Navigation path

Left navigation

Additional tools

Other available languages: EN DE ES IT PT EL PL

Commission européenne - Fiche d'information

Garantie pour la jeunesse: Questions et réponses

Bruxelles, 04 février 2015

En quoi consiste la garantie pour la jeunesse?

En avril 2013, les États membres de l’UE se sont engagés à faire en sorte que les jeunes réussissent leur entrée dans le monde du travail, par l’établissement de programmes de garantie pour la jeunesse.

Dans le cadre de la garantie pour la jeunesse, les États membres devraient veiller à ce que, dans les quatre mois suivant leur sortie de l’enseignement formel ou la perte de leur emploi, les jeunes âgés de moins de 25 ans puissent soit obtenir un emploi de qualité correspondant à leur formation, à leurs compétences et à leur expérience, soit acquérir les connaissances, les compétences et l’expérience requises pour trouver un emploi ultérieurement grâce à un apprentissage, un stage ou une formation continue.

La garantie pour la jeunesse est à la fois une réforme structurelle visant à améliorer de façon drastique le passage de l’école au monde du travail et une mesure de soutien immédiat à l’emploi des jeunes.

La garantie pour la jeunesse s’inspire d’expériences réussies similaires menées en Autriche et en Finlande, qui ont démontré qu’investir dans des mesures favorisant la transition des jeunes de l’école vers le monde du travail était une opération rentable. La garantie finlandaise pour la jeunesse a contribué à réduire le taux de chômage des jeunes, 83,5 % d’entre eux s’étant vu proposer avec succès un emploi, un stage, un apprentissage ou une formation complémentaire dans les trois mois suivant leur inscription au chômage.

La Recommandation sur l'établissement d'une garantie pour la jeunesse a été officiellement adoptée par le Conseil des ministres de l’UE le 22 avril 2013 (voir MEMO/13/152) sur la base d’une proposition formulée par la Commission en décembre 2012 (voir IP/12/1311 et MEMO/12/938) et entérinée en juin 2013 par le Conseil européen.

Le G20 considère que la garantie pour la jeunesse représente une nouvelle réforme majeure pour l’emploi des jeunes. Lors de la réunion tenue à Melbourne les 10 et 11 septembre 2014, les ministres du travail et de l’emploi du G20 ont décidé qu’il fallait en faire davantage pour mettre en œuvre les stratégies du G20, notamment les garanties pour la jeunesse, et se sont engagés à prendre des mesures concrètes visant à inscrire les jeunes dans l’enseignement et à leur trouver une formation ou un emploi.

Quel est le degré de gravité du problème du chômage et de l’inactivité des jeunes dans l’UE?

En décembre 2014, l’UE-28 comptait environ 5 millions de jeunes chômeurs (âgés de moins de 25 ans), dont plus de 3,2 millions dans la zone Euro.

  • Cela représente un taux de chômage de 21,4 % dans l’UE (23 % dans la zone euro). Plus d’un jeune Européen sur cinq sur le marché du travail ne parvient pas à trouver un emploi; en Grèce et en Espagne, cette proportion est d’un jeune sur deux. 7,5 millions de jeunes Européens âgés de 15 à 24 ans (désignés par l’acronyme anglais «NEET» – neither in education, employment or training) sont sans emploi et ne suivent ni enseignement ni formation.
  • Au cours des quatre dernières années, le niveau d’emploi des jeunes a globalement baissé trois fois plus que celui des adultes.
  • L’écart entre les pays où les taux de chômage des jeunes sont, respectivement, le plus fort et le plus faible est extrêmement marqué. Une différence de 44 points de pourcentage sépare ainsi l’État membre au taux le plus faible, à savoir l’Allemagne (7,2 % en décembre 2014), et l’État membre au taux le plus fort, à savoir l’Espagne (51,4 % en décembre 2014). L’Espagne est suivie par la Grèce (50,6 % en octobre 2014), la Croatie (44,8 % au quatrième trimestre 2014) et l’Italie (42 % en décembre 2014).

