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Le fond fiduciaire européen pour la République Centrafricaine

European Commission - MEMO/14/483   14/07/2014

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Commission européenne

MEMO

Bruxelles, 14 juillet 2014

Le fond fiduciaire européen pour la République Centrafricaine

La Commission européenne, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas vont créer le premier fonds fiduciaire de l’union européenne, qui aura pour but de contribuer à la stabilisation et à la reconstruction de la République Centrafricaine (RCA). Le fond a été baptisé Bêkou, ce qui signifie « espoir » en Sango (langue de la République Centrafricaine).

L’importance de la crise politique et sécuritaire en RCA, les conditions difficiles d’équipement, de délivrance des services de base et de fonctionnement de l’administration nécessitent qu’une aide internationale structurée et adaptée aux situations de fragilité puisse s’organiser rapidement et efficacement.

Le nouveau règlement financier permet à la Commission européenne de créer et de gérer un fonds fiduciaire européen au titre d’un accord conclu avec d’autres donateurs. Ces fonds sont conçus pour mobiliser différentes sources de financement de l’UE et recueillir des contributions des Etats membres ainsi que de donateurs de pays tiers.

Les fonds fiduciaires de l’UE ont été spécialement prévus pour intervenir dans des contextes de crise ou de post-crise où l’expérience a montré que la faiblesse des administrations nationales ou locales et la multiplication soudaine des bailleurs entrainent une désorganisation et une fragmentation de l’action de la communauté internationale ne permettant pas de contribuer de manière significative et durable à la reconstruction d’un pays. Le fonds permettra d'éviter cette fragmentation.

La création de ce fond prend en compte les leçons des précédentes crises et la nécessité de mieux articuler les programmes de reconstruction/développement avec la réponse humanitaire (Linking Relief, Rehabilitation and Development, ou LRRD) afin de permettre le renforcement des capacités centrafricaines

  1. En quoi ce fonds est-il innovant?

Ce fonds constitue un nouvel outil dans la palette du système européen. Il permet de dépasser le stade de la coordination entre Etats Membres pour mettre en place une véritable mutualisation, tant des ressources que de l’expertise et des capacités de mise en œuvre.

Face à un contexte aussi difficile que celui de la RCA, pays orphelin de l’aide dans lequel l’ensemble des partenaires techniques et financiers avaient déjà de très grandes difficultés à exécuter des projets avant la crise actuelle, cet outil permet de rationaliser les dispositifs d’intervention, de concentrer les ressources humaines et techniques déployées sur le terrain et de créer une véritable dynamique commune.

  1. Quel est l’intérêt d’un tel fonds pour le gouvernement centrafricain ?

Il permet aux autorités centrafricaines d’être renforcées mais aussi de travailler avec un pool d’interlocuteurs coordonnés mobilisant des volumes financiers importants sur une période de plusieurs années.

Il contribuera ainsi à rationaliser l’action des donateurs:

  1. en réduisant les couts administratifs liés à la coordination des acteurs internationaux

  2. en évitant la fragmentation et désorganisation de l'aide;

  3. en créant un cadre concret pour accepter des compromis dans la gestion des programmes d’aide.

  4. en évitant le désengagement précoce des financements internationaux avant une possible reprise économique dans le pays

  5. en mobilisant une masse critique de financements – palliant ce faisant la faiblesse des moyens mobilisables par chaque bailleur séparément.

  1. Quel est l’intérêt pour des bailleurs de fonds de contribuer au fonds Bêkou?

Le fonds offre aux bailleurs un véhicule flexible et sécurisé de financement d’activités dans le cadre d’un partenariat multi-acteurs. Il leur permet enfin de formaliser et de concrétiser leur engagement politique à la résolution de la crise centrafricaine sans avoir à assumer des coûts de transaction prohibitifs. Ces bailleurs reçoivent en outre l’assurance que les fonds seront gérés par la Commission européenne, qui engage sa responsabilité financière et travaille selon les principes et standards applicable au budget de l’Union européenne.

  1. Comment sera-t-il organisé?

La gouvernance du fonds repose sur deux niveaux :

1- Un Conseil d’administration composé des Etats membres de l’UE et des autres contributeurs définira la stratégie générale d’intervention du fonds en association avec les autorités centrafricaines.

2- Un Comité de gestion décidera de la sélection des projets, de leurs modalités de mise en œuvre et au suivi de leur mise en œuvre. Le fonds sera géré par la Commission européenne.

Le fonds est établi pour une durée limitée de 60 mois afin d'apporter une réponse de moyen terme. Le fonds fiduciaire est ouvert à tous les États Membres de l’UE qui souhaitent contribuer à la réalisation des objectifs du fonds fiduciaire ainsi qu’à d’autres donateurs.

  1. Qu’est-ce que l'approche LLRD?

Il s’agit de lier les actions d’aide humanitaire d’urgence – financées par les instruments appropriés distincts - à des actions simultanées de relance progressive des leviers de développement de moyen et long termes. Par exemple, une approche LRRD permet non seulement d’apporter de l’aide alimentaire dans les camps de réfugiés mais dans le même temps de se consacrer au secteur agricole local en l’appuyant, en semences et intrants, pour préparer la prochaine campagne et assurer ainsi une autosuffisance progressive.

  1. Quels sont les enjeux régionaux de la crise ?

L’arrivée de dizaines de milliers de réfugiés centrafricains dans les zones frontalières (Cameroun, Tchad, RDC, Congo…) risque de rompre les équilibres locaux. Il est donc nécessaire d’agir au-delà du territoire centrafricain :

  1. pour aider les populations d’accueil à gérer l’afflux de réfugiés (sécurité alimentaire, fourniture de services essentiels, gestion des tensions foncières)

  2. pour gérer la désorganisation des flux de transhumance d’éleveurs habitués à traverser le territoire centrafricain en saison sèche aujourd’hui bloqués au Tchad, et/ou d’éleveurs musulmans ayant dû fuir les violences en laissant leurs troupeaux en Centrafrique.


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