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Michel Barnier Commissaire européen responsable de la politique régionale et de la réforme des institutions Développement rural dans l'Europe élargie Conférence européenne sur le développement rural Salzbourg, le 13 novembre 2003.

European Commission - SPEECH/03/542   13/11/2003

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SPEECH/03/542

Michel Barnier

Commissaire européen responsable de la politique régionale et de la réforme des institutions

Développement rural dans l'Europe élargie

Conférence européenne sur le développement rural

Salzbourg, le 13 novembre 2003.

C'est à l'initiative de Franz Fischler et de la Direction Générale de l'Agriculture que nous devons d'être ensemble. Et d'abord, vous tous, parce que vous êtes les acteurs politiques, professionnels, administratifs ou associatifs du développement rural, pour accompagner la politique agricole commune, valoriser des productions traditionnelles de qualité, pour préserver l'environnement éducatif, culturel et naturel, les services dont les agriculteurs, leurs conjoints, leurs enfants ont besoin ; pour diversifier l'économie rurale ; bref pour redonner l'espoir durablement à des territoires qui se croient perdus ou abandonnés.

Vous êtes donc là pour réfléchir à l'avenir de ces politiques, pour dire en quoi elles restent nécessaires, là où elles doivent être adaptées ou réformées.

Nous serons, soyez en sûrs, attentifs à vos débats et à vos propositions. D'autant plus que Franz Fischler et moi-même nous réfléchissons pour simplifier, décentraliser et surtout clarifier entre les instruments financiers et les règlements. Nous voulons dire plus clairement ce qui relève du développement agricole rural et doit être géré avec la PAC, ce qui relève du développement économique et technologique des territoires ruraux et doit être cohérent avec la politique régionale, afin de continuer à travailler en bonne intelligence.

C'est d'ailleurs à ce même moment que le grand débat que j'ai ouvert en 2002 sur la future politique européenne de cohésion arrive à son terme. Avec l'appui de Franz et celui d'Anna Diamantopoulou, nous proposerons une réforme de cette politique autour de 3 chapitres :

  • la convergence pour les Etats et les régions qui ont les plus grands retards et qui recevront l'essentiel de ce budget (y compris celles qui sont affectées par l'effet statistique « l'objectif 1 et 1bis »),

  • la compétitivité de l'emploi pour les autres régions à travers un nouvel objectif 2 plus ciblé et concentré sur les priorités de Lisbonne et de Göteborg (emploi, accessibilité, société de la connaissance, environnement et prévention des risques),

  • la coopération accessible à toutes les régions et à toutes les idées pour faire travailler ensemble et entre eux des territoires malgré les frontières.

Il y aura donc, dans chacun de ces trois chapitres, des moyens pour relever le défi rural. Et sans doute pour prendre en compte les handicaps naturels durables qui affaiblissent les territoires à faible densité, la montagne et les îles. A mon avis il faut des moyens pour compenser les coûts élevés des zones à handicap naturel durable qui résulte très souvent, nos études le confirment, de leur faible densité de population. Aussi, afin d'inciter la mise en œuvre des projets dans des conditions difficiles faut-il des taux de cofinancement préférentiels, comme l'a demandé le Parlement européen?

Il y aura aussi des raisons pour placer le défi rural dans une perspective plus large, au cœur du projet européen tant il est vrai qu'il n'est pas seulement le défi des agriculteurs. L'avenir ou le déclin des territoires ruraux interpellent toute la société.

Il y aura enfin des arguments pour nous, pour vous démontrer que cette politique de cohésion sera demain encore plus justifiée.

Avec l'adhésion de 10 pays nouveaux, la population de l'Union augmentera le 1er mai de 20%, la superficie de 23 % et la richesse de 4% seulement. Le nombre des exploitations agricoles progressera de 74 % et celui des agriculteurs de 56% !

Et c'est à ce moment là, avec des fractures et des inégalités plus graves qu'aujourd'hui, que nous entendons des experts, des professeurs et même des responsables politiques que la politique de cohésion est archaïque, dépassée parce qu'elle est ancienne.

Et bien moi, je pense que la solidarité n'est pas une idée archaïque dans l'Union.

Je pense qu'on ne réussira pas la compétitivité de l'Europe sans les régions. Elles doivent être des partenaires et non pas des spectateurs. On ne bâtira pas la croissance de l'Europe sur des territoires ruraux désertés et des fractures urbaines.

Si vous avez la même conviction, dites le aujourd'hui et demain à vos ministres, à vos parlementaires pour nous aider à porter l'ambition politique et budgétaire à la hauteur du défi de l'Europe réunifiée.

C'est le moment.

Il y a autre chose, une autre conviction.

Je viens de passer 18 mois comme l'un des ouvriers du projet de Constitution européenne qui est maintenant dans les mains des gouvernements.

Ce texte « imparfait mais inespéré » confirme les valeurs, les objectifs qui nous réunissent, - et parmi ces objectifs - celui de la cohésion économique, sociale et territoriale. Ce texte donne les outils pour faire fonctionner notre Union et non pas seulement comme un supermarché ou un forum international, mais une communauté solidaire et un jour comme une puissance politique.

Si ce texte devait être affaibli, détricoté, par l'addition des réflexes nationaux, ne nous faisons aucune illusion, ce sont les politiques communautaires, les politiques de solidarité qui seront les premières victimes et avec elles une « certaine » idée de l'Europe. Rien n'empêchera alors que ces politiques soient renationalisées ou démantelées progressivement.

Si au contraire, comme le souhaite la Présidence italienne qui travaille bien et avec volontarisme, ce texte est respecté dans ses avancées et dans son équilibre, alors nous aurons les moyens de faire vivre à 25 ou 27 - ce qui est beaucoup plus complexe qu'à 15 - le modèle économique, social, culturel et en son cœur le modèle rural qui font l'identité européenne.

Ces deux convictions que j'ai voulu vous faire partager sont celles bien sûr d'un Commissaire européen. Elles sont aussi celles d'un élu, qui pendant plus de 20 ans, a représenté en Savoie un territoire rural et de montagne qui ressemble à cette région autrichienne de Salzbourg et où les citoyens comme ici veulent vivre avec leur temps tout en gardant leur âme.

Je vous remercie de votre attention et je vous souhaite un bon travail


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