Navigation path

Left navigation

Additional tools

Other available languages: EN DE

Commission européenne - Fiche d'information

L'état de l'Union en 2018: Questions et réponses - Vers une nouvelle «Alliance Afrique - Europe pour des investissements et des emplois durables»

Bruxelles, le 12 septembre 2018

La Commission propose aujourd'hui une nouvelle «Alliance Afrique - Europe pour des investissements et des emplois durables».

banner

Dans le cadre des propositions présentées dans le discours du président Juncker sur l'état de l'Union, la Commission a annoncé la création d'une nouvelle «Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables» visant à promouvoir une augmentation substantielle des investissements privés en Afrique, à stimuler les échanges commerciaux, à accroître la création d'emplois et à contribuer à un développement durable et inclusif. La communication propose une «Alliance Afrique - Europe pour des investissements et des emplois durables» dans le cadre d'un renforcement du partenariat entre l'Union africaine et l'Union européenne. Le processus de consultation et de dialogue avec les partenaires africains se tiendra dans les prochains mois afin de définir conjointement les priorités et les actions.

1. Pourquoi proposer cette communication maintenant?

La communication vise à opérer un changement radical en ce qui concerne les investissements en Afrique. Elle s'appuie sur l'impulsion de transformation sociale et économique présente sur les deux continents. En effet, les possibilités socio-économiques sont immenses, tant pour le continent européen que pour le continent africain, dans les domaines des investissements privés, des échanges commerciaux, de la création d'emplois et de la croissance durable et inclusive. Ces possibilités peuvent être exploitées au moyen de l'Alliance proposée.

L'Alliance offre une coopération économique cohérente avec l'Afrique, laquelle s'appuie sur l'engagement et le dynamisme des deux continents. Cette initiative reprend les conclusions du Conseil européen de juin 2018, qui appellent à la création d'un «nouveau cadre propice à une augmentation substantielle des investissements privés, tant africains qu'européens», ainsi que les propositions ambitieuses de la Commission européenne relatives au prochain cadre financier pluriannuel.

En outre, la communication de la Commission s'inscrit dans le cadre plus large des relations Afrique-Europe et des cadres stratégiques liant les deux continents. L'Europe est le principal partenaire de l'Afrique en ce qui concerne les investissements étrangers, le commerce, la sécurité, les envois de fonds, le développement et l'aide humanitaire. Ce qui se passe en Afrique a des répercussions en Europe et vice-versa. Dans un monde plus complexe, plus contesté et plus connecté tel que nous le percevons aujourd'hui, c'est plus vrai que jamais.

2. Pourquoi l'Afrique et l'UE devraient-elles renforcer leur engagement en matière d'investissements et d'économie?

L'Alliance vise à libérer les investissements privés et à explorer les immenses possibilités dont peuvent bénéficier les économies tant africaines qu'européennes. Il s'agit d'un partenariat économique qui tire parti des points forts respectifs de l'Europe et de l'Afrique.

L'UE est déjà le principal investisseur en Afrique, ses États membres disposant d'un encours d'investissements de 291 milliards € en 2016 et représentant environ 40 % des flux d'investissements directs étrangers vers l'Afrique chaque année. Les progrès économiques considérables réalisés par l'Afrique au cours des vingt dernières années et le potentiel propre au continent laissent entrevoir des opportunités considérables d'obtenir de nouveaux progrès. Les projections démographiques pour l'Afrique montrent aussi clairement la nécessité de créer des millions d'emplois, en particulier pour les jeunes entrant sur le marché du travail.

3. Que fait l'UE actuellement pour stimuler les investissements et la création d'emplois en Afrique?

L'UE mène actuellement toute une série d'actions pour stimuler les investissements et la création d'emplois, lesquelles seront menées encore plus avant dans le cadre de l'Alliance.

Les programmes d'investissement et les opérations associant subventions et prêts en sont un exemple. Entre 2014 et 2017, l'Union a mobilisé environ 35 milliards € au moyen d'opérations de financement mixte. Depuis le lancement du plan d'investissement extérieur en 2016 et la mise en place ultérieure du Fonds européen pour le développement durable en 2017, l'UE engage des fonds qui devraient permettre d'obtenir 15 milliards € d'investissements par la combinaison de subventions et de prêts et plus de 16 milliards € au moyen de garanties.

