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Günter Verheugen
Vice-Président de la Commission européenne Responsable pour Entreprise et Industrie
La compétitivité – la réponse à la restructuration et la concurrence
Débat au PE sûr la restructuration de l’industrie de l’UE
Bruxelles, 4 juillet 2006

Commission Européenne - SPEECH/06/403   04/07/2006

Autres langues disponibles: EN DE

SPEECH/06/403












Günter Verheugen

Vice-Président de la Commission européenne Responsable pour Entreprise et Industrie



La compétitivité – la réponse à la restructuration et la concurrence






















Débat au PE sûr la restructuration de l’industrie de l’UE
Bruxelles, 4 juillet 2006

Mesdames, Messieurs,

Des bénéfices records d’un côté, la fermeture et la délocalisation d’entreprises de l’autre. Quand viendra mon tour? Quand mon emploi sera-t-il touché? Beaucoup de gens dans l’Union se posent aujourd’hui ces angoissantes questions. Que des économies entières se soient effondrées et que des millions d’emplois aient été perdus dans le processus de transformation des pays de l’Europe centrale et orientale – cela se comprenait – c’était le triste héritage de la mauvaise gestion du communisme.

En revanche, beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui cloche dans des secteurs de l’industrie des vieux pays de l’Union – le textile, la chaussure, le meuble, les appareils ménagers, la pharmacie et la chimie, l’automobile – secteurs qui passaient pour sûrs et sont en déconfiture.

Peu de gens sont préparés à cette restructuration dont nous sommes aujourd’hui témoins. Il est donc grand temps d’aider la masse de ceux qui sont désorientés à retrouver leurs repères. Le sens de notre débat d’aujourd’hui sur la fermeture éventuelle de l’usine de General Motors à Azambuja va ainsi bien au-delà de cet événement proprement poignant.

Il est temps de dire très clairement quelques vérités:

Premièrement: nous sommes dans une nouvelle phase de la concurrence et la restructuration va encore s’accélérer. Il ne faut pas nous voiler la face, ni faire l’autruche. La concurrence reste ce qu’elle est, que cela nous plaise ou non. Et la question n’est pas de savoir si nous survivrons à la concurrence. Non, la grande question de notre époque sur le plan social est de savoir quel sera le coût humain de cette concurrence – l’avenir de l’emploi, voilà la grande question sociale. Nous devons finir par regarder les choses en face. Celui qui continue aujourd’hui de croire que d’autres questions ont la priorité ne comprend rien à l’époque actuelle et à ses exigences – il nous faut plus de croissance, davantage d’emplois de meilleure qualité – sinon l’Europe sociale offrira un visage froid et cynique, ne correspondant pas à notre conception européenne de la vie, qui repose sur le partage des responsabilités de chacun et de la société, sur la solidarité, l’équilibre social et la cohésion sociale.

Le mot d’ordre de la société européenne du 21ème siècle, qui ouvre de nouvelles perspectives de vie aux hommes, c’est la compétitivité. Car nous savons qu’une forteresse Portugal, Allemagne, Pologne ou Europe n’est pas une solution dans le monde ouvert du 21ème siècle. Nous devons affronter la concurrence mondiale et en prendre les commandes – pour être en tête, trouver les meilleures solutions, la meilleure technologie, la norme la plus élevée, dans tous les domaines.

Deuxièmement: nous avons mis en route une politique européenne commune pour la croissance et l’emploi. Il faut maintenant l’appliquer avec énergie – sur les plans européen, national, régional – partout. Sinon, nous resterons désarmés face à la poursuite du démantèlement de notre modèle social – se traduisant par la fermeture d’usines et la délocalisation de laboratoires de recherche – oui, ce processus est déjà amorcé. Une politique pour la croissance et l’emploi ne peut être qu’une politique favorable aux entreprises. Dans l’économie, dans les entreprises, des emplois apparaissent ou disparaissent – et aucun ordre de l’État ou de l’Union ne peut rien y changer. Nous pouvons cependant faire quelque chose – mener une politique, qui crée les conditions cadres, permet aux entreprises d’exercer leur mission – à savoir croître, investir et créer des emplois. Voilà ce que signifie une politique favorable aux entreprises.