 

Les indicateurs des jeunes chômeurs et des NEET font partie du nouveau tableau de bord d’indicateurs clés en matière sociale et d’emploi qui identifie les déséquilibres majeurs dans ces domaines au sein de l’UE (voir IP/13/893). Le premier tableau de bord de ce type a été publié dans le cadre du Rapport conjoint sur l'emploi 2014, adopté conjointement par la Commission et le Conseil des ministres de l’UE. Il se compose de cinq indicateurs clés et sert de base aux recommandations annuelles par pays de la Commission, dans lesquelles celle-ci propose des réformes pour soutenir la création d’emplois, renforcer la résilience des marchés du travail, lutter contre la pauvreté et promouvoir l’inclusion sociale.

 

Les États membres ont-ils déjà commencé à mettre en œuvre la garantie pour la jeunesse?

Oui. La mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse a démarré dans toutes les États membres et donne déjà des résultats. Par rapport aux autres réformes structurelles en Europe, la garantie pour la jeunesse est probablement l’une de celles mises en œuvre le plus rapidement.

Tous les États membres ont présenté des plans complets de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, dans les délais fixés par le Conseil européen. Les plans présentés définissent de manière précise, dans chaque État membre, les mesures à prendre pour mettre en œuvre cette initiative. Ils indiquent le calendrier établi pour les réformes et les mesures relatives au chômage des jeunes, les rôles respectifs des autorités publiques et des autres organisations, et la manière dont le projet sera financé. Des informations détaillées sur les plans de chaque État membre sont disponibles ici.

Ces plans et leur mise en œuvre ont été évalués par la Commission dans le cadre du Semestre européen relatif au renforcement du cadre de surveillance économique de l’UE (voir ici). La mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse fait également l’objet une surveillance multilatérale.

Afin d’étayer les mécanismes de garantie pour la jeunesse par des données crédibles, de faciliter leur suivi et de contribuer à leur amélioration continue, le comité de l’emploi (EMCO) a élaboré un Cadre d’indicateurs pour le suivi de la garantie pour la jeunesse, qui a reçu l’appui politique des ministres de l’emploi lors du Conseil EPSCO du 11 décembre 2014. La collecte de données annuelles devrait commencer en 2015.

Comment la garantie pour la jeunesse encourage-t-elle les réformes dans les États membres?

Dans la plupart des États membres, la mise en place de la garantie pour la jeunesse exige des réformes structurelles profondes des systèmes de formation, d’enseignement et de recherche d’emploi afin d’améliorer considérablement le passage de l’école au monde du travail et l’employabilité des jeunes. Ces réformes ne peuvent se faire en un seul jour.

Dans certains États membres, les services publics de l’emploi doivent être réformés afin de fournir à chaque jeune des conseils personnalisés appropriés concernant les possibilités d’emploi, d’éducation et de formation les plus adaptées à son cas, débouchant sur une offre d’emploi concrète et sur mesure dans les quatre mois. La décision visant à aider ces services à optimiser leur fonctionnement par une coopération plus étroite, proposée par la Commission en juin 2013 et adoptée en mai 2014, peut constituer un outil précieux (voir IP/13/544 et IP/14/545).

Des réformes structurelles devront également être introduites pour améliorer la qualité et la quantité des opportunités d’apprentissage ainsi que d’enseignement et de formation professionnels. Les États membres doivent veiller à apporter aux jeunes les compétences recherchées par les employeurs.

La plupart des États membres devraient également identifier et mettre en activité les personnes les plus éloignées du marché du travail (les NEET). Afin d’atteindre les jeunes inactifs qui ne sont pas enregistrés auprès du service public de l’emploi, les États membres doivent élaborer de nouveaux outils et stratégies avec tous ceux qui ont accès à ces jeunes non enregistrés (par exemple les services sociaux, les prestataires de services éducatifs, les associations de jeunes).

