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Commission européenne

MÉMO

Bruxelles, le 8 juillet 2014

Mesures prises par l’Union européenne pour lutter contre le chômage des jeunes

Quelle est la situation actuelle?

En mai 2014, l’UE-28 comptait 5,2 millions de jeunes chômeurs, soit un taux de chômage de 22,2 % (23,3 % dans la zone euro). Plus d’un jeune Européen sur cinq sur le marché du travail ne parvient pas à trouver un emploi; en Grèce et en Espagne, cette proportion est d’un jeune sur deux.

7,5 millions de jeunes Européens âgés de 15 à 24 ans (désignés par l’acronyme anglais «NEET» – neither in education, employment or training) sont sans emploi et ne suivent ni enseignement ni formation.

Au cours des quatre dernières années, le niveau d’emploi des jeunes a globalement baissé trois fois plus que celui des adultes.

L’écart entre les pays où les taux de chômage des jeunes sont, respectivement, le plus fort et le plus faible reste extrêmement marqué. Une différence de près de 50 points de pourcentage sépare ainsi l’État membre au taux le plus faible, à savoir l’Allemagne (7,8 % en mai 2014), et l’État membre au taux le plus fort, à savoir la Grèce (57,7 % en mars 2014). Celle-ci est suivie par l’Espagne (54 %), la Croatie (48,7 %), l’Italie (43 %), Chypre (37,3 %) et le Portugal (34,8 %).

Le potentiel de mobilité professionnelle des jeunes pourrait être davantage exploité pour résorber en partie leur chômage: la population active occupée dans l’Union représente quelque 216,1 millions de personnes, dont seulement 7,5 millions (3,1 %) travaillent dans un autre État membre. Des enquêtes de l’Union montrent que les jeunes sont le groupe le plus enclin à la mobilité.

Il ne fait aucun doute que la situation est inacceptable. Aussi la Commission s’emploie‑t‑elle à combattre le chômage des jeunes, en collaboration avec les États membres.

Que fait l’Union européenne?

Investir dans les jeunes: la garantie pour la jeunesse

La garantie pour la jeunesse vise à faire en sorte que les États membres proposent à tous les jeunes, jusqu’à l’âge de 25 ans, un emploi, une formation continue, un apprentissage ou un stage de qualité dans les quatre mois suivant leur sortie de l’enseignement officiel ou la perte de leur emploi. Ce dispositif figure parmi les réformes structurelles les plus importantes et les plus urgentes que les États membres doivent mener à bien pour enrayer le chômage et l’inactivité des jeunes et faciliter leur passage du système éducatif au monde du travail.

La garantie pour la jeunesse obéit à une logique très simple: veiller à ce qu’aucun jeune ne demeure inactif ou chômeur pendant plus de quatre mois. La garantie pour la jeunesse devrait permettre aux jeunes de trouver un emploi adapté à leur éducation, à leurs compétences et à leur expérience ou d’acquérir l’éducation, les compétences et l’expérience que recherchent les employeurs et qui sont donc directement susceptibles d’augmenter leurs perspectives d’emploi.

La garantie pour la jeunesse s’inspire d’expériences similaires menées en Autriche et en Finlande, qui ont démontré qu’investir dans la jeunesse était une opération rentable. Par exemple, la garantie finnoise pour la jeunesse s’est traduite par une baisse du taux de chômage des jeunes, 83,5 % d’entre eux s’étant vu proposer avec succès un emploi, un stage, un apprentissage ou une formation complémentaire dans les trois mois suivant leur inscription au chômage. Une recommandation sur l’établissement d’une garantie pour la jeunesse a été officiellement adoptée par le Conseil des ministres de l’Union européenne le 22 avril 2013 (voir MEMO/13/152), sur la base d’une proposition présentée par la Commission en décembre 2012 (voir IP/12/1311 et MEMO/12/938) et entérinée en juin 2013 par le Conseil européen.

La mise en œuvre des dispositifs nationaux de garantie pour la jeunesse est suivie par la Commission dans le cadre du semestre européen (voir ci-dessous).

Comment la garantie pour la jeunesse fonctionne-t-elle?

