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Commission européenne - Fiche d'information

Foire aux questions: une action plus ferme au niveau de l’UE pour mieux lutter contre la radicalisation violente

Bruxelles, le 14 juin 2016

La Commission européenne a présenté aujourd’hui une série de mesures visant à soutenir les efforts déployés par les États membres pour prévenir et combattre la radicalisation conduisant à l’extrémisme violent et au terrorisme.

Cette initiative fait partie des travaux menés par la Commission dans le cadre du programme européen en matière de sécurité adopté en avril 2015, qui devrait contribuer à l'instauration d'une union de la sécurité réelle et effective de l’UE. La communication présentée aujourd’hui prévoit des initiatives dans plusieurs domaines d'action, visant notamment à stimuler la recherche afin de mieux comprendre le phénomène de la radicalisation, à empêcher ses manifestations grâce à l'éducation, à lutter contre la radicalisation sur l'internet et dans les prisons ou à trouver des moyens de renforcer la coopération avec les pays tiers confrontés à des défis similaires.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action de l’UE dans la lutte contre la radicalisation conduisant à l'extrémisme violent?

Les attentats terroristes récemment perpétrés en Europe ont une fois de plus montré combien il était urgent de lutter contre la radicalisation conduisant à l'extrémisme violent et au terrorisme. La majorité des terroristes présumés impliqués dans ces attentats étaient des citoyens européens, qui sont nés dans des États membres de l'UE et y ont grandi, qui se sont radicalisés et ont commis des atrocités à l'encontre de leurs concitoyens. La prévention de la radicalisation joue un rôle essentiel dans la lutte contre le terrorisme, comme l'a souligné le programme européen en matière de sécurité.

Les actions de lutte contre la radicalisation se traduisent principalement par des mesures de terrain, prises au niveau local, mais aussi régional ou national, et elles relèvent avant tout de la compétence des États membres. Les acteurs locaux comme les enseignants, les animateurs socio-éducatifs et les travailleurs sociaux, les responsables locaux, les psychologues, les ONG, les groupes de réflexion, la police de proximité, les agents pénitentiaires et les agents de probation, ainsi que les représentants des autorités locales, sont en général les mieux placés pour déceler et prévenir la radicalisation, aussi bien à court terme qu’à long terme. Dans le même temps, le processus de radicalisation violente a d’importantes implications transnationales qui requièrent une approche et un appui plus coordonnés au niveau européen. Pour soutenir les États membres dans leurs efforts, la Commission mobilisera principalement ses instruments politiques et de financement, ainsi que les réseaux européens. La plupart des actions visées dans la communication seront mises en œuvre en étroite collaboration avec les États membres.

Quelles sont les causes profondes de la radicalisation conduisant au terrorisme?

La recherche de l'UE a fourni des résultats comparatifs utiles sur les processus de radicalisation et de déradicalisation ainsi que sur le contexte social complexe et en constante évolution des religions, du multiculturalisme et de l'extrémisme politique dans de nombreux États membres. Il est de plus en plus admis qu'au nombre des facteurs favorisant la radicalisation peuvent figurer un profond sentiment d'aliénation ou d'humiliation, ou un sentiment d'injustice subjectif renforcé par la marginalisation sociale, la xénophobie et la discrimination, des possibilités d'éducation ou d'emploi limitées, la criminalité ou des troubles psychologiques. Ces facteurs peuvent être exploités par les recruteurs qui utilisent les vulnérabilités et les revendications à des fins de manipulation. Les événements qui se sont produits récemment, notamment les dernières attaques terroristes perpétrées en Europe, mais aussi, plus largement, le grand nombre de combattants terroristes étrangers de l'UE, le nombre sans cesse croissant de femmes et d'enfants qui se radicalisent et sont recrutés par des groupes terroristes, ainsi que le recours à des outils de communication modernes à cette fin, représentent de nouveaux défis alors que nous cherchons à comprendre et à nous attaquer aux causes sous-jacentes et aux processus de la radicalisation.

De quels éléments de preuve disposons-nous déjà sur le phénomène de la radicalisation?

