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Commission européenne - Fiche d'information

La Commission présente une stratégie en faveur d'une Europe neutre pour le climat d'ici à 2050 – Questions et réponses

Bruxelles, le 28 novembre 2018

La Commission présente une stratégie en faveur d'une Europe neutre pour le climat d'ici à 2050 – Questions et réponses

A. Processus stratégique et politique

1. Pourquoi la Commission présente-t-elle une stratégie à long terme visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre?

L'accord de Paris de 2015 signé au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) fixe l'objectif de contenir la hausse des températures moyennes mondiales bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 °C. Toutes les parties à cet accord sont invitées à présenter d'ici à 2020 des stratégies pour le milieu du siècle.

Afin de préparer cette transformation, le Parlement européen et le Conseil européen ont invité la Commission à proposer une stratégie à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l'Union européenne, conformément à l'accord de Paris.

Cette stratégie confirme l'engagement de l'Europe à prendre la tête de l'action pour le climat au niveau mondial, grâce à une transition qui soit juste sur le plan social, et donne une première indication du cap à suivre pour mener ce que l'Union considère comme sa contribution sur le long terme à la réalisation des objectifs fixés par l'accord de Paris en matière de température.

La présentation de cette vision permettra d'ouvrir un débat approfondi associant en Europe les décideurs, les parties prenantes et les citoyens en général afin d'examiner comment l'Union peut apporter une juste contribution à la réalisation des objectifs de température à long terme de l'accord de Paris et comment cette transformation peut être accomplie.

Ce débat éclairé devrait permettre à l'Union d'adopter et de présenter à la CCNUCC une stratégie ambitieuse d'ici 2020 et de fixer le cap de la future politique énergétique et climatique de l'Union.

2. Comment la stratégie à long terme se rapporte-t-elle à la politique et à la législation européennes actuelles en matière de climat, d'énergie et des transports?

La stratégie n'est pas une proposition législative mais une vision stratégique, étayée par une analyse détaillée, de la manière dont l'Union peut concrétiser l'accord de Paris tout en renforçant les avantages associés à la réduction des émissions et en transformant son économie pour le 21e siècle.

La vision présentée aujourd'hui ne propose pas de modifier les objectifs climatiques et énergétiques fixés pour 2030 mais permettra à l'Union de s'appuyer sur ces objectifs et d'élaborer en temps utile des politiques à l'horizon 2050.

La stratégie souligne aussi clairement que la transition vers la neutralité climatique ne peut se faire sans la mobilisation d'importantes politiques de soutien porteuses de croissance, comme celles menées dans le domaine de la concurrence, du marché du travail, de la qualification professionnelle, de la cohésion régionale, de la fiscalité et d'autres politiques structurelles.

B. Transition vers une économie neutre pour le climat: secteurs, technologies, recherche et innovation

3. Quels scénarios ont été examinés par la Commission pour réduire les émissions de gaz à effet de serre?

La Commission a étudié différents scénarios visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui sont cohérents avec la compréhension scientifique actuelle de la manière dont il est possible de limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2 °C et de 1,5 °C telle que la présente le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

La Commission a évalué des scénarios qui devraient permettre à l'Union d'obtenir d'ici 2050 des réductions d'émissions de gaz à effet de serre comprises entre -80 % (par rapport à 1990) et -100%, c'est-à-dire zéro émission nette. Tous ces scénarios correspondent aux objectifs fixés dans l'accord de Paris.

L'analyse de la Commission se fonde sur une modélisation détaillée des scénarios étudiés dans tous les secteurs de l'économie et couvre tous les gaz à effet de serre. L'analyse de ces scénarios revient à examiner ce qui adviendrait si l'on adoptait une combinaison donnée de mesures et de technologies. Ces scénarios ne sont donc pas des prévisions pour l'avenir, mais plutôt des solutions plausibles permettant de rendre l'Europe neutre pour le climat. Les travaux menés ont également bénéficié des résultats de la recherche actuelle et d'une consultation publique qui a reçu plus de 2 800 réponses et plus de 100 documents de prise de position.

4. Quel sera le rôle joué par les différents secteurs économiques dans la transition vers la neutralité climatique?

Tous les secteurs de l'économie auront un rôle à jouer dans la transition vers la neutralité.

