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SPEECH/02/253

Philippe Busquin

Commissaire européen à la Recherche

La recherche européenne des transports se met en mouvement

Conférence "Surface Transport Technologies for Sustainable Development"

Valence, 4 juin 2002

Madame la Ministre,

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

C'est un très grand plaisir, pour moi, de vous accueillir à cette conférence consacrée aux technologies des transports de surface pour le développement durable.

Je tiens tout d'abord à remercier vivement Madame la Ministre BIRULES.

Cette conférence est l'une des trois initiatives dans le domaine de la recherche que la Présidence espagnole a voulu soutenir et parrainer.

Ceci n'a rien d'un hasard. Le thème de cette manifestation coïncide en effet pleinement avec des orientations politiques importantes prises récemment par les décideurs européens au plus haut niveau. J'y reviendrai.

Je voudrais également dire à Monsieur ZAPLANA combien je suis heureux de voir cet événement se dérouler à VALENCE.

Nous connaissons tous le remarquable dynamisme économique de cette région, et les efforts qu'elle consacre, à la science et la technologie en général, et aux infrastructures pour les transports en particulier.

Introduction

C'est, de fait, une grande satisfaction de voir rassemblé ici aujourd'hui un aussi large éventail de représentants et d'acteurs du domaine des transports, qu'ils viennent de l'industrie, de la recherche ou du secteur public.

Il faut également se féliciter de la dimension internationale de cette conférence.

Le transport est un problème mondial. Il est très important de pouvoir comparer les meilleures approches et les solutions proposées dans les grandes régions industrialisées en Europe, au Japon et aux Etats-Unis

Et, sur cette base, de voir quelles peuvent être les coopérations possibles.

Je remercie les représentants américains et japonais d'avoir fait le déplacement.

Les réflexions que je voudrais vous présenter portent sur deux points:

  • La nécessité urgente - pour l'Europe d'évoluer vers un système de transport durable ;

  • Le rôle et la contribution de l'Espace européen de la recherche dans ce domaine.

Mais avant cela, j'ai le plaisir de vous annoncer l'adoption formelle, hier, du 6ème Programme-Cadre communautaire de recherche.

Je tiens à remercier très chaleureusement la Présidence espagnole, et Mme BIRULES en particulier, pour les très importants efforts qu'ils ont déployé pour parvenir à ce résultat.

Il faut le souligner : c'est la première fois qu'un Programme-Cadre est adopté dans des délais aussi brefs, fait d'autant plus remarquable qu'il inclut de nombreuses nouveautés.

Les premiers appels à propositions devraient en effet être publiés avant la fin de l'année, très probablement au mois de novembre.

J'en viens à présent à notre sujet, la question du transport dans la perspective du développement durable, qui constitue d'ailleurs un des thèmes prioritaires du 6ème programme cadre.

La nécessité pour l'Europe d'évoluer vers un système de transport durable

Les défis auxquels le transport européen doit faire face aujourd'hui, et pour les décennies à venir, sont aigus.

Si aucune mesure n'est prise dès maintenant, en 2010 l'augmentation de 38% du transport de fret et de 24% des passagers aura probablement amené le transport routier à un point proche de la paralysie.

Ceci se sera accompagné d'une aggravation des nuisances environnementales et des accidents sur les routes et dans le trafic urbain. Il y a actuellement chaque année plus de 40.000 victimes d'accidents de la circulation dans l'Union, ce qui est tout simplement inacceptable.

Il en va donc à la fois de l'efficacité d'un des rouages majeurs de l'économie européenne, et de la qualité de vie en Europe.

La Commission, sous l'impulsion notamment de ma collègue, Mme DE PALACIO, a mené une analyse approfondie de ces questions dans le cadre du Livre Blanc sur le Transport.

Il en ressort que l'enjeu majeur pour les transports en Europe est de maintenir la croissance économique tout en respectant mieux l'environnement et en améliorant la sécurité de la mobilité pour le citoyen.

Ceci suppose notamment un meilleur équilibre entre les différents modes de transport.

