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M. Erkki Liikanen Membre de la Commission européenne chargé de l'entreprise et de la société de l'information « eEurope 2005 - Pour une économie numérique européenne compétitive » Conférence sur l'économie numérique, Ministère français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie Paris, le 24 octobre 2002

European Commission - SPEECH/02/514   24/10/2002

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SPEECH/02/514

M. Erkki Liikanen

Membre de la Commission européenne chargé de l'entreprise et de la société de l'information

« eEurope 2005 - Pour une économie numérique européenne compétitive »

Conférence sur l'économie numérique, Ministère français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie

Paris, le 24 octobre 2002

    De eEurope 2002 à eEurope 2005

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de pouvoir m'exprimer aujourd'hui sur la société de l'information, dans ce cadre du Ministère français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.

Les technologies de l'information et des communications constituent un puissant facteur de diffusion de l'innovation pour l'ensemble des secteurs de l'économie, mais aussi pour les administrations publiques. Elles recèlent un potentiel, sous-exploité en Europe, de gains de productivité, de compétitivité, de croissance et de création d'emplois.

La croissance repose sur les gains de productivité. Pour les salariés, une productivité accrue introduit des possibilités d'augmentation de salaire réel. Pour les entreprises, la croissance de la productivité entraîne une augmentation de la compétitivité. Pour les gouvernements, une productivité accrue de l'économie crée un accroissement des recettes fiscales à partir desquelles il y a davantage de possibilités de financer les services publics pour tous.

La croissance de la productivité se fonde sur la réunion de trois facteurs. Il s'agit de l'investissement dans les technologies de l'information et de la communication, de la réorganisation des processus de production, et de l'amélioration des compétences professionnelles. Ceci s'applique aussi bien aux administrations qu'aux entreprises.

Mais nous devons aussi améliorer les conditions de l'esprit d'entreprise et stimuler la recherche, le développement et l'innovation. Toutes les analyses économiques démontrent que ces éléments sont essentiels pour augmenter de façon soutenue la croissance économique et la prospérité.

Cette contribution des technologies de l'information et de la communication à l'économie est d'autant plus importante dans la période actuelle de ralentissement de la croissance.

Dans ce contexte, la Commission et les Etats membres procèdent, avec l'ensemble des acteurs impliqués, à la mise en œuvre du plan d'action eEurope 2002. Son objectif principal était d'accélérer la mise en ligne de l'Europe.

Des résultats considérables ont été obtenus sur le plan réglementaire dans les domaines des communications électroniques, du commerce électronique et de la sécurité des réseaux. De plus, les Européens se sont massivement mis à l'Internet au cours des deux dernières années.

Mais ces progrès ne sont cependant pas suffisants. Nos efforts doivent maintenant se concentrer sur l'utilisation d'Internet, tout en veillant à une meilleure inclusion sociale numérique. En juin 2002, les chefs d'Etat et de Gouvernement ont approuvé les objectifs du plan d'action eEurope 2005.

Les objectifs généraux de l'eEurope 2005 renforcent l'eEurope 2002 en termes de productivité, de croissance, d'emploi et de cohésion sociale.

Le plan d'action eEurope 2005 se concentre sur un plus petit nombre d'actions structurées autour de trois niveaux d'objectifs qui se renforcent mutuellement :

  • Le premier niveau concerne les services, les applications et les contenus. Il est composé de quatre domaines verticaux : e-gouvernement, services d'apprentissage électronique (e-learning), services de télésanté (e-health) et e-business.

  • Les deux niveaux suivants concernent le développement d'une infrastructure d'information sécurisée et la disponibilité d'un accès à haut débit à des prix concurrentiels pour tous les européens.

J'aurai l'occasion de revenir plus particulièrement sur le e-gouvernement, le e-business et la sécurité.

Auparavant, je souhaiterais m'exprimer sur la situation du secteur des télécommunications, ce qui, après tout, constitue la base des services de la société de l'information .