Secteur de l'électricité

À ce jour, la majeure partie de notre système énergétique, qui est à l'origine de plus de 75 % des émissions de gaz à effet de serre, repose sur les combustibles fossiles. Tous les scénarios évalués impliquent que cela change de manière radicale d'ici le milieu du siècle. Le déploiement des énergies renouvelables permettra de mener une électrification à grande échelle du système énergétique, que ce soit au niveau des utilisateurs finaux (consommation d'énergie dans l'industrie, la construction ou les transports) ou pour produire des combustibles et des matières premières décarbonés destinés à l'industrie. Le secteur de l'électricité deviendra donc primordial pour la transformation d'autres secteurs économiques.

Tous les scénarios convergent vers un élément central: la production d'électricité devrait être entièrement décarbonée d'ici à 2050. Plus de 80 % de l'électricité de l'Union pourrait être produite à partir de sources d'énergie renouvelables.

Industrie

La plupart des émissions industrielles de gaz à effet de serre sont dues au chauffage, que ce soit pour produire de la vapeur et de l'eau chaude ou dans le cadre d'applications à haute température. Ces émissions peuvent être réduites grâce à l'amélioration de l'efficacité énergétique et par le passage à des sources d'énergie à faibles émissions de carbone ou à émissions nulles comme l'électrification fondée sur les énergies renouvelables, l'utilisation de biomasse durable, les combustibles de synthèse ou l'hydrogène. Environ un quart des émissions industrielles sont des émissions inhérentes aux procédés (c'est-à-dire qu'elles découlent de réactions chimiques autres que la combustion), qui sont plus difficiles à réduire. Il faudra recourir à une véritable innovation en matière de procédés ou au captage et stockage du carbone pour pouvoir réduire ces émissions. Les industries innovantes peuvent également voir leur efficacité énergétique améliorée et leurs émissions de gaz à effet de serre réduites par un recours accru au réemploi et au recyclage, grâce à des approches favorables à une économie circulaire et au couplage des secteurs.

Des efforts d'innovation considérables seront nécessaires au cours des dix prochaines années pour déployer les technologies compétitives sur le plan économique nécessaires pour contribuer à la transformation de l'industrie afin de la rendre circulaire et à faibles émissions de carbone.

Mobilité

Le secteur des transports repose actuellement largement sur les carburants fossiles. Une réduction importante des émissions nécessitera une approche systémique intégrée. Cela inclut de mettre en avant i) l'efficacité globale des véhicules ainsi que les infrastructures et les véhicules à émissions faibles ou nulles; ii) le passage à long terme à des carburants de substitution à zéro émission nette de carbone; iii) une plus grande efficience du système de transport, en tirant le meilleur parti des technologies numériques, en pratiquant une tarification intelligente et en continuant d'encourager le passage à des modes de transport plus durables.

Il n'y a pas de solution unique en matière de carburant pour l'avenir de la mobilité à faibles émissions de carbone. Toutes les principales solutions de substitution seront nécessaires, mais certaines solutions sont plus adaptées à certains modes de transport que d'autres. Les changements de comportement et le choix du consommateur de passer du transport privé aux transports publics à faibles émissions de carbone, à la mobilité partagée et à la mobilité zéro carbone (vélo, marche) sont également essentiels. Repenser la mobilité aura des avantages concrets, notamment en favorisant un air propre, en réduisant le bruit et en rendant les espaces urbains plus agréables à vivre, ce qui générera des bénéfices majeurs pour la santé et la qualité de vie des citoyens ainsi que pour l'économie européenne.

Agriculture

L'agriculture devra continuer à fournir des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des fibres à la société et à l'économie de l'Union, tout en contribuant aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce secteur est la première source d'émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 dans l'Union, émissions qui sont difficiles à réduire. Alors que les émissions de gaz à effet de serre dans leur ensemble continuent de baisser, il est probable que l'agriculture demeure responsable d'une part relativement importante des émissions résiduelles. Toutefois, les émissions provenant de l'agriculture peuvent être réduites par un éventail de pratiques et de technologies telles qu'une gestion améliorée de l'élevage, des engrais et des effluents d'élevage. Les pratiques agricoles influent également sur la teneur en carbone dans le sol. En outre, elles jouent un rôle important dans la production de biomasse durable qui peut être utilisée dans la bioéconomie et dans le secteur de l'énergie.

