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Commission européenne

MÉMO

Bruxelles, le 8 novembre 2013

Mesures de l’Union européenne pour lutter contre le chômage des jeunes

Quelle est la situation actuelle?

En septembre 2013, l'UE-28 comptait 5,6 millions de jeunes chômeurs, soit un taux de chômage de 23,5 % (24,1% dans la zone euro).

Plus d'un jeune Européen sur cinq sur le marché du travail ne parvient pas à trouver un emploi; en Grèce et en Espagne, cette proportion est d'un jeune sur deux.

7,5 millions de jeunes Européens âgés de 15 à 24 ans (désignés par l'acronyme anglais «NEET» – neither in education, employment or training) ne font pas d'études, ne travaillent pas et ne suivent pas de formation.

Au cours des quatre dernières années, le niveau d'emploi des jeunes a globalement chuté trois fois plus que celui des adultes.

L'écart entre les pays où le taux de chômage des jeunes est respectivement le plus fort et le plus faible reste extrêmement marqué. Une différence de près de 50 points de pourcentage sépare ainsi l'État membre au taux le plus faible, à savoir l'Allemagne (7,7 % en septembre 2013), et l'État membre au taux le plus fort, à savoir la Grèce (57,3 % en juillet 2013). Celle-ci est suivie par l'Espagne (56,5 %), la Croatie (52,8 %), Chypre (43,9 %), l'Italie (40,4 %) et le Portugal (36,9 %).

Le potentiel de mobilité professionnelle des jeunes pourrait être davantage exploité pour résorber en partie leur chômage: la population active occupée dans l'Union représente quelque 216,1 millions de personnes, dont seulement 7,5 millions (3,1 %) travaillent dans un autre État membre. Des enquêtes de l'Union montrent que les jeunes sont le groupe le plus enclin à la mobilité.

Il ne fait aucun doute que la situation est inacceptable. Aussi la Commission s'emploie-t-elle à combattre le chômage des jeunes, en collaboration avec les États membres.

Que fait l'Union européenne?

Investir dans les jeunes: la garantie pour la jeunesse

La garantie pour la jeunesse vise à faire en sorte que les États membres proposent à tous les jeunes, jusqu'à l'âge de 25 ans, un emploi, une formation continue, un apprentissage ou un stage de qualité dans les quatre mois suivant leur sortie de l’enseignement officiel ou la perte de leur emploi. Ce dispositif figure parmi les réformes structurelles les plus importantes et les plus urgentes que les États membres doivent mener à bien pour enrayer le chômage des jeunes et faciliter leur passage du système éducatif au monde du travail.

Il obéit à une logique très simple: veiller à ce que les jeunes soient activement aidés par les services publics de l'emploi, soit à trouver un emploi adapté à leur éducation, à leurs compétences et à leur expérience, soit à acquérir l'éducation, les compétences et l'expérience que recherchent les employeurs et qui sont donc directement susceptibles d'augmenter leurs perspectives d'emploi.

Cette démarche repose notamment sur le lien très net qui a été constaté entre le niveau de formation des jeunes et leur taux de chômage.

Taux de chômage des jeunes par niveau de formation dans l'UE-27, 2000–2012

Source: Eurostat 2013

La garantie pour la jeunesse s'inspire d'expériences similaires menées en Autriche et en Finlande, qui ont démontré qu'investir dans la jeunesse était une opération rentable. Par exemple, la garantie finnoise pour la jeunesse s'est traduite par une baisse du taux de chômage des jeunes, 83,5 % d'entre eux s'étant vu proposer avec succès un emploi, un stage, un apprentissage ou une formation complémentaire dans les trois mois suivant leur inscription au chômage.

Une recommandation sur l'établissement d'une garantie pour la jeunesse a été officiellement adoptée par le Conseil des ministres de l'Union européenne le 22 avril 2013 (voir MEMO/13/152), sur la base d'une proposition présentée par la Commission en décembre 2012 (voir IP/12/1311, et MEMO/12/938) et entérinée en juin 2013 par le Conseil européen.

