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Questions et Réponses sur Niger et l'insécurité alimentaire

European Commission - MEMO/10/340   19/07/2010

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MEMO/10/340

Bruxelles, le 19 juillet 2010

Questions et Réponses sur Niger et l'insécurité alimentaire

Le Niger est un des pays de la région du Sahel, qui couvre également le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le nord du Nigéria, le Tchad, le Soudan, la Somalie, l'Ethiopie et l'Erythrée. Beaucoup de ces pays doivent faire face à l'insécurité alimentaire, particulièrement le Niger et le Tchad, dont les gouvernements ont déclaré l'état d'urgence et demandé l'aide internationale.

Quelle est la situation actuelle au Niger?

Sur une population de 15 millions de personnes, 3,3 millions sont considérées comme étant en état d'insécurité alimentaire grave et 3,8 millions en état d'insécurité alimentaire modérée. On estime qu'il y a 378.000 enfants de moins de 5 ans sévèrement dénutris, 1,2 millions modérément dénutris et 345.000 femmes enceintes ou allaitantes en danger de dénutrition sévère.

Comme est-ce arrivé?

La crise alimentaire s'est aggravée dans toute la région du Sahel à cause des mauvaises récoltes, résultat de l'irrégularité des précipitations fin 2009. Au Niger, une diminution de 30% de la production a été signalée, soit 150.000 tonnes de récoltes comme le millet, le sorgho, le manioc et le riz et il s'agit probablement d'une sous-estimation. L'impact sur les moyens de subsistance et les mécanismes de survie des éleveurs nomades traditionnels est dramatique. Cette perte a encore aggravé la situation déjà difficile provoquée par la hausse constante des prix des denrées alimentaires et le nombre restreint d'activités rémunérées.

La diminution de 70% de la production de fourrage est également préoccupante au Niger, puisque un tiers de la population vit de l'élevage du bétail.

Quelle est la situation actuelle pour les personnes déplacées (PID)?

On estime que près de 500.000 personnes ont été déplacées suite à cette crise. Les déplacements de la population ont commencé par une migration à grande échelle de familles cherchant du travail temporaire. Les possibilités de travail restent cependant très limitées et, lorsqu'il y en a, les salaires sont très bas. Ceci est lié aussi bien à l'augmentation du nombre de travailleurs disponibles sur le marché qu'à l'impact de la crise économique mondiale sur l'économie des pays du Sahel. On constate également une diminution substantielle des transferts d'argent par les travailleurs expatriés.

Que fait la Commission européenne dans la région en matière d'aide humanitaire?

Depuis la dernière crise alimentaire au Sahel en 2005, le Service d'Aide humanitaire de la Commission (ECHO) a financé, pour un total de €140 millions, une stratégie multi-sectorielle majeure afin de réduire la malnutrition aiguë dans toute la région. Plus d'un million d'enfants ont été traités pendant les dernières 5 années.

Sa présence permanente sur le terrain, avec des bureaux à Niamey, Ouagadougou et Dakar, a permis à ses experts humanitaires d'identifier les problèmes émergents depuis fin 2009. La Commission a joué un rôle stratégique dans la réponse à cette crise, allouant rapidement des fonds pour venir en aide aux victimes de cette crise (la première enveloppe de €10 millions a déjà été allouée fin 2009, suivie de deux nouvelles de €20 millions et €24 millions du Fonds européen de Développement) et appelant ses partenaires humanitaires (ONGs, famille de la Croix Rouge et Nations unies) à augmenter le volume de leurs activités pour faire face aux besoins croissants. Au Niger, la présence active de beaucoup d'organisations humanitaires financées par ECHO a permis de démarrer très rapidement toutes les actions nécessaires pour faire face à l'évolution de la situation. La Commission a également partagé son expertise et ses informations avec les autres donateurs et a appelé à une plus grande coordination de la communauté internationale pour répondre à cette crise.

Et pour le Niger?

En juin de cette année, la Commission européenne a pris une décision de financement de €24 millions pour faire face à l'insécurité alimentaire dans la région sahélienne d'Afrique de l'Ouest, dont €15 millions étaient alloués au Niger. Peu après l'adoption de cette décision, Kristalina Georgieva, Commissaire à la Coopération internationale, à l'Aide humanitaire et à la réponse aux Crises, s'est rendue en visite officielle dans le pays, afin de constater la situation sur le terrain et de discuter de l'insécurité alimentaire critique dans la région.

Cette dernière décision porte le financement total de la Commission (fonds humanitaires et d'autres instruments d'aide, en particulier le Fonds européen de Développement) pour le Niger depuis 2009 à €90 millions. Ces fonds ont permis aux partenaires de mettre en place les activités permettant de faire face aux nouveaux besoins provoqués par cette crise. Le nombre d'enfants traités pour malnutrition sévère a été sérieusement augmenté et les opérations d'aide alimentaire ont été étendues pour les populations les plus affectées.

A-t-on tiré les leçons de la dernière crise de 2005 ou ce financement est-il utilisé de façon traditionnelle?

On a appris beaucoup de choses depuis la dernière crise de 2005 au Niger. Les principales sont l'utilité d'utiliser des transferts directs d'argent aux bénéficiaires et des activités dites "argent contre travail" pour améliorer l'accès à la nourriture. Il faut attirer l'attention sur le fait que la crise actuelle dans le Sahel et au Niger est beaucoup plus un problème d'accès à la nourriture qu'un problème de disponibilité de celle-ci. La nourriture est disponible dans les marchés locaux mais à un prix très élevé. Les transferts d'argent et les activités de travail contre argent sont dès lors beaucoup plus efficaces et d'un bon rapport coût/efficacité que la distribution de nourriture importée. Les marchands continueront à fournir la nourriture sur les marchés tant qu'il y aura de l'argent pour les acheter. Les transferts directs d'argent aux bénéficiaires sous forme de petits montants mensuels aident à stabiliser les conditions du marché et supportent les petits producteurs locaux. Cela aide également à restaurer la dignité des bénéficiaires et à encourager l'auto-suffisance. Les achats locaux et régionaux (le Mali et le Bénin en particulier ont des surplus de production) devraient être encouragés et financés.

L'autre leçon majeure est qu'il faut viser pro-activement les enfants dénutris tant qu'ils sont à un stade modéré, là où les chances de survie sont plus élevées,plutôt que lorsqu'ils ont basculé dans la malnutrition sévère, où ils risquent des dommages permanents.Les enfants qui souffrent de malnutrition sévère dans les 24 premiers mois de leur vie peuvent être fragilisés à vie.

Comment sont distribués les fonds humanitaires de la Commission?

Les fonds de la Commission européenne sont utilisés pour financer des opérations dans les secteurs de la nutrition et de la santé, y inclus le traitement de la malnutrition aiguë, des interventions en cash ciblant les ménages les plus vulnérables lorsque c'est possible et pertinent, ainsi que la distribution de support aux moyens de subsistance aux agriculteurs et aux éleveurs nomades. Les fonds sont déployés par l'intermédiaire des agences humanitaires des Nations unies, de la Croix Rouge/Croissant Rouge et des organisations non gouvernementales partenaires d'ECHO.

Cf IP/10/404

Pour de plus amples informations: http://ec.europa.eu/echo/index_fr.htm


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