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Lettre du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy sur les priorités du sommet du G20

Commission Européenne - MEMO/11/678   07/10/2011

Autres langues disponibles: EN

MEMO/11/678

Bruxelles, le 7 octobre 2011

Lettre du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy sur les priorités du sommet du G20

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont envoyé une lettre aux autres membres du Conseil européen, afin de partager leurs points de vue sur les éléments clés du sommet du G20 à Cannes les 3-4 novembre 2011. Ils espèrent que ces orientations constitueront une base constructive pour nos échanges de vues lors de la réunion du Conseil européen le 23 octobre. Ils appellent à «renouer avec cet esprit collectif du G20" et soulignent que «le fait que la France occupe la présidence du G20 cette année confère une responsabilité particulière à l'Europe. Nous devons faire du sommet de Cannes un sommet du G20 qui restaure la confiance, soutienne la croissance et la création d'emplois, et maintienne la stabilité financière.".

"Chers collègues,

Nous aimerions partager avec vous nos vues sur les principales questions qui seront débattues lors du sommet du G20 à Cannes. Nous espérons que ces orientations constitueront une base constructive pour nos échanges de vues lors de la réunion du Conseil européen le 23 octobre.

Les sommets du G20 ont joué un rôle clé lorsqu'il s'est agi, il y a trois ans, de traverser la crise financière et économique mondiale, en nous permettant d'agir fermement et de manière décisive, dans des conditions d'urgence et dans l'intérêt commun. Au vu de la situation économique actuelle, caractérisée par un ralentissement de la croissance mondiale et une détérioration de la conjoncture économique générale, il nous faut absolument renouer avec cet esprit collectif du G20. L'Europe peut être fière d'avoir joué un rôle essentiel dans le lancement de ce processus. Et le fait que la France occupe la présidence du G20 cette année confère une responsabilité particulière à l'Europe. Nous devons faire du sommet de Cannes un sommet du G20 qui restaure la confiance, soutienne la croissance et la création d'emplois, et maintienne la stabilité financière.

L'Europe sera au centre de toutes les attentions au sommet de Cannes. Nos partenaires du G20 ont l'impression que, si l'Europe ne résout pas la crise de la dette souveraine qui l'affecte actuellement, l'économie mondiale subira de graves répercussions. Il nous appartient de démontrer que l'Union européenne est déterminée à faire tout ce qui est nécessaire pour surmonter les difficultés actuelles. Dans le même temps, nous demanderons également à nos partenaires du G20 de contribuer de manière constructive à relever les défis économiques mondiaux.

Dans ce contexte, les priorités de l'Union européenne au sommet du G20 de Cannes seront les suivantes:

1) Restaurer la croissance et s'attaquer aux déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Bon nombre des distorsions à l'origine des importants déséquilibres ayant précédé la crise sont toujours présentes - notamment des taux de change sous-évalués dans les principales économies émergentes excédentaires et une épargne nationale insuffisante dans certaines économies avancées. L'UE doit soutenir sans réserve l'adoption d'un plan d'action ambitieux au sommet de Cannes, afin de relever les défis immédiats découlant du ralentissement économique actuel et de renforcer et rééquilibrer la croissance mondiale à moyen terme. Pour ce faire, nous devons garantir un débat équilibré quant aux différents risques pour l'économie mondiale, y compris ceux provenant des États-Unis et ceux qui émanent des économies de marché émergentes. Chaque Etat doit apporter sa contribution. L'Union européenne doit montrer qu'elle est consciente de sa propre responsabilité et qu'elle met tout en œuvre pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Notre contribution au plan d'action doit se fonder sur la stratégie de politique économique dont nous sommes convenus, en particulier sur les mesures décisives que nous prenons pour mettre un terme à la crise de la dette souveraine et sur nos engagements politiques fermes dans les domaines de la gouvernance économique, de la politique budgétaire, de la politique monétaire, des mesures de sauvetage financier ainsi que des réformes structurelles et du rétablissement de la croissance.

2) Accomplir des progrès tangibles dans la mise en œuvre du programme de réforme des marchés financiers. Les réformes des marchés financiers qui ont été convenues doivent être mises en œuvre intégralement, tout en garantissant l'uniformité des règles du jeu. L'Union honore les engagements qu'elle a pris dans le cadre du G20 en lançant en premier, sur une proposition de la Commission, le processus juridique devant mener à l'application de l'accord de Bâle III. Nos partenaires du G20 doivent également obtenir des résultats et, ensemble, il nous faut accélérer nos travaux pour faire progresser les autres réformes dont nous sommes convenus, par exemple en ce qui concerne les dérivés de gré à gré, les dérivés sur matières premières, la prévention et la résolution des crises bancaires, domaines dans lesquels l'Union a déjà pris des mesures. Par ailleurs, il faut poursuivre le travail pour parvenir à l'adoption de mesures ambitieuses concernant les établissements financiers d'importance systémique et le système bancaire parallèle et nous devons ouvrir la voie à un ensemble unique de normes comptables de grande qualité, acceptées au niveau mondial. Il est temps d'apporter les changements nécessaires à la gouvernance du Conseil de stabilité financière et de renforcer sa fonction de surveillance. En ce qui concerne les territoires non coopératifs, le G20 devrait soutenir à Cannes les travaux du Forum mondial.