Construction

La construction, qui englobe le secteur résidentiel et le secteur des services, représente actuellement la plus grande part de la consommation énergétique finale dans l'Union, soit environ 40 % du total en 2015. Une meilleure isolation des bâtiments et d'autres mesures d'amélioration du parc immobilier appliquées à bien plus grande échelle qu'aujourd'hui aideront à réduire la consommation d'énergie pour le chauffage. Il s'agit d'un élément capital pour la décarbonation de ce secteur. La disponibilité de produits et d'appareils plus efficaces, le déploiement de systèmes «intelligents» de gestion des appareils/des bâtiments et le comportement des consommateurs contribueront également à modérer la demande d'énergie. Quant aux besoins énergétiques restants, le passage à des combustibles de substitution devra déboucher sur la quasi-totalité des logements utilisant un mode de chauffage renouvelable (électricité, chauffage urbain - à partir de sources d'énergies renouvelables - gaz renouvelable ou solaire thermique). Point important, le biogaz, l'hydrogène (dans une certaine proportion) et le méthane de synthèse produits à partir d'électricité renouvelable sont des combustibles gazeux d'origine renouvelable qui pourraient tous être utilisés dans les bâtiments existants sans modifier l'actuel réseau de transport/distribution ni le type d'appareils utilisés.#_ftn1

80 % du parc immobilier de 2050 existe déjà. Il faudra adopter une approche intégrée et assurer une cohérence entre toutes les politiques concernées pour moderniser l'environnement bâti et mobiliser tous les acteurs. Il s'agit d'une condition sine qua non pour associer les citoyens et les entreprises aux activités de rénovation nécessaires. 

5. Quels sont les rôles respectifs de la technologie et du choix des consommateurs dans les divers scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre?

La Commission a examiné huit scénarios différents. Ils comprennent tous une large gamme de solutions technologiques et organisationnelles permettant de réduire les émissions. Certains scénarios se concentrent sur des solutions ou des technologies spécifiques tandis que d'autres se concentrent davantage sur des mesures relatives à la demande et encouragent par exemple l'efficacité énergétique ou le passage à une économie circulaire.

Mais il y aura toujours des émissions résiduelles, notamment dans le secteur de l'agriculture. Pour parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre, ces émissions résiduelles devront faire l'objet d'une compensation par des absorptions accrues dans notre puits naturel (par exemple, grâce au boisement ou à une meilleure gestion des sols) ou par le déploiement de technologies d'émissions négatives (par exemple, par l'utilisation de la bioénergie en combinaison avec le captage et le stockage du carbone), des technologies qui sont encore en cours de développement. Le degré de dépendance à l'égard de ces solutions technologiques dépendra également d'autres facteurs à considérer: c'est pourquoi un des scénarios étudiés parvient à zéro émission nette de gaz à effet de serre en mettant fortement l'accent sur les combustibles sans carbone et sur le déploiement des technologies d'émissions négatives. Un autre scénario parvient au même résultat en s'appuyant moins sur ces technologies mais davantage sur des approches favorables à l'économie circulaire combinées à des mesures visant à améliorer l'absorption de CO2 grâce à l'utilisation des terres et de la foresterie et en suivant les tendances récentes en matière de mode de vie et de comportement des consommateurs.

6. Quelles sont les synergies potentielles entre les transitions vers une économie à faibles émissions de carbone, une économie circulaire et une économie numérique? Pourquoi une approche intégrée est-elle nécessaire?

La vision présentée par la Commission est axée sur une économie européenne dynamique, vivante et à faibles émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre de cette transition, l'innovation dans l'économie numérique est cruciale pour étendre les avantages en termes de compétitivité et de décarbonisation. La vision de la Commission analyse par exemple l'utilisation de la numérisation dans le secteur des transports et de la production d'électricité. Certains aspects de l'économie circulaire revêtent une importance particulière pour l'industrie et les consommateurs, et permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 provenant des déchets. Une numérisation accrue sera également bénéfique à une agriculture plus intelligente.