Précisément parce que la garantie pour la jeunesse vise à mettre en place une réforme structurelle, la Commission a adressé des recommandations spécifiques sur sa mise en œuvre à plusieurs pays (Espagne, Italie, Slovaquie, Croatie, Portugal, Pologne, Bulgarie et Irlande) en 2014. Toutes les informations détaillées concernant l’examen de la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse dans tous les États membres qu’a effectué la Commission dans le cadre du semestre européen sont disponibles ici.

Parmi ces mesures, on citera des politiques actives du marché du travail, le renforcement des services publics de l’emploi, le soutien aux programmes de formation et d’apprentissage, la lutte contre le décrochage scolaire et la mise en place de stratégies de communication, autant d’éléments susceptibles de contribuer au succès de la garantie pour la jeunesse. Les recommandations ont aussi pressé les États membres de pallier la segmentation des marchés du travail, qui rend les jeunes beaucoup plus vulnérables.

Le projet de rapport conjoint sur l'emploi de 2015 souligne que la garantie pour la jeunesse a suscité des réformes à long terme dans bon nombre de ces domaines.

Existe-t-il des exemples de résultats concrets et positifs de la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse?

En Belgique, le service public de l’emploi de la région bruxelloise, Actiris, a mis en place un service spécial «garantie pour la jeunesse», afin de fournir une aide spécifique en matière de recherche d’emplois et de stages pour les jeunes officiellement inscrits comme demandeurs d’emploi. D’après Actiris (en août 2014), le nombre de jeunes (âgés de moins de 25 ans) à la recherche d’un emploi à Bruxelles a chuté grâce à la stratégie «garantie pour la jeunesse».

En Roumanie, 27 centres de garantie pour la jeunesse (actuellement soutenus par le Fonds social européen) ont été créés. Ces centres visent à identifier les jeunes NEET et à leur offrir des ensembles intégrés de services personnalisés.

L’Espagne a pris des mesures supplémentaires pour mettre en œuvre le système national de garantie pour la jeunesse sur la base du décret-loi royal 8/2014 du 4 juillet. Cette loi réglemente la procédure d’enregistrement pour la garantie pour la jeunesse et fixe des critères d’admissibilité des bénéficiaires. En outre, des subventions à l’embauche non salariales supplémentaires pour les contrats de formation et les contrats à durée indéterminée destinés spécifiquement aux personnes enregistrées dans le programme de garantie pour la jeunesse ont été adoptées. Et depuis le 5 août 2014, les jeunes enregistrés dans le système national de garantie pour la jeunesse peuvent suivre gratuitement quatre cours de formation en ligne. Le service public de l’emploi espagnol a également lancé un appel à propositions avec un budget total de près de 42 millions d’euros pour des activités de formation professionnelle, des formations en informatique et des cours de langues à mettre en place au niveau central pour les jeunes enregistrés dans le système de garantie pour la jeunesse.

En Italie, des portails électroniques intégrés ont été créés afin que les intéressés puissent s’inscrire directement en ligne et se connecter à un registre national, ce qui facilite la tâche lorsqu’il s’agit de vérifier automatiquement si l’on remplit les conditions requises pour un poste ou lorsque l’on cherche à obtenir la transmission d’une offre d’emploi.

La Slovaquie a proposé un certain nombre de réformes législatives afin de mettre en œuvre la GJ (EFP, enseignement non formel, PAMT). Quatre projets nationaux soutenant l’emploi des jeunes chômeurs de moins de 29 ans sont en cours. Au 31 août 2014, un total de 12 532 nouveaux emplois avait été créé pour les jeunes demandeurs d’emploi de moins de 29 ans. Une nouvelle contribution au placement dans un premier emploi rémunéré (contrat à durée indéterminée) en cas de recrutement de demandeurs d’emploi de moins de 24 ans et de demandeurs d’emploi (25-29 ans) à la recherche d’un emploi depuis plus de 6 mois (modification en cours de la loi sur les services de l’emploi) sera instaurée en janvier 2015.

