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Discours de Madame Viviane Reding Membre de la Commission européenne, chargée de l'Education et de la Culture Quelles politiques éducatives pour une économie de l'innovation et de la connaissance ? Conférence ministérielle de lancement des Programmes Leonardo da Vinci II, Socrates II et Jeunesse Lisbonne 17 mars 2000

Commission Européenne - SPEECH/00/87   20/03/2000

Autres langues disponibles: aucune

SPEECH/00/87

Discours de Madame Viviane Reding

Membre de la Commission européenne, chargée de l'Education et de la Culture

Quelles politiques éducatives pour une économie de l'innovation et de la connaissance ?

Conférence ministérielle de lancement des Programmes Leonardo da Vinci II, Socrates II et Jeunesse

Lisbonne 17 mars 2000

La conférence qui s'ouvre aujourd'hui dans cette ville splendide a une dimension presque historique. En effet, il s'agit du premier événement réunissant les ministres responsables de l'éducation, de la formation professionnelle et de la jeunesse de l'ensemble des 31 pays européens auxquels nos programmes d'action sont ouverts. Je constate avec plaisir que la Présidence portugaise a également invité les représentants des partenaires sociaux au niveau européen et les associations européennes les plus éminentes, ce qui témoigne de la priorité que nous accordons tous aux acteurs de terrain et aux citoyens directement concernés par nos politiques.

SOCRATES, LEONARDO da VINCI et JEUNESSE ont été mis en place pour une durée de sept ans allant de 2000 à 2006. Les nouveaux programmes ont été dotés d'un montant de 3.520 milliards d'euros. Ceci représente une augmentation de plus de 30% par rapport à la première phase des trois programmes. Ceci démontre très clairement la reconnaissance générale de la valeur ajoutée de nos programmes et de leur contribution à la réalisation d'une Europe des citoyens.

Depuis 1995, plus d'un million de citoyens de l'Union européenne ont bénéficié des possibilités offertes par les programmes SOCRATES, LEONARDO et JEUNESSE pour étudier, se former, approfondir leur développement personnel ou travailler à des projets sociaux dans d'autres pays. Ils ont eu l'occasion d'acquérir de nouvelles compétences, de parler une autre langue et de découvrir d'autres mentalités, ce qui a certainement contribué à favoriser leurs perspectives d'emploi. Ils sont entrés en contact, même pour une courte durée, avec une autre culture, des méthodes de travail différentes, voire de nouvelles idées.

La nouvelle génération de programmes, qui concernera un public cible de plus de 2 millions de citoyens, offre un vaste éventail de possibilités en soutenant les partenariats écoles-entreprises, les détachements et échanges d'enseignants, les initiatives en faveur des jeunes, les bourses de séjour à l'étranger pour étudiants, l'éducation des adultes, l'apprentissage et l'enseignement des langues et les échanges d'idées et d'informations. L'usage des nouvelles technologies permettra de démultiplier ces initiatives en offrant des possibilités de coopérations à distance qui s'ajouteront aux actions de mobilité.

Sans présenter de rupture nette vis-à-vis de leurs prédécesseurs, les nouveaux programmes ont été remodelés pour les rendre plus simples et plus souples. Chaque programme se concentrera désormais sur un nombre restreint d'objectifs spécifiques: quatre pour SOCRATES et trois pour LEONARDO et JEUNESSE. Les activités à soutenir ont été regroupées en un nombre limité d'actions ou de mesures. Les procédures de soumission de projets ont été simplifiées et raccourcies pour rendre l'accès aux programmes plus convivial. Pour la première fois, les programmes prévoient explicitement la mise sur pied d'actions communes pour soutenir les activités qui favorisent l'éducation et la formation tout au long de la vie et pour permettre de combiner différents types d'apprentissage.

Les retombées positives de notre coopération touchent de plus en plus de pays. La présence à Lisbonne de 31 pays indique que l'éducation, la formation et l'emploi constituent un centre d'intérêt commun à l'ensemble de l'Europe. Je suis persuadée que les possibilités offertes par nos programmes et que les solutions que nos discussions s'efforcent de dégager se révéleront aussi utiles pour les pays candidats à l'adhésion qu'elles le sont pour les Etats membres.