Un élément essentiel à cet égard est de promouvoir le couplage des secteurs, c'est-à-dire que les solutions peuvent être optimisées non seulement au sein des secteurs mais aussi entre ceux-ci.

L'analyse combinée de ces transitions permet à la Commission de proposer une vision cohérente pour une Europe compétitive au 21e siècle.

7. Selon la stratégie, quel rôle jouent la biodiversité et les services écosystémiques dans l'atténuation du changement climatique et dans l'adaptation à celui-ci?

Les écosystèmes terrestres et marins sont un atout essentiel dans la mitigation du changement climatique. Au niveau mondial, ces puits de carbone naturels, en particulier les océans, absorbent 50 % des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Le reste est conservé dans l'atmosphère, ce qui augmente les concentrations de gaz à effet de serre et alimente le changement climatique.

Il importe de maintenir et de renforcer les puits naturels que sont les forêts, les terres agricoles et les zones humides dans l'Union. Cela aidera également à compenser les émissions de gaz à effet de serre résiduelles qui ne peuvent pas être évitées. Dans ce contexte, la préservation et la restauration des écosystèmes et les solutions basées sur la nature ont un rôle essentiel à jouer et offrent des avantages multiples pour atténuer le changement climatique et s'adapter à ses conséquences. Ils offrent un ensemble de services qui nous protègent des effets du changement climatique, par exemple à travers la rétention d'eau, le contrôle des inondations, l'amélioration de la qualité de l'air, la protection contre la désertification et la lutte contre l'effet d'îlot de chaleur dans les villes, tout en contribuant à l'atténuation du changement climatique.

8. Comment la recherche et l'innovation peuvent-elles accélérer la réalisation des différents scénarios vers la neutralité pour le climat?

Diverses technologies existantes et nouvelles seront nécessaires pour atteindre la neutralité climatique. Ces technologies se trouvent à des stades différents de développement et de déploiement. Un immense effort de recherche et d'innovation s'articulant autour d'un programme stratégique cohérent en matière de recherche, d'innovation et d'investissement devra être fourni dans l'Union au cours des deux prochaines décennies pour rendre les solutions à faible intensité de carbone ou sans carbone économiquement viables.

Il sera aussi nécessaire d'investir dans la recherche fondamentale (meilleure compréhension, nouveaux concepts), la recherche appliquée (transférer les concepts depuis les laboratoires jusqu'à la construction de prototypes), l'innovation industrielle et le déploiement (améliorer continuellement les technologies et leur utilisation) ainsi que la recherche socioéconomique et l'innovation sociale nécessaires afin de mobiliser les citoyens et les consommateurs dans la transition vers une économie neutre pour le climat. La recherche, l'innovation et l'enseignement forment un écosystème, œuvrant ensemble pour créer de la richesse, des emplois, de la croissance et un progrès social durables.

L'Europe joue un rôle actif dans le paysage international de la recherche et les entreprises européennes réalisent des investissements considérables dans la recherche et le développement, encourageant l'innovation en matière de nouveaux produits, de procédés, d'organisation et de commercialisation. L'Union encouragera le développement d'une base industrielle solide en Europe en soutien à la transition vers une énergie propre et appuiera l'industrie européenne à prendre la tête au niveau mondial en termes de produits, de services et de modèles commerciaux durables et efficaces dans l'utilisation des ressources, qui pourraient devenir un modèle à travers le monde. Ce rôle moteur donnerait à l'Europe un avantage concurrentiel et lui permettrait d'exporter non seulement des produits mais aussi de la technologie et des modèles commerciaux durables.

À titre d'illustration, l'Union soutient la recherche et l'innovation au moyen de financements d'envergure au titre du programme Horizon Europe (100 milliards d'EUR proposés pour la période 2021-2027), du Fonds pour l'innovation (dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission de l'UE), du fonds InvestEU (2021-2027),du plan stratégique pour les technologies énergétiques (une plateforme de recherche associant l'industrie et les pouvoirs publics) et par une stratégie de spécialisation intelligente proposée dans le cadre du Fonds européen de développement régional (2021-2027).