Des pactes pour l'emploi et la croissance sont actuellement en discussion avec plusieurs pays africains afin d'orienter les efforts conjoints autour des chaînes de valeur présentant le potentiel le plus élevé de création d'emplois, en tirant parti des possibilités pour l'industrie manufacturière et de transformation, en libérant l'énorme potentiel de l'économie verte, en soutenant la transition vers des économies à faible intensité de carbone et résilientes face au changement climatique, en exploitant le potentiel de l'économie fondée sur les données, et en s'attaquant aux domaines nécessitant des réformes afin de mettre en place un environnement plus favorable aux entreprises.

Sur la base de l'initiative lancée récemment par l'UE et l'Union africaine dans le domaine de l'agriculture, la Commission européenne réunira les opérateurs publics, privés et financiers, ainsi que les acteurs du monde universitaire africains et européens sur une base sectorielle avant la fin de cette année pour examiner et accompagner les évolutions stratégiques dans des domaines économiques clés tels que les solutions numériques, l'énergie, les transports et l'agriculture. Cela permettra de renforcer le programme commun Union africaine-Union européenne dans ces domaines à fort potentiel de création d'emplois et de croissance.

4. Quel est le volume des relations commerciales de l'UE avec l'Afrique?

L'UE est le premier partenaire commercial de l'Afrique, représentant 36 % du commerce de marchandises de l'Afrique pour une valeur de 243,5 milliards €, et reste le marché le plus ouvert du monde aux exportations africaines, en particulier pour les produits manufacturés et transformés. L'UE dispose déjà d'accords commerciaux en place ou convenus avec 37 pays africains.

L'Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, l'Égypte et le Maroc ont attiré ensemble 58 % du total des investissements directs étrangers en 2016. Si certains pays africains restent dépendants à l'égard des matières premières, d'autres sont parvenus à diversifier leur économie face au niveau peu élevé des prix de ces matières. En outre, depuis 2016, nous assistons à un élargissement du domaine de l'investissement direct étranger au-delà du secteur extractif .

5. Quelles mesures l'UE prendra-t-elle pour dynamiser le libre-échange avec l'Afrique?

En s'appuyant sur la mise en œuvre de la zone continentale africaine de libre-échange, l'idée à long terme est de parvenir à un accord de libre-échange intercontinental global entre l'UE et l'Afrique. Dans cette perspective, les accords de partenariat économique, les accords de libre-échange, notamment les zones de libre-échange approfondi et complet proposées aux pays d'Afrique du Nord, et les autres régimes commerciaux avec l'UE devraient être exploités dans toute la mesure du possible pour mettre en place la zone continentale africaine de libre-échange.

Les accords de partenariat économique, en particulier, encouragent la création de chaînes de valeur régionales, grâce à des règles d'origine souples et des clauses de préférence régionale (ils comportent des clauses selon lesquelles le traitement d'autres pays parties à des accords de partenariat économique doit être au moins similaire à celui accordé à l'UE).

Les mesures d'aide au commerce seront mieux ciblées de manière à soutenir la facilitation des échanges et le rapprochement des normes techniques et de qualité des produits, ainsi que d'autres mesures réglementaires, ce qui favorisera l'intégration régionale et continentale de l'Afrique. La libéralisation tarifaire et la flexibilité des règles d'origine prévues par les accords de partenariat économique sont des exemples d'instruments commerciaux qui peuvent bénéficier aux négociations concernant la zone continentale africaine de libre-échange.

L'UE soutiendra également les composantes de l'environnement au sens large permettant de faciliter les échanges, telles que la connectivité, les infrastructures, l'énergie durable, les transports, l'économie fondée sur données, ainsi que les technologies de l'information et de la communication.

6. La coopération au développement existante sera-t-elle remplacée par cette nouvelle proposition?

Il est largement reconnu par la communauté internationale que la réalisation des objectifs de développement durable et du programme d'action d'Addis-Abeba requiert la mobilisation de tous les moyens de mise en œuvre, y compris les ressources nationales, l'aide publique au développement et la participation du secteur privé. Le plan d'investissement extérieur mobilise d'importants investissements supplémentaires suivant le modèle du «plan Juncker» qui a été mis en œuvre au sein de l'UE et qui a fait ses preuves. Avec une contribution de l'UE de 4,1 milliards €, le plan d'investissement extérieur est en voie de mobiliser jusqu'à 44 milliards € d'investissements d'ici à 2020.

