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Commission européenne - Fiche d'information

Questions et réponses: l'avenir de la défense européenne

Bruxelles, le 7 juin 2017

Quel est l'objectif du document de réflexion sur l'avenir de la défense européenne?

Les Européens attendent une Union qui les défend et les protège (voir sondage Eurobaromètre) Dans presque tous les pays de l'UE, cet objectif figure parmi les trois principales priorités, et près de trois quarts des Européens sont favorables à une politique de sécurité et de défense commune. Si nous voulons répondre à leurs attentes, la sécurité et la défense doivent jouer un rôle plus important dans l'avenir du projet européen. C'est pourquoi la Commission a présenté aujourd'hui un document de réflexion exposant les scénarios envisageables pour l'avenir dans le domaine de la défense européenne.

Le document de réflexion s'inscrit dans la discussion sur l'avenir de l'Union à 27 amorcée dans le livre blanc sur l'avenir de l'Europe publié par la Commission le 1er mars 2017.

Il décrit les grandes tendances et défis qui façonneront l'avenir de notre sécurité et de notre défense et, à partir de là, définit les options dans le cadre de trois scénarios différents pour progresser vers une Union de sécurité et de défense. Ces scénarios, qui ne s'excluent pas mutuellement, reposent sur différents niveaux d'ambition pour agir ensemble, au niveau de l'UE, dans ce domaine.

Ces trois scénarios sont les suivants:

  • a) Coopération en matière de Sécurité et de Défense: les États membres de l'UE-27 coopéreraient plus fréquemment qu'auparavant en matière de sécurité et de défense, sur une base essentiellement volontaire, en fonction de décisions ad hoc prises en cas de besoin, et s'appuieraient sur les économies d'échelle initiales.
  • Sécurité et Défense partagées: les États membres de l'UE-27 s'achemineraient sur la voie d'une sécurité et d'une défense partagées, en faisant preuve d'une plus grande solidarité financière et opérationnelle, et augmenteraient leur capacité à déployer leurs forces militaires, en participant pleinement à la gestion de crises extérieures ainsi qu'au renforcement des capacités des partenaires en matière de sécurité et de défense. D'importantes économies d'échelle dans le marché de la défense à l'échelon européen seraient en place, avec des conditions de financement favorables sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement de la défense.
  • c) Défense et Sécurité Communes: Les États membres de l'UE-27 approfondiraient la coopération et l'intégration pour se diriger vers une défense et une sécurité communes. La solidarité et l'assistance mutuelle deviendraient la norme, reposant sur un certain niveau d'intégration des forces de défense des États membres. Les États membres auraient une gestion plus rationnelle des dépenses en matière de défense grâce à des économies d'échelle plus importantes, à une spécialisation, au partage des équipements militaires coûteux et d'innovations technologiques permettant de réduire les coûts dans le domaine de la défense, et ils seraient mieux armés pour faire face à la concurrence internationale.

Le renforcement de la sécurité européenne est un devoir. Les États membres seront aux manettes, en définissant et en mettant en œuvre le niveau d'ambition européenne, avec le soutien des institutions de l'UE. Le regard tourné vers l'avenir, ils devront décider de la voie qu'ils souhaitent suivre pour protéger nos citoyens et de la vitesse à laquelle ils souhaitent avancer.

Pourquoi un renforcement de la coopération en matière de sécurité et de défense est-il nécessaire dans l'UE?

Les arguments en faveur d'une coopération accrue sur les questions de sécurité et de défense dans l'UE sont nombreux. En tant que président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré dans son discours sur l'État de l'Union 2016: «L'Europe ne peut plus se permettre de dépendre de la puissance militaire d'autres pays. Nous devons prendre en charge la protection de nos intérêts et de notre mode de vie européen. C'est seulement si nous travaillons tous ensemble que l'Europe pourra se défendre sur son territoire comme à l'extérieur.»

À une époque où le terrorisme, les menaces hybrides, le changement climatique, l'instabilité économique et l'insécurité énergétique menacent les populations et le territoire européens, une coopération renforcée en matière de sécurité et de défense est plus importante que jamais.