Les mesures ciblées destinées à favoriser l’embauche de personnel et les subventions accordées aux entreprises en phase de démarrage figurent au nombre des moyens déployés pour promouvoir l’activation des jeunes demandeurs d’emploi dans certains États membres: les Pays-Bas ont accordé un abattement fiscal, valable pour une durée pouvant atteindre deux ans, aux employeurs qui embauchent des jeunes bénéficiant d’indemnités de chômage ou d’allocations sociales, tandis que la Pologne a introduit des exemptions aux cotisations d’assurance sociale pour les moins de 30 ans.

La plupart des États membres ont pris des mesures pour améliorer leurs systèmes d’enseignement et de formation professionnels (EFP) afin de mieux prendre en compte les besoins du marché du travail en général liés à leur dispositif de garantie pour la jeunesse et les engagements pris dans le cadre de l’Alliance européenne pour l’apprentissage. Plusieurs pays ont adopté les révisions législatives de leurs systèmes d’EFP.

L’Espagne a développé son système d’EFP en alternance avec des résultats immédiats déjà visibles: le nombre de centres d’EFP impliqués dans les projets d’EFP en alternance est passé de 172 en 2013 à 375 en 2014; le nombre d’entreprises impliquées dans les projets de formation en alternance est passé de 513 en 2013 à 1 570 en 2014 et le nombre d’étudiants est passé de 4 292 en 2013 à 9 555 en 2014.

En France, la nouvelle loi sur l’apprentissage tout au long de la vie et sur l’EFP vise à proposer davantage de possibilités d’apprentissage aux moins qualifiés. La Roumanie a adopté de nouveaux actes législatifs régissant l’offre de stages professionnels subventionnés aux diplômés de l’enseignement supérieur. La Suède a adopté des mesures destinées à faciliter le passage de l’école au travail au moyen de formules d’apprentissage, et à aider les jeunes à acquérir une expérience professionnelle. Le Portugal a adapté le cursus pédagogique des programmes d’EFP et a créé un réseau de centres de formation professionnelle, ainsi que des nouvelles filières d’enseignement professionnel de niveau élémentaire (jeunes âgés de 14 ans) et secondaire (jeunes de 15 à 17 ans). Au Danemark, la réforme de l’EFP a été adoptée en juin 2014 et devrait entrer en vigueur à partir de la rentrée scolaire 2015-2016. Cette réforme a pour objet d’accroître le nombre de jeunes qui obtiennent un diplôme d’EFP et de faire en sorte que l’ensemble des jeunes qui le souhaitent accèdent à une filière élémentaire d’enseignement et de formation professionnels au Danemark.

En outre, 18 projets pilotes à petite échelle concernant la garantie pour la jeunesse ont été lancés entre les mois d’août et de décembre 2013, avec le soutien de la Commission, pour une durée individuelle d’environ 12 mois (voir IP/14/981 et MEMO/14/521), dans sept pays: l’Espagne, l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et le Royaume-Uni. L’un des projets pilotes celui de Ballymun, en Irlande - soutient environ 1 000 jeunes et teste l’efficacité d’une nouvelle stratégie de partenariat au niveau local, qui sera prise en compte lors du réexamen du dispositif national irlandais de garantie pour la jeunesse

 

La garantie pour la jeunesse a un coût: est-elle payante?

L’Organisation internationale du travail a estimé à 21 milliards d’euros annuels les frais de mise en place de ce dispositif dans la zone euro. Cependant, le prix de l’INACTION est encore plus élevé. La Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a calculé que les pertes économiques liées aux millions de jeunes NEET présents dans l’Union dépassaient 150 milliards d’euros en 2011 (soit 1,2 % du PIB de l’Union), compte tenu des allocations versées et des pertes de production.