Dans beaucoup d'États membres, la mise en place de la garantie pour la jeunesse imposera des réformes structurelles. Les services publics de l'emploi doivent notamment être en mesure de fournir à chaque jeune des conseils appropriés concernant les possibilités d'emploi, d'éducation et de formation les plus adaptées à son cas. À cet égard, la décision de juin 2013 proposée par la Commission, visant à aider ces services à optimiser leur fonctionnement par une coopération plus étroite, pourra constituer un outil précieux (voir IP/13/544).

Des réformes structurelles devront également être introduites dans les systèmes d'enseignement et de formation professionnels, un domaine dans lequel les États membres doivent veiller à apporter aux jeunes les compétences recherchées par les employeurs. Dans cette optique, un dialogue entre les syndicats, les organisations patronales, les établissements d'enseignement et les pouvoirs publics sur la structure et la teneur des programmes d'enseignement et de formation pourra se révéler utile.

Il va de soi que la garantie pour la jeunesse aura des répercussions budgétaires pour les États membres (l'Organisation internationale du travail a estimé à 21 milliards d'euros annuels les frais de mise en place de ce dispositif dans la zone euro), mais ne rien faire reviendrait encore bien plus cher. La Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a calculé que les pertes économiques liées aux 7,5 millions de jeunes NEET dans l'Union dépassaient actuellement 150 milliards d'euros par an (soit 1,2 % du PIB de l'Union), compte tenu des allocations versées et des pertes de production.

S'ajoutent à ces pertes les coûts à long terme du chômage, tant pour l'économie que pour la société et les individus concernés, dont un risque accru de chômage et d'appauvrissement dans l'avenir.

Le coût de l'inaction est donc très élevé: la garantie pour la jeunesse doit être perçue comme un investissement. La Commission juge ces dépenses indispensables pour permettre à l'Union de préserver son potentiel de croissance future. Un concours financier substantiel de l'UE – notamment via le Fonds social européen et dans le contexte de l'initiative pour l'emploi des jeunes (voir ci-après) – peut certes contribuer à la réalisation de cet objectif. Néanmoins, pour que la garantie pour la jeunesse se concrétise, il importe que les États membres accordent eux aussi une importance prioritaire dans leur budget à l'action en faveur de l'emploi des jeunes.

Soutien du Fonds social européen à la garantie pour la jeunesse

Le Fonds social européen (FSE), qui constitue de loin la première source de fonds de l’Union pour soutenir la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse et d'autres mesures contre le chômage des jeunes, devrait conserver sa dotation de plus de 10 milliards d'euros par an sur la période 2014–2020. Il est essentiel que les États membres consacrent une part importante des ressources qui leur seront allouées au titre du FSE durant cette période à mettre en place la garantie pour la jeunesse.

Exemples d’activités/d'interventions liées à la garantie pour la jeunesse ouvrant droit à une aide du FSE:

Mesures

Exemples concrets d’activités/d'interventions ouvrant droit à une aide du FSE

Stratégies de communication et points de liaison

[Rec. GJ n° 8-9]

  • Visites des établissements scolaires par le service public de l’emploi (SPE)

  • Formations du SPE à l’intention des enseignants

  • Mise en place de services spéciaux pour les jeunes fournis dans le cadre du SPE ou par des prestataires privés sous contrat

  • Distribution d’imprimés dans les centres de jeunes ou lors de manifestations destinées aux jeunes

  • Utilisation de l’internet et des médias sociaux

  • Systèmes de collecte de données

  • Campagnes itinérantes de communication

Proposer des plans d’action personnalisés

[Rec. GJ n° 10]

  • Formation du personnel du SPE

  • Recours aux services de partenaires spécialisés

Proposer aux jeunes ayant quitté prématurément l’école et aux jeunes peu qualifiés des parcours pour réintégrer l’enseignement ou la formation ou encore des programmes éducatifs de deuxième chance, résoudre les inadéquations en matière de compétences et améliorer les compétences numériques

