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SPEECH/00/400

Mme Viviane Reding

Membre de la Commission européenne responsable de l'Education et de la Culture

Protection des jeunes sportifs et dopage: une réponse européenne est nécessaire

Ouverture du IXe Forum européen du Sport

Lille, le 26 octobre 2000

Madame la Ministre,

Monsieur le Maire,

Chers amis sportifs,

Participer pour la première fois aux travaux du Forum européen du sport constitue pour moi une expérience importante. Depuis 1991, cette enceinte constitue l'opportunité privilégiée de réfléchir ensemble, d'échanger des idées et de faire progresser les rapports entre la Communauté et le monde du sport. Et je tiens à vous réaffirmer que le dialogue fonde mon action dans le sport.

Si nous examinons tout ce qui s'est passé depuis Salzbourg, nous pouvons constater qu'un travail particulièrement remarquable a été accompli. Cela ne veut pas dire que les problèmes aient disparu. Au contraire, de nouveaux dossiers et de très importantes questions ont été soumis à la Commission. Cette avalanche, loin de nous décourager, nous stimule dans la recherche des solutions les plus adéquates aux nécessités du sport et au respect du droit communautaire.

Monsieur le Maire,

Je suis particulièrement heureuse que mon premier Forum se tienne à Lille. Cette partie de la France, fortement atteinte par la crise économique, a rapidement compris que le sport - au-delà de son aspect économique - constitue un excellent instrument pour favoriser l'intégration sociale et donner aux citoyens le goût de l'effort et l'envie de se prouver qu'ils sont capables de se dépasser. Cet esprit sportif que vous avez développé a sans aucun doute permis d'ouvrir des perspectives et d'accélérer le redressement de votre ville, de votre région. Je sais que vous poursuivez l'objectif d'accueillir un jour un des grands événements sportifs mondiaux . Au vu de votre action en faveur du sport, je suis persuadée que cette opportunité ne saurait tarder à se présenter.

Madame la Ministre, Madame la Présidente,

Je suis aussi très contente que mon premier Forum se tienne sous la Présidence française, qui, depuis le premier moment, s'est montrée particulièrement attachée aux questions du sport. La Commission s'est trouvée fort aisée de l'impulsion que vous avez donnée au travail dans ce secteur. La France s'est fixé des objectifs ambitieux pour le sport et j'espère que vos efforts porteront des fruits.

Le Forum - tel est notre souhait - va nous donner l'occasion d'entendre tous les acteurs et de confronter des idées. Ses conclusions - qui seront ensuite débattues lors de la réunion ministérielle à Paris - vous permettront, Madame la Présidente, d'approfondir les réflexions en vue des propositions à formuler pour le Conseil européen de Nice. La Présidence et la Commission auront ainsi répondu à l'invitation formulée dans la déclaration sur le sport annexée au traité d'Amsterdam.

A titre personnel, permettez-moi, Madame, de saluer votre ferme engagement en faveur d'un sport propre, fidèle à ses valeurs, mais capable d'évoluer et d'intégrer la nouvelle donne économique et sociale.

Chers amis et amies sportifs,

L'essentiel du travail vous appartient. De la richesse des débats, des idées, dépend le succès du Forum. Un Forum qui inaugure une forme différente. En effet, afin de rendre plus active votre participation, nous avons adopté la formule de groupes de travail, pour mieux ordonner les débats et faciliter les conclusions. Aussi de cette manière, la Commission entend répondre à l'invitation au dialogue formulée dans la déclaration d'Amsterdam.

C'est un grand plaisir pour moi de vous présenter les trois présidents des groupes et je me félicite dès maintenant de leur participation: Madame Zabell, membre du Parlement européen, rapporteur sur le dopage et, notamment, deux fois médaille d'or aux Jeux Olympiques. , particulièrement attaché aux questions de la jeunesse. J'en profite pour annoncer que j'envisage également d'informer le Conseil Jeunesse le 9 novembre des conclusions de nos travaux. Enfin, Monsieur Johansson, représentant du gouvernement suédois, dont le pays est appelé à présider l'Union dès janvier prochain et, par conséquent, à développer certaines des idées avalisées ici .

Chers amis,

Pourquoi ces trois sujets la spécificité du sport, la lutte contre le dopage, la protection des jeunes sportifs?

Tout d'abord, la spécificité. Il me semble inutile d'expliquer l'importance de bien définir ce concept. Si nous ne sommes pas capables de le faire, il sera difficile de faire des progrès. Sans vouloir anticiper vos réflexions, je dirais que la spécificité du sport réside dans les caractéristiques propres de la compétition sportive, d'une part, et dans son caractère polyvalent, d'autre part. A coté d'une dimension économique en progression constante, le sport continue toujours à remplir une fonction sociale. C'est pourquoi le sport doit être en mesure de préserver la cohésion interne des compétitions, de garantir la solidarité entre les différents niveaux d'activité sportive et d'assurer l'accomplissement de ses missions sociales. De ce fait, comme la Cour de Justice l'a reconnu, il nécessite d'un certain degré d'autonomie pour se donner des règles et des structures d'organisation. L'action des autorités publiques doit le prendre en considération.