Celui-ci traverse de sérieuses difficultés dues à une combinaison de facteurs sans précédent : l'éclatement de la bulle Internet, le ralentissement de la croissance économique et la situation de surcapacité des réseaux support (« backbone networks »).

Au même moment, le secteur des mobiles est confronté au passage de la seconde à la troisième génération (3G). Le coût élevé des licences 3G constitue un fardeau pour plusieurs opérateurs en Europe. En plus, l'on constate une incertitude dans les marchés de capitaux.

Face à cette situation, l'ensemble des opérateurs de télécommunications procèdent à des baisses ou à des reports d'investissement en infrastructure avec pour conséquence la réduction de l'activité des équipementiers de télécommunication.

Cette situation entraîne la mise en œuvre de vastes plans de licenciements, avec déjà plus de 250.000 emplois perdus.

Les autres conséquences sont une importante dépréciation des actifs du secteur ainsi qu'une réduction des capacités de recherche et développement. Ceci risque d'altérer la position de leader de l'Europe dans ces technologies.

Dans ce contexte, l'application du nouveau cadre réglementaire des communications électroniques, dont la mise en œuvre a été décidée pour le mois de juillet 2003, constituera un élément important pour renforcer la confiance dans le secteur.

Le nouveau cadre réglementaire apportera des éléments de stabilité, de prévisibilité et de transparence à même de réduire les incertitudes juridiques, et donc de favoriser l'investissement. A cette fin, il est important de procéder à une transposition nationale effective et rapide du cadre réglementaire.

Par ailleurs, les circonstances présentes exigent que le plan d'action eEurope 2005 reçoive la plus grande attention politique. En effet, eEurope 2005 propose différentes mesures qui pourraient apporter un nouvel élan à l'investissement dans le secteur.

Par exemple, une priorité essentielle de l'eEurope2005 est d'encourager l'investissement dans les réseaux de haut débit fixe et la multi-platforme, y compris 3G et télévision numérique, en proposant des objectifs ambitieux mais réalistes concernant la disponibilité du contenu et des applications du secteur public, et en facilitant les conditions de déploiement.

2. e-Gouvernement

Je voudrais maintenant aborder les orientations politiques et actions en matière de e-gouvernement.

Jusqu'à présent, les gouvernements se sont montrés efficaces dans l'adaptation du cadre juridique et réglementaire de la société de l'information.

Des progrès importants ont déjà été réalisés par les administrations publiques en Europe, qui ont désormais presque toutes une présence sur le Web. Mais cela n'est pas suffisant.

Ce qui est indispensable, c'est une plus grande facilité d'utilisation, d'interactivité, et de cohérence des services publics à travers leurs diverses fonctions administratives "online" et "offline".. Il est important de situer l'utilisateur au centre de nos préoccupations.

C'est un grand défi qui ne pourra être relevé que par une plus grande intégration des services de « front office » avec les applications existantes de « back office », en éliminant les barrières entre les services, et en ré-organisant l'offre des services. En même temps il faut augmenter les compétences de l'interaction avec la clientèle et la gestion des processus avec l'aide des TIC.

L'engagement de haut niveau dans l'exécution de telles réformes parallèles, associé à une persévérance, et à une volonté d'apprendre des utilisateurs, c'est-à-dire de commencer au bas de l'échelle et de grimper rapidement, sont les caractéristiques de l'état d'esprit requis pour assurer que l'e-gouvernement soit un succès.

L'économie numérique pose deux grands défis à la gouvernance du XXIe siècle, qui sont :

  • Premièrement, l'efficacité. Les gouvernements doivent maximiser l'utilisation des technologies numériques et d'Internet pour une plus grande efficacité des services publics et une meilleure productivité.

  • Le deuxième défi est l'exigence d'équité, dans la mesure où les gouvernements doivent servir sans aucune discrimination l'ensemble des citoyens.