[Rec. GJ n° 11-13]

  • Formations et programmes éducatifs de deuxième chance

  • Cours de langue

  • Accompagnement et soutien pédagogique supplémentaire pour maintenir ou ramener les jeunes dans l’enseignement ou la formation

  • Aide aux jeunes à risque pour leur permettre d’acquérir les qualifications les plus utiles et d’obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur

  • Formations par le travail et apprentissages

  • Formations axées sur les compétences numériques

  • Indemnités de formation

Inciter les écoles et les services de l’emploi à promouvoir l’entrepreneuriat et l’activité indépendante auprès des jeunes et à fournir des conseils à ce sujet

[Rec. GJ n° 14]

  • Formations destinées au personnel des SPE et aux enseignants

  • Conception et introduction de cours d’entrepreneuriat dans l’enseignement secondaire

  • Formations destinées aux jeunes chômeurs

Utiliser des aides à l'embauche et des subventions salariales ciblées et bien conçues pour inciter les employeurs à offrir un apprentissage ou un placement professionnel aux jeunes, notamment à ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail [Rec. GJ n° 17]

  • Crédits à l’embauche pour favoriser les recrutements nets de jeunes (offres d’emploi ou d’apprentissage). Le financement par le FSE des crédits relatifs aux indemnités devrait s’accompagner de mesures d’activation – notamment des formations pratiques.

Promouvoir la mobilité de l’emploi/de la main-d’œuvre en sensibilisant les jeunes aux offres d’emploi, de stage et d’apprentissage et au soutien disponible dans différents domaines, et fournir un soutien adéquat à ceux qui se sont déplacés

[Rec. GJ n° 18]

  • Gestion de points de contact EURES (le soutien du FSE à l’EURES est axé sur le recrutement et sur les services d’information, de conseil et d’orientation y afférents, au niveau national et transfrontalier)

  • Campagnes de sensibilisation

  • Soutien aux organisations bénévoles qui proposent du parrainage

  • Soutien aux mouvements de jeunesse qui instaurent un dialogue avec les jeunes travailleurs migrants

Multiplier les services d’aide à la création d’entreprises

[Rec. GJ n° 19]

  • Coopération entre les SPE, les services d’aide aux entreprises et les bailleurs de fonds (par exemple, salons de l’emploi et activités de mise en réseau au niveau régional)

  • Aide à la création de PME

  • Aide à la création d’une activité indépendante

  • Formations commerciales, notamment pour les personnes au chômage, assorties de bourses à la création d’entreprise

Renforcer des mécanismes d’aide aux jeunes ayant abandonné les dispositifs d’activation et n’ayant plus accès à des prestations

[Rec. GJ n° 20]

  • Soutien aux mouvements de jeunesse et aux services pour la jeunesse

  • Coopération avec d’autres organisations travaillant au contact des jeunes

  • Établissement de systèmes de suivi

  • Soutien aux services d’orientation scolaire et professionnelle

Suivre et évaluer l’ensemble des mesures et programmes contribuant à une garantie pour la jeunesse, afin que davantage de politiques et d’interventions puissent être développées sur la base d’éléments concrets et de ce qui fonctionne, où et pourquoi [Rec. GJ nº 23]

  • Recensement des initiatives présentant un bon rapport coût-efficacité

  • Recours à des essais contrôlés

  • Création de centres d’analyse

  • Élaboration de modèles d’intervention et d’actions pilotes, mise à l’essai et intégration des politiques publiques (innovation et expérimentation sociale)

Promouvoir des activités d’apprentissage mutuel au niveau national, régional et local entre toutes les parties concernées par la lutte contre le chômage des jeunes, en vue d’améliorer la conception et la mise en œuvre des futurs dispositifs de garantie pour la jeunesse

[Rec. GJ n° 24]

  • Mise à profit du réseau européen des SPE (le FSE soutient les activités de coopération transnationale favorisant les échanges de bonnes pratiques entre organisations au niveau européen, dans le cadre du financement de l’assistance technique à l'échelon de la Commission)

