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Commission européenne

MEMO

Bruxelles, 21 octobre 2013

FICHE TECHNIQUE – République centrafricaine

L'Union européenne (UE) est un partenaire essentiel de la République centrafricaine (RCA) et son principal bailleur de fonds. Leurs relations sont régies par l'accord de Cotonou.

Même avant la crise actuelle, la RCA était confrontée à des défis de taille en matière économique, sociale et humanitaire, ainsi que de gouvernance et de sécurité. L'UE s'est donc engagée, dans de nombreux domaines essentiels, à soutenir le rétablissement socioéconomique à long terme du pays, dans le cadre d'un programme global de renforcement de l'État et de consolidation de la paix, et à contribuer à asseoir la stabilité du pays.

L'UE s'inquiète de la détérioration constante de la situation politique et humanitaire, ainsi que de la sécurité, en RCA, en particulier au cours de 2012.

La mise en œuvre échelonnée des accords de paix antérieurs, conjuguée au sous-développement chronique du pays et à son instabilité politique de longue date, a débouché sur l'éclatement d'un nouveau conflit en décembre 2012. Malgré la signature à Libreville, le 11 janvier 2013, d'un accord politique donnant le coup d'envoi à une période de transition, les tensions ont atteint leur paroxysme en mars 2013 avec la prise de pouvoir violente par les groupes rebelles de la Seleka et le changement anticonstitutionnel de gouvernement.

La crise actuelle touche la majorité de la population (4,6 millions de personnes, dont la moitié d'enfants). Au 24 septembre, la RCA comptait 394 900 personnes déplacées sur son territoire et près de 61 000 Centrafricains étaient réfugiés dans des pays voisins (BCAH). L'insécurité limite l'accès de l'aide humanitaire, ce qui ne permet pas d'avoir facilement une vue d'ensemble de la situation humanitaire. L'UE est le principal défenseur de la cause centrafricaine et le premier bailleur de fonds parmi les fournisseurs d'aide humanitaire. Sa présence humanitaire permanente à Bangui remonte à bien avant les derniers événements.

La situation en RCA a des effets potentiellement déstabilisateurs qui pourraient s'étendre à la région. L'insuffisance de forces de sécurité officielles accroît le risque que le pays devienne un refuge pour les groupes criminels et armés des pays voisins.

Le pays, qui était déjà l'archétype d'un «État fragile», est désormais confronté à un effondrement total de son ordre public et à la déliquescence de ses institutions publiques.

Les accords de Libreville et la déclaration de N’Djamena du 18 avril, négociés par la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), continuent de constituer la base de la résolution politique de la crise en RCA. Selon le cadre mis en place par la CEEAC, une charte transitoire a été établie et des autorités transitoires ont été mises sur pied pour gérer la période de transition de 18 mois qui devrait conduire à l'organisation d'élections générales au début 2015 et au rétablissement de l'ordre constitutionnel.

Le rétablissement de la sécurité et de l'ordre public demeure une des priorités immédiates pour stabiliser le pays en vue de soutenir le processus politique. L'amélioration de la couverture humanitaire et la relance de l'aide au développement sont directement liées à l'évolution favorable de la situation de la sécurité.

Réaction de l'UE à la crise

Depuis la nouvelle explosion de violence fin 2012, l'UE a multiplié les contacts avec ses partenaires. Elle s'efforce activement, au niveau international et régional, de stabiliser la situation en RCA et de rétablir un gouvernement plus stable dans le pays. La commissaire Georgieva s'est rendue à deux reprises dans le pays en 2013 (la dernière fois le 13 octobre, pour une mission commune avec le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius) et a coprésidé, avec la France et l'ONU, une réunion ministérielle sur la crise humanitaire en RCA à l'Assemblée générale des Nations unies en 2013.

En juin 2013, l'UE a dépêché une mission interservices (SEAE, Commission) en RCA pour examiner la situation sur le terrain et envisager les options à sa disposition. Parmi les actions urgentes susceptibles d'être prises par l'UE pour soutenir davantage la stabilisation et le processus politique fragile, la Commission européenne a adopté, à la mi-août, dans le cadre de l'instrument de stabilité, un programme de stabilisation pour un montant de dix millions d'euros en réaction à la crise qui a suivi le coup d'État. Ce programme vise à garantir la complémentarité avec les projets en cours financés au titre du 10e Fonds européen de développement (FED). Il comporte différents volets:

  • 1. un premier train de mesures destinées à soutenir les forces de sécurité civiles, au moyen d'une action pilote visant à rétablir, dans une certaine mesure, la police et la gendarmerie dans la capitale;

  • 2. un soutien au rétablissement des capacités des médias indépendants afin de contribuer à la disponibilité d'informations objectives et relatives au conflit à Bangui et dans les provinces;

  • 3. la volonté d'empêcher toute autre violation des droits de l'homme grâce au déploiement de missions d'observation des droits de l'homme sous l'égide du Haut commissariat des droits de l'homme des Nations unies;

  • 4. un accent sur l'encouragement du dialogue interculturel et la désescalade des tensions de plus en plus fortes entre chrétiens et musulmans.