En outre, le programme Horizon Europe inclut une enveloppe de 15 milliards d'EUR pour le pôle énergie, climat et transport visant à stimuler les solutions et les technologies clé qui étayent les politiques de l'Union dans ces domaines. Il comprend également 10 milliards d'EUR pour l'alimentation et les ressources naturelles, y compris la bioéconomie. Des systèmes alimentaires plus efficaces, en particulier ceux qui réduisent les déchets, et de nouvelles approches en matière de bioéconomie qui transforment les déchets en matières de valeur et remplacent les combustibles fossiles par des ressources biologiques renouvelables peuvent apporter une contribution significative à l'atténuation du changement climatique, comme le soulignent la stratégie bioéconomique mise à jour et son plan d'action.

C. Incidences socio-économiques: citoyens, main-d'œuvre, entreprises

9. Quel montant l'Europe devra-t-elle investir pour achever la transition nécessaire? Que fait l'Union pour financer cette transition?

À l'heure actuelle, environ 2 % du PIB de l'Union sont investis chaque année dans notre système énergétique et les infrastructures connexes. Pour contribuer à une économie à zéro émission nette de gaz à effet de serre, ce taux devrait passer à 2,8 % (soit environ 520 à 575 milliards d'EUR par an, hors investissements liés au parc automobile). Il s'agit d'une somme considérable, même pour une économie développée comme celle de l'Union, mais cet investissement supplémentaire peut être bénéfique s'il se traduit par exemple par des factures d'énergie réduites ou par un accroissement de la compétitivité. Dans l'ensemble, les projections indiquent que la transition devrait stimuler la croissance et l'emploi et avoir des effets bénéfiques allant jusqu'à 2 % du PIB d'ici à 2050.

La plupart des investissements nécessaires pour mettre l'Union sur la voie de la neutralité climatique proviendront de particuliers ou d'entreprises privées. L'intervention des pouvoirs publics peut permettre de lever les contraintes financières qui empêchent de disposer des flux d'investissement suffisants. L'Union se prépare déjà pour faire face à ce défi d'envergure en matière d'investissement:

  • Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), lancé en 2015, libère des investissements supplémentaires pour un montant d'au moins 315 milliards d'EUR sur 3 ans, fournissant une garantie de 21 milliards d'EUR pour les entreprises et les projets d'infrastructure. L'EFSI a été prolongé et vise à présent à mobiliser 500 milliards d'euros d'investissements dans des entreprises et des infrastructures stratégiques. Une importante proportion de ces investissements contribue à une économie efficace dans l'utilisation des ressources et à faibles émissions de carbone.
  • Le programme InvestEU réunit une multitude d'instruments financiers de l'UE afin de stimuler l'investissement, l'innovation et la création d'emplois. Le programme se fonde sur le succès de l'EFSI (et sur les enseignements tirés de sa mise en œuvre). La taille de la garantie InvestEU proposée est de 38 milliards d'EUR et elle devrait générer 650 milliards d'EUR d'investissements. Au moins 30 % de ces fonds devraient contribuer à l'action pour le climat.
  • Le plan d'action de la Commission sur le financement de la croissance durable vise à mettre la finance en relation avec les besoins de l'économie européenne et mondiale au profit de la planète et de notre société Le plan poursuit trois objectifs: i) réorienter les flux de capitaux vers les investissements verts; ii) gérer les risques financiers induits par le changement climatique, les catastrophes naturelles, la dégradation de l'environnement et les problématiques sociales; et iii) favoriser la transparence et une vision de long terme dans les activités économiques et financières.

L'Union consacre actuellement environ 20 % (soit plus de 206 milliards d'EUR) de son budget global pour la période 2014-2020 à des actions liées au climat. La Commission a proposé d'augmenter ce pourcentage à 25 % pour la période 2021-2027.

10. Quels seront les effets de la stratégie sur les travailleurs dans les secteurs et régions à forte intensité de carbone? Quels sont les emplois qu'une économie à faible intensité de carbone devrait créer?