Renforcer les capacités de toutes les parties prenantes, y compris des services de l’emploi concernés, participant à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des dispositifs de garantie pour la jeunesse afin d’éliminer tous les obstacles internes et externes concernant les politiques et la manière dont ces dispositifs sont élaborés

[Rec. GJ n° 25]

  • Formations et ateliers

  • Mise en place de programmes d’échange et de détachements de salariés entre organisations par des activités de coopération transnationale

L'initiative pour l'emploi des jeunes: un soutien en faveur de la garantie pour la jeunesse

Pour accroître l'aide-financière de l'Union aux régions et aux individus les plus frappés par le chômage et l'inactivité des jeunes, le Parlement européen et le Conseil sont convenus de lancer une initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ). Cette initiative concentrera son aide sur les régions enregistrant un taux de chômage des jeunes supérieur à 25 % et sur les jeunes NEET. L'objectif sera de garantir que le soutien apporté à chaque jeune dans les parties de l'Europe où les difficultés sont les plus grandes est suffisant pour induire un véritable changement.

La dotation de l'IEJ s'élèvera à 3 milliards d'euros, inscrits à une nouvelle ligne budgétaire du budget de l'Union spécialement consacrée à l'emploi des jeunes; une contribution au moins égale proviendra des allocations nationales du FSE. Cette initiative permettra de renforcer le soutien du FSE à la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, en finançant des activités directement destinées à aider les jeunes NEET – par exemple, en leur proposant un emploi, un stage ou une formation, une aide au lancement de leur entreprise, etc.

L'IEJ ciblera exclusivement les jeunes NEET jusqu’à l’âge de 25 ans, voire de 30 ans lorsque les États membres l'estimeront pertinent. Toutefois, en pareil cas, ceux-ci devront affecter des ressources du FSE supplémentaires à ces mesures afin d'éviter une réduction drastique du niveau de soutien par individu (soit une réduction potentielle de 1 356 euros à environ 700 euros si tous les NEET sont pris en compte).

D'une manière générale, les États membres devront compléter l'aide de l'IEJ en investissant davantage de ressources du FSE et de ressources nationales dans des réformes structurelles pour moderniser les services en matière d'emploi, d'aide sociale et d'éducation destinés aux jeunes et en améliorant l'accès à l'enseignement, la qualité de celui-ci et son adéquation avec la demande sur le marché du travail. L'IEJ sera intégrée dans la programmation du FSE.

Mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse

La Commission européenne appelle désormais les États membres à mettre en place au plus vite les structures destinées à concrétiser la garantie pour la jeunesse. Elle a proposé de procéder au versement anticipé des 6 milliards d'euros affectés à l'IEJ afin que l'intégralité de cette somme soit engagée en 2014 et 2015 plutôt que sur la période de sept ans du CFP. Pour garantir un lancement rapide, les États membres pourraient, à titre exceptionnel, commencer à appliquer les mesures de l'IEJ dès le 1er septembre 2013 et être remboursés rétroactivement, au moment de l'approbation des programmes. Les États membres devraient soumettre dès que possible leurs programmes opérationnels en rapport avec la jeunesse et veiller à la pleine cohérence de ceux-ci avec les plans de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse.

Parallèlement à cela, la Commission est en train de mettre au point un certain nombre d’instruments à l'échelon de l’Union [l’alliance européenne pour l’apprentissage (voir ci-après), la coalition en faveur de l’emploi dans le secteur du numérique, le portail EURES, l’initiative «Ton premier emploi EURES», entre autres] visant à appuyer les États membres et à aider les entreprises à embaucher davantage de jeunes. Toutes ces mesures doivent être menées à bien en coopération étroite avec les syndicats, les organisations patronales et les autres acteurs concernés.