Compte tenu des constatations de la mission interservices, le commissaire européen chargé du développement, M. Andris Piebalgs, a lancé un exercice de réajustement afin de mieux adapter l'aide au développement actuelle de l'UE aux nouveaux besoins (voir ci-dessous).

L'UE reste très attachée à soutenir le processus de transition en RCA.

Aide humanitaire de l'UE

La priorité du bureau de la direction générale de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) de la Commission européenne en République centrafricaine est d'aider les personnes les plus vulnérables dans les régions du pays touchées par le conflit. L'enveloppe initiale de 8 millions d'euros pour 2013 a été portée à 20 millions d'euros, ce qui fait de l'UE (ECHO) le principal donateur du pays. Ces fonds sont utilisés pour soutenir la protection, l'accès aux soins de santé, l'aide alimentaire et nutritionnelle, la distribution d'eau potable, les services sanitaires, la logistique et la coordination humanitaire, ainsi que la réponse aux besoins des personnes touchées par le conflit. Les fonds soutiennent également le renforcement de la capacité de réaction humanitaire d'urgence des agences des Nations unies et des ONG.

Vu la difficulté d’atteindre les populations en situation de détresse humanitaire dans le pays, la Commission européenne soutient également le service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS) à hauteur de 650 000 euros.

Une équipe d'experts humanitaires de l'UE (ECHO) est présente sur le terrain pour assurer le suivi de la situation, évaluer les besoins, superviser l'utilisation des fonds de l'UE et travailler étroitement avec les États membres de l'UE et les autres donateurs. L'UE œuvre avec les organisations humanitaires qui sont les mieux placées pour fournir une aide en RCA (UNICEF, Comité international de la Croix-Rouge, BCAH et plusieurs ONG).

L'UE (ECHO) soutient également des actions visant à sauver des vies en RCA depuis 2001, grâce à un budget total de 63,7 millions d'euros, et accomplit des efforts importants pour sensibiliser à une crise humanitaire «oubliée» depuis de nombreuses années.

Aide au développement de l'UE

L'UE fournit également depuis des années une aide au développement afin de répondre aux besoins fondamentaux des plus vulnérables. Les événements de décembre 2012 et mars 2013 n'ont pas poussé l'UE à suspendre son aide au développement, mais à l'interrompre pour des raisons de sécurité. Nos priorités sont adaptées en fonction de la situation sur le terrain. La priorité sera maintenant accordée aux programmes d'infrastructures à forte intensité de main-d'œuvre dans la région de Bangui afin de fournir un soutien direct à la population et de fournir une assistance technique au rétablissement de l'administration.

Entre 2008 et 2013, environ 225 millions d'euros ont été consacrés à l'ensemble du pays par l'intermédiaire des divers instruments financiers (160 millions d'euros au titre du 10e FED et 65 millions dans le cadre du budget de l'UE).

Des mesures supplémentaires de soutien aux organisations de la société civile et aux pouvoirs locaux, à la démocratie et aux actions liées aux droits de l'homme, mais aussi à la gouvernance du secteur forestier, sont financées par plusieurs instruments thématiques au titre du budget de l'UE.

Soutien à la MICOPAX / MISCA

Dans le passé, la RCA a été le théâtre de plusieurs opérations régionales et internationales de soutien de la paix. La mission actuelle, la MICOPAX, déployée depuis juillet 2008, est menée sous l'égide de la CEEAC. Elle était censée se retirer progressivement jusqu'à l'éclatement de la crise à la fin 2012. Elle a joué un rôle important de stabilisation, mais vu l'effectif limité de ses troupes, elle n'a pas été en mesure d'empêcher les rebelles de la Seleka d'entrer dans la capitale, Bangui.

Au lieu de cela, la crise a poussé la CEEAC à reconfigurer la MICOPAX et à la doter d'un nouveau mandat consistant à rétablir la stabilité, à protéger les civils, à soutenir les forces de sécurité de la RCA et à contribuer à l'organisation d'élections.

Son contingent de soldats est passé de 700 à 2 300. Depuis 2008, l'UE a soutenu la MICOPAX et son prédécesseur (la FOMUC), par l'intermédiaire de la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique, à hauteur de 90 millions d'euros.

Le 18 juillet 2013, le comité politique et de sécurité de l'Union africaine a approuvé le déploiement de la mission internationale de soutien à la République centrafricaine sous conduite africaine (MISCA) dans le pays. Celle-ci disposera d'un mandat plus vaste que celui de la MICOPAX et comptera davantage de soldats (jusqu'à 3 500).

Même si les troupes de la CEEAC constitueront son épine dorsale, d'autres pays pourront également apporter leur contribution. Le transfert de responsabilités entre la CEEAC/MICOPAX et l’UA/MISCA devrait avoir lieu avant la fin 2013. L'UE est disposée à fournir une aide financière à la MISCA dans les limites de ses ressources disponibles.

En savoir plus

Conclusions du Conseil relatives à la République centrafricaine– 21 Octobre

L'UE et la République centrafricaine

Aide au développement de l'UE

Aide humanitaire de l'UE


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