Dans beaucoup d’États membres, la mise en place de la garantie pour la jeunesse impose des réformes structurelles. Les services publics de l’emploi doivent notamment être en mesure de fournir à chaque jeune des conseils personnalisés appropriés concernant les possibilités d’emploi, d’éducation et de formation les plus adaptées à son cas, débouchant sur une offre d’emploi concrète et sur mesure dans les quatre mois. La décision visant à aider ces services à optimiser leur fonctionnement par une coopération plus étroite, proposée par la Commission en juin 2013 et adoptée en mai 2014, peut constituer un outil précieux (voir IP/13/544 et IP/14/545).

Des réformes structurelles devront également être introduites dans les systèmes d’apprentissage, ainsi que dans les systèmes d’enseignement et de formation professionnels. Les États membres doivent veiller à apporter aux jeunes les compétences recherchées par les employeurs (voir plus bas).

Il va de soi que la garantie pour la jeunesse aura des répercussions budgétaires pour les États membres (l’Organisation internationale du travail a estimé à 21 milliards d’euros annuels les frais de mise en place de ce dispositif dans la zone euro). Cependant, ne rien faire reviendrait encore bien plus cher. La Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a calculé que les pertes économiques liées aux millions de jeunes NEET présents dans l’Union dépassaient 150 milliards d’euros en 2011 (soit 1,2 % du PIB de l’Union), compte tenu des allocations versées et des pertes de production.

S’ajoutent à ces pertes les coûts à long terme du chômage, tant pour l’économie que pour la société et les individus concernés, dont un risque accru de chômage et d’appauvrissement. Le coût de l’inaction est donc très élevé: la garantie pour la jeunesse doit être perçue comme un investissement. La Commission juge ces dépenses indispensables pour permettre à l’Union de préserver son potentiel de croissance future. Un concours financier substantiel de l’UE – notamment via le Fonds social européen et dans le contexte de l’Initiative pour l’emploi des jeunes (voir ci-après) – peut certes contribuer à la réalisation de cet objectif. Néanmoins, pour que la garantie pour la jeunesse se concrétise, il importe que les États membres accordent eux aussi une importance prioritaire dans leur budget à l’action en faveur de l’emploi des jeunes.

Comment le Fonds social européen soutient-il la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse?

Le Fonds social européen (FSE), qui constitue de loin la première source de fonds de l’Union pour soutenir la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse et d’autres mesures contre le chômage des jeunes, fournira plus de 10 milliards d’euros par an pour la période 2014–2020. Il est essentiel que les États membres consacrent une part importante des ressources qui leur seront allouées au titre du FSE durant cette période à mettre en place la garantie pour la jeunesse ainsi que les diverses réformes et mesures nécessaires pour la soutenir.

La garantie pour la jeunesse est un concept nouveau qui exige, dans de nombreux États membres, des réformes structurelles importantes pour lutter contre le chômage des jeunes. Il faut renforcer les services publics de l’emploi, réformer les systèmes d’enseignement et de formation, consolider les partenariats permettant d’atteindre les jeunes inactifs non inscrits auprès d’un service de l’emploi et améliorer la qualité des offres. Un tel chantier demande du temps.

Exemples d’activités ou d’interventions liées à la garantie pour la jeunesse ouvrant droit à une aide du FSE:

Mesures

Exemples concrets d’activités ou d’interventions ouvrant droit à une aide du FSE

Stratégies de communication et points de liaison

[Rec. GJ n° 8-9]

  • Visites des établissements scolaires par le service public de l’emploi (SPE)

  • Formations du SPE à l’intention des enseignants

  • Mise en place de services spéciaux pour les jeunes fournis dans le cadre du SPE ou par des prestataires privés sous contrat

  • Distribution d’imprimés dans les centres de jeunes ou lors de manifestations destinées aux jeunes

  • Utilisation de l’internet et des médias sociaux

  • Systèmes de collecte de données

  • Campagnes itinérantes de communication

Proposer des plans d’action personnalisés

[Rec. GJ n° 10]