La transition vers une économie neutre pour le climat entraîne la modernisation de l'économie et de la société en Europe. Elle devrait dans l'ensemble avoir une incidence positive sur l'emploi, mais certains secteurs connaîtront des pertes d'emplois, notamment l'extraction de charbon et des combustibles fossiles. D'autres secteurs connaîtront une évolution dans la manière dont ils produisent des biens, ce qui exigera la reconversion et le renforcement des compétences de la main-d'œuvre. Cela affectera certaines régions plus que d'autres, en particulier celles dans lesquelles les industries extractives et manufacturières à haute intensité énergétique représentent une part relativement élevée de l'emploi total. Cette transition devra être gérée avec soin, en assurant l'équité et la justice sociale dès le départ. Nous devons éviter qu'une quelconque région ou un quelconque secteur soit miné par le chômage. Personne ne doit être laissé pour compte. La transition doit être juste sur le plan social et se fonder sur la solidarité au sein de l'Union.

Pour ce faire, tant l'Union que les États membres doivent d'emblée tenir compte des implications sociales de cette transformation et mettre en œuvre de manière optimale toutes les actions pertinentes pour atténuer les difficultés. Le budget de l'UE a déjà donné une importance considérable aux politiques d'emploi et de cohésion, dans le but de réduire les inégalités sociales et territoriales. En vue du prochain budget à long terme de l'Union, la Commission a proposé de renforcer encore la dimension sociale de l'Union grâce à un Fonds social européen plus (FSE+), doté de 101,2 milliards d'EUR. Un Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) plus efficace, d'une valeur de 1,6 milliard d'EUR, permettra d'apporter un soutien aux travailleurs qui ont été licenciés de manière inattendue en raison de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. L'initiative en faveur des régions minières et à forte intensité de carbone en transition a vocation à aider les régions qui dépendent fortement du charbon durant cette transition.

Le développement des compétences sera déterminant pour maintenir la compétitivité de notre économie et assurer la pleine participation à l'économie et à la société. Il est essentiel de prendre en charge les changements qui interviendront sur le marché du travail en raison de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone mais aussi les autres transformations en cours comme la numérisation accrue. À titre d'exemple, dans le secteur européen des énergies renouvelables, les profils professionnels les plus recherchés sont ceux d'ingénieurs techniciens et de chercheurs. De nouveaux emplois seront créés à tous les stades de la chaîne de valeur, depuis la fabrication d'équipements relatifs aux énergies renouvelables au développement de projets, en passant par la production et l'exploitation des énergies renouvelables. Cette transition changera également sensiblement le profil des tâches dévolues aux architectes, aux ouvriers du bâtiment et dans l'électromécanique, aux chauffeurs et utilisateurs de véhicules, aux travailleurs agricoles et jardiniers, aux opérateurs de machines et d'installations, aux autres ouvriers de production, dans l'artisanat et dans l'imprimerie, ainsi qu'aux gestionnaires de services spécialisés et de production.

11. Quelles seraient les implications de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone sur les espaces urbains et ruraux et sur l'environnement bâti?

Environ 75 % de la population de l'UE vit dans des zones urbaines. Les villes et leurs habitants ont un rôle essentiel à jouer dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans l'adaptation aux effets inévitables du changement climatique.

La mobilité urbaine à faible intensité de carbone améliorera la qualité de vie en milieu urbain, notamment en réduisant la pollution de l'air et le bruit. L'urbanisme, les transports publics locaux, des voies cyclables et piétonnières sûres, de nouvelles technologies de livraison, la «mobilité en tant que service» à travers les services de partage de voitures et de vélos, et les habitudes de travail telles que le télétravail auront tous une influence sur la manière dont les particuliers et les marchandises se déplacent d'un endroit à un autre.

Les zones rurales, qui font face à une demande croissante et changeante de produits agricoles et forestiers, devront veiller à maintenir une main-d'œuvre suffisamment qualifiée pour répondre à ces défis, alors même qu'elles sont confrontées à une baisse de la population rurale. L'agriculture devra contribuer en fournissant des fibres pour la bioéconomie et de la biomasse pour la production de bioénergie, ce qui aurait des effets sur l'utilisation des terres et diversifierait la production agricole.

