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SPEECH/02/113

M. Philippe Busquin

Commissaire Européen à la Recherche, y compris la Politique Européenne de l'Espace

Intervention pour la première réunion du Comité de Pilotage GMES

Pilotage GMES

Bruxelles, 19 mars 2002

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi tout d'abord, de vous souhaiter, à toutes et à tous, une chaleureuse bienvenue à cette première réunion du Comité de Pilotage GMES.

Je suis heureux de voir réunis dans cette salle tous les principaux acteurs de cette passionnante initiative qu'est le GMES Global Monitoring for Environment and Security c'est à dire en bon français « Surveillance Mondiale pour l'Environnement et la Sécurité ».

Je voudrais tout particulièrement saluer aujourd'hui les représentants des Etats Membres de la Communauté, de l'Agence Spatiale Européenne, de l'Agence Européenne pour l'Environnement, d'EUMETSAT et du Secrétariat Général du Conseil. En bref, tous ceux qui vont faire de GMES une réalité.

Il s'agit d'une réunion importante et qui arrive à point nommé. C'est pour nous tous l'occasion de faire le point sur les progrès accomplis, mais aussi d'identifier le travail qui reste à faire afin d'assurer le succès de cette ambitieuse entreprise.

Pour planter le décor, je voudrais faire trois remarques :

Premièrement : GMES n'est pas seulement une initiative souhaitable. C'est une initiative absolument nécessaire qui vise au renforcement de la sécurité et la qualité de vie, en Europe et au-delà. Et il est impératif que l'Europe prenne elle-même sa destinée en main dans ce secteur stratégique de l'observation de la Terre.

Deuxième point : le succès de cette initiative repose sur un véritable partenariat et sur une réelle coordination, au niveau national et au niveau européen, entre toutes les parties concernées. C'est-à-dire vous qui êtes ici aujourd'hui, bien sûr, mais aussi tous ceux qui, j'en suis certain, rejoindront le programme à une étape ultérieure.

Enfin, nous devons garantir que l'Europe développe effectivement sa capacité à fournir des services spatiaux innovants à une large variété d'utilisateurs industriels ou institutionnels. La Commission, comme l'ESA, s'y engage sans réserve. Le but est non seulement de soutenir l'ensemble des politiques communautaires, mais plus fondamentalement d'assurer la compétitivité de l'Europe dans l'économie mondiale.

Permettez moi de développer brièvement ces trois points.

GMES : une initiative europeenne ambitieuse

GMES est une initiative unique et ambitieuse. Pourquoi nous y engageons-nous ? Pour répondre à un certain nombre de nécessités :

D'abord, le développement durable. Nous ne devons ménager aucun effort pour assurer le développement durable non seulement en Europe, mais à l'échelle de la planète. Sans développement durable, c'est notre avenir même qui pourrait être remis en cause. Et la gestion responsable de l'environnement fait partie intégrante de nos obligations. Dans sa communication au Conseil de Göteborg en juin 2001, la Commission a mis l'accent sur le fait que le développement durable était une préoccupation commune à toutes les politiques communautaires. Un objectif et un calendrier - ambitieux ont été fixés. Il s'agit d'établir d'ici à 2008 une capacité européenne de Surveillance Mondiale pour l'Environnement et la Sécurité.

Ensuite, le respect des engagements internationaux. Il y a deux aspects à cela. Il nous faut naturellement vérifier et démontrer que nous tenons nos engagements vis à vis des traités internationaux, notamment sur le changement climatique global, mais également dans d'autres domaines comme la sécurité. A l'inverse, nous devons, aussi, nous assurer que nos voisins tiennent les leurs. La récente décision de l'Union Européenne d'aller de l'avant avec le Protocole de Kyoto est un puissant signal de notre détermination dans ce domaine.

Troisièmement, l'aide humanitaire. L'Europe est pleinement engagée dans une aide humanitaire effective, à l'intérieur de ses frontières comme au-delà. Nous devons pouvoir agir efficacement en cas de catastrophe, qu'elle soit naturelle ou provoquée par l'homme. Il importe donc que nous nous donnions les moyens d'une telle action. Et l'initiative GMES est un instrument crucial pour la mise en oeuvre de cette politique et pour faciliter le rôle de l'Europe dans ce domaine .

Quatrièmement, la question du développement. La politique en faveur du développement est une composante essentielle de la politique étrangère de l'Europe. Il s'agit de contribuer au développement des régions du monde les moins favorisées et de prévenir les conflits - et donc d'assurer pour l'Europe sa propre sécurité stratégique. C'est avec ce but à l'esprit que l'Union Européenne participera au sommet mondial de Johannesbourg cette année.