  • Formation du personnel du SPE

  • Recours aux services de partenaires spécialisés

Proposer aux jeunes ayant quitté prématurément l’école et aux jeunes peu qualifiés des parcours pour réintégrer l’enseignement ou la formation ou encore des programmes éducatifs de deuxième chance, résoudre les inadéquations en matière de compétences et améliorer les compétences numériques

[Rec. GJ n° 11-13]

  • Formations et programmes éducatifs de deuxième chance

  • Cours de langue

  • Accompagnement et soutien pédagogique supplémentaire pour maintenir ou ramener les jeunes dans l’enseignement ou la formation

  • Aide aux jeunes à risque pour leur permettre d’acquérir les qualifications les plus utiles et d’obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur

  • Formations par le travail et apprentissages

  • Formations axées sur les compétences numériques

  • Indemnités de formation

Inciter les écoles et les services de l’emploi à promouvoir l’entrepreneuriat et l’activité indépendante auprès des jeunes et à fournir des conseils à ce sujet

[Rec. GJ n° 14]

  • Formations destinées au personnel des SPE et aux enseignants

  • Conception et introduction de cours d’entrepreneuriat dans l’enseignement secondaire

  • Formations destinées aux jeunes chômeurs

Utiliser des aides à l’embauche et des subventions salariales ciblées et bien conçues pour inciter les employeurs à offrir un apprentissage ou un placement professionnel aux jeunes, notamment à ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail [Rec. GJ n° 17]

  • Crédits à l’embauche pour favoriser les recrutements nets de jeunes (offres d’emploi ou d’apprentissage). Le financement par le FSE des crédits relatifs aux indemnités devrait s’accompagner de mesures d’activation – notamment des formations pratiques.

Promouvoir la mobilité de l’emploi/de la main-d’œuvre en sensibilisant les jeunes aux offres d’emploi, de stage et d’apprentissage et au soutien disponible dans différents domaines, et fournir un soutien adéquat à ceux qui se sont déplacés

[Rec. GJ n° 18]

  • Gestion de points de contact EURES (le soutien du FSE à l’EURES est axé sur le recrutement et sur les services d’information, de conseil et d’orientation y afférents, au niveau national et transfrontalier)

  • Campagnes de sensibilisation

  • Soutien aux organisations bénévoles qui proposent du parrainage

  • Soutien aux mouvements de jeunesse qui instaurent un dialogue avec les jeunes travailleurs migrants

Multiplier les services d’aide à la création d’entreprises

[Rec. GJ n° 19]

  • Coopération entre les SPE, les services d’aide aux entreprises et les bailleurs de fonds (par exemple, salons de l’emploi et activités de mise en réseau au niveau régional)

  • Aide à la création de PME

  • Aide à la création d’une activité indépendante

  • Formations commerciales, notamment pour les personnes au chômage, assorties de bourses à la création d’entreprise

Renforcer les mécanismes d’aide aux jeunes ayant abandonné les dispositifs d’activation et n’ayant plus accès aux prestations

[Rec. GJ n° 20]

  • Soutien aux mouvements de jeunesse et aux services pour la jeunesse

  • Coopération avec d’autres organisations travaillant au contact des jeunes

  • Établissement de systèmes de suivi

  • Soutien aux services d’orientation scolaire et professionnelle

Suivre et évaluer l’ensemble des mesures et programmes contribuant à une garantie pour la jeunesse, afin que davantage de politiques et d’interventions puissent être développées sur la base d’éléments concrets et de ce qui fonctionne, où et pourquoi [Rec. GJ nº 23]

  • Recensement des initiatives présentant un bon rapport coût-efficacité

  • Recours à des essais contrôlés

  • Création de centres d’analyse

  • Élaboration de modèles d’intervention et d’actions pilotes, mise à l’essai et intégration des politiques publiques (innovation et expérimentation sociale)

Promouvoir des activités d’apprentissage mutuel au niveau national, régional et local entre toutes les parties concernées par la lutte contre le chômage des jeunes, en vue d’améliorer la conception et la mise en œuvre des futurs dispositifs de garantie pour la jeunesse

[Rec. GJ n° 24]