Il y a un an, au Conseil européen de GÖTEBORG, les Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union ont approuvé une stratégie pour le développement durable, qui fait une place importante au transport.

En mars dernier, au Conseil européen de BARCELONE, l'engagement a été pris de faire des "technologies propres" l'axe d'une économie européenne forte et écologiquement durable.

A cette même occasion, les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont entériné la proposition de la Commission d'augmenter les dépenses de R&D dans l'Union de manière à atteindre environ 3 % du PIB en 2010.

Tout ceci est très logique : il n'y a pas d'avenir sans recherche, et l'Europe ne pourra se doter des solutions innovantes qui sont nécessaires que si elle investit suffisamment dans ce domaine.

2. L'Espace européen de la recherche et son rôle dans le transport durable

Parallèlement à cette augmentation de l'effort, il s'agit d'améliorer l'efficacité des politiques de recherche.

Le projet d'Espace européen de la recherche a précisément été lancé dans ce but, puisqu'il vise à l'optimisation des ressources et des actions, communautaires, nationales et privées.

Là où les Européens travaillent ensemble, l'Europe est plus forte. La création de l'Espace européen de recherche améliorera l'efficacité du système de recherche en Europe par une meilleure intégration et une plus forte structuration des capacités scientifiques dont nous disposons.

L'Espace européen de la recherche ajoute une dimension nouvelle à la politique des transports, il permet à une vraie politique européenne des transports d'être mis en œuvre.

La création d'un système de transport européen durable implique en effet davantage de coopération et une meilleure coordination, dès la conception même des systèmes, entre ceux qui fournissent la technologie et ceux qui l'utilisent.

Il est encourageant de constater que dans le domaine de la recherche sur les transports, le concept de l'Espace européen de recherche a été très bien compris.

Il reste à le traduire dans les faits.

Au cours des prochaines années, le nouveau Programme-Cadre, qui a été conçu comme un des instruments de réalisation de l'Espace européen de recherche, devrait aider celui-ci à se concrétiser dans le domaine du transport.

Le nouvel instrument des projets intégrés, plus particulièrement, devrait aider à mobiliser et à fédérer toutes les ressources disponibles autour d'objectifs bien définis.

Et les réseaux d'excellence permettront d'intégrer les compétences en créant des liens durables entre les institutions de recherche sur des défis scientifiques et technologiques qui ont une envergure vraiment européenne.

Les restructurations industrielles en cours devraient d'ailleurs faciliter cet effort d'intégration européen.

Un certain nombre d'éléments de ce processus sont déjà en place ou en cours d'établissement.

Il y a un an était ainsi créé ACARE, Advisory Council for Aeronautics Research in Europe, le Conseil consultatif pour la recherche aéronautique en Europe.

Il s'agissait d'un premier pas pour rassembler tous les acteurs concernés en réunissant des représentants de l'industrie, du monde de la recherche, des utilisateurs, des Etats membres et la Commission.

ACARE a pour première mission de préparer un agenda de recherche stratégique à long terme pour harmoniser et optimiser les efforts européens et nationaux, publics et privés.

Dans le même esprit, en novembre dernier, j'ai annoncé la création de l'ERRAC, European Rail Research Advisory Council.

Ce Conseil, qui réunit industriels, opérateurs, utilisateurs, Etats Membres et centres de recherche, est une bonne expression de la nouvelle politique européenne de recherche.

J'attends avec impatience la première version consolidée de l'agenda stratégique pour la recherche ferroviaire de l'ERRAC.

Agissant comme une référence et porté par tous les acteurs du secteur, cet agenda stratégique doit contribuer à augmenter globalement les efforts de recherche et à les mieux coordonner pour éviter les doubles emplois et maximiser les collaborations.

De nouvelles technologies, de nouveaux matériaux, de nouvelles façons de gérer le trafic sont des facteurs clés du succès du rail.

Une recherche organisée à l'échelle européenne est la dimension indispensable pour permettre au rail d'assurer sa compétitivité au niveau mondial aussi bien que par rapport aux autres modes de transports et de rencontrer en même temps les priorités environnementales et de sécurité.