La radicalisation n’est pas un phénomène nouveau. La recherche de l'UE a fourni des résultats comparatifs utiles sur les processus de radicalisation et de déradicalisation chez les jeunes ainsi que sur le contexte social complexe et en constante évolution des religions, du multiculturalisme et de l'extrémisme politique dans de nombreux États membres. Plusieurs projets liés à la radicalisation ont été lancés au titre du septième programme-cadre européen de recherche et de développement technologique. De plus, en 2016, la Commission a inclus des thèmes de recherche liés à la radicalisation et à l’inclusion dans son programme de recherche et de développement «Horizon 2020». Les éléments nouveaux relevés dans le cadre de ces projets permettront de renforcer la capacité des États membres à affiner les approches stratégiques existantes et à mettre au point de nouvelles politiques et pratiques.

Dans quels domaines la communication fournira-t-elle un soutien aux États membres? Quels exemples peut-on donner d’actions concrètes que mènera la Commission?

La présente communication porte essentiellement sur la manière dont l'action au niveau de l'UE peut aider les États membres à relever ce défi dans les sept domaines spécifiques ci-après:

i) Soutien à la recherche, à la collecte de données probantes, au suivi des actions menées et à la mise en réseau

  • Par exemple, la Commission intensifiera sa recherche en matière de radicalisation afin d’aider les États membres à affiner les approches stratégiques et pratiques existantes.

(ii) Lutte contre la propagande terroriste

  • Dans les prochains mois, la Commission, Europol, les États membres, la société civile et les entreprises du secteur présenteront une panoplie d’actions ciblées. Parmi ces actions figure, par exemple, une plateforme commune de signalement mise au point par le secteur de l'internet avec la contribution de différentes parties prenantes, dont l’objectif est de renforcer le processus de signalement et d’éviter que des contenus supprimés ne soient rechargés sur d'autres plateformes.

iii) Lutte contre la radicalisation en milieu carcéral

  • Le centre d'excellence du RSR fournira des recommandations sur la prévention de la radicalisation à l'intention des professionnels de première ligne, couvrant le secteur carcéral et celui de la probation.
  • L'UE élaborera, en outre, des programmes d'éducation et de formation en milieu carcéral (y compris de formation professionnelle) afin de faciliter la réintégration des détenus dans la société.

iv) Promotion d'une éducation ouverte à tous et des valeurs communes de l’UE

  • Parmi les actions visant à la réalisation de cet objectif figure la mise à disposition, par la Commission et grâce à Erasmus+, de plus de 400 millions d’euros en 2016 en faveur de partenariats transnationaux destinés à élaborer des approches et pratiques innovantes sur le terrain, en accordant la priorité à l’inclusion sociale, à la promotion de valeurs communes et à la compréhension interculturelle. La Commission mettra également en place un réseau pour permettre à des personnalités locales considérées comme des modèles de comportement – des chefs d’entreprise, des sportifs, ainsi que des personnes précédemment radicalisées – de se rendre dans des écoles, des centres de jeunesse ou des clubs sportifs.

v) Promotion d'une société résiliente et inclusive et actions en faveur des jeunes

  • La Commission continuera, par exemple, à coopérer avec le Parlement européen et le Conseil en vue de l’adoption de la directive antidiscrimination. Elle renforcera également son soutien aux animateurs et aux organisations socio-éducatifs, en particulier en mettant au point une boîte à outils destinée à les aider à détecter et à combattre la radicalisation violente.

(vi) La dimension sécuritaire de la lutte contre la radicalisation

  • Par exemple, la Commission proposera, d’ici à la fin de l'année 2016, de revoir le système d’information Schengen afin d'en accroître la valeur ajoutée dans le domaine de la répression et de la lutte contre le terrorisme.

vii) La dimension internationale

  • La Commission concentrera, par exemple, les instruments financiers extérieurs de l’UE sur la prévention de la radicalisation violente. Elle mettra également en place des échanges virtuels dans le cadre d’Erasmus+ entre des jeunes à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, l'objectif étant d'en réunir 200 000 par l’intermédiaire de ces discussions structurées en ligne d’ici 2020 afin de stimuler le dialogue interculturel et la compréhension mutuelle.

Comment l’Union européenne soutient-elle des projets de lutte contre la radicalisation?

La lutte contre la radicalisation est multidimensionnelle et des fonds sont disponibles au niveau de l’UE au titre d'une série de programmes, qui peuvent être utilisés pour des actions pertinentes, réparties entre différents domaines d’action.