  • Mise à profit du réseau européen des SPE (le FSE soutient les activités de coopération transnationale favorisant les échanges de bonnes pratiques entre organisations au niveau européen, dans le cadre du financement de l’assistance technique à l’échelon de la Commission)

Renforcer les capacités de toutes les parties prenantes, y compris des services de l’emploi concernés, participant à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des dispositifs de garantie pour la jeunesse afin d’éliminer tous les obstacles internes et externes concernant les politiques et la manière dont ces dispositifs sont élaborés

[Rec. GJ n° 25]

  • Formations et ateliers

  • Mise en place de programmes d’échange et de détachements de salariés entre organisations par des activités de coopération transnationale

Comment l’Initiative pour l’emploi des jeunes soutient-elle l’application de la garantie pour la jeunesse?

Pour compléter l’aide financière de l’Union aux régions dont la population est la plus frappée par le chômage et l’inactivité des jeunes, le Parlement européen et le Conseil sont convenus de lancer une Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ). Cette initiative concentre son aide sur les régions enregistrant un taux de chômage des jeunes supérieur à 25 % et sur les jeunes sans emploi ne suivant ni enseignement ni formation (NEET). L’objectif est de garantir que le soutien apporté à chaque jeune dans les parties de l’Europe où les difficultés sont les plus grandes est suffisant pour induire un véritable changement.

L’IEJ est disponible pour les mesures des États membres qui visent directement les jeunes — et en particulier les NEET — de moins de 25 ans, voire, lorsque les États membres le jugent opportun, de moins de 30 ans. Toutefois, en pareil cas, il convient que les États membres affectent des ressources du FSE supplémentaires à ces mesures afin de garantir le même niveau de soutien à chaque individu.

La dotation de l’IEJ s’élève à 3 milliards d’euros, inscrits sous une nouvelle ligne budgétaire du budget de l’Union spécialement consacrée à l’emploi des jeunes; une contribution au moins égale proviendra des allocations nationales du FSE. Cette initiative permet de renforcer le soutien du FSE à la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, en finançant des activités directement destinées à aider les jeunes NEET. L’Initiative pour l’emploi des jeunes peut soutenir des activités telles qu’une première expérience professionnelle, des offres de stages et d’apprentissages ou encore des compléments d’enseignement et de formation. Elle pourrait, par exemple, compléter une aide à la création d’entreprises pour les jeunes entrepreneurs, des programmes de la deuxième chance pour les jeunes en décrochage scolaire ou des subventions salariales et des aides à l’embauche ciblées. L’IEJ est intégrée dans la programmation du FSE pour la période 2014-2020.

Les États membres devront compléter l’aide de l’IEJ en investissant davantage de ressources du FSE et de ressources nationales dans des réformes structurelles pour moderniser les services en matière d’emploi, d’aide sociale et d’éducation destinés aux jeunes et en améliorant l’accès à l’enseignement, la qualité de celui-ci et son adéquation avec la demande sur le marché du travail.

État membre

Régions pouvant bénéficier d’une aide supplémentaire au titre de l’IEJ

Allocation spéciale au titre de l’IEJ (en millions d’EUR)*

Allemagne

Non

-

Autriche

Non

-

Belgique

Oui

39,64

Bulgarie

Oui

51,56

Chypre

Oui

10,81

Croatie

Oui

61,82

Danemark

Non

-

Espagne

Oui

881,44

Estonie

Non

-

Finlande

Non

-

France

Oui

289,76

Grèce

Oui

160,24

Hongrie

Oui

46,49

Irlande

Oui

63,66

Italie

Oui

530,18

Lettonie

Oui

27,1

Lituanie

Oui

29,69

Luxembourg

Non

-

Malte

Non

-

Pays-Bas

Non

-

Pologne

Oui

235,83

Portugal

Oui

150,2

République tchèque

Oui

12,71

Roumanie

Oui

99,02

Royaume-Uni

Oui

192,54

Slovaquie

Oui

67,43

Slovénie

Oui

8,61

Suède

Oui

41,26

* Les États membres sont tenus d’apporter une contribution au moins égale à celle de l’IEJ, prélevée sur leur allocation du Fonds social européen.