Bien que les États membres restent aux commandes et soient responsables du déploiement des forces de sécurité et des forces armées lorsque cela s'avère nécessaire, la meilleure façon de prévenir et de contrer ces nouveaux types de menaces est la coopération. L'UE peut faciliter et renforcer cette coopération et contribuer à rendre l'effort collectif plus efficace. Grâce à la combinaison unique du pouvoir de convaincre («soft power») et du pouvoir de contraindre («hard power»), utilisant des instruments de sécurité et de défense conjugués à l'action diplomatique, aux sanctions et aux outils de coopération au développement et au commerce, l'UE applique une approche intégrée et globale en matière de sécurité durable.

Pour de plus amples informations sur les arguments économiques et commerciaux en faveur d'une plus grande coopération au niveau de l'UE en matière de sécurité et de défense, voir cette fiche d'information.

Quelles sont les réalisations de l'Union européenne en matière de défense?

Les tentatives d'instauration d'une défense commune font partie du projet européen depuis sa création. En 1950, le Premier ministre français René Pleven a proposé un plan d'intégration ambitieux en matière de défense, y compris la mise en place d'une armée européenne et la nomination d'un ministre européen de la défense. Après deux années de négociations, les six membres de la Communauté européenne du charbon et de l'acier ont signé le «Traité instituant la Communauté européenne de défense», qui prévoyait une armée commune européenne composée de 40 divisions de 13 000 soldats portant un uniforme commun, avec un budget commun, des marchés publics militaires communs et des institutions communes. Toutefois, en 1954, après avoir été ratifié par les pays du Benelux et l'Allemagne, le projet s'est heurté à une impasse politique en France, qui a réellement mis fin à l'idée d'une défense européenne commune pendant le demi-siècle suivant.

Davantage de résultats ont été atteints au cours des deux dernières années qu'au cours des 60 dernières.

Une Europe plus forte sur les questions de sécurité et de défense est une priorité de la Commission Juncker depuis son entrée en fonction. Pour répondre aux attentes de nos citoyens et de nos partenaires, un ensemble ambitieux d'initiatives visant à renforcer la politique européenne de sécurité et de défense ont été présentées et approuvées par le Conseil européen de décembre 2016; elles se fondent sur trois éléments essentiels interdépendants:

1) la stratégie globale de l'UE concernant le plan de mise en œuvre en matière de sécurité et de défense, qui fixe un nouveau niveau d'ambition pour l'Union et identifie les actions concrètes à mener pour y parvenir, telle qu'adoptée par le Conseil le 14 novembre 2016;

2) le plan d'action européen de la défense, présenté par la Commission européenne le 30 novembre 2016, avec de nouveaux instruments financiers pour le développement des capacités et la coopération dans le domaine de la défense en vue de soutenir l'industrie européenne de la défense et l'innovation technologique;

3) la coopération avec l'OTAN: une série commune de 42 propositions relatives à la mise en œuvre de la déclaration commune signée par le président du Conseil européen, le président de la Commission européenne et le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord et approuvée par les Conseils de l'UE et de l'OTAN en décembre 2016, qui donne une nouvelle impulsion à la coopération entre l'UE et l'OTAN.

Ces trois volets aideront l'Union européenne à concrétiser plus efficacement les priorités stratégiques recensées dans la stratégie globale de l'Union, à savoir protéger l'Europe et ses citoyens, réagir aux crises et renforcer les capacités de nos partenaires. Les travaux sur ces trois volets ont progressé rapidement au cours des derniers mois et se poursuivront à l'approche du Conseil européen de juin 2017.

La Commission a apporté sa contribution en mobilisant toutes ses politiques pour protéger les citoyens de l'Union contre les menaces hybrides. Elle a également proposé de recourir à la politique de développement de l'UE pour renforcer les capacités du secteur de la sécurité dans les pays partenaires.

S'agit-il d'une étape vers la création d'une armée européenne?

Le document de réflexion sur l'avenir de la défense européenne ou toutes les initiatives débattues visant à encourager une coopération plus étroite en matière de sécurité et de défense ne concernent pas la création d'une armée européenne ni la duplication inutile de la planification militaire et des structures de commandement qui existent actuellement au niveau national et au sein de l'OTAN. Les décisions relatives à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) sont, en tout état de cause, prises par le Conseil de l'Union européenne statuant à l'unanimité.