S’ajoutent à ces pertes les coûts à long terme du chômage, tant pour l’économie que pour la société et les individus concernés, dont un risque accru de chômage et d’appauvrissement. Le coût de l’inaction est donc très élevé: la garantie pour la jeunesse doit être perçue comme un investissement. La Commission juge ces dépenses indispensables pour permettre à l’Union de préserver son potentiel de croissance future. Un concours financier substantiel de l’UE – notamment via le Fonds social européen et dans le contexte de l’Initiative pour l’emploi des jeunes (voir ci-après) – peut certes contribuer à la réalisation de cet objectif. Néanmoins, pour que la garantie pour la jeunesse se concrétise, il importe que les États membres accordent eux aussi une importance prioritaire dans leur budget à l’action en faveur de l’emploi des jeunes.

La garantie pour la jeunesse contribue-t-elle aussi à la création d’emplois à court terme?

Outre les mesures «axées sur l’offre», comme l’activation grâce à l’aide à la recherche d’emploi ou aux formations, la garantie pour la jeunesse encourage l’utilisation d’un large éventail de mesures proactives aidant à stimuler la «demande» pour le recrutement de jeunes travailleurs. Ces mesures, telles que les subventions salariales et à l’embauche temporaires et bien ciblées ou les bourses d’apprentissage ou de stage, sont souvent nécessaires pour intégrer avec succès les jeunes dans le marché du travail. Elles doivent dès lors être perçues comme un investissement social qui permet aux jeunes d’utiliser leurs compétences de manière productive et de les développer davantage, par opposition à la détérioration des compétences et à la démotivation résultant du chômage et d’une inactivité de longue durée.

Il est très important de tirer le meilleur parti des mesures «axées sur la demande» si nous voulons avoir un impact réel en termes de réduction des taux actuels élevés de chômage des jeunes et d’inactivité économique.

Ne serait-il pas mieux d’aider directement les entreprises à créer des emplois pour les jeunes?

L’emploi et la croissance sont des priorités absolues pour la Commission européenne. La Commission Juncker a présenté un ambitieux Plan d’investissement pour l’Europe mobilisant plus de 315 milliards d’euros de financements supplémentaires dans des domaines stratégiques. Un montant important devrait être affecté à des projets qui peuvent aider les jeunes à retrouver du travail dans des emplois décents, en complétant les efforts de la garantie pour la jeunesse. La Commission soutient également les réformes structurelles au niveau national qui peuvent déverrouiller la création d’emplois.

 

L’une des raisons pour lesquelles les entreprises ne peuvent engager davantage de jeunes est que ces derniers n’ont pas les compétences et l’expérience requises par celles-ci. Une autre raison tient au fait que même si les jeunes possèdent les compétences et l’expérience pertinentes recherchées par les employeurs, les services publics de l’emploi de nombreux États membres ne parviennent pas à les mettre efficacement à la disposition des entreprises recherchant ce type de profil. Il est bien entendu très important d’aider les entreprises à créer des emplois pour les jeunes et de nombreuses initiatives ont été mises en place par la Commission (par exemple le programme COSME et le soutien à la création d’entreprises par les Fonds structurels et d’investissement européens) et le Groupe de la Banque européenne d’investissement.

La garantie pour la jeunesse peut-elle offrir plus d’emplois aux jeunes si la croissance économique est lente?

La garantie pour la jeunesse ne saurait se substituer à l’utilisation des instruments macroéconomiques, ni à la poursuite des réformes structurelles, mais elle peut contribuer à une reprise économique créatrice d’emplois et elle fait une différence systémique dans l’amélioration de la transition de l’école au travail. C’est la raison pour laquelle le Plan d’investissement de 315 milliards d’euros afin de promouvoir l’emploi et la croissance en Europe est l’une des principales priorités de la Commission.

