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  D'ici à l'an 2000, la Chine s'est fixé comme objectif de multiplier par
  quatre sa richesse nationale en n'utilisant cependant que deux fois plus
  d'énergie qu'aujourd'hui.
  Ce défi ambitieux, à la dimension du vaste potentiel énergétique de ce
  pays est une des confirmations importantes adressée par les autorités
  chinoises à M. Nic MOSAR, le Commissaire Européen à l'Energie, d'un voyage
  officiel en Chine, dont il vient de rentrer.
  M. Song Jian, Président de la Commission d'Etat pour la Science et la
  Technologie, au cours de ses entretiens avec M. Mosar, a souligné à
  plusieurs reprises le rôle de "pilier" que constitue aux yeux de la Chine
  la coopération énergétique avec la Communauté européenne et son caractère
  "pilote" pour certaines actions de coopération bilatérale avec des pays de
  la Communauté.
  Cette coopération constitue également un élément important d'exploitation
  technologique liée au secteur de l'énergie dont bénéficient chinois et
  européens.
  Pour atteindre ce résultat qui, en matière de rendement énergétique,
  serait comparable à celui accompli par la Communauté Européenne depuis le
  premier choc pétrolier, les autorités chinoises comptent non seulement sur
  une exploitation plus efficace de leur potentiel énergétique, mais aussi
  sur la poursuite de la coopération entamée depuis 1980 avec la Communauté
  Européenne.
  Le travail accompli en commun par des experts de la Communauté et de la
  République Populaire de Chine s'est déjà traduit par des résultats très
  concrets notamment dans la lutte contre le gaspillage d'énergie.
        Le gigantesque potentiel d'énergie de la Chine
  La Chine dispose des plus grandes réserves en potentiel hydroélectrique du
  globe, qui sont aujourd'hui exploitées à ...5 % seulement. Après l'URSS,
  la Chine occupe la deuxième place mondiale du potentiel en charbon.
  En outre, en dépit d'une progression spectaculaire qui a vu la Chine
  passer de la 13ème place en 1973 à la 6ème place en 1986 dans le
  classement mondial de la production de pétrole brut (en passant de 53
  millions de tonnes à 129,6 millions de tonnes), ce qui place la Chine dans
  le sillage immédiat des Douze (143,7 millions de tonnes) et du Mexique
  (140 millions de tonnes), les vastes réserves chinoises de pétrole et de
  gaz naturel restent largement inexploitées.
  Une meilleure exploitation de l'important potentiel énergétique chinois ne
  manquera pas d'avoir des répercussions favorables sur le marché mondial en
  contribuant à réduire à moyen et long terme les tensions du marché
  énergétique mondial.
                                     - 2 -
        Energies "douces" : une réalité chinoise
  Ce court bilan du potentiel énergétique chinois serait toutefois incomplet
  sans référence aux énergies dites " douces" ou alternatives - l'énergie
  éolienne, l'énergie solaire, le bio-gaz, l'énergie produite à partir de
  ...la paille - utilisées assez largement dans les régions rurales de
  Chine, où, phénomène à ne pas perdre de vue, vit 80 % de la population
  chinoise.
  Ces énergies couvrent environ 25 à 30 % des besoins énergétiques chinois
  actuels et leur développement se poursuivra, selon les informations
  recueillies par M. Nic Mosar.
        Rôle prépondérant du charbon
  En fait, pour répondre aux défis qu'elles se sont fixés, les autorités
  chinoises ont indiqué à M. Nic Mosar en substance que la politique
  énergétique future de la République Populaire devra être marquée par :
    - un renforcement de la production et de la consommation du charbon afin
  de pouvoir exporter à la fois du charbon, du pétrole et du gaz naturel ;
    - un accroissement de la production d'électricité, y compris par
  l'accession à l'énergie nucléaire ( première centrale nucléaire près de
  Shanghai prévue pour 1989 et deux autres, à Canton et Shanghai encore,
  avant la fin du siècle),
    - assurer l'interconnexion de six grands réseaux électriques régionaux,
    - rendre progressivement les prix de l'énergie plus proches des coûts
  réels,
    - utiliser l'énergie de manière plus efficace par le biais de bilans
  d'analyses et de prévisions énergétiques reposant sur des bases de données
  modernes et la planification énergétique,
    - former les cadres nécessaires à la réalisation de ces objectifs.
