris l'initiative de m'associer à cet événement.

Il y a bien des façons d'aborder la thématique de notre atelier consacré aux "Splendeurs du patrimoine linguistique". Les orateurs qui m'ont précédé l'ont démontré de façon éloquente. En tant que Commissaire européen, permettez-moi de placer mon propos dans une approche non nationale et d'exposer la vision européenne du multilinguisme et de ses enjeux.

***

Je soulignerai tout d'abord que l'histoire de l'Europe est aussi l'histoire de ses langues. La diversité linguistique de l'Union européenne constitue une richesse unique. La conservation de cet héritage commun est inscrite au cœur de la construction européenne depuis son origine.

Aujourd'hui, avec 27 Etats membres et 23 langues officielles – sans compter plus de soixante langues régionales et minoritaires -, cette diversité linguistique prend une dimension nouvelle. Ces différentes langues n'ont pas toutes le même parcours historique, ni le même rayonnement. Elles n'ont pas les mêmes ambitions, mais elles ont toutes une légitimité et une égale dignité.

La langue parlée par une personne fait partie intégrante de son identité. Elle est l'expression la plus directe de sa culture. C'est également un outil de communication essentiel. Les citoyens européens doivent pouvoir s'approprier le plus largement possible ce patrimoine. Il est nécessaire que les langues ne soient pas perçues comme des obstacles, mais comme des ponts entre les individus.

Au niveau européen, la politique du multilinguisme a connu une accélération notable au cours des dernières années, notamment sous l'impulsion du Président BARROSO. Cette évolution a encore été renforcée avec la création en janvier 2007 d'un portefeuille spécifique consacré au multilinguisme, dont j'ai la charge.

Dès mon entrée en fonction le premier janvier dernier, je me suis attaché à définir une politique pour le multilinguisme pour cette année 2007 ainsi que pour 2008 et au-delà...

Il est vrai que nous ne partons pas de rien. Ainsi, au Conseil européen de Barcelone en 2002, sur proposition de la Commission européenne, les Etats membres se sont fixés pour objectif que les citoyens européens apprennent au moins deux langues étrangères. Dans cette droite ligne, en 2003, la Commission a lancé le Plan d’action 2004-2006 pour la promotion de l’apprentissage des langues et la diversité linguistique.

Un rapport sur la mise en œuvre de ce plan sera publié en octobre et une conférence ministérielle sera organisée au début de l’année prochaine pour évaluer les progrès accomplis et débattre des possibilités de collaboration dans le futur.

Par ailleurs, pendant la présidence française du second semestre 2008, j'ai l'intention de présenter une communication qui exposera les grandes lignes d'une nouvelle stratégie pour le multilinguisme en Europe.

La Commission veille à ce que la politique du multilinguisme soit associée à d'autres politiques de l'Union, telles que la culture et l'éducation. Ainsi, j'ai constitué un groupe d’intellectuels, présidé par l'écrivain Amin Maalouf. Il a pour mandat de définir la contribution du multilinguisme à l’Année européenne du dialogue interculturel en 2008.

Le multilinguisme est également un objectif spécifique du programme communautaire d'éducation et de formation tout au long de la vie (2007-2013). Il s'agit d'encourager l'apprentissage des langues dès le plus jeune âge, mais aussi durant la vie professionnelle. A ce titre, les entreprises européennes ont un rôle important à jouer dans le domaine linguistique et peuvent contribuer à améliorer les liens entre le monde économique et le système éducatif.

Cela m'amène à faire le lien avec nos ambitions économiques. Le multilinguisme contribue à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne, dont l’objectif est d'accroître notre compétitivité et de créer plus d’emplois. À titre individuel, la connaissance des langues peut offrir des opportunités professionnelles ou donner la possibilité de travailler à l’étranger. Pour les entreprises, un personnel multilingue peut ouvrir la voie aux marchés européen et mondial.

Les langues sont un moyen d’augmenter la compétitivité des entreprises européennes. Une récente étude commandée par la Commission européenne confirme que des opportunités commerciales concrètes sont restées inexploitées en Europe en raison du déficit de compétences linguistiques dans les entreprises.

La Commission souhaite donc sensibiliser le monde économique sur l'impact des compétences linguistiques sur les performances des entreprises et sur le potentiel de croissance qu'une meilleure maîtrise des langues étrangères induit. A cet effet, le 21 septembre prochain à Bruxelles, une conférence intitulée « Les langues font nos affaires » sera consacrée aux langues en tant qu’atout concurrentiel pour l’Europe.

De même, un forum des entreprises sur le multilinguisme va être mis en place pour rechercher les moyens de renforcer les compétences linguistiques dans les entreprises, afin de les aider à pénétrer de nouveaux marchés.

Enfin, je me permets d'attirer votre attention sur l'organisation, le 26 septembre prochain, de la journée européenne des langues.

En conclusion de cette longue liste à la "Jacques Prévert" – pour citer un de vos illustres poêtes français - , je tiens à souligner que ces actions sont importantes pour le multilinguisme en général, mais aussi pour la langue française en particulier. Je sais qu'en France, on est parfois irrité par la place croissante de l'anglais comme langue de communication internationale. Je sais aussi que de très gros efforts sont faits pour préserver et promouvoir la place du français. En tant que Commissaire européen en charge du multilinguisme, il ne m'appartient pas de prendre position en faveur d'une langue spécifique. En revanche, je suis convaincu que le multilinguisme est une chance pour la langue française. Et je tiens à vous assurer de mon plein soutien aux autorités françaises pour tous leurs efforts en faveur du multilinguisme.


Side Bar