  1. Une source de soutien réside dans les programmes nationaux mis en œuvre par les pays de l’UE participant au Fonds pour la sécurité intérieure (FSI). Par exemple, les programmes nationaux FSI-Police contiennent des projets liés à la radicalisation, avec une enveloppe totale de 314 millions d’euros pour la période 2014-2020.
  2. La Commission peut également soutenir des projets de lutte contre la radicalisation au moyen de plusieurs instruments tels que le FSI-Police horizontal pour les actions de l’Union, en fonction de la portée des actions prévues dans le projet. Pour ces actions, la Commission approuve des programmes de travail annuels qui définissent les priorités et les objectifs pour chaque année, y compris les priorités des appels à propositions.
  3. Une autre source de soutien financier est Erasmus+, le programme de l’UE pour l’éducation et la formation. Depuis 2016, la priorité est donnée aux actions et projets qui favorisent l’inclusion et font la promotion des valeurs fondamentales, en écho aux objectifs de la déclaration de Paris de mars 2015. En conséquence, un montant de 400 millions d’euros est à présent disponible pour élaborer de nouvelles politiques et de nouveaux projets visant à appuyer ces priorités, et un montant supplémentaire de 13 millions d’euros contribuera à la diffusion et à l'intensification des initiatives de terrain.  
  4. Enfin, les Fonds structurels et d’investissement européens mis en œuvre au niveau national ou régional peuvent être mobilisés. De 2014 à 2020, 25,6 milliards d'euros seront directement consacrés à la promotion de l’inclusion sociale des groupes défavorisés, par exemple grâce à des programmes de formation adaptés et des plans d’aide sociale. Plus de 8 milliards d’euros serviront aussi à aider les établissements scolaires à lutter contre le décrochage scolaire et à améliorer l’accès à une éducation de qualité pour tous, notamment par l’adaptation des programmes d’études, la formation des enseignants et le soutien personnalisé aux apprenants défavorisés.

Qu'est-ce que le centre d’excellence du réseau de sensibilisation à la radicalisation?

En octobre 2015, la Commission a lancé le centre d’excellence du RSR afin de soutenir les travaux du réseau de sensibilisation à la radicalisation (RSR), qui relie à présent plus de 2 400 praticiens de première ligne, dont des éducateurs, des travailleurs sociaux, des responsables locaux, des psychologues, des ONG, des groupes de réflexion, des agents de police de proximité, des agents pénitentiaires et des agents de probation, ainsi que des représentants des autorités locales. Le centre d’excellence du RSR est la plateforme européenne qui permet d'échanger les expériences, de mettre en commun les connaissances, de recenser les bonnes pratiques et d'élaborer de nouvelles initiatives en matière de lutte contre la radicalisation. Le centre d’excellence du RSR a pour mission:

i) de faciliter et de renforcer l’échange d’expériences et la coopération entre les acteurs concernés (à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE), en particulier par l’intermédiaire du RSR (composante «réseau»);

ii) de soutenir l’Union européenne et les États membres dans leurs actions de prévention au moyen de différents services d’assistance, d'outils pratiques et de contributions stratégiques (composante «soutien»);

et iii) de consolider, de diffuser et de partager l'expertise, les bonnes pratiques et la recherche ciblée dans le domaine de la prévention de la radicalisation (composante «connaissances»).

Le RSR dispose de différents groupes de travail, au sein desquels divers aspects de la radicalisation et toute une série d'approches préventives sont examinés et évalués:

  • le groupe de travail «Communication et discours» (RAN C&N);
  • le groupe de travail «Éducation» (RAN EDU);
  • le groupe de travail «Jeunes, familles et communautés» (RAN YF&C);
  • le groupe de travail «Santé et aide sociale» (RAN H&SC);
  • le groupe de travail «Autorités locales» (RAN LOCAL);
  • le groupe de travail «Prison et probation» (RAN P&P);
  • le groupe de travail «Police et application de la loi» (RAN POL);
  • le groupe de travail «EXIT»(RAN EXIT);
  • le groupe de travail «Mémoire des victimes du terrorisme» (RAN RVT).

Qu’est-ce que la S(S)CAT/le SCN?