Le chômage des jeunes est plus sensible à la conjoncture économique que le chômage en général étant donné que les jeunes ont moins d’expérience, qu’ils sont plus souvent engagés avec des contrats à durée déterminée et donc plus facilement licenciés et qu’ils sont également plus concentrés dans des secteurs économiques plus exposés aux récessions économiques, comme ceux de la manufacture, de la construction, de la distribution ou de l’hôtellerie. Des exemples concrets des 15-20 dernières années montrent que le taux de chômage global dans l’UE ne peut que chuter si le PIB annuel augmente de plus de 1,5 % en moyenne. La diminution du taux de chômage des jeunes nécessite normalement des taux de croissance du PIB encore légèrement plus élevés.

Au contraire, si la croissance économique reste inférieure à 1,5 % par an, les taux de chômage des jeunes ont tendance à augmenter plus rapidement que le taux de chômage global. D’après le Fonds monétaire international (FMI), des facteurs conjoncturels expliquent environ 50 % des variations des taux de chômage des jeunes en Europe et 70 % dans les pays en difficulté de la zone euro[1].

Cependant, les taux de chômage des jeunes sont également influencés par des caractéristiques structurelles des marchés du travail, telles que les coûts d’embauche ou l’existence de politiques actives du marché du travail, ainsi que par la qualité des systèmes d’éducation et de formation. C’est là qu’une garantie globale pour la jeunesse peut faire une grande différence, conduisant finalement à une réduction du grand écart entre le taux de chômage des jeunes et le taux de chômage global.

Comment la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse est-elle soutenue par le Fonds social européen et l’Initiative pour l’emploi des jeunes?

Le Fonds social européen (FSE), qui constitue de loin la première source de fonds de l’Union pour soutenir la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse et d’autres mesures contre le chômage des jeunes, apportera environ 86 milliards d’euros pour la période 2014–2020.

La mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse est identifiée comme une priorité élevée dans les Accords de partenariat. La Commission a adopté de tels accords pour tous les États membres. Ces accords définissent le cadre stratégique pour la mise en œuvre des Fonds structurels et d’investissement européens pour la période 2014-2020 dans chaque État membre.

L’initiative pour l’emploi des jeunes est une source supplémentaire de financement pour renforcer la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse dans les mois et années à venir (voir ci-après).

 Exemples d’activités ou d’interventions liées à la garantie pour la jeunesse ouvrant droit à une aide du FSE:

Mesures

Exemples concrets d’activités ou d’interventions ouvrant droit à une aide du FSE

Stratégies de communication et points de liaison

[Rec. GJ n° 8-9]

  • Visites des établissements scolaires par le service public de l’emploi (SPE)
  • Formations du SPE à l’intention des enseignants
  • Mise en place de services spéciaux pour les jeunes fournis dans le cadre du SPE ou par des prestataires privés sous contrat
  • Distribution d’imprimés dans les centres de jeunes ou lors de manifestations destinées aux jeunes
  • Utilisation de l’internet et des médias sociaux
  • Systèmes de collecte de données
  • Campagnes itinérantes de communication

Proposer des plans d’action personnalisés

[Rec. GJ n° 10]

  • Formation du personnel du SPE
  • Recours aux services de partenaires spécialisés

Proposer aux jeunes ayant quitté prématurément l’école et aux jeunes peu qualifiés des parcours pour réintégrer l’enseignement ou la formation ou encore des programmes éducatifs de deuxième chance, résoudre les inadéquations en matière de compétences et améliorer les compétences numériques

[Rec. GJ n° 11-13]

  • Formations et programmes éducatifs de deuxième chance
  • Cours de langue
  • Accompagnement et soutien pédagogique supplémentaire pour maintenir ou ramener les jeunes dans l’enseignement ou la formation
  • Aide aux jeunes à risque pour leur permettre d’acquérir les qualifications les plus utiles et d’obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur
  • Formations par le travail et apprentissages
  • Formations axées sur les compétences numériques
  • Indemnités de formation

Inciter les écoles et les services de l’emploi à promouvoir l’entrepreneuriat et l’activité indépendante auprès des jeunes et à fournir en permanence des conseils à ce sujet

[Rec. GJ n° 14]