Le document de réflexion sur l'avenir de la défense européenne est destiné à stimuler le débat sur la création des conditions requises pour une plus grande coopération en matière de défense, en maximisant le rendement et l'efficacité des dépenses de défense, et sur la dotation de l'Union européenne et de ses États membres en capacités, en structures, en outils et en ressources financières nécessaires pour leur permettre d'assumer leurs responsabilités et besoins en matière de sécurité.

Qu'est-ce que la politique de sécurité et de défense commune — PSDC?

La politique de sécurité et de défense commune (PSDC) a été lancée en 1999 pour renforcer la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne. Depuis lors, elle est devenue un élément clé de la politique étrangère de l'UE.

La PSDC donne à l'Union la possibilité d'intervenir hors de son territoire dans le cadre de missions et d'opérations civiles et militaires de gestion des crises. Elle permet à l'UE de jouer un rôle de premier plan dans le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale. Cela contribue également à relever les défis en matière de sécurité liés à la criminalité transnationale, au terrorisme et à la prolifération.

Depuis le déploiement de la mission de police de l'Union européenne en Bosnie-Herzégovine en 2002, plus de 30 missions et opérations civiles et militaires ont été lancées dans le cadre de la PSDC. Les missions ne sont toutefois qu'un aspect de l'approche intégrée de l'Union européenne en matière de sécurité, parallèlement à l'action diplomatique et à la politique de développement. L'approche de l'UE combine tous les instruments: instruments politiques, mais aussi diplomatiques, militaires et financiers.

Voir ici pour de plus amples informations sur l'histoire de la politique de sécurité et de défense commune.

Missions et opérations de l'Union européenne

L'UE mène actuellement 15 missions et opérations civiles et militaires hors de l'Union européenne. Les missions opèrent en vertu d'un mandat exécutif ou non exécutif.

Les opérations de la PSDC qui relèvent d'un mandat exécutif autorisent l'Union à mener des tâches gouvernementales ou exécutives à l'appui d'un gouvernement, ou en l'absence d'une autorité publique. Par exemple, dans le cas de l'EUNAVFOR Med opération SOPHIA, l'opération a le pouvoir légitime de procéder à l'arraisonnement, à la fouille, à la saisie et au déroutement en haute mer des navires et des embarcations soupçonnés d'être utilisés pour la traite des êtres humains ou le trafic illicite de migrants et peut prendre toutes les mesures nécessaires à l'encontre d'un navire et des ressources connexes, y compris en les éliminant ou en les mettant hors d'usage.

Une mission sans compétences d'exécution n'a pas un tel pouvoir et, dans la plupart des cas, son mandat se concentre sur des tâches telles que le renforcement des capacités, l'encadrement, le suivi ou la formation; elle n'a pas compétence spécifique pour entreprendre des activités qui relèvent de la responsabilité légale et légitime du gouvernement et de ses ministères. Par exemple, la Mission de formation de l'Union européenne au Mali fournit des conseils et une formation militaires aux forces armées maliennes, afin de contribuer à rétablir leurs capacités militaires et de leur permettre de mener des opérations militaires visant à rétablir l'intégrité territoriale du Mali et à réduire la menace posée par les terroristes.

Aucune opération de la PSDC n'est actuellement engagée dans des tâches de combat. Les missions et opérations de la PSDC peuvent néanmoins agir avec la force minimale appropriée d'autoprotection conformément au droit international et en application des règles d'engagement convenues.

Comment les missions et opérations de la PSDC sont-elles financées?

Les coûts communs des opérations militaires de l'UE sont gérés par le mécanisme Athena. En vertu des traités de l'UE, ces coûts ne peuvent être financés par le budget de l'Union. Les coûts communs englobent généralement les capacités qui sont utilisées conjointement dans le cadre de l'opération, telles que le siège, l'administration, les infrastructures ou les services médicaux sur le terrain. Le budget d'une opération est décidé par les États membres au sein du comité spécial Athena et financé par tous les États membres, qui versent une contribution annuelle sur la base de leur revenu national brut. Cependant, d'une manière générale, le principe qui s'applique est celui de l'imputation des dépenses à leur auteur, ce qui signifie que chaque État membre prend en charge les frais du déploiement et du maintien de son contingent national. 

