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Contribution de l'UE à la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest

European Commission - MEMO/14/520   05/09/2014

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Commission européenne

MEMO

Bruxelles, le 5 septembre 2014

Contribution de l'UE à la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest

Qu'en est-il de l'épidémie d'Ebola?

L'épidémie actuelle d'Ebola touche l'ouest de l'Afrique: le Liberia, le Sierra Leone, la Guinée, le Nigeria et, depuis peu, le Sénégal. Cette épidémie, la plus grave jamais enregistrée, a été qualifiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) d'«urgence de santé publique de portée internationale» exigeant une action coordonnée internationale.

Au 31 août, le virus avait touché plus de 3 707 personnes dont 1 848 étaient décédées.

C'est le Liberia qui paie le plus lourd tribut à la maladie avec 1 698 cas et près de 871 décès. Quelque 771 cas et plus de 490 décès ont été signalés en Guinée. Au Sierra Leone, 1216 cas et 476 décès ont été dénombrés. S'y ajoutent 21 cas et 7 décès répertoriés au Nigeria et un cas au Sénégal.

Des cas récents d'Ebola ont également été rapportés en République démocratique du Congo (RDC). Craignant que le virus ne se propage à d'autres parties du continent, la Commission européenne suit l'évolution de la situation dans le pays, qui connaît sa septième épidémie d'Ebola. Le ministre de la santé de la RDC a toutefois déclaré que cette dernière était due à une autre souche de virus que celle qui est à l'origine de l'épidémie qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest.

Quels sont les problèmes et les besoins?

L'épidémie d'Ebola pose de graves problèmes de transport, de coordination, d'équipement et de disponibilité du personnel médical formé.

Le transport aérien est extrêmement important, qu'il s'agisse de services aériens commerciaux, de services d'ambulances aériennes ou même de vols militaires, car il est essentiel pour maintenir le contact entre les pays touchés et le reste du monde, contact nécessaire pour lutter efficacement contre l'épidémie. Il permet au personnel sanitaire d'accéder aux zones touchées et d'y circuler librement. Il permet aussi d'entrer et de sortir des différents pays ou d'organiser des évacuations médicales. Les liaisons aériennes commerciales sont également importantes pour permettre aux missions diplomatiques de l'UE de rester opérationnelles dans les pays concernés.

Cependant, la crainte de voir la maladie se propager et le problème s'aggraver a amené les compagnies aériennes opérant au niveau régional et mondial à limiter, voire à annuler, leurs vols réguliers, si bien qu'il est de plus en plus difficile d'acheminer du personnel et du matériel. Les efforts déployés pour remédier à la situation se heurtent à la fermeture des frontières, à la suspension des vols et au fait que les ambulances aériennes ne disposent pas de droits de vol.

Ce domaine relève bien entendu de la compétence des États membres et le rôle de la Commission consiste à encourager la coopération et une meilleure compréhension des enjeux. Les services de la Commission chargés de l'aide humanitaire et des transports s'y emploient auprès des ONG, des exploitants de compagnies aériennes et des sociétés d'ambulances aériennes. On notera que les orientations de l'OMS et de l'OACI restent claires - elles conseillent de poursuivre le commerce et les déplacements internationaux à destination de la zone touchée.

L'accès limité à certaines régions des pays touchés complique également l'enregistrement et l'isolement des patients. Un autre problème réside dans le manque de matériel médical permettant d'isoler les malades et d'assurer la protection du personnel médical. La maladie a déjà coûté la vie à plus de 120 professionnels de la santé.

Parmi les besoins immédiats figurent la recherche des personnes ayant été en contact avec des malades, la mise sur pied et l'approvisionnement de centres de soin, ainsi que le transport de matériel et de personnel médical. Il manque de travailleurs sanitaires qualifiés, mais il est difficile de pallier ce manque en raison des restrictions de transport.

Par ailleurs, la situation engendre des besoins connexes importants en ce qu'elle exige une mobilisation sociale, nécessite la fourniture de soins de santé de base et impose de réagir à l'insécurité alimentaire croissante, principalement dans les zones mises en quarantaine.

En quoi consiste l'aide de l'UE?

Aide humanitaire

La Commission européenne a réagi dès le début de l'épidémie en fournissant une aide humanitaire, en mettant son expertise à disposition et en assurant la coordination internationale. De plus, elle entreprend des démarches diplomatiques par le truchement des délégations de l'UE et d'autres circuits pour faciliter l'intervention humanitaire dans les pays concernés et sensibiliser les différents gouvernements aux conséquences d'une réaction excessive à la crise sous forme de restrictions de déplacement et d'entraves aux échanges, etc.