La Commission européenne continuera à financer l’équipe de conseil en communication stratégique (SCAT) / le réseau des communications stratégiques (SCN). Il s’agit avant tout de développer et d’échanger les bonnes pratiques dans le domaine de la communication stratégique, en vue de prévenir et de combattre la criminalité terroriste et l’extrémisme violent. La SCAT aide les États membres et les autres acteurs à aborder les défis nationaux et locaux en matière de communication, par la création d'un réseau énergique et dynamique, conçu pour partager et échanger les meilleures pratiques dans ce domaine. Ses activités comprennent une assistance pratique et des conseils sur les communications stratégiques, dont peuvent bénéficier les États membres, la société civile ainsi que les institutions de l’UE.

Comment la Commission peut-elle soutenir des actions dans le domaine de l’éducation pour prévenir la radicalisation violente?

L’éducation joue un rôle essentiel dans la promotion de l’inclusion sociale, la transmission des valeurs communes sur lesquelles repose l’UE, l'amélioration de la compréhension interculturelle et le renforcement de l’esprit critique, qui sont autant de mesures propres à doter les jeunes des compétences nécessaires pour faire des choix éclairés. Tel est l’esprit de la déclaration de Paris sur la promotion de l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination, adoptée le 17 mars 2015 par les ministres de l’éducation et le commissaire Navracsics. Ce texte définit des objectifs communs pour les États membres et préconise des actions de soutien au niveau de l’UE. Sur cette base, la Commission a mobilisé ses outils stratégiques et financiers pour aider les écoles, les établissements d’enseignement supérieur et le secteur de la jeunesse à devenir des moteurs de changement.

Dans le prolongement de cette déclaration, la Commission proposera une recommandation du Conseil établissant un cadre d'action destiné à promouvoir l'inclusion et les valeurs fondamentales par l'éducation. L’objectif sera d'aider les États membres à mettre en œuvre des réformes et de donner des orientations aux acteurs de terrain. Ce cadre d'action s’appuiera sur l'état actuel des connaissances quant à ce qui fonctionne et contribuera à la diffusion des bonnes pratiques au niveau de l’UE.

L’UE continuera de soutenir les échanges entre enseignants et écoles au moyen d'eTwinning, le but étant de les aider à apprendre les uns des autres comment agir en classe pour promouvoir la citoyenneté et les valeurs fondamentales. La plateforme en ligne eTwinning met déjà en relation 300 000 enseignants, ce qui fait d'elle le plus grand réseau d’enseignants au monde. Elle sera étendue à une série de pays du voisinage de l’UE afin de favoriser le dialogue interculturel entre les enseignants et entre les élèves, dès leur plus jeune âge.

La Commission mettra en place un réseau ayant pour but de permettre à des personnalités locales considérées comme des modèles de comportement – comme des chefs d’entreprise, des artistes et des sportifs – de se rendre dans les écoles, les clubs de jeunes, les clubs sportifs et les prisons pour discuter et tisser des liens avec les jeunes.

La Commission encourage les établissements d'enseignement supérieur à attribuer des crédits pour le volontariat et à élaborer des programmes d'études qui combinent contenu académique et engagement civique. Certains établissements attribuent déjà des crédits pour les activités de volontariat menées pendant ou après un séjour Erasmus+. La Commission offrira des possibilités de partager les bonnes pratiques dans ces domaines.

Enfin, le centre d’excellence du RSR continue de fournir une plateforme pour l’échange de connaissances et de bonnes pratiques sur la manière de lutter contre la radicalisation en milieu éducatif, en particulier par l'intermédiaire de son groupe de travail sur l’éducation.

Comment l’UE vient-elle en aide à ceux qui mènent une action de terrain auprès des jeunes?

En complément de l’éducation formelle, le travail socio-éducatif est un outil particulièrement puissant pour atteindre les jeunes les plus en difficulté. Il peut contribuer à prévenir la marginalisation, qui rend les jeunes plus perméables aux opinions extrémistes. La participation d'animateurs socio-éducatifs revêt toute son importance dans le cadre d’une collaboration plus large avec tous les acteurs concernés, notamment les établissements d’enseignement, les organisations locales, les employeurs ainsi que les personnes qui sont les plus proches des jeunes, à savoir leurs familles et leurs amis.

