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Louis Michel<br> Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire<br>Vers une approche harmonisée de la Gouvernance<br> Réunion Ministérielle du Comité de Développement, Réunions Annuelles de la Banques Mondiale/FMI<br>Singapour, 18 septembre 2006<br>

Reference: SPEECH/06/511 Event Date: 18/09/2006 Export pdf PDF word DOC
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SPEECH/06/511












Louis Michel

Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire




Vers une approche harmonisée de la Gouvernance






















Réunion Ministérielle du Comité de Développement, Réunions Annuelles de la Banques Mondiale/FMI
Singapour, 18 septembre 2006

Mesdames, Messieurs,

Sans progrès décisifs en matière de gouvernance, les objectifs du millénaire ne pourront pas être atteints et l'aide additionnelle promise ne portera pas ses fruits. C'est avec grand intérêt que j'accueille la nouvelle stratégie de la Banque mondiale sur la gouvernance et la lutte contre la corruption. Le sujet est sensible et complexe.

Mais j'ai 3 convictions fortes. Tout d'abord, la nécessité d'éviter de partir en ordre dispersé. Chaque bailleur de fonds est en train de renforcer ses politiques d'appui aux réformes institutionnelles, à la reconstruction des Etats, à la gouvernance démocratique. Nous avons une formidable opportunité de développer une plate-forme commune en mettant en application l’Agenda de Paris sur l'Efficacité de l’Aide. Nos efforts d’harmonisation ne doivent pas seulement s'appliquer aux outils d’analyses et de diagnostic, mais aussi aux stratégies de réponse y compris dans " les pays à risques exceptionnels " ou les Etats fragiles.

Ma deuxième conviction. La corruption est un symptôme de la défaillance du système plus large de la gouvernance. La lutte contre la corruption passe donc par la consolidation des capacités de l'Etat à assumer ses tâches régaliennes. La bonne gouvernance ne se limite en aucune manière à la lutte contre la corruption. Ce serait inefficace, superficiel et non durable.

Enfin ma troisième conviction consiste à privilégier le dialogue et les incitations positives plutôt que les sanctions et les conditionnalités. Face à des problèmes de mauvaise gouvernance ou lorsque les analyses indiquent un besoin de réformes, l'approche doit être graduelle, transparente et fondée sur l'appropriation. Le seul principe qui peut assurer le succès d'une telle stratégie. C'est pourquoi je m'interroge sur l'opportunité d'une catégorisation qualitative des pays. J'en comprends la logique. Mais cela me paraît trop strictement rationnel que pour être efficace.

Quand la volonté politique existe, et c'est de plus en plus souvent le cas, il est crucial que les donateurs apportent leur soutien politique et financier aux réformes. C'est pourquoi la Commission européenne a décidé d'octroyer un appui financier additionnel aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique prêts à s'engager dans un plan de réformes ambitieux, pertinent et crédible. A cette fin, une enveloppe incitative de 3 milliards d'euros[1] a été constituée. Notre approche est totalement respectueuse des initiatives propres de nos partenaires, et nous avons notamment prévu, pour l'Afrique, de soutenir le mécanisme africain d’évaluation par les pairs du NEPAD et de l'Union Africaine.

Pour conclure, je voudrais vous dire la totale disponibilité de la Commission Européenne pour porter avec vous une stratégie ambitieuse et volontariste. Nous devons doter les pays en développement des capacités institutionnelles, économiques et politiques, sans lesquelles nos politiques d'aide se limiteront toujours à des actions caritatives disparates et peu efficaces.


[1] Le montant total du 10ème FED s'élève à 22,682 milliards d'euros sur la période 2008-2013.

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