3) Améliorer la résilience du système monétaire international. Bien qu'il présente de nombreuses imperfections, le système monétaire international a permis de faire progresser l'intégration économique et financière mondiale de façon significative. Nous pouvons toutefois encore apporter des améliorations et procéder à des réformes pour renforcer la surveillance économique assurée par le Fonds monétaire international, en nous accordant sur les principes qui doivent guider les membres du G20 dans la gestion des flux de capitaux, en adoptant une feuille de route pour l'élargissement des droits de tirage spéciaux du FMI, en vue de faciliter l'internationalisation des devises clés des marchés émergents, en améliorant la coopération entre les accords de financement régionaux et le FMI et en perfectionnant la série d'outils dont dispose le Fonds pour soutenir les pays en proie à des difficultés systémiques. Il nous faut également examiner la question de l'adéquation des ressources du FMI.

4) Stimuler les échanges commerciaux, le moyen le plus efficace de soutenir la croissance mondiale. Malgré notre engagement actif et celui de quelques autres durant le premier semestre de cette année, le cycle de négociations de Doha de l'OMC ne pourra être achevé en 2011. L'économie mondiale se trouve ainsi privée d'un moteur de croissance majeur, et cela risque d'encourager l'adoption de mesures protectionnistes. À Cannes, l'Union aura un rôle moteur dans les débats consacrés à la manière dont le G20 pourrait soutenir l'OMC dans le contexte actuel. Nous devons plaider en faveur d'un programme de négociations actif à l'OMC, permettant d'obtenir des résultats concrets à partir du programme de Doha pour 2012, notamment en ce qui concerne les pays les moins développés, tout en élargissant l'éventail des questions examinées par l'OMC afin de pouvoir affronter de nouveaux défis mondiaux. Nous devons nous engager une nouvelle fois à nous abstenir de prendre des mesures protectionnistes, quelles qu'elles soient, et nous devons garantir l'existence d'un marché mondial et d'un système d'échanges ouvert pour les matières premières, qui soit exempt de distorsions, durable et transparent.

5) Approfondir la dimension sociale de la mondialisation. Ainsi que les ministres du travail et de l'emploi des pays du G20 l'ont réaffirmé à Paris les 26 et 27 septembre, l'emploi et la réduction de la pauvreté sont au cœur de la coordination des politiques économiques mondiales.

6) Assurer la sécurité alimentaire et promouvoir le programme de développement du G20, ainsi que les instruments de financement innovants. Nous devons relever le défi de la sécurité alimentaire au niveau mondial, en souscrivant pleinement au plan d'action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l'agriculture qui a été adopté par les ministres de l'agriculture du G20 les 22 et 23 juin 2011. Le programme de développement du G20 est devenu un volet important des travaux du G20 et nous saluons le fait que l'accent soit mis cette année sur la sécurité alimentaire et les infrastructures. Nous attendons avec le plus grand intérêt le rapport de M. Bill Gates sur le financement du développement, qui contribuera aux débats sur le développement entre les dirigeants du G20.

La Commission européenne a proposé récemment l'instauration d'une taxe sur les transactions financières pour l'UE. Nous sommes convaincus que l'adoption d'une mesure semblable par nos partenaires du G20 pourrait nous aider tous à faire face aux défis mondiaux. Par conséquent, nous soutiendrons activement la poursuite des discussions au sein du G20 dans ce domaine.

7) Le G20 doit approfondir son action face au changement climatique et aux défis énergétiques et poursuivre sa lutte contre la corruption. Le sommet du G20 sera une occasion unique de nous investir pour faire en sorte que la conférence sur le climat de Durban (COP 17) soit un succès et nous saluons l'initiative du G20 visant à poursuivre les travaux sur la mobilisation de ressources pour financer la lutte contre le changement climatique.

8) Améliorer la gouvernance mondiale. Enfin, nous nous réjouissons de pouvoir discuter des propositions formulées dans le rapport sur la gouvernance mondiale rédigé par le premier ministre David Cameron, qui le présentera au sommet à l'invitation du président Sarkozy.

L'Union est résolue à faire du sommet de Cannes une réussite, afin de rétablir la confiance et de consolider la reprise économique mondiale, en démontrant la capacité du G20 à agir dans un but commun. Les enjeux du sommet de Cannes sont de taille, tant pour la crédibilité du G20 que pour chacun de ses membres."


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