La Commission soutient cette démarche par la mise au point, en étroite coopération avec les États membres, d'une boîte à outils spécifique à destination des animateurs socio-éducatifs et des éducateurs. Celle-ci comportera des orientations pratiques, des méthodes et des études de cas permettant de former les animateurs et les organisations socio-éducatifs de manière à ce qu'ils puissent entrer en contact et travailler avec les jeunes menacés de marginalisation. Elle contiendra par exemple des méthodes destinées à les aider à détecter la radicalisation violente et à résoudre les conflits de façon non violente. Cette boîte à outils est actuellement mise au point par un groupe d’experts spécialement chargé de la contribution du travail socio-éducatif à la promotion de la citoyenneté active et à la prévention de la marginalisation et de la radicalisation. Il sera possible d’adapter les outils aux contextes et aux besoins locaux spécifiques.

Pour renforcer l’impact du travail socio-éducatif sur le terrain, la Commission renforcera aussi le service volontaire européen (SVE). Son budget (65 millions d’euros en 2016) augmentera de 15 % par an entre 2017 et 2020. En outre, la priorité sera donnée aux projets axés sur la promotion des valeurs communes de l’UE et bénéficiant aux personnes et aux communautés défavorisées. Par ailleurs, la Commission ouvrira le SVE à un éventail encore plus large de jeunes et d’organisations.

Que fait la Commission pour lutter contre la propagande terroriste et l'extrémisme violent en ligne?

Le 3 décembre 2015, la Commission a lancé le forum de l'Union sur l'internet, qui réunit des ministres et des PDG de grandes entreprises de l’internet et d'autres acteurs de l’internet. Il fournit un cadre pour une coopération plus efficace avec ce secteur. L’objectif est de contribuer i) à réduire l’accessibilité aux contenus terroristes en ligne (suppression de contenu) et ii) à rendre les partenaires de la société civile autonomes pour contrer le discours terroriste (élaboration et diffusion de discours qui contrent et contestent ceux des extrémistes et publication de discours parallèles positifs). Des travaux sont en cours afin d’améliorer la rapidité et le volume des signalements et d'empêcher que des matériaux supprimés soient remis en ligne ailleurs. À cet effet, le secteur, avec l'aide d’autres parties prenantes, se penche sur la mise en place d’une plateforme conjointe de signalement.

De plus, la Commission tient à associer les entreprises plus modestes et plus récentes à cette démarche, pour empêcher que leurs plateformes soient exploitées par des réseaux terroristes. L’unité de signalement des contenus sur l'internet d’Europol jouera un rôle central dans ce processus et le réseau de sensibilisation à la radicalisation, en concertation avec le secteur et son réseau de professionnels et de partenaires de la société civile, élabore actuellement un programme d’autonomisation de la société civile pour soutenir l'élaboration et la diffusion de discours alternatifs et de contre-discours.

Dans sa proposition de révision des règles de l'UE dans le secteur audiovisuel, la Commission cherche à faire en sorte que les plateformes de partage de vidéos soient invitées à prendre des mesures appropriées pour protéger les citoyens contre l’incitation à la violence ou à la haine. Parmi ces mesures figurent, par exemple, des indications et des signalisations. Cette proposition prévoit que les codes déontologiques mis au point par le secteur sont soumis à la Commission, que le groupe des régulateurs européens des services de médias audiovisuels (ERGA) peut être invité à rendre un avis sur ces codes et que les instances nationales de régulation de l'audiovisuel sont habilitées à les faire appliquer. La Commission négociera également une nouvelle Alliance pour une meilleure protection des enfants en ligne, dans le cadre de ses efforts visant à encourager les entreprises du secteur à mettre au point des codes déontologiques afin de soutenir la mise en œuvre de la proposition de mise à jour des règles de l’UE dans le secteur audiovisuel.

Comment le code de conduite pour retirer les discours haineux illégaux en ligne que viennent de signer des entreprises du secteur informatique contribuera-t-il à la lutte contre la radicalisation en ligne?

Les médias sociaux font partie des techniques utilisées par les groupes terroristes pour radicaliser et ensuite recruter des jeunes gens. L'incitation à la violence en ligne conduit souvent à des menaces physiques dans la vie réelle.

En signant ce code de conduite le 31 mai 2016, les entreprises du secteur informatique se sont engagées à lutter rapidement et efficacement contre les discours haineux illégaux en ligne. Parmi les mesures envisagées figurent la mise en place de procédures internes et une formation du personnel destinées à faire en sorte que la majeure partie des notifications valables visant à la suppression de discours haineux illégaux soient examinées en moins de 24 heures et que, si nécessaire, ces contenus soient supprimés ou que l'accès à ceux-ci soit désactivé. Les entreprises du secteur informatique renforceront leurs partenariats avec des organisations de la société civile qui contribueront au signalement de contenus faisant la promotion de l'incitation à la violence et de comportements haineux. Ces partenariats aideront également les organisations de la société civile à mener des campagnes efficaces de lutte contre les discours haineux en ligne.