Les coûts communs des missions civiles de la PSDC sont financés sur le budget de la politique étrangère et de sécurité commune, qui est géré par le service des instruments de politique étrangère de la Commission, sous la responsabilité de la haute représentante/vice-présidente. Dans le cadre financier pluriannuel 2014-2020, jusqu'à 2 076 millions d'euros ont été alloués, avec des engagements annuels de l'ordre de 296 millions d'euros. Dans le cas où les dépenses opérationnelles ne sont pas imputées au budget de l'UE, les États membres prennent les coûts à leur charge, comme c'est le cas avec les salaires du personnel détaché, par exemple.

Quelles sont les mesures prises dans le cadre du plan de mise en œuvre en matière de sécurité et de défense?

En novembre 2016, la haute représentante/vice-présidente, Mme Mogherini, a présenté un plan de mise en œuvre axé sur la sécurité et la défense sur la base de la stratégie globale de l'Union, afin d'élever le niveau d'ambition fixé pour la politique de l'Union européenne en matière de sécurité et de défense. Sur cette base, le Conseil européen est convenu, en décembre 2016, d'un nouveau niveau d'ambition avec trois priorités stratégiques:

  • réagir aux crises et conflits extérieurs en menant les opérations ou missions civiles ou militaires de façon plus efficace;
  • renforcer les capacités de nos partenaires, notamment par des formations et des conseils afin de leur permettre de mieux assurer leur propre sécurité;
  • protéger l'Union et ses citoyens en contribuant, grâce aux instruments de sécurité extérieure et de défense, à faire face aux défis et aux menaces susceptibles de mettre à mal notre sécurité intérieure, tels que le terrorisme, la prolifération, le trafic et la traite, les menaces hybrides et leurs causes profondes.

Pour atteindre ces objectifs, le Conseil européen a décidé:

  • 1. d'approfondir la coopération entre les États membres en matière de défense afin de s'assurer que l'Europe dispose dans la durée de forces armées les plus modernes qui soient et fasse une utilisation plus efficace de ses ressources grâce à la mutualisation et au partage des moyens. À cette fin, un examen annuel coordonné en matière de défense (CARD) sera lancé, selon des modalités qui ont maintenant été adoptées, avec un exercice pilote au cours du second semestre 2017. CARD est un mécanisme pour les États membres qui contribuera à assurer la disponibilité des capacités prioritaires, en renforçant la transparence entre les plans respectifs de défense nationale;
  • 2. de faire avancer les travaux sur la coopération structurée permanente, comme le prévoit le traité, afin de renforcer la coopération entre les États membres en matière de développement des capacités de défense et de leur mise à disposition pour les opérations dans un cadre plus contraignant;
  • 3. d'adapter les structures et procédures de la PSDC afin de pouvoir déployer et diriger nos missions et opérations civiles et militaires de façon plus rapide, plus efficace et plus intégrée. À cette fin, un accord a été trouvé pour mettre en place, à court terme, une capacité militaire de planification et de conduite au sein de l'État-major de l'Union européenne, dans le cadre du SEAE, laquelle assurera le commandement des missions militaires à mandat non exécutif de l'Union européenne; on dénombre, à l'heure actuelle, trois missions de formation de l'Union en République centrafricaine, au Mali et en Somalie;
  • 4. d'améliorer la rapidité de réponse des missions et opérations civiles, et de créer des conditions qui faciliteront le déploiement des groupements tactiques. Il s'agit notamment d'améliorer leur modularité et d'étudier un financement plus efficace.

Qu'est-ce que la coopération structurée permanente?

L'UE dispose déjà des moyens nécessaires pour passer de la mosaïque actuelle de coopérations militaires bilatérales et multilatérales à des formes plus efficientes d'intégration en matière de défense. Le traité de Lisbonne permet à un groupe d'États membres partageant la même vision de renforcer leur coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense. Cette coopération est ouverte à tous les États membres qui remplissent les critères et prennent les engagements nécessaires.

Les États membres qui décident de s'associer à une coopération structurée permanente pourraient, par regroupements, développer conjointement des capacités, investir dans des projets communs ou créer des formations multinationales, selon leurs choix. La mise en place d'un tel système permettrait aux États membres de collaborer dans un cadre plus contraignant.