Le Programme Cadre est un outil qui pourra catalyser l'intégration des efforts européens. Ce n'est que dans cet esprit qu'un financement du Programme Cadre est opportun ou intéressant.

Je voudrais également mentionner les efforts en cours dans les secteurs maritime et automobile.

Je me félicite de la mise sur pied récente d'un groupe d'industriels pour la recherche dans les transports routiers, RTRAC. Cette une initiative semble aller dans la bonne direction et elle pourra compter sur notre collaboration si elle réussit à mettre en œuvre les principes et la dynamique de l'espace européen de recherche. .

De telles initiatives sont importantes, car elles devraient permettre de mieux identifier les priorités et de rassembler une masse critique et cohérente de ressources pour les rencontrer.

Pour aller au-delà encore, je souhaiterais voir se rassembler tous les acteurs concernés au sein de plates-formes orientées sur les technologies clés pour le transport durable.

J'attire en effet l'attention sur un point : s'il y a beaucoup d'évolutions technologiques, il y a aussi parfois de vraies révolutions, qui changent radicalement la donne dans un secteur donné.

Il serait très indiqué, par exemple, de mettre rapidement sur pied une large plate-forme technologique sur les piles à combustibles et ce que l'on appelle parfois « l'économie de l'hydrogène ».

Elle devrait rassembler tous les acteurs, industriels, responsables institutionnels, chercheurs, utilisateurs impliqués dans ce développement technologique essentiel.

J'appelle de mes vœux la création de telles plates-formes, qui réuniraient toutes les parties prenantes autour d'une technologie cruciale pour notre mobilité future : il y en a d'autres.

Plus généralement, j'appelle toutes les équipes intéressées à faire parvenir à la Commission leurs idées dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt, qui alimentera la définition des programmes de travail du nouveau Programme-Cadre.

Il est encore temps pour ce faire, la clôture de l'appel étant le 7 juin.

Conclusion

Madame la Ministre,

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs

Le développement d'un système de transport durable d'ici 2020 est essentiel pour 3 raisons :

  • Pour le développement d'une Europe économiquement forte et compétitive, une Europe qui sera bientôt élargie et demandera encore plus de mobilité et d'échanges ;

  • Pour le renforcement de notre compétitivité industrielle et le devenir du secteur du transport lui-même ;

  • Enfin pour l'amélioration de notre sécurité, le maintien et l'amélioration de la qualité de vie en Europe.

Le nouveau Programme-Cadre prévoit des moyens substantiels pour le transport de surface, dans le cadre d'une approche intégrée.

Des évolutions importantes sont à prévoir dans ce domaine, très multidisciplinaire, avec l'arrivée de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies, et de nouveaux services, comme le montre l'exemple du système GALILEO.

Réduire le bruit, les émissions de CO2, améliorer la sécurité et les performances, tout ceci à un coût économiquement viable, seront des objectifs prioritaires.

La volonté politique, combinée aux possibilités offertes par la recherche et la technologie, devrait permettre de procéder aux rééquilibrages nécessaires entre modes de transport, et leur combinaison plus harmonieuse, en Europe.

Mais cette volonté sera impuissante si elle ne peut pas s'appuyer sur l'excellence scientifique et technique, une forte coopération et une réelle coordination entre les efforts nationaux.

Je terminerai en souhaitant un grand succès :

  • A la Présidence espagnole, dans ses efforts pour conduire à sa conclusion la procédure d'adoption des règles de participation au Programme Cadre;

  • Aux participants à cette conférence : que leurs travaux soient les plus fructueux possibles, et que nous puissions bénéficier de leurs recommandations ;

  • Aux chercheurs et aux industriels eux-mêmes, dont les projets doivent permettre à l'Europe de se maintenir au premier plan mondial dans le domaine du transport, et d'offrir à ses citoyens des systèmes et services de la plus haute qualité.

Je vous remercie de votre attention.


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