  • Formations destinées au personnel des SPE et aux enseignants
  • Conception et introduction de cours d’entrepreneuriat dans l’enseignement secondaire
  • Formations destinées aux jeunes chômeurs

 

Utiliser des aides à l’embauche et des subventions salariales ciblées et bien conçues pour inciter les employeurs à offrir un apprentissage ou un placement professionnel aux jeunes, notamment à ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail

[Rec. GJ n° 17]

  • Crédits à l’embauche pour favoriser les recrutements nets de jeunes (offres d’emploi ou d’apprentissage). Le financement par le FSE des crédits relatifs aux indemnités devrait s’accompagner de mesures d’activation – notamment des formations pratiques.

Promouvoir la mobilité de l’emploi/de la main-d’œuvre en sensibilisant les jeunes aux offres d’emploi, de stage et d’apprentissage ainsi qu’au soutien disponible dans différents domaines, et fournir un soutien adéquat à ceux qui se sont déplacés

[Rec. GJ n° 18]

  • Gestion de points de contact EURES (le soutien du FSE à l’EURES est axé sur le recrutement et sur les services d’information, de conseil et d’orientation y afférents, au niveau national et transfrontalier)
  • Campagnes de sensibilisation
  • Soutien aux organisations bénévoles qui proposent du parrainage
  • Soutien aux mouvements de jeunesse qui instaurent un dialogue avec les jeunes travailleurs migrants

 

 

Multiplier les services d’aide à la création d’entreprises

[Rec. GJ n° 19]

  • Coopération entre les SPE, les services d’aide aux entreprises et les bailleurs de fonds (par exemple, salons de l’emploi et activités de mise en réseau au niveau régional)
  • Aide à la création de PME
  • Aide à la création d’une activité indépendante
  • Formations commerciales, notamment pour les personnes au chômage, assorties de bourses à la création d’entreprise

Renforcer les mécanismes d’aide aux jeunes ayant abandonné les dispositifs d’activation et n’ayant plus accès aux prestations

[Rec. GJ n° 20]

  • Soutien aux mouvements de jeunesse et aux services pour la jeunesse
  • Coopération avec d’autres organisations travaillant au contact des jeunes
  • Établissement de systèmes de suivi
  • Soutien aux services d’orientation scolaire et professionnelle

Suivre et évaluer l’ensemble des mesures et programmes contribuant à une garantie pour la jeunesse, afin que davantage de politiques et d’interventions puissent être développées sur la base d’éléments concrets et de ce qui fonctionne, où et pourquoi

[Rec. GJ nº 24]

  • Recensement des initiatives présentant un bon rapport coût-efficacité
  • Recours à des essais contrôlés
  • Création de centres d’analyse
  • Élaboration de modèles d’intervention et d’actions pilotes, mise à l’essai et intégration des politiques publiques (innovation et expérimentation sociale)

Promouvoir des activités d’apprentissage mutuel au niveau national, régional et local entre toutes les parties concernées par la lutte contre le chômage des jeunes, en vue d’améliorer la conception et la mise en œuvre des futurs dispositifs de garantie pour la jeunesse

[Rec. GJ n° 25]

  • Mise à profit du réseau européen des SPE (le FSE soutient les activités de coopération transnationale favorisant les échanges de bonnes pratiques entre organisations au niveau européen, dans le cadre du financement de l’assistance technique à l’échelon de la Commission)

Renforcer les capacités de toutes les parties prenantes, y compris des services de l’emploi concernés, participant à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des dispositifs de garantie pour la jeunesse afin d’éliminer tous les obstacles internes et externes concernant les politiques et la manière dont ces dispositifs sont élaborés

[Rec. GJ n° 26]

  • Formations et ateliers
  • Mise en place de programmes d’échange et de détachements de salariés entre organisations par des activités de coopération transnationale

Comment l’Initiative pour l’emploi des jeunes soutient-elle l’application de la garantie pour la jeunesse?