Quand ces fonds seront-ils mis à la disposition des États membres?

Ils le sont déjà. L’enveloppe de 6 milliards d’euros au titre de l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ) est préalimentée, de manière à ce que l’intégralité de cette somme soit engagée en 2014 et 2015 plutôt que sur les sept années du cadre financier pluriannuel.

La Commission peut rembourser aux États membres les sommes qu’ils dépensent au titre des mesures admissibles dès que ceux-ci soumettent un projet décrivant clairement la manière dont les fonds seront utilisés. Ce projet doit être présenté par l’État membre concerné et approuvé par la Commission. Cette condition, fixée par le Conseil des ministres et le Parlement européen, s’applique aux fonds provenant de l’enveloppe de 6 milliards d’euros de l’IEJ au même titre qu’à tous les autres fonds de l’Union (dont le Fonds social européen).

Il convient de noter que les États membres devraient également utiliser leurs propres fonds. Dans son examen annuel de la croissance pour 2013 et 2014, la Commission a souligné que, dans le cadre d’un assainissement budgétaire propice à la croissance, les États membres devraient accorder une attention particulière au maintien ou au renforcement du champ d’action et de l’efficacité des services de l’emploi, des politiques actives du marché du travail et des dispositifs de garantie pour les jeunes.

Il est important de souligner que certains États membres (tels que la Bulgarie, la Croatie, l’Irlande, la Pologne et la Suède) élaborent déjà des projets consistant à mettre en œuvre la garantie pour la jeunesse à l’aide de leurs propres fonds et, lorsqu’ils sont censés bénéficier de fonds de l’Union, sans attendre d’être remboursés par la Commission.

La Commission n’a eu de cesse d’encourager les États membres à présenter en priorité leurs programmes en faveur de l’emploi des jeunes; elle a examiné leurs plans de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse dans le cadre du semestre européen.

La France et l’Italie ont décidé de consacrer un programme opérationnel à l’utilisation des fonds de l’IEJ en faveur de l’emploi des jeunes, ce qui permet une adoption rapide. Le programme français a été adopté le 3 juin à l’issue de procédures très accélérées (voir IP/14/622); le dialogue avec la Commission en ce qui concerne le projet de programme italien en est quant à lui au stade final. Une fois que les deux programmes auront été approuvés, plus de 25 % des fonds de l’IEJ auront été engagés.

La Pologne, le Portugal et le Royaume-Uni comptent eux aussi parmi les principaux bénéficiaires de l’IEJ. Ces trois États membres ont présenté officiellement leurs programmes opérationnels au titre du FSE (dans lesquels sont également programmées les dépenses des ressources de l’IEJ) et la Commission leur a déjà fait part de ses commentaires à ce sujet.

Une fois que les programmes de dépenses des États membres ont été adoptés, le financement au titre de l’IEJ peut être accordé avec effet rétroactif à partir de septembre 2013.

Dans l’intervalle, les États membres peuvent envisager de recourir à un financement relais, comme proposé par la BEI dans sa récente initiative en faveur des jeunes.

La Commission travaille en permanence avec les États membres pour accélérer le processus et a apporté un soutien considérable à la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse. Le séminaire organisé par la Commission à Bruxelles le 11 juillet (voir IP/14/784) sera une autre occasion d’aider les États membres à accélérer et améliorer l’exécution des mesures soutenues par l’Initiative pour l’emploi des jeunes.

Recommandations par pays

Les recommandations par pays pour 2014 proposées par la Commission et adoptées par le Conseil européen des 26 et 27 juin dans le cadre du semestre européen, l’exercice annuel d’élaboration des politiques économiques de l’Union, ont appelé 18 États membres à prendre des mesures urgentes contre le chômage des jeunes en améliorant le passage des bancs de l’école à la vie active.

La Commission a adressé des recommandations spécifiques sur la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse à huit pays (Espagne, Italie, Slovaquie, Croatie, Portugal, Pologne, Bulgarie et Irlande). Toutes les informations détaillées concernant l’examen de la mise en œuvre la garantie pour la jeunesse dans tous les États membres qu’a effectué la Commission dans le cadre du semestre européen sont disponibles ici.