Troisièmement: plus que jamais, il faut une politique industrielle active qui maintient l’industrie en Europe. L’idée selon laquelle l’industrie appartient au musée du monde est tout aussi fausse que celle selon laquelle l’industrie est surtout le pollueur de la terre. Je conseille à quiconque le croit encore de revoir son jugement – car celui qui souhaite déménager l’industrie hors d’Europe joue avec la vie de ses salariés. Il joue avec la vie de ceux qui travaillent dans le secteur des services à caractère industriel. Il joue avec l’avenir des petites et moyennes industries tout au long de la chaîne d’approvisionnement – il joue avec l’Europe. Nous aurons encore besoin dans l’avenir d’une industrie forte en Europe, avec des entreprises leaders dans le monde – nous avons besoin non pas de champions d’Europe mais de leaders du marché mondial, car il s’agit du championnat du monde. Aucun État ne peut remplir cette mission, c’est aux entreprises elles-mêmes qu’elle incombe. Nous pouvons cependant les épauler.

C’était la raison d’être du Groupe Cars 21, car 12 millions d’emplois dans l’Union européenne sont directement ou indirectement liés à l’industrie automobile. Au sein de ce groupe, nous avons discuté avec toutes les parties prenantes de ce qui était nécessaire et de ce qui était réalisable pour que l’industrie automobile reste forte en Europe. J’espère que cette haute assemblée comprend de ce fait pourquoi je préconise de ne pas passer en force dans le dossier des normes d’émission de gaz d’échappement mais de nous assurer d’abord que nos exigences élevées en matière d’environnement sont technologiquement réalisables et financièrement à la portée de la majorité de citoyens. C’est seulement ainsi que nous contribuerons à ce que la production et la vente de véhicules européens restent possibles – non pas en considération de l’automobile, mais de l’homme.

Autre point – une politique industrielle active ne s’arrête pas aux frontières de l’ancienne Union, elle vaut aussi pour les nouveaux États membres. L’élargissement n’est pas une malédiction pour l’emploi en Europe, ni la cause de la restructuration. En vérité, dans 17 secteurs industriels sur 20 la vieille Europe est très forte, et dans 3 secteurs seulement les nouveaux membres possèdent des avantages concurrentiels. La branche de l’automobile fait partie de ces 3 secteurs et cela peut nous aider lorsque la Chine deviendra un concurrent sérieux dans ce secteur.

Quatrièmement: il nous faut exposer les limites de la politique. Les décisions de fermeture ou de délocalisation des entreprises leur appartiennent et aucun État, ni l’Union européenne ne peut ni ne doit intervenir dans l’affaire – même dans le cas d’Azambuja.

Nous possédons cependant des règles claires, et nous devons fermement insister sur le respect de ces règles. Citons par exemple à ce propos une question aussi essentielle que le dialogue social. D’après mes informations, l’établissement d’Azambuja n’a en l’occurrence rien à se reprocher. Nous possédons aussi l’instrument des aides aux entreprises en difficulté. Il a été utilisé là en 2002: les difficultés de l’usine ne sont donc pas entièrement nouvelles. Chacun doit cependant savoir que, selon le droit européen, une entreprise doit impérativement rester sur le site dans les 5 années après que la restructuration a été menée à bien. Sinon, l’aide doit être remboursée. Nous ne savons pas encore si des fonds européens ont été versés à l’usine d’Azembuja. Le gouvernement portugais le vérifie actuellement à notre demande, mais si tel était le cas, nous veillerons également au respect de nos conditions. L’argent des impôts européens doit renforcer le site, et non avoir pour effet de supprimer des emplois.

Cinquièmement: les entreprises ont une grande responsabilité sociale envers l’Europe et cela doit être manifeste. Je ne critique pas a priori chaque décision d’entreprise se traduisant par une délocalisation. Cela ne relève pas de ma compétence. Ce ne serait pas non plus intelligent, car l’internationalisation de la production et de la recherche est inévitable, si l’on veut à long terme rester en pointe dans la concurrence.

Je critique ceux qui font passer les bénéfices à court terme avant la solution durable. Je critique ceux qui, mis sous pression, voient leur salut à moindres frais dans l’arrêt de l’activité – sans égard pour les personnes qu’ils mettent sur le pavé. Je critique encore ceux qui se versent d’importants salaires et qui ne valent pas un Cent comme dirigeants responsables. Je souhaite des entreprises en Europe, qui soient toujours à la pointe du combat, faisant progresser l’innovation, capables de modifier leur profil, dotant leurs salariés des qualifications leur permettant d’assumer de nouvelles tâches. Je souhaite des entreprises et des entrepreneurs européens porteurs de nos valeurs. Cela aussi fait partie de notre nouvelle politique pour la croissance et l’emploi.


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