Notre conférence de lancement a lieu à un moment particulièrement propice. En effet, comme vous le savez, les Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union se réuniront dans une semaine dans ces mêmes locaux pour fixer un agenda de renouveau économique et social pour l'Europe dans lequel l'innovation et la connaissance joueront un rôle de première importance. Je constate avec une très grande satisfaction que l'éducation, la formation et la jeunesse se trouveront au centre des débats menés par les Chefs d'Etat et de gouvernement. Je suis convaincue que le Conseil européen de Lisbonne donnera des nouvelles impulsions aux domaines politiques pour lesquels nous sommes responsables. Dans ce contexte, je souhaite également attirer votre attention sur la réunion des ministres de l'éducation du G8 qui se tiendra à Tokyo début avril et à laquelle je participerai. C'est la première fois que les ministres de l'éducation seront appelés à se réunir dans le cadre du G8, ce qui démontre très clairement l'importance accordée à l'éducation et à la formation pour répondre aux défis de la globalisation.

La Présidence portugaise a préparé un excellent document d'orientation en vue du Conseil européen dont nous partageons les grandes lignes. A mon point de vue, il y a trois messages clés qui se dégagent de la préparation du sommet et qui devront nous guider dans nos discussions aujourd'hui et demain :

  • L'Europe se trouve dans une période de transition vers une société et une économie fondée sur l'innovation et sur la connaissance. Les effets s'en font sentir dans tous les aspects de notre vie et rendent nécessaire une transformation radicale de l'économie et de la société européennes. L'innovation et la connaissance deviennent de plus en plus des facteurs décisifs pour la compétitivité de l'Union et pour la capacité de l'Europe à combattre le fléau du chômage. Les investissements dans les ressources humaines sont devenus des conditions essentielles d'une réussite économique et sociale durable. Les systèmes d'éducation et de formation doivent s'adapter et concourir à affronter ces nouveaux défis.

     Permettez-moi d'insister dans ce contexte sur un point qui me tient particulièrement à coeur. En effet, nous sommes tous convaincus de l'importance qu'auront les technologies d'information et de communication dans la nouvelle société de la connaissance. Je constate que l'Europe n'exploite pas pleinement ce potentiel, car elle ne dispose pas d'un nombre suffisant de personnes qualifiées dans ces domaines. L'Europe ne rentre pas assez vite dans l'ère numérique comme le montre la trop lente introduction d'Internet dans la plupart de nos Etats Membres. C'est pour cette raison que je viens de lancer l'initiative eLearning qui vise à accélérer l'entrée des écoles et des centres d'apprentissage dans la société de l'information. Ce Plan vise à concrétiser et à compléter l'initiative eEurope du Président PRODI dans les domaines de l'éducation et de la formation. Elle reposera sur quatre axes: un effort d'équipement en ordinateurs multimédias des écoles, un effort de formation des enseignants européens aux techniques numériques, le développement de services et logiciels éducatifs européens et l'accélération de la mise en réseau des écoles et des centres de formation.

  • Le deuxième message qui ressort de la préparation du Conseil européen est lié à la proposition de la Présidence portugaise d'innover dans la méthode de la coopération politique. En effet, le document d'orientation de la Présidence pour le sommet propose une nouvelle méthode de coordination ouverte qui reprend les grandes lignes du cadre de coopération structurée dénommé « Rolling Agenda » tel qu'il a été préconisé par le Conseil Education du 26 novembre 1999 pour les domaines de l'éducation et de la formation.

     Certains éléments de la méthode de coordination ouverte sont certainement plus ambitieux par rapport à ce que le Conseil Education a décidé et méritent donc notre attention particulière : d'une part, la nouvelle méthode prévoit la définition commune de lignes directrices avec la fixation d'objectifs quantifiables et concrets ; d'autre part, elle préconise la mise en place d'un processus d'évaluation basé sur des « benchmarks » et des indicateurs de performance permettant la comparaison intra-européenne et avec d'autres espaces. Il s'agit là de deux idées ambitieuses que l'on devrait appliquer également à nos domaines.