L'UE et ses États membres sont le premier partenaire en matière d'aide publique au développement, puisqu'ils mobilisent 55 % du montant total pour l'Afrique. L'aide publique au développement (APD) est, et continuera d'être, un élément important des ressources soutenant l'action dans le cadre de l'Alliance.

À titre d'exemple, citons le domaine de l'éducation et des compétences. L'UE soutiendra une importante initiative de l'Union africaine en matière de compétences, visant à développer un cadre de qualification pour le continent africain. La mobilité des étudiants, du personnel et des acteurs du monde universitaire sur l'ensemble du continent africain sera davantage facilitée («Erasmus» africain) et l'UE continuera de soutenir l'octroi de bourses d'études et les programmes d'échange entre les établissements de l'enseignement supérieur. Au total, l'aide apportée par l'Union dans le cadre du programme panafricain passera de 45 millions € en 2014-2017 à 63 millions € au cours de la période 2018-2020, pour atteindre 108 millions €. Des initiatives similaires seront prises au niveau national, comme le programme Med4jobs, qui établit un lien entre le soutien et les secteurs présentant un fort potentiel en matière d'investissements et de création d'emplois.

L'Alliance prendra en compte la diversité de l'ensemble du continent africain et les spécificités de chaque pays, y compris les relations contractuelles des pays d'Afrique du Nord au titre de leurs accords d'association respectifs et leur expérience de la coopération avec l'UE dans le cadre de la politique européenne de voisinage.

7. Quelles sont les nouvelles mesures concrètes proposées?

Au nombre des initiatives prévues figurent: le relèvement du niveau des investissements par la combinaison de subventions et de prêts et au moyen de garanties; la détermination de nouvelles chaînes de valeur par l'intermédiaire de pactes pour l'emploi et la croissance, en établissant un lien avec le pacte du G20 avec l'Afrique; le soutien au développement des compétences au niveau du continent africain et au niveau national; la mise en place d'un dialogue et d'une coopération renforcés avec les partenaires africains sur le climat d'investissement, notamment pour ce qui est des réformes de l'environnement des entreprises et des investissements; le renforcement des échanges UE-Afrique avec la perspective à long terme de mettre en place un accord de libre-échange intercontinental qui s'appuie sur les accords déjà existants; le soutien à la connectivité intra-africaine et aux liens stratégiques entre l'Afrique et l'UE.

8. Quels sont les types de ressources financières qui soutiendront les initiatives?

Les initiatives seront soutenues par un ensemble important de ressources financières au titre de l'actuel cadre financier pluriannuel, ainsi qu'au titre du futur cadre une fois adopté, lequel prévoit une augmentation du financement extérieur global qui sera porté à 123 milliards € pour 2021-2027 (soit une augmentation de 30 %). Les allocations réservées à l'Afrique qui y sont proposées augmentent pour atteindre au moins 32 milliards € de subventions pour l'Afrique subsaharienne et 7,7 milliards € pour l'Afrique du Nord. Ces ressources seront complétées par un financement provenant du pilier thématique, de la réaction rapide et de la réserve de l'instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale, avec une enveloppe proposée de 89,2 milliards €. Dans le cadre de cet instrument, en s'appuyant sur l'actuel Fonds européen pour le développement durable, une garantie dotée d'une force de frappe accrue pouvant atteindre 60 milliards € permettra à l'UE d'agir au niveau mondial en faisant de l'Afrique une région prioritaire.

En outre, la haute représentante, soutenue par la Commission, a également proposé de mettre en place la facilité européenne pour la paix, dotée d'un budget de 10,5 milliards € pour 2021-2027, qui renforcera encore les efforts que nous déployons aux côtés de l'Afrique pour garantir la paix, la sécurité et la stabilité sur tout le continent, conditions essentielles au développement économique.

9. Quelles seront les incidences de la proposition sur les travaux de l'UE en matière de migration?

Les efforts conjoints consentis par les partenaires africains et européens dans le domaine de l'emploi et de la croissance au titre de l'Alliance permettront de mieux relever les défis liés à la mobilité et à la migration et de mieux exploiter les opportunités offertes dans ces domaines. Ces efforts se concentreront sur les causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés, en renforçant la résilience, en fournissant des emplois et en permettant l'intégration et la réintégration de certains des groupes les plus vulnérables de la population. C'est pourquoi la proposition soutient l'agenda européen en matière de migration et contribue à sa mise en œuvre.

Pour en savoir plus

MEMO/18/5705

Personnes de contact pour la presse:

Renseignements au public: Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel


Side Bar