MEMO/12/305
Bruxelles, le 6 mai 2012
Déclaration du Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, à l'issue de l'élection présidentielle française
Le peuple français a élu François Hollande Président de la République, au terme d'une campagne électorale suivie bien au-delà des frontières françaises.
En mon nom personnel et au nom de la Commission européenne, je félicite chaleureusement François Hollande de cette importante victoire et je lui adresse tous mes vœux de succès pour la haute mission qui est la sienne.
Les défis à relever sont nombreux, pour la France comme pour l'Union européenne. Je suis convaincu qu'ensemble nous avons la capacité d'y faire face. Et la formidable mobilisation que nous avons vue tout au long de cette campagne témoigne de la vitalité de la démocratie française, et du soutien d’une large majorité des Françaises et des Français à la construction européenne.
Je sais pouvoir compter sur les convictions et l'engagement personnel de François Hollande pour faire avancer l'intégration européenne. Il m'en a fait part lors de notre rencontre à la Commission, en novembre dernier.
Nous avons clairement un objectif commun: relancer l'économie européenne pour générer une croissance durable, reposant sur des bases saines et source de nouveaux emplois. Il nous faut maintenant transformer ces aspirations en actions concrètes.
J’ai écouté sa campagne et ses idées. Nous partageons la conviction qu’il faut investir dans la croissance et les grands réseaux d’infrastructure, en mobilisant plus fortement la Banque Européenne d'Investissement et les fonds disponibles dans le budget européen, tout en maintenant le cap de la consolidation budgétaire et de réduction de la dette.
J’ai noté aussi d'autres convergences, notamment dans son soutien à la proposition de la Commission en faveur d’une taxe sur les transactions financières et dans l'appui à des euro-obligations pour la croissance.
Je me félicite donc de cette nouvelle coopération avec François Hollande, dans un esprit constructif d’échanges et d'ouverture. Je serai très heureux de m'entretenir avec lui dans un très proche avenir.
Je souhaite également saluer chaleureusement Nicolas Sarkozy pour son action durant ces cinq dernières années. La présidence française du Conseil de l'Union européenne, qu’il a exercée en 2008 a été un modèle de volonté, d'ambition politique et de coopération exemplaire avec la Commission. Ensemble, face aux crises multiples, nous avons accompli de grandes choses, depuis la gestion des tensions en Géorgie, jusqu'à la création des Sommets du G20 au niveau des Chefs d'Etat et de gouvernement, sans oublier l'adoption du paquet sur le climat et l'énergie.
Nicolas Sarkozy a été un ardent défenseur de l'euro et, avec le soutien de ses partenaires comme celui de la Commission, un architecte d'une nouvelle gouvernance économique européenne. Je veux rendre hommage à cette ambition.
Ce soir, ma conviction reste entière. Il ne peut y avoir d'Europe forte sans une France profondément engagée en Europe. Face aux doutes exprimés par certains de nos concitoyens quant aux changements du monde, une Europe plus unie, plus forte et plus solidaire est plus que jamais la bonne réponse. La Commission européenne et moi-même continueront à œuvrer sans répit en ce sens, au service des citoyens européens.