Le Conseil des affaires étrangères s'est mis d'accord, le 18 mai 2017, sur la gouvernance que cette coopération structurée en matière de défense aurait, une fois cette dernière établie. La gouvernance serait constituée de deux niveaux:

  • le niveau du Conseil, ouvert à tous les États membres de l'Union, afin d'assurer la transparence et la coordination, mais où seuls les États membres participants disposeraient d'un droit de vote;
  • le niveau des projets et initiatives, où seuls les États membres qui contribuent à un projet donné ou à une initiative donnée seraient représentés.

Le SEAE et l'Agence européenne de défense (AED) fourniront un soutien à la mise en œuvre des travaux sur la coopération structurée permanente en coordination avec la Commission, qui sera associée afin de garantir la cohérence avec le Fonds européen de la défense dans la mesure où il pourra soutenir des projets éligibles de développement des capacités en matière de coopération structurée.

Qu'est-ce que les groupements tactiques de l'UE?

En tant que composante militaire du dispositif de réaction rapide de l'UE, les groupements tactiques de l'Union font partie intégrante de sa capacité à réagir tôt et rapidement aux crises et conflits émergents partout dans le monde. Un groupement tactique de l'UE est une force multinationale interarmes de la taille d'un bataillon, renforcée par des éléments d'appui tactique et de soutien logistique du combat et mise à disposition par les États membres suivant un système de rotation. Les groupements tactiques restent en alerte pendant un semestre au moins et sont en mesure de mener des missions d'une durée initiale de 30 jours, pouvant être étendue à 120 jours, moyennant un réapprovisionnement approprié. Leur déploiement est soumis à une décision du Conseil adoptée à l'unanimité.

Leur création a été approuvée formellement en juin 2004 en réaction à l'évolution des conditions de sécurité, et leur but est d'améliorer la capacité des États membres de l'Union européenne à déployer rapidement des forces militaires pour la gestion des crises internationales et à mener de manière autonome, du moins dans un premier temps, des missions militaires indépendantes. Bien que les groupements tactiques aient atteint leur pleine capacité opérationnelle le 1er janvier 2007, ils n'ont jamais été déployés. Cela s'explique en partie par les incertitudes concernant les modalités financières. Lors du Conseil des affaires étrangères du 18 mai 2017, les États membres ont décidé de renforcer la préparation des groupements tactiques de l'UE et d'étudier les possibilités pour adapter, s'il y a lieu, les modalités de financement et faciliter la prise de décision et le déploiement rapides dans le cadre de la prochaine révision du mécanisme Athena.

Qu'est-ce que le Fonds européen de la défense?

La Commission lance aujourd'hui un Fonds européen de la défense pour aider les États membres à dépenser l'argent des contribuables plus efficacement, à réduire les doubles emplois dans les dépenses et à optimiser l'utilisation des fonds. Annoncé par le président Juncker en septembre 2016, et soutenu par le Conseil européen en décembre 2016, le Fonds coordonnera, complétera et renforcera les investissements nationaux dans la recherche en matière de défense, la mise au point de prototypes et l'acquisition d'équipements et de technologies de défense.

Le Fonds européen de la défense comprendra deux volets: l'un axé sur la recherche et l'autre sur le développement et l'acquisition. Il permettra d'optimiser le rendement des dépenses en matière de défense par la promotion de la recherche collaborative et de l'acquisition conjointe de moyens militaires, réduisant ainsi au minimum les doubles emplois.

Pour plus d'informations, voir: http://europa.eu/rapid/press-release_IP-17-1508_fr.htm

Comment l'Union européenne coopère-t-elle avec l'OTAN?

La sécurité de l'Union européenne et celle de l'OTAN sont interconnectées; ensemble, elles peuvent mobiliser un large éventail d'instruments pour relever les défis auxquels elles sont confrontées et utiliser les ressources de la manière la plus efficace qui soit. L'accord «Berlin Plus» permet à l'UE d'avoir recours aux moyens et capacités de l'OTAN pour des opérations de gestion de crise dirigées par l'UE. Cet accord a considérablement amélioré le partenariat entre l'Union européenne et l'OTAN, garantissant une concertation, une coopération et une transparence réelles dans la gestion des crises et les opérations de consolidation de la paix. Une opération militaire de la PSDC est actuellement menée dans ce cadre: l'opération Althea en Bosnie-Herzégovine.