Dès le mois de mars, la Commission européenne a mobilisé 1,9 million d'euros pour aider à endiguer l'épidémie et faire en sorte que les populations touchées bénéficient de soins immédiats. Depuis, elle a renforcé son aide humanitaire à deux reprises, la portant à 11,9 millions d'euros.

Cette aide financière permet de fournir des soins immédiats aux personnes infectées et contribue à contenir la propagation de la maladie. Elle sert à financer la prise en charge des malades, y compris leur isolement et leur accompagnement psychosocial, la recherche de cas suspects, la formation, la fourniture d'équipements de protection individuelle, ainsi que des actions de sensibilisation à l'hygiène et à la maladie et de conseil aux autorités nationales.

Sur le front humanitaire, la Commission soutient les organisations les plus engagées dans la lutte contre l'épidémie: l'OMS, Médecins Sans Frontières (MSF) et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La Commission a dépêché des experts humanitaires, notamment des spécialistes des maladies dangereuses, dans la région touchée, où ils suivent l'évolution de la situation et assurent la liaison avec les partenaires et les autorités. MLab, un laboratoire mobile financé par la Commission européenne, est également présent sur le terrain.

Le Centre de coordination de la réaction d'urgence de la Commission (ERCC) suit l'évolution de la situation sur le terrain et échange des informations avec les organisations internationales qui luttent contre l'épidémie et avec les États membres de l'UE. L'ERCC est prêt à coordonner l'acheminement d'une aide matérielle européenne vers la région touchée.

Aide au développement à plus long terme

La Commission européenne vient d'annoncer l'octroi d'une aide de 140 millions d'euros aux pays où sévit actuellement le virus Ebola en Afrique de l'Ouest, à savoir la Guinée, le Sierra Leone, le Liberia et le Nigeria.

Sur cette nouvelle enveloppe, 38 millions d’euros sont spécifiquement destinés à aider les autorités de ces pays à améliorer leurs services de santé (notamment en renforçant les centres de traitement ou en soutenant le personnel de santé), tant pendant la crise que pendant la phase de redressement. Il est également prévu de fournir une aide en matière de sécurité alimentaire, d'eau et d'assainissement, domaines essentiels pour préserver la santé de la population. La Commission suit de très près non seulement l'épidémie d'Ebola, mais aussi ses conséquences sur le développement des pays concernés.

L'UE a élaboré un ensemble de mesures destinées à lutter contre l'épidémie d'Ebola en améliorant les systèmes de soin de santé et en renforçant la capacité des autorités à faire face à la crise. Ces mesures, d'un montant de 140 millions d'euros, tiennent compte des conséquences de la crise sur le développement en général (difficulté de garantir la stabilité économique, la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau et les services d'assainissement dans les pays touchés) et s'inscrivent dans une approche de type «LARD» (lien entre l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement), cherchant à jeter des ponts entre les interventions se déroulant pendant et après la phase d'urgence.

En Guinée, la santé est l'un des secteurs de concentration de notre coopération au développement dans le cadre du Fonds européen de développement. Le budget prévu est de 40 millions d'euros pour la période 2014-2020 (la dotation totale pour la Guinée s'élève à 244 millions d'euros). L'an dernier, un vaste projet d'un montant total de 29,5 millions d'euros, dont une contribution de 9,5 millions d'euros de l'Agence française pour le développement, a été lancé pour soutenir le secteur guinéen de la santé. Ce projet vise à renforcer les capacités du ministère de la santé, à améliorer l'accès, notamment des femmes et des enfants, à des services de santé de base de qualité, ainsi qu'à garantir que les médicaments essentiels soient disponibles et accessibles dans la région forestière, où l'épidémie d'Ebola s'est déclarée.

La région forestière a été retenue comme principale zone d'intervention. Les établissements de santé bénéficient d'une aide consistant entre autres à former le personnel sanitaire (sages-femmes, techniciens, infirmières employées par l'État), ainsi qu'à construire, agrandir et remettre en état les installations et leur équipement.

L'UE finance également (dans le cadre de son initiative en faveur des OMD dotée d’une enveloppe d’un milliard d'euros) un programme axé sur la santé maternelle au Sierra Leone (24,2 millions d'euros). Ce projet, mis en œuvre par l'UNICEF, soutient l'initiative de gratuité des soins de santé lancée par les autorités du Sierra Leone et aide les établissements de proximité à fournir des soins de santé de meilleure qualité, notamment aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants. Il contribue à l'approvisionnement en médicaments et en matériel médical et à la formation des médecins et autres professionnels de la santé, ainsi qu'à la fourniture de produits alimentaires et de micronutriments (tels que des vitamines) destinés à traiter la malnutrition.