Les États membres qui enregistrent un taux élevé de chômage des jeunes (c'est-à-dire, les pays ciblés par l'IEJ) sont tenus d'élaborer des plans de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse d'ici à la fin décembre 2013. Les autres pays de l'Union devraient soumettre leurs plans d'ici au printemps 2014.

Les États membres doivent en outre élaborer et présenter dès que possible les programmes opérationnels, ou parties de ces programmes, en rapport avec la jeunesse, car c'est en fonction de ces programmes que sera déterminé le soutien financier de l'Union (au titre du FSE comme de l'IEJ) à la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse. Les États membres peuvent déjà appliquer les mesures admissibles à un concours financier de l'Union dès le 1er septembre 2013.

La Commission a élaboré et diffusé un modèle pour l'élaboration des plans de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, comprenant les modalités d’application du dispositif, le rôle dévolu aux pouvoirs publics et à d'autres instances, le mode de financement (y compris l'utilisation des fonds européens) et de suivi des mesures, ainsi qu'un calendrier d'exécution.

Pour faciliter la mise en place du dispositif, un séminaire théorique et pratique d'aide à la conception et à l'application de programmes de garantie pour la jeunesse s'est tenu à La Hulpe les 17 et 18 octobre 2013. Cette manifestation a permis de réunir dans un autre contexte les coordonnateurs de la garantie pour la jeunesse, les services publics de l'emploi, les autorités chargées de l'enseignement et de la formation et les autorités de gestion pour le FSE de toute l'Union. Lors de ce séminaire, les États membres ont reçu des conseils pratiques sur la rédaction de leurs plans de mise en œuvre et ont pu faire connaître leurs besoins d'aide supplémentaires (voir IP/13/969).

Le comité de l'emploi (qui représente les États membres) participe lui aussi à la mise en place de la garantie pour la jeunesse, en assurant un suivi multilatéral de l'application des recommandations par pays concernant la jeunesse et en définissant des exigences en matière d'indicateurs destinés au contrôle de la mise en œuvre et des incidences du dispositif. Trois États membres ont accepté que leurs avant-projets de plans de mise en œuvre soient examinés collégialement en même temps que se tiendront les discussions sur les recommandations par pays concernant la jeunesse, en décembre prochain. Le comité coopérera étroitement avec les services publics de l'emploi, acteurs majeurs de la mise en place des programmes de la garantie pour la jeunesse.

Une conférence sur l'emploi des jeunes a eu lieu le 3 juillet dernier à Berlin, en présence des chefs d'État et de gouvernement de seize États membres, ainsi que du président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso, et du commissaire européen à l'emploi, aux affaires sociales et à l'inclusion, M. László Andor. Des réunions se sont tenues entre les responsables des services publics de l'emploi et les ministres. Une conférence de suivi réunissant les chefs d'État et de gouvernement aura lieu le 12 novembre à Paris.

En outre, une conférence de haut niveau sur la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, organisée sous le patronage de M. Andor, doit avoir lieu au printemps 2014.

Équipes d'action

Les jeunes constituent l'un des groupes cibles spécifiques du FSE dans tous les États membres depuis le début de la période financière actuelle (2007–2013). Des fonds supplémentaires ont dans certains cas été mobilisés pour eux après l’éclatement de la crise. Près de 600 millions d'euros ont ainsi été réaffectés à des actions visant spécifiquement les groupes les plus vulnérables – dont les jeunes –, dans le domaine de l'éducation, de l'accès à l'emploi, de l'orientation, de la formation pratique en entreprise et de la prévention.

Des équipes d'action réunissant des fonctionnaires des États membres et de la Commission ont été créées sur l'initiative de celle-ci en février 2012, avec les huit pays européens qui affichaient alors les plus hauts niveaux de chômage des jeunes, à savoir la Grèce, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Portugal, la Slovaquie et l'Espagne. Ces équipes d'action ont pour mission de mobiliser les ressources des Fonds structurels de l'Union (dont le FSE) qui seraient encore disponibles sur la période de programmation 2007–2013 pour des actions en faveur de l'emploi des jeunes et de l'accès des PME au financement.