Et enfin, notre position dans l'économie mondiale de la connaissance. A Lisbonne, il y a deux ans, les chefs d'Etats et de gouvernements européens ont pris l'engagement ambitieux de faire de l'Europe « l'économie fondée sur la connaissance la plus compétitive et dynamique au monde ». Le récent sommet de Barcelone a fait le point du progrès accompli. Pour continuer dans ce sens, et renforcer la compétitivité européenne dans l'économie mondiale, il est impératif que nous développions notre propre capacité dans le domaine des applications et services spatiaux. Pour ce faire, nous comptions sur un engagement déterminé et conjoint - à la fois du secteur public et du secteur privé.

Ces ambitions nécessitent, cela est évident, des politiques claires et déterminées. Mais aussi un cadre clair pour conduire nos activités. Elles appellent également des ressources humaines et financières adéquates pour mener à bien ces politiques. Mais, et j'insiste sur ce fait, ces politiques ne pourront donner les résultats escomptés que si elles sont alimentées, en temps utile, par une information continue, précise, pertinente, d'un coût abordable et donc disponible de manière durable.

Le but de l'initiative GMES est précisément de mettre résolument en œuvre une telle capacité et de la mettre à disposition, et au service, des décideurs européens, qu'ils soient institutionnels ou industriels.

Comment atteindre ce but ?

D'abord, GMES sera orienté vers l'utilisateur. Cette initiative doit en effet garantir la pertinence de l'information en plaçant au premier plan les besoins réels des utilisateurs. La communauté utilisatrice devra donc définir ses besoins de façon précise. Elle devra donc être pleinement impliquée à toutes les étapes du projet. L'économie en termes de coût sera réalisée s'appuyant, toutes les fois que cela est possible, sur les connaissances, les moyens et les structures existantes. La souplesse sera de règle. Nous savons qu'il faudra s'adapter en permanence à l'évolution des besoins.

Ensuite, GMES adopte une approche d'ensemble. GMES soutiendra un large éventail de politiques européennes. En termes d'organisation, cette initiative s'appuiera sur une large base d'acteurs directement concernés. Elle devra répondre à tout un ensemble d'exigences et aux attentes émanant d'une large gamme de partenaires au niveau local, national, européen ou international. Atout principal de l'initiative dans cette tache : la possibilité de combiner différentes sources d'informations, celles d'origine spatiale avec celles issues de systèmes terrestres ou aéroportés.

Pour toutes ces raisons, GMES ne peut pas être un projet limité à deux ou trois organismes. Cela doit être, au contraire, un projet qui tire sa force des efforts coordonnés d'un grand nombre de partenaires rassemblés dans un cadre cohérent.

GMES est un projet ambitieux. Et comme tous les projets ambitieux, il offre des opportunités considérables pour tous les partenaires impliqués, mais aussi des défis considérables à relever.

Défis et opportunités : état des lieux

GMES n'est pas nouveau. Le terme est apparu la première fois à une réunion des agences spatiales et de la Commission à Baveno en 1998. Il était déjà clair pour nous tous, à ce moment-là, que les activités européennes d'observation de la Terre devaient faire l'objet d'une attention politique prioritaire

Dès octobre 2000, à la Conférence de Lille, sous la présidence française, les responsables politiques et les intervenants potentiels des secteurs public et privé étaient déjà sensibilisés à l'intérêt du concept. Un changement important d'orientation s'est rapidement imposé. Le GMES s'est recentré davantage sur la « demande » c'est-à-dire sur les besoins réels des utilisateurs européens en matière de nouvelles applications spatiales plutôt que sur « l'offre » c'est-à-dire les propositions des agences spatiales et des fournisseurs de données et plus. Ce recentrage sur la demande s'est confirmé lors des réunions de Stockholm et Bruxelles l'année dernière sous les présidences suédoises et belges.

En bref, l'intérêt pour GMES n'a cessé de s'élargir. Le but n'est plus seulement de servir une communauté spécialisée, mais un ensemble beaucoup plus large de demandeurs publics et privés.

Je suis heureux de constater la détermination et l'engagement croissants des parties prenantes dans cette initiative - qu'il s'agisse de fournisseurs ou des utilisateurs de ces nouveaux services. Sont désormais concernés au premier plan les autorités et agences pour l'environnement et la protection civile, l'agriculture, l'aide au développement et la politique étrangère au niveau européen, national et même local. Sont concernées bien sur également les agences spatiales et des entités opérationnelles comme Eumetsat. Nous constatons aussi un engagement résolu du secteur privé, avec l'implication croisante de sociétés et consortiums issus de tous les horizons de l'industrie européenne. Leur intervention à un stade précoce est un gage de viabilité à long terme des services qui vont être proposés.

Comment bâtir sur tout cet acquis ?