  • Les réponses apportées par l'eEurope 2005 à ces défis sont concentrées sur un nombre limité d'actions clés, qui sont entre autres :

  • Premièrement, le raccordement à l'Internet de l'ensemble des administrations publiques, au moyen de connexions à haut débit, d'ici 2005.

  • Deuxièmement, les Etats membres devraient réaliser une partie significative de leurs appels d'offres publics en ligne d'ici la fin 2005.

  • Et, troisièmement, l'adoption d'un cadre technique d'interopérabilité pour des services publics en ligne paneuropéens d'ici la fin de l'année 2003.

3. e-business

J'en viens maintenant aux objectifs politiques et aux actions proposées dans le domaine des affaires électroniques, ou e-business.

Le boom des « dot.com » a concentré l'attention sur le commerce électronique, destiné aux entreprises (B2B) et aux consommateurs (B2C).

Le B2C augmente graduellement. Mais les bénéfices de l'e-business à l'intérieur et entre les entreprises ont conduit à une croissance bien plus rapide et plus importante du B2B.

Le e-business sur lequel se concentre l'eEurope 2005 intègre l'Internet à la restructuration des processus de production et à l'amélioration des compétences professionnelles, comme mentionné précédemment.

La Commission a élaboré une politique d'ensemble dans le domaine du e-business. Celle-ci comprend des réalisations importantes avec l'adoption d'une série de Directives destinées à établir un marché intérieur en matière de commerce électronique, de droits d'auteurs et de protection des données personnelles.

Différentes initiatives non-législatives ont été lancées pour promouvoir l'autorégulation et des actions de soutien des PMEs dans le cadre de l'initiative « Go-Digital ».

L'objectif général est de promouvoir l'adoption du e-business par les entreprises afin d'augmenter leur compétitivité. L'eEurope 2005 propose entre autres :

  • En premier lieu, de réexaminer la législation afin de recenser et d'éliminer, le cas échéant, les facteurs qui empêchent les entreprises de se lancer dans le l'e-business.

  • Puis, à destination des PME, la Commission souhaite établir, pour la fin 2003, un réseau européen de soutien aux entreprises dans le domaine du e-business. Ce réseau fédérera les efforts des acteurs de niveaux européen, national, régional et local en faveur des PME.

  • Pour ce qui concerne la sécurité des transactions électroniques, le secteur privé, épaulé par la Commission et les Etats membres, élaboreront des solutions interopérables en matière de signature numérique, de commande et de paiement en ligne.

4. Infrastructure d'information sécurisée

Le dernier domaine spécifique duquel je voudrais m'entretenir avec vous concerne la sécurité de l'infrastructure d'information.

Les enjeux dans ce domaine sont considérables, compte tenu du nombre croissant de transactions électroniques actuelles et futures. Aussi, est-il absolument nécessaire que les réseaux et systèmes d'information soient sécurisés.

Les actions proposées par l'eEurope 2005 pour sécuriser l'infrastructure d'information en Europe sont entre autres :

  • Premièrement, de créer un véritable centre de compétence pour la mise en œuvre de la politique communautaire en matière de sécurité de l'information, avec l'appui des Etats membres et le secteur privé. Une proposition de Règlement sur la création de ce Centre sera bientôt proposée.

  • Deuxièmement, une culture de sécurité devrait être promue. Le secteur privé devrait élaborer des bonnes pratiques, des normes et promouvoir leur application cohérente.

  • Enfin, pour en revenir au rôle des administrations publiques, la Commission et les Etats membres étudieront d'ici la fin 2003 les possibilités d'établir un environnement de communication sécurisé pour l'échange d'information entre administrations publiques européennes.

5. Conclusion: faire d' eEurope 2005 un succès

Le défi est maintenant pour nous tous de faire d' eEurope 2005 un succès.

Nous ne devons pas baisser les bras face au pessimisme ambiant des marchés. Au contraire, l'heure est à l'action, et cette action dépend de chacun de nous en Europe, individuellement et collectivement.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.


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