  • Finalement, un troisième message se dégage de la préparation du sommet de Lisbonne. En effet, l'objectif de ce Conseil européen est de mieux articuler, de simplifier et d'approfondir les processus institutionnalisés existants (Luxembourg, Cardiff, Cologne) en y ajoutant toutefois deux nouvelles dimensions qui, dans un certain sens, ont été négligées jusqu'à présent : l'innovation et la connaissance. De notre point de vue, il importe de renforcer le rôle de l'éducation et de la formation notamment dans le cadre du processus de Luxembourg. La contribution de l'éducation et de la formation à la mise en oeuvre des Lignes directrices pour l'emploi deviendra de plus en plus cruciale. J'espère que notre conférence nous permettra de progresser dans ce sens et de lancer un message clair au sommet manifestant notre volonté de nous impliquer plus étroitement dans les politiques d'emploi.

Permettez-moi, de revenir maintenant sur le sujet de notre conférence, à savoir l'éducation et la formation tout au long de la vie et la mise en oeuvre de ce principe par le biais de la nouvelle génération de programmes SOCRATES, LEONARDO et JEUNESSE et d'autres instruments communautaires. La priorité accordée à l'apprentissage tout au long de la vie dans les nouveaux programmes se traduit à plusieurs niveaux :

  • Premièrement, nous avons introduit, dans SOCRATES, deux nouvelles actions pour promouvoir, d'une part, les itinéraires alternatifs d'apprentissage pour les personnes à partir de 16 ans (GRUNDTVIG) et pour développer, d'autre part, des technologies éducatives multimédias et des méthodes d'apprentissage basée sur les nouvelles technologies (MINERVA);

  • Deuxièmement, nous sommes en train de développer un outil de navigation sur Internet ouvert à tous, le Gateway to the European Education Area, qui vise à rendre les informations sur l'éducation et la formation plus conviviales et plus accessibles. Je vous invite à assister, dans la salle d'exposition en face, à la visualisation d'une première maquette de ce nouvel outil fantastique ;

  • Troisièmement, j'attirerai votre attention à la priorité élevée accordée par LEONARDO au soutien des projets et activités visant, d'une part, à améliorer la qualité et les possibilités d'accès à la formation professionnelle continue et, d'autre part, à développer de nouvelles approches de certification et de reconnaissance des compétences acquises sur le lieu de travail et en dehors des systèmes officiels de formation;

  • Dans le programme JEUNESSE, nous mettons également, l'accent sur l'encouragement qu'il faut donner au sens de l'initiative, à l'esprit d'entreprise et à la créativité des jeunes et sur la stimulation d'une reconnaissance plus large de la valeur de l'éducation informelle dans un contexte européen. Ces thèmes seront certainement discutés lors des conférences de jeunes qui seront organisées dans l'ensemble des Etats Membres et qui nous permettront d'être à l'écoute de nos jeunes.

  • Finalement, il sera possible de développer des actions communes associant l'éducation et la culture en liaison avec le nouveau programme "Culture 2000". Cela avec une double préoccupation : d'une part renforcer les relations entre les institutions éducatives et les institutions culturelles de façon à favoriser le décloisonnement des disciplines et à offrir aux citoyens des possibilités élargies d'accés à la connaissance, et d'autre part promouvoir la connaissance mutuelle de l'histoire, des racines et des valeurs communes aux peuples de l'Europe, et de leur patrimoine culturel commun.

Nous sommes tous convaincus de la nécessité de mettre en place des stratégies qui visent à promouvoir l'éducation et la formation tout au long de la vie. Nous devons toutefois aussi être conscients de l'évolution permanente et de la transition continue auxquels nos domaines politiques sont soumis. Nous devons essayer de ne pas subir passivement ces changements et de ne pas nous limiter à réagir tout simplement aux phénomènes et aux situations conjoncturelles. Il faudra que nous nous dotions des instruments pour anticiper les évolutions, pour en maîtriser les conséquences et pour pouvoir au mieux bénéficier des résultats.

La politique de l'éducation et de la formation est un des principaux vecteurs de la construction d'une Europe de la connaissance et d'une Europe qui soit proche des besoins et des préoccupations de ses citoyens. C'est dans ce sens que nous devons agir, si nous voulons que le projet européen devienne une réalité concrète et tangible pour les citoyens. Les fondements d'un espace éducatif européen basé sur l'apprentissage tout au long de la vie ont déjà été mis en place. C'est à nous de donner une dimension concrète à cet espace et de continuer à bâtir une véritable Europe des citoyens. Je suis convaincue que cette conférence de lancement nous permettra de progresser dans ce sens.


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