D'abord, mettre à profit l'effet de rassemblement et de focalisation des énergies. De nombreuses activités, qui se déroulent sans coordination en Europe au niveau national ou international, peuvent désormais être « mises en phase » et se renforcer mutuellement dans le cadre souple et efficace que propose l'initiative GMES.

Ensuite, veiller à construire des partenariats. Le plus grand défi, mais aussi l'opportunité principale pour le GMES, consiste à forger d'authentiques partenariats, impliquant pleinement les parties prenantes, les utilisateurs et les fournisseurs de services. Des progrès ont été réalises dans ce domaine, mais nous sommes encore loin du but. Le risque est en effet de voir proliférer les infrastructures de surveillance spécifiques associées à tel ou tel besoin particulier. Des partenariats puissants, notamment entre acteurs publics et privés, devraient écarter ce risque.

Dans cette perspective, la Commission continuera à mener une action résolue en faveur d'un consensus. Nous avons, un rôle-clé à jouer dans la structuration progressive de la demande d'information émanant des utilisateurs européens, mais aussi dans le rapprochement des partenaires.

Je saisis cette occasion pour exprimer ma satisfaction à l'égard de la coopération constructive dans laquelle l'Agence Spatiale Européenne et la Commission sont actuellement engagées. Suite à la création et à l'approbation d'une Stratégie Européenne pour l'Espace l'année dernière, nous prévoyons de mettre en place des relations de travail plus étroites et plus formelles via l'Accord-Cadre qui doit être conclu entre l'Agence et la Communauté avant la fin de cette année.

GMES est l'un des deux piliers de notre stratégie commune. Un autre pilier, également important, est le programme de navigation par satellite GALILEO. Ce week-end à Barcelone, cette initiative stratégique a déjà reçu l'aval politique du Conseil Européen. Et c'est avec impatience que ma collègue Madame de Palacio et moi-même en attendons l'adoption formelle par les Ministres des Transports dans les jours qui viennent. Cette nouvelle stratégie européenne de l'Espace - à laquelle l'ESA et la Commission travaillent ensemble - a été absolument déterminante dans l'émergence de ces deux projets.

Concernant plus précisément la réunion d'aujourd'hui, je voudrais souligner le travail considérable mené par nos deux organisations pour lancer la « Période Initiale » du programme GMES. Ce travail a été présenté au Conseil Recherche de juin dernier, et fournira la base pour nos activités respectives dans les mois qui viennent.

La Directions Générale Recherche continuera à exercer son rôle de coordination du projet au sein de la Commission, en mettant à profit, en particulier, les ressources disponibles dans le nouveau Programme-Cadre. GMES sera, naturellement, une priortité importante dans l'accord-cadre que nous prévoyons de conclure avec l'ESA cette année.

Prochaines étapes

Nous devons maintenant organiser les acteurs, établir les spécifications initiales de l'information opérationnelle, fournir les premiers services et tracer la voie qui doit nous conduire à une capacité européenne GMES effective d'ici à 2008.

La réussite de nos activités dépendra largement de l'impulsion que donnera votre Comité de Pilotage. Tout aussi déterminante sera l'implication personnelle des représentants nationaux des entités gouvernementales en charge de l'environnement et de la sécurité civile. L'implication du secteur privé, également, sera cruciale.

Des experts, issus des différentes parties prenantes dans GMES, apporteront leur soutien à ce travail dans le cadre de l'Equipe de Soutien GMES (GMES Support Team). Enfin, c'est au d'un Forum GMES, qui sera organisé sous la présidence espagnole fin juin, qu'il appartiendra de lancer un dialogue large et ouvert sur le GMES et ses implications scientifiques, sociales, et economiques.

Conclusion

Je voudrais conclure rapidement sur quatre points

L'initiative GMES devrait apporter une contribution substantielle au bien-être et à la sécurité du citoyen européen. Le développement d'une large gamme de services spatiaux innovants devrait également renforcer la compétitivité européenne dans ce secteur stratégique de haute technologie - et donc la place de l'Europe dans l'économie mondiale de la connaissance. Enfin, GMES devrait contribuer à une meilleure mise en œuvre d'une large gamme de politiques communautaires.

Des progrès substantiels ont été accomplis au cours de l'année écoulée résultant en un large soutien des décideurs européens, et une implication croissante de tous les acteurs concernés.

La Commission est décidée à développer les partenariats avec les utilisateurs et les autres parties prenantes, ainsi qu'il est prévu dans le Plan d'Action GMES. Ces partenariats tout particulièrement entre le secteur public et le secteur privé seront déterminants pour le succès de GMES.

Je resterai personnellement très attentif à toutes les idées, opinions, discussions, recommandations qui résulteront de la réunion d'aujourd'hui et de toute la « Phase Initiale » de GMES. J'aurai le plaisir de présenter un rapport sur cette Phase Initiale au Conseil et au Parlement Européen.


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