Pour compléter l’aide financière de l’Union aux régions dont la population est la plus frappée par le chômage et l’inactivité des jeunes, le Parlement européen et le Conseil sont convenus de lancer une Initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ) bénéficiant d’un budget de 6,4 milliards d’euros. La dotation de l’IEJ s’élève à 3,2 milliards d’euros, inscrits sous une nouvelle ligne budgétaire du budget de l’Union spécialement consacrée à l’emploi des jeunes; une contribution au moins égale proviendra des allocations nationales du FSE.

Cette initiative concentre son aide sur les régions enregistrant un taux de chômage des jeunes supérieur à 25 % en 2012 et cible les jeunes sans emploi ne suivant ni enseignement ni formation (NEET). L’objectif est de garantir que le soutien apporté à chaque jeune dans les parties de l’Europe où les difficultés sont les plus grandes est suffisant pour induire un véritable changement.

L’IEJ renforce le soutien fourni par le Fonds social européen pour mettre en œuvre la garantie pour la jeunesse en finançant des activités destinées à aider directement les jeunes qui ne travaillent pas et ne suivent pas d’études ou de formation (NEET) de moins de 25 ans ou, si les États membres le jugent opportun, de moins de 30 ans.

Les fonds de l’IEJ peuvent être utilisés au profit de mesures telles que les subventions à l’embauche ou le soutien aux jeunes qui créent leur entreprise. Ils peuvent aussi servir à offrir aux jeunes une première expérience professionnelle, des propositions de stages et d’apprentissages, une reprise d’études ou un complément de formation. L’IEJ est intégrée dans la programmation du FSE pour la période 2014-2020.

Les États membres devront compléter l’aide de l’IEJ en investissant davantage de ressources du FSE et de ressources nationales dans des réformes structurelles pour moderniser les services en matière d’emploi, d’aide sociale et d’éducation destinés aux jeunes et en améliorant l’accès à l’enseignement, la qualité de celui-ci et son adéquation avec la demande sur le marché du travail.

Vingt États membres peuvent prétendre à un financement au titre de l’IEJ, du fait que certaines de leurs régions affichaient un taux de chômage des jeunes supérieur à 25 % en 2012. Ces fonds sont programmés dans le cadre du Fonds social européen 2014-2020 et les dépenses sont éligibles à partir du 1er septembre 2013.

Les autorités nationales doivent soumettre à l’approbation de la Commission des programmes opérationnels définissant les mesures prévues pour l’utilisation des fonds de l’IEJ.

Comment améliorer les apprentissages et les stages

Des systèmes efficaces d’enseignement et de formation professionnels, surtout lorsqu’ils reposent sur un principe rigoureux de formation par le travail, facilitent le passage des jeunes du système éducatif au monde du travail.

En complément de la garantie pour la jeunesse, la Commission a lancé deux initiatives spécifiques afin d’aider les jeunes dans cette transition:

  • sur la base d’une proposition de la Commission, le Conseil des ministres a adopté, en mars 2014, un cadre de qualité pour les stages visant à permettre aux stagiaires d’acquérir une expérience professionnelle de qualité dans des conditions sûres et équitables et à augmenter leurs chances de trouver un bon emploi (voir IP/14/236);
  • lancée en juillet 2013, l’Alliance européenne pour l'apprentissage réunit des autorités publiques, des entreprises, des partenaires sociaux, des prestataires de services d’enseignement et de formation professionnels, des représentants de la jeunesse et d’autres acteurs clés en vue d’améliorer l’offre et la qualité des apprentissages dans toute l’Union et de faire évoluer les mentalités sur ce mode de formation (voir IP/13/634).

Informations complémentaires

Voir également:

 


[1] Fonds monétaire international, «Youth Unemployment in Europe: Okun’s Law and Beyond» (Le chômage des jeunes en Europe: la loi d’Okun et au-delà), dans IMF Country Report n° 14/199, «Euro Area Policies 2014 Article IV Consultation, Selected Issues», juillet 2014.

MEMO/15/4102

Renseignements au public:

Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel

Side Bar