Le Liberia bénéficie actuellement d'un programme d'appui au secteur de la santé qui aide les autorités à exécuter leur plan général en faveur de la santé et à progresser dans la réalisation de l'OMD 5 relatif à la santé maternelle. De plus, depuis 2012, l'UE soutient les efforts déployés par les autorités du Liberia pour réduire la mortalité maternelle, qui compte parmi les plus élevées au monde, dans le cadre d'un programme doté d'un budget de 42 millions d'euros. L'UE octroie également un appui budgétaire général aux autorités du Sierra Leone et du Liberia pour les aider à fournir des services publics et à assurer la stabilité macro-économique.

Au Nigeria, le 11e Fonds européen de développement prévoit une enveloppe de 240 millions d'euros sur la période 2014-2020 pour soutenir les secteurs de la santé et de la nutrition et améliorer la résilience. Cette aide servira principalement à améliorer la gouvernance politique et institutionnelle afin d’améliorer l'état de santé et de nutrition et de renforcer la résilience des foyers les plus vulnérables, en particulier dans le nord du pays.

Plusieurs équipes de spécialistes européens du projet de laboratoire mobile européen pour les maladies infectieuses dangereuses ont été envoyées en Guinée et au Nigeria (une équipe supplémentaire sera déployée au Liberia la semaine prochaine), avec des laboratoires mobiles destinés à apporter un soutien au diagnostic de la fièvre hémorragique virale, à des analyses rapides d’échantillons et à la confirmation des infections.

L'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest constitue-t-elle un risque de santé publique pour l'UE?

Ebola présente peu de risques pour la population de l'UE. En dehors des professionnels de la santé qui ont été contaminés par le virus en Afrique de l'Ouest et qui ont été rapatriés dans l'UE pour y être soignés, aucun cas n'a été répertorié chez les voyageurs de retour en Europe. Les épidémies provoquées par le passé par la même famille de virus (les filovirus) ne se sont jamais propagées à l'Europe.

Bien que le virus Ebola soit extrêmement contagieux, il ne se transmet que dans des conditions très spécifiques, à savoir un contact étroit avec les fluides corporels d'une personne infectée, vivante ou morte. Dans le cas peu probable où une personne porteuse du virus entrerait dans l'UE, le risque de transmission à des personnes avec lesquelles elle serait en contact étroit, telles que des membres de sa famille ou du personnel sanitaire, est déjà assez faible. Même dans ce cas, le risque de transmission ultérieure serait infime vu les procédures strictes de lutte contre les infections appliquées en Europe.

L'UE est-elle prête à faire face à la propagation d'Ebola à l'Europe?

En dépit du faible risque, l'UE doit être prête au cas où un voyageur de retour dans l'Union serait porteur du virus, qu'il présente déjà ou non les symptômes de la maladie.

Il est important d'appliquer des mesures de prévention, notamment d'informer et de sensibiliser les voyageurs de retour en Europe et les prestataires de soins de santé et de veiller à ce que les systèmes de santé européens soient prêts à diagnostiquer et à traiter d'éventuels cas d'Ebola.

Pour ce faire, la Commission s'emploie, depuis le début de l'épidémie, à anticiper les risques et à en coordonner la gestion en coopération avec les États membres et avec l'appui du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l'Organisation mondiale de la santé. Le comité de sécurité sanitaire de l'UE, institué conformément à la décision du Parlement européen et du Conseil relative aux menaces transfrontières graves pour la santé, coordonne les échanges d'informations et les actions de préparation à une éventuelle propagation d'Ebola à l'UE. Des informations à l'intention des voyageurs qui se rendent dans les régions touchées sont déjà disponibles et sont régulièrement actualisées.

Pour en savoir plus:

Fiche d'information sur Ebola:

http://ec.europa.eu/echo/files/aid/countries/factsheets/thematic/wa_ebola_fr.pdf

IP/14/974: L’UE annonce des mesures d'aide d'un montant de 140 millions d’euros pour lutter contre l'épidémie d'Ebola

Site web de la DG Santé et Consommateurs de la Commission européenne:

http://ec.europa.eu/health/preparedness_response/risk_management/ebola/index_en.htm

Site web de Mme Georgieva:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/georgieva/index_fr.htm

Travaux de la Commission européenne dans les domaines de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises:

http://ec.europa.eu/echo/fr/photo-slider

Site web d'Andries Piebalgs, commissaire européen au développement:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/piebalgs/index_fr.htm

Site web de la DG Développement et coopération - EuropeAid:

http://ec.europa.eu/europeaid/where/index_fr.htm


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