En juillet 2016, les dirigeants de l'Union européenne et de l'OTAN ont décidé de donner une nouvelle dimension à la coopération en signant une déclaration commune à Varsovie.

Dans la déclaration, sept domaines concrets de coopération sont définis: 1) la lutte contre les menaces hybrides, 2) la coopération opérationnelle, y compris en mer, et en matière de migration, 3) la cybersécurité et la cyberdéfense, 4) les capacités de défense, 5) l'industrie de la défense et la recherche en matière de défense, 6) les exercices et 7) le soutien des efforts de renforcement des capacités déployés par les partenaires de l'Est et du Sud.

Sur cette base, l'Union européenne (la Commission européenne, le Service européen pour l'action extérieure et l'Agence européenne de défense) et l'OTAN ont élaboré de concert un ensemble commun de 42 propositions concrètes pour la mise en œuvre de la déclaration commune qui couvrent les sept domaines. Cet ensemble a été approuvé le 6 décembre 2016, parallèlement, par le Conseil de l'Union européenne et par le Conseil de l'Atlantique Nord.

La mise en œuvre reste une priorité politique pour l'UE. Des progrès notables sont réalisés sur chaque volet de travail: un rapport sur l'état d'avancement, élaboré conjointement avec le Secrétaire général de l'OTAN et mettant en évidence les principaux résultats, sera présenté au Conseil des affaires étrangères par la haute représentante/vice-présidente. Il s'agit notamment de la création du centre européen de lutte contre les menaces hybrides à Helsinki, des travaux en cours visant à mettre en place une connaissance commune de la situation grâce à des cellules spécialisées de fusion contre les menaces hybrides, de la coopération étroite entre les équipes de communication stratégique afin de lutter contre la désinformation ciblant nos pays et nos sociétés, de la coopération et de la coordination entre les opérations Sophia et Sea Guardian en Méditerranée, des préparatifs pour le premier exercice parallèle et coordonné et de la coordination des projets de renforcement des capacités liés à la sécurité en faveur des pays partenaires.

La mise en œuvre de la déclaration commune et de l'ensemble commun de propositions a imprimé un nouvel élan et conféré une nouvelle teneur à la coopération concrète et pratique entre l'UE et l'OTAN, et elle contribue à renforcer les liens transatlantiques. Une Union européenne plus forte et une OTAN plus forte se renforcent mutuellement. La coopération entre l'UE et l'OTAN continuera d'être menée dans le strict respect des principes d'ouverture, de réciprocité et de transparence, ainsi que de l'autonomie décisionnelle des deux organisations et du caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de tous les membres. Elle est fondée sur des valeurs et des principes partagés et sur la communauté d'intérêts.

Dans l'environnement stratégique actuel, la coopération UE-OTAN demeure essentielle.

Quelles sont les prochaines étapes?

Le renforcement de la sécurité européenne est un devoir. Les États membres seront aux commandes en définissant le niveau d'ambition avec le soutien des institutions de l'UE. Le regard tourné vers l'avenir, ils doivent maintenant décider de la voie qu'ils souhaitent suivre pour protéger les citoyens européens et de la vitesse à laquelle ils souhaitent avancer. Les travaux progressent rapidement, et les dirigeants de l'UE devraient fournir davantage d'orientations lors du Conseil européen de juin 2017. Avant cet événement, une conférence de haut niveau sur le thème de la défense sera organisée à Prague le 9 juin, au cours de laquelle le président Juncker prononcera le discours d'ouverture.

Pour en savoir plus

Document de réflexion sur l'avenir de la défense européenne

Conclusions du Conseil européen du 15 décembre 2016

Fiche d'information Défendre l'Europe

Fiche d'information «paquet Défense»

Fiche d'information sur le plan de mise en œuvre en matière de sécurité et de défense

Fiche d'information sur le plan d'action européen de la défense

Fiche d'information sur la coopération UE-OTAN

Historique de la politique de sécurité et de défense commune

Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité

MEMO/17/1517

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Renseignements au public: Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel


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