Je ne crois pas et je ne tiens pas à un sport à deux vitesses. Un sport riche et autosuffisant et un sport pauvre à la merci des appuis publics. Mais je ne crois pas non plus à des solutions uniformes pour toutes les organisations fédérales. A l'intérieur de la maison commune, chacun doit trouver sa chambre et son espace de liberté et de développement. Cela exige de l'imagination et une capacité d'évolution des structures sportives. Cela exige un environnement juridique stable au niveau national et au niveau européen. Et cela exige davantage de générosité personnelle de la part des dirigeants, qui doivent s'ouvrir à de nouvelles cultures de gestion.

Pour ce qui est de la lutte contre le dopage, une première bataille vient d'être gagnée lors des Jeux Olympiques de Sydney et je m'en félicite. Cette image de Jeux propres a contribué au succès final des compétitions et montre combien il est utile que le mouvement sportif et les pouvoirs publics se mettent à travailler ensemble pour combattre ce fléau. La création de l'Agence mondiale constitue une contribution concrète. Il importe maintenant de la faire avancer dans son travail, de réussir à ce qu'une ville européenne soit choisie comme siège définitif et à la doter d'un financement permettant de garantir son indépendance.

Mesdames et Messieurs,

Je crois que nous devons nous fixer des objectifs ambitieux pour l'avenir dans le domaine de la lutte contre le dopage. Et je vous propose d'encourager le sport européen à atteindre le niveau zéro de dopage d'ici les Jeux d'Athènes en 2004, année où l'olympisme retrouvera son berceau. Pour ce faire, et en parallèle avec les activités dites de répression, je crois qu'il convient d'améliorer la coordination dans le domaine de la recherche, de promouvoir l'éducation et la formation de tous les citoyens et de s'attaquer davantage aux causes réelles poussant les athlètes et leur entourage à favoriser les pratiques dopantes.

En connexion avec le dopage, j'arrive au troisième sujet des travaux, la protection des jeunes sportifs de haut niveau. Je tiens d'abord à affirmer solennellement qu'il est nécessaire d'encourager la pratique sportive chez les jeunes. Nous ne travaillerons jamais assez dans ce domaine. Mais en ce qui concerne la pratique de haut niveau - dont l'âge de début est fixé à 11 ans et 6 mois, ou 8 ans et 6 mois pour les nageurs - il importe que les organisations sportives et les autorités publiques veillent à ce que tout se passe dans les meilleures conditions. C'est à dire que la santé et la protection des jeunes sportifs soient garanties, ainsi que leur réinsertion dans la vie professionnelle au terme de leur carrière. Il importe aussi de veiller aux conditions de la pratique sportive et aux conditions de travail. Je suis persuadée que la portée du problème nous permet encore d'agir sur la base de recommandations, d'encouragements, mais il importe de ne pas perdre de vue ce problème qui risque de s'aggraver.

Je souhaite attirer votre attention sur le problème particulier du trafic - je crois que nous ne pouvons pas le dénommer d'une autre manière - de jeunes issus notamment de l'Afrique et de l'Amérique latine. Récemment, un reportage de la télévision française a encore interpellé notre conscience à ce sujet. Il s'agit d'un problème qui nous concerne tous. Je refuse l'attitude de certains dirigeants sportifs qui ne font que renvoyer le problème aux autorités publiques. C'est bien de revendiquer des droits, mais il importe aussi d'accomplir ses devoirs. L'Union ne peut continuer à rester inactive et je pense m'attaquer bientôt, avec mes collègues responsables de la politique étrangère et de la justice et des affaires intérieures, à l'analyse du problème et à la recherche de solutions communes.

Enfin, nous avons organisé demain matin un atelier d'information sur l'évolution de la vente des droits de télévision et l'impact de l'Internet. Je crois qu'il s'agit de questions brûlantes, à l'origine de pas mal de questions actuelles. De l'équilibre entre l'autonomie du sport et l'influence de la télévision dépend l'évolution correcte du sport européen.

Deux experts - représentant chacun une vision des médias, la publique et la privée - vont nous livrer leur point de vue sur ce sujet passionnant, question clé pour comprendre l'évolution et la commercialisation rapide que connaît le sport, ainsi que certains problèmes auxquels il est confronté.

Les organisations sportives peuvent aussi être des sujets actifs dans le domaine des nouvelles technologies. Commissaire en charge de l'éducation, j'accorde une importance particulière à la diffusion de ces nouvelles technologies et à leur introduction dans les écoles, mais avec une vision beaucoup plus large, qui permette de toucher tout le tissu social.

Un expert de la Commission vous expliquera la manière dont les organisations sportives peuvent contribuer à élargir la connaissance des nouvelles technologies en Europe. Vous représentez un tiers de la population européenne, et plus de 600.000 clubs sportifs. Quel réseau fantastique pour implanter l'utilisation de ces nouveaux instruments de communication !

Voilà que j'ai dressé une liste de souhaits, esquissé des pistes de travail. L'agenda est chargé et il faut s'en tenir au programme établi. Le moment est donc venu de vous donner la parole pour approfondir les sujets dont je viens d'indiquer les grandes lignes. L'heure de la participation, du débat et du dialogue est arrivée. La Présidence et la Commission attendent vos suggestions avec beaucoup d'intérêt. Il ne me reste plus, Mesdames et Messieurs, chers amis sportifs et sportives, qu'à déclarer ouverts les travaux du 9ème Forum européen du sport.


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