L'UE peut-elle faire quelque chose contre le phénomène de radicalisation dans les prisons?

La Commission européenne a travaillé sur les problèmes de radicalisation pendant plusieurs années, principalement dans le cadre du réseau de sensibilisation à la radicalisation (RSR) créé en 2011. Le RSR est un réseau réunissant des experts et des praticiens travaillant à la prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violent dans toute l'Europe. Son but est d'échanger des idées, des connaissances et des expériences en matière de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent.

En octobre 2015 la commissaire Jourová a convoqué les ministres de la justice pour réfléchir à la façon d'améliorer la réponse de la justice pénale au phénomène de radicalisation dans les prisons. Les conclusions du Conseil du 20 novembre 2015 ont recommandé des échanges de bonnes pratiques sur la déradicalisation en milieu carcéral, ainsi que l'élaboration de programmes de réhabilitation, l'organisation de formations et la mise à disposition de fonds.

Le centre d'excellence du RSR permettra d'échanger les bonnes pratiques et contribuera à l'élaboration de recommandations sur la prévention de la radicalisation à l'intention des praticiens (depuis le personnel carcéral jusqu'aux procureurs). Eurojust facilitera l'échange d'informations entre les procureurs spécialisés. La Commission apportera également un soutien financier aux États membres pour mettre au point des outils d’évaluation des risques permettant de détecter les détenus radicalisés le plus tôt possible. La réinsertion des détenus devrait être facilitée par la mise en place de programmes d'éducation et de formation en milieu carcéral. La Commission aidera les États membres à élaborer des programmes de réinsertion pour les détenus et soutiendra l’échange de bonnes pratiques et de politiques dans le domaine de l’exécution des sanctions pénales.

De quels outils et structures de sécurité l'UE dispose-t-elle pour contribuer à la prévention des phénomènes de radicalisation menant à des actes de terrorisme?

En plus des mesures interdisant ou criminalisant les activités contribuant à la radicalisation vers le terrorisme, telles que le recrutement ou la diffusion de propagande terroriste ou de discours haineux, il existe des outils et des structures visant à faciliter la détection des personnes soupçonnées d'être radicalisées et constituant une menace pour la sécurité.

À cet effet, il convient de veiller à ce que les différents cadres de coopération et outils d'échange d'informations en matière de sécurité soient coordonnés, renforcés et pleinement exploités.

Le système d’information Schengen (SIS) revêt une importance particulière à cet égard. Il permet aux services répressifs, aux services de sécurité de l’État et aux garde-frontières d'échanger plus rapidement et de manière plus ciblée des informations sur les personnes soupçonnées d’activités terroristes, et ce dans les 29 États membres. Le SIS peut être consulté par tout agent de police ou garde-frontière à chaque point de passage frontalier avec un temps de réponse de quelques secondes. Il est plus qu’une simple plateforme d’échange d’informations. Le SIS contient également l'intervention concrète à réaliser sur place lorsque le contrôle d'une personne ou d'un objet a été effectué. Il a déjà été utilisé avec succès à de nombreuses reprises contre des personnes soupçonnées de terrorisme et s'est également avéré utile pour interdire l'entrée dans l'espace Schengen aux «prédicateurs extrémistes». Grâce au travail de sensibilisation de la Commission, aujourd'hui les États membres utilisent le SIS plus intensivement: il y a plus de 75 000 signalements aux fins de contrôle discret ou de contrôle spécifique aux points de passage frontaliers, ce qui représente une augmentation de 300 % par rapport à la situation de juin 2013. Le système a été interrogé 3 milliards de fois par les autorités nationales compétentes en 2015, ce qui représente une augmentation de 50 % par rapport à l'année précédente. La Commission proposera, d’ici à la fin 2016, de revoir le système d’information Schengen afin d'en accroître la valeur ajoutée dans le domaine de la répression et de la lutte contre le terrorisme.

