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SPEECH/05/458












Louis MICHEL

Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire



Allocution de Récipiendaire du titre de Docteur Honoris Causa de l’Université d’Antananarivo






















Université d’Antananarivo
Antananarico, Madagascar, 23 juillet 2005

Merci de m’avoir accueilli de façon tellement chaleureuse dans votre Université.

Et merci pour cette distinction que je reçois comme un honneur dont je mesure le sens. J’entends donner à cette attention si sympathique une signification forte. Celle d’un engagement particulier à l’égard de votre université ; je devrais dire désormais « de Notre université ».

Cette cérémonie n’est pas banale pour moi.

Etre reconnu et accueilli dans une institution aussi prestigieuse que votre Université a quelque chose d’émouvant. Parce qu’à mes yeux, il n’y a pas d’institution plus adéquate pour consacrer tout ce qui nous unit : la volonté de travailler ensemble au destin d’un pays et au bonheur d’un peuple.

Il n’y a pas d’institution plus judicieuse que l’Université, que votre Université, pour honorer, au travers de ma personne, l’Union européenne. Parce que les valeurs de l’Union européenne sont précisément les mêmes que celles qui inspirent et qui fondent toutes les grandes universités du monde. L’Union européenne, c’est le multilatéralisme, l’universalisme, l’ouverture, la tolérance, la liberté, la solidarité, l’humanisme.

L’Université, c’est le lieu du savoir, de l’excellence, des échanges, des rencontres, des questionnements, de la recherche scientifique, de l’investigation existentielle.

Lieu de l’impertinence, de l’audace intellectuelle, de la remise en question de tous les académismes, de l’innovation, de l’émancipation, de la provocation aussi parfois.

L’Université, foyer d’où rayonnent les interrogations sur le monde, sur le passé, sur le futur, où l’homme est la mesure de toutes choses, a joué et jouera toujours un rôle essentiel dans l’organisation sociale d’un Etat. En cela je n’hésite pas à affirmer que l’Université joue un rôle politique éminent.

Parce qu’elle sera toujours une source de remises en question, l’Université empêchera toujours l’humanité de se perdre. Et même bien davantage que cela, comme en témoigne par ailleurs la devise de l’Université d’Antananarivo[1]. L’Université ne nous garde pas seulement de nous-mêmes. Elle trace la flèche de nos désirs et de nos rêves bien au-delà de nos têtes.


[1] « Insensé est celui qui ne fait pas mieux que son père ».


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