Des résultats encourageants ont été présentés en juin: 1,14 million de jeunes devaient recevoir une aide équivalant à 3,7 milliards d'euros provenant de crédits du FSE réaffectés à des actions ciblées en faveur de la jeunesse, et 1,19 milliard d'euros étaient déjà engagés pour des projets. Les travaux se sont poursuivis tout au long de l'été, qu'il s'agisse d'appliquer les décisions déjà prises ou de réajuster les programmes qui devaient encore l'être, notamment en Espagne et en Lituanie. La Commission dressera un nouveau bilan de la mise en œuvre du dispositif sur le terrain en décembre 2013.

Recommandations par pays

Les recommandations par pays pour 2013 avancées en mai par la Commission et adoptées en juillet par le Conseil des ministres de l'Union européenne dans le cadre du semestre européen, l'exercice annuel d'élaboration des politiques économiques de l'Union, appelaient vingt États membres à prendre des mesures urgentes contre le chômage des jeunes. Parmi ces mesures, l'on citera des politiques volontaristes de l'emploi, le renforcement des services publics de l'emploi, le soutien aux programmes de formation et d'apprentissage et la lutte contre l'abandon scolaire précoce, autant d'éléments susceptibles de contribuer au succès de la garantie pour la jeunesse. Douze États membres ont été directement encouragés à mettre en œuvre ce dispositif. Les recommandations demandaient aussi aux États membres de réfléchir à des moyens de pallier la segmentation du marché du travail, en vertu de laquelle les salariés plus âgés et installés bénéficient de très bonnes conditions d'emploi tandis que les jeunes sont soit chômeurs, soit employés à court terme.

Des bancs de l'école au monde du travail

Les systèmes efficaces d’enseignement et de formation professionnels, surtout lorsqu’ils reposent sur un principe rigoureux de formation par le travail, facilitent le passage des jeunes du système éducatif au monde du travail. Forte de ce constat, la Commission a lancé le 2 juillet une alliance européenne pour l’apprentissage, visant à améliorer la qualité et l'offre des apprentissages dans toute l'Union et à faire évoluer les mentalités sur ce mode de formation (voir IP/13/634). Cette alliance s'appuie sur la première déclaration commune jamais publiée par la Commission, la présidence du Conseil des ministres de l'Union européenne et les syndicats de travailleurs et organisations patronales à l'échelle européenne [la Confédération européenne des syndicats (CES), BusinessEurope, le Centre européen des entreprises à participation publique et des entreprises d'intérêt économique général (CEEP) et l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME)]. La Commission appelle les États membres à inclure la réforme de l'apprentissage dans leurs plans de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse et à exploiter, au besoin, les fonds et l'expertise technique disponibles au niveau de l'Union pour améliorer leurs systèmes.

De même, pour permettre aux jeunes d'acquérir une expérience professionnelle de haute qualité, dans des conditions sûres, et d'améliorer ainsi leur employabilité, la Commission présentera en décembre une proposition relative à un cadre de qualité pour les stages. Elle demandera instamment au Conseil d'adopter des recommandations à partir de cette proposition début 2014 – en accord avec les conclusions de juin du Conseil européen.

Mobilité des travailleurs

La Commission aidera également les jeunes à intégrer le monde du travail en favorisant la mobilité professionnelle, notamment en informant les jeunes des possibilités d'emploi dans d'autres pays de l'Union. Le réseau d'aide à la recherche d'emploi EURES donne accès à plus de 1,4 million d'offres d'emploi et répertorie près de 31 000 employeurs en quête de candidats compétents et mobiles.

Le portail EURES fait actuellement l'objet d'une refonte destinée à le rendre plus convivial. Par ailleurs, une «charte EURES» visant à fournir des orientations concertées à l'échelon européen concernant la prestation des services EURES au niveau national sera proposée d'ici à la fin de l'année. La Commission s'efforce d'améliorer ces services, tant pour les demandeurs d'emploi que pour les employeurs (voir IP/12/1262, MEMO/12/896, MEMO/12/897) et une proposition supplémentaire doit être présentée avant la fin 2013.