En outre, le Centre européen de la lutte contre le terrorisme, qui a été créé le 1er janvier 2016 au sein d'Europol, vise à renforcer le soutien apporté aux États membres dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, en facilitant la coordination et la coopération entre les autorités nationales. Il devrait devenir une plateforme d’information centrale pour la lutte contre le terrorisme dans l'Union, notamment en ce qui concerne les risques de radicalisation.

En outre, le système d’information Europol (SIE) est utilisé comme un répertoire central de données en matière répressive, qui contient la liste récapitulative de tous les combattants terroristes étrangers connus ou présumés.

De manière générale, il convient que les États membres échangent entre eux et, si nécessaire avec Europol, toutes les informations utiles sur les condamnés remis en liberté qui sont soupçonnés d'être radicalisés ou les individus radicalisés connus, et ce de manière proactive, afin que les autorités compétentes puissent prendre les mesures adéquates à l'encontre des personnes qui présentent un risque élevé pour la sécurité.   

Le 6 avril 2016, la Commission a présenté une proposition révisée visant à créer un système d’entrée/sortie (EES) et à apporter les modifications techniques correspondantes au code frontières Schengen. L’EES renforcera les procédures de contrôle aux frontières pour les ressortissants de pays tiers voyageant à destination de l’UE et les accélérera en même temps. En outre, il améliorera la qualité et l’efficacité des contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen, aidera les États membres confrontés à des flux de voyageurs qui ne cessent de croître sans qu'il soit nécessaire d'augmenter en conséquence le nombre de garde-frontières, permettra la détection systématique des personnes ayant dépassé la durée de séjour autorisée et renforcera la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme et les formes graves de criminalité.

Comment l'Union peut-elle lutter contre l'extrémisme violent au-delà de ses frontières?

L’UE prend part aux efforts des Nations unies, du Conseil de l’Europe et de l’OSCE pour lutter contre l’extrémisme violent, le terrorisme et la radicalisation, par exemple en apportant un soutien continu dans le cadre du Forum mondial de lutte contre le terrorisme et de ses organes de lutte contre l'extrémisme violent, comme Hedayah, le centre international d'excellence pour la lutte contre l'extrémisme violent, et le Fonds mondial pour la mobilisation et la résilience communautaires.

L’action de l’Union sur la scène internationale suit deux approches complémentaires. Tout d'abord, lorsqu'elle apporte de l'aide à des pays tiers, l’UE soutient des réponses respectueuses de l'application des lois et des droits de l’homme qui visent à empêcher les individus radicalisés de commettre des actes terroristes. Ensuite l’UE intensifie sa participation aux actions préventives, qui s’attaquent aux causes profondes de la radicalisation, susceptibles de conduire à l’extrémisme violent. Dans la mesure du possible, le soutien de l’UE s'inscrit dans des réformes plus vastes visant à renforcer les capacités en matière de sécurité dans les pays partenaires, étant donné que la criminalité organisée, la contrebande et le trafic illicite ainsi que la gestion insuffisante des frontières sont manifestement liés à la radicalisation violente.

L’Union s'engage, avec un certain nombre de pays, dans des dialogues ciblés et renforcés sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité, qui aboutissent à des trains de mesures et des feuilles de route en matière de lutte contre le terrorisme. La priorité est donnée aux programmes de l’UE pour la jeunesse, l’éducation et le développement socio-économique. La lutte contre l’extrémisme violent et la prévention de celui-ci sont devenues des composantes essentielles des activités extérieures de l’Union en matière de lutte contre le terrorisme et ont été intégrées à la politique de développement pour jeter un pont entre celle-ci et la sécurité. L'ensemble de mesures baptisé «Renforcer la résilience face à la violence et à l'extrémisme» (STRIVE) et financé par l'UE a été le précurseur de la mise en place d’un nombre croissant d’initiatives visant à déterminer les facteurs de l’extrémisme des jeunes, à favoriser l’autonomisation des femmes, à promouvoir le dialogue communautaire, à renforcer les acteurs locaux ou à améliorer la capacité des médias et de l’enseignement à lutter contre la radicalisation des idéologies. Le soutien financier octroyé à la société civile prendra en considération la lutte contre la radicalisation. L’UE continuera à dialoguer avec la société civile, les professionnels et les universitaires, notamment dans les pays partenaires, afin d’approfondir sa compréhension des facteurs déterminants et d'élaborer des réponses efficaces.

MEMO/16/2179

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