        La coopération avec la Communauté européeenne : du concret !
  Pour réaliser ces objectifs ambitieux, la Chine -cela vient d'être
  confirmé une nouvelle fois à l'occasion de la visite de M. Mosar- compte
  sur la coopération en particulier avec l'Europe des Douze.
  C'est que la Chine depuis le début des années '80 a carrément joué la
  carte européenne : l'ouverture de la Chine vers l'extérieur est en effet
  caractérisée par une confiance vis-à-vis de la Communauté européenne dans
  des domaines tels que les instruments d'analyse et de politique
  énergétique, la formation de cadres et l'accession à l'énergie
  nucléaire. La coopération énergétique avec la Communauté remonte à 1981
  lorsqu'un premier "protocole" fut signé portant d'une part sur le
  développement des sources énergétiques (charbon et électricité) et
  surtout sur le développement d'instruments d'analyse et la formation de
  cadres.
                                     -3 -
  Cette coopération s'est amplifiée de façon spectaculaire et les résultats
  tangibles ne manquent pas :
  - formation de plus de 2 200 cadres chinois par le biais de quatre centres
  Chine/CEE à Pékin, Tianjin, Nanjing et Hangzhou, trois nouveaux centres de
  formation viennent d'être ouverts avec une capacité de formation de plus
  de 600 cadres par an ;
  - ces cadres, après leur formation, ont réorganisé parfois très
  fondamentalement le système énergétique de leurs entreprises avec des
  résultats très concrets à l'appui : dans certains cas, les économies
  d'énergie réalisées ont dépassé 20 % de la "facture énergétique" dans
  différents secteurs d'activité ;
  - la création de "plans énergétiques" pour différentes provinces chinoises
  et une banque de données énergétiques pour l'ensemble du pays ;
  - l'utilisation de deux "bus de l'énergie" équipés par la Communauté et
  utilisant un personnel formé par les Européens qui se rendent sur place
  afin d'aider des industries à mieux utiliser l'énergie ;
        1987 - Environnement et sécurité nucléaire : la Chine compte sur
        l'expertise européenne
  La coopération énergétique avec la Chine, à partir de 1987, a pris une
  tournure nouvelle : pour la première fois en effet, et cela était confirmé
  dans un memorandum signé par M. Mosar et le M. Ruan Chongwu, Vice-
  Président de la Commission d'Etat pour la Science et la Technologie, la
  planification énergétique mise au point par les experts européens sera
  étendue de l'étude actuellement limitée à la municipalité de Pékin à
  l'étude des flux énergétiques pour l'ENSEMBLE de la République Populaire
  de Chine et à l'étude des prévisions énergétiques chinoises pour l'année
  2030 tandis que la Chine participera également par le biais du réseau
  établi par la Communauté européenne à l'analyse des besoins énergétiques
  mondiaux pour les périodes 1990/95/2000/2005.
  Au cours de sa visite à Pékin, M. Mosar a ouvert le centre CEE/Chine de
  formation d'inspecteurs pour la sécurité nucléaire dont la demande avait
  été formellement adressée par les autorités chinoises, il y a onze mois,
  au Président Delors en visite officielle en Chine.
  Par ailleurs, une nouvelle action significative dans la région de Shangai
  est en préparation : il s'agit de conseiller et de former des experts
  chinois afin de faire réaliser dans quelque 5 000 usines de la région
  d'importantes économies d'énergie.
  Enfin, un accent nouveau a été apporté à la coopération énergétique
  CEE/Chine dans la mesure où les autorités chinoises et la Communauté vont
  engager des actions de formation de cadres, des échanges d'experts et des
  études de recherche pour réduire la pollution liée à l'utilisation de
  l'énergie. Les grands centres urbains chinois souffrent en effet de plus
  en plus de la pollution atmosphérique. Des pluies acides existent dans
  plusieurs régions et une éventuelle augmentation du parc automobile
  chinois ne manquerait pas, en raison de la teneur en plomb de l'essence,
de causer de sérieux problèmes à l'environnement.

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