Progresser vers des bâtiments intelligents et économes en énergie (en termes de besoins en appareils ou en système de chauffage et de refroidissement) permettra aussi de rendre les citoyens plus autonomes, d'augmenter leur qualité de vie et de réduire leurs factures d'énergie. Des instruments financiers adéquats pour surmonter les défaillances du marché, la disponibilité en nombre d'une main-d'œuvre disposant des compétences appropriées et un prix abordable pour l'ensemble des citoyens sont des conditions nécessaires pour atteindre et maintenir des taux plus élevés de rénovation des bâtiments. L'engagement du consommateur, notamment par l'intermédiaire d'associations, sera un élément clé dans ce processus. 

12. Que peut faire l'Union pour aider notre société et notre économie à réaliser cette transition?

L'Union continuera de veiller à ce que ses politiques en matière de climat et d'énergie mais aussi dans la recherche et l'innovation, l'investissement, la politique industrielle et les politiques de cohésion sociale ne cessent de s'orienter vers un avenir décarboné. La Commission a également «intégré» l'action pour le climat, y compris la transition vers une énergie propre, dans ses programmes de financement et aligne l'ensemble des autres domaines stratégiques afin de soutenir la transformation nécessaire. Néanmoins, de plus grands efforts pourraient être faits dans les domaines de l'emploi, de l'enseignement et de la santé afin de soutenir les citoyens dans ce processus.

En matière de recherche et de développement, les programmes de l'Union (visés à la question 8) doivent soutenir l'effort d'innovation dans les technologies zéro carbone. En stimulant l'évolution du secteur financier, le plan d'action de la Commission sur le financement de la croissance durable créera le cadre propice pour soutenir un mouvement vers les investissements verts, d'abord dans l'Union puis dans le reste du monde. Sur le plan social, l'Union continuera à apporter un soutien à l'élaboration de nouvelles possibilités dans les régions et communautés qui font face aux défis posés par ces transformations, en vue d'assurer une transition juste et inclusive.

Le risque de précarité énergétique est et restera un défi essentiel à relever. Les conséquences sociales de la transition ne peuvent pas être prises en charge a posteriori. Les questions sociales sont généralement mieux traitées dans le cadre de la politique sociale et des systèmes de protection sociale, dont le financement pourrait être amélioré par un déplacement de la charge fiscale et par le recyclage des recettes.

La transition nécessitera également une plus grande sensibilisation, la responsabilisation et l'encouragement des citoyens et des consommateurs. Les citoyens sont de plus en plus préoccupés par le changement climatique et ses conséquences mais ils doivent être équipés afin de pouvoir opérer des choix éclairés concernant les incidences de leurs choix de consommation et de mobilité: comment ils voyagent, comment ils produisent et consomment de l'énergie et comment ils construisent et rénovent leurs logements. Un meilleur étiquetage et des informations sur leur empreinte environnementale peuvent aider à cet égard. Une fiscalité environnementale et des systèmes de tarification du carbone socialement justes devraient aussi jouer un rôle important dans la conduite de cette transition. Progresser vers une économie à zéro émission nette de gaz à effet de serre n'est possible que si les citoyens adhèrent au changement et le vivent comme quelque chose de bénéfique dans leur vie et celle de leurs enfants. 

13. Quels sont les effets positifs de la transformation vers une économie à faibles émissions de gaz à effet de serre pour les citoyens et l'économie en termes d'avantages associés non climatiques (pollution de l'air, efficacité des ressources, sécurité énergétique, etc.)?

La transformation vers une économie neutre pour le climat, ce n'est pas uniquement le problème de changement climatique à venir. Cela concerne aussi les citoyens et leur quotidien, la manière dont nous travaillons, nous nous déplaçons et nous vivons ensemble.

Une action ambitieuse en matière climatique améliore la qualité de l'air et aide à protéger la biodiversité. Qui plus est, les Européens pourraient tirer avantage d'une économie innovante, dynamique, compétitive et inclusive. L'Union réduira aussi fortement sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles, ce qui rendra notre économie moins vulnérable aux crises énergétiques.

Des choix plus respectueux pour le climat vont souvent de pair avec des modes de vie plus sains.

 

[1] ESTAT 2015 data.

MEMO/18/6545

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