Le programme de la Commission en faveur de la mobilité, intitulé «Ton premier emploi EURES», est un projet pilote ayant pour but d'éprouver l'efficacité des services sur mesure combinés à une aide financière pour aider les jeunes de 18 à 30 ans à trouver un emploi dans un autre État membre (au minimum un contrat de six mois, conformément à la législation nationale du travail). Ce programme prévoit la fourniture d'informations, une aide à la recherche d'emploi et un soutien à l'embauche et au placement professionnel. Il permet de financer des cours de langue et d'autres besoins en formation, de même que les frais de déplacement des jeunes candidats (pour les entretiens d'embauche et la négociation des conditions d'embauche dans d'autres pays de l'Union). Il prévoit en outre une contribution à un programme d'aide à l'intégration en cas de recrutement par une PME.

Dans le cadre du prochain CFP, le nouveau programme pour l’emploi et l’innovation sociale soutiendra ce type d'actions ciblées par un financement supplémentaire direct de 5 à 9 milliards d'euros par an (voir MEMO/13/628). Des initiatives seront menées à petite échelle pour pallier le problème des emplois vacants dans certains métiers, secteurs d'activité ou États membres en organisant des campagnes de recrutement sur mesure, de manière à faciliter l'appariement des offres et des demandes d'emploi dans l'Union. L'emploi des jeunes restera une priorité majeure.

Étant donné l'ampleur de la tâche, il incombera aux États membres – en s'appuyant sur leurs services de l'emploi et en faisant intervenir, au besoin, le FSE – et aux employeurs d'augmenter leurs aides financières à la mobilité professionnelle dans l'Union en tant que mesure favorable à l'emploi, en s'inspirant de l'expérience de «Ton premier emploi EURES».

Comment le Fonds social européen soutient-il déjà les jeunes ?

Le FSE, actuellement doté de plus de 10 milliards d'euros par an, fournissait déjà des aides ciblées en faveur de l'emploi des jeunes bien avant la survenue de la crise. Ce Fonds joue un rôle déterminant dans la lutte contre la hausse du chômage des jeunes qui se poursuit actuellement.

68 % du budget du FSE sont consacrés à des projets également susceptibles de bénéficier aux jeunes.

Entre 2007 et 2012, 20 millions de jeunes de moins de 25 ans ont reçu un soutien au titre du FSE, qu'ils aient bénéficié de formations ou d'un encadrement professionnel. Dans certains pays (l'Allemagne, la France, la Hongrie), les jeunes représentent au moins 40 % de l'ensemble des bénéficiaires.

Les projets du FSE visent au maintien des jeunes dans le système éducatif, que ce soit en luttant contre l'abandon scolaire ou en leur offrant la possibilité de réintégrer le système d'enseignement ou de formation officiels. Le passage des bancs de l'école au monde du travail est facilité par des parrainages et des conseils personnalisés, des formations complémentaires et des stages en entreprise.

Beaucoup de pays utilisent les investissements du FSE pour moderniser l'éducation et renforcer la formation professionnelle. Les projets axés sur l'inclusion sociale visent l'intégration des jeunes issus de groupes défavorisés dans le marché du travail ou dans le système éducatif. La transnationalité fait partie des principes de fonctionnement du FSE et la mobilité des étudiants et des chercheurs est un aspect très bien développé de son action.

Le FSE jouera encore un rôle pivot lors de la prochaine période financière en ce qui concerne le soutien aux jeunes et la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse et des recommandations y afférentes par pays dans le cadre du semestre européen. Il est donc essentiel que ce Fonds soit doté de ressources suffisantes, comme n'a eu de cesse de le rappeler la Commission depuis qu'elle a préconisé qu'au moins 25 % du financement de la politique de cohésion pour la période 2014–2020 soient affectés au FSE.

Informations complémentaires

Voir également:


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