Parmi ces mesures, l’on citera des politiques volontaristes de l’emploi, le renforcement des services publics de l’emploi, le soutien aux programmes de formation et d’apprentissage, la lutte contre le décrochage scolaire et la mise en place de stratégies de communication, autant d’éléments susceptibles de contribuer au succès de la garantie pour la jeunesse. Les recommandations ont aussi pressé les États membres de réfléchir à des moyens de pallier la segmentation des marchés du travail, qui rend les jeunes beaucoup plus vulnérables.

Comment améliorer les apprentissages et les stages

Les systèmes efficaces d’enseignement et de formation professionnels, surtout lorsqu’ils reposent sur un principe rigoureux de formation par le travail, facilitent le passage des jeunes du système éducatif au monde du travail.

En complément de la garantie pour la jeunesse, la Commission a lancé deux initiatives spécifiques afin d’aider les jeunes dans cette transition:

sur la base d’une proposition de la Commission, le Conseil des ministres a adopté, en mars 2014, un cadre de qualité pour les stages visant à permettre aux stagiaires d’acquérir une expérience professionnelle de qualité dans des conditions sûres et équitables et à augmenter leurs chances de trouver un bon emploi (voir IP/14/236);

lancée en juillet 2013, l’alliance européenne pour l’apprentissage réunit des autorités publiques, des entreprises, des partenaires sociaux, des prestataires de services d’enseignement et de formation professionnels, des représentants de la jeunesse et d’autres acteurs clés en vue d’améliorer l’offre et la qualité des apprentissages dans toute l’Union et de faire évoluer les mentalités sur ce mode de formation (voir IP/13/634).

Mobilité des travailleurs

La Commission aide également les jeunes à intégrer le monde du travail en favorisant la mobilité professionnelle, notamment en informant les jeunes des possibilités d’emploi dans d’autres pays de l’Union. Le réseau paneuropéen d’aide à la recherche d’emploi EURES donne accès à près de 2 millions d’offres d’emplois. Le portail est en cours de modernisation afin de devenir un véritable outil de recherche d’emploi en libre-service à l’échelle de l’Union, et la Commission a proposé de nouvelles règles visant à renforcer les services fournis par EURES aux demandeurs d’emploi et aux employeurs (IP/14/26, MEMO/14/22, MEMO/14/23).

Le programme de la Commission en faveur de la mobilité, intitulé «Ton premier emploi EURES», est un projet pilote ayant pour but d’éprouver l’efficacité des services sur mesure combinés à une aide financière pour aider les jeunes de 18 à 30 ans à trouver un emploi dans un autre État membre (au minimum un contrat de six mois, conformément à la législation nationale du travail). Ce programme prévoit la fourniture d’informations, une aide à la recherche d’emploi et un soutien à l’embauche et au placement professionnel. Il permet de financer des cours de langue et d’autres besoins en formation, de même que les frais de déplacement des jeunes candidats (pour les entretiens d’embauche et la négociation des conditions d’embauche dans d’autres pays de l’Union). Il prévoit en outre une contribution à un programme d’aide à l’intégration en cas de recrutement par une PME. Depuis 2013, le programme a été étendu aux stages et aux apprentissages.

Le programme pour l’emploi et l’innovation sociale (EaSI) soutient ce type d’actions ciblées par un financement supplémentaire direct de 5 à 9 milliards d’euros par an (voir IP/13/1212). Des initiatives seront menées à petite échelle pour pallier le problème des emplois vacants dans certains métiers, secteurs d’activité ou États membres grâce à des campagnes de recrutement sur mesure, de manière à faciliter l’appariement des offres et des demandes d’emploi dans l’Union. L’emploi des jeunes restera une priorité majeure.

Étant donné l’ampleur de la tâche, il incombera aux États membres – qui s’appuieront sur leurs services de l’emploi et qui feront intervenir, au besoin, le FSE – et aux employeurs d’augmenter leurs aides financières à la mobilité professionnelle dans l’Union en tant que mesure favorable à l’emploi, en s’inspirant de l’expérience de «Ton premier emploi EURES».

Informations complémentaires

Voir également:


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