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L'aide alimentaire en un coup d'oeil

Commission Européenne - MEMO/10/250   11/06/2010

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MEMO/10/250

Bruxelles, le vendredi 11 Juin 2010

L'aide alimentaire en un coup d'oeil

UN NOUVEAU CADRE DE L’UNION EUROPÉENNE POUR LUTTER CONTRE LA FAIM DANS LES SITUATIONS D’URGENCE

Le 31 mars 2010, la Commission européenne a adopté une Communication sur l’assistance alimentaire à caractère humanitaire. Celle-ci dresse un cadre stratégique visant à renforcer l’action humanitaire européenne pour vaincre l’insécurité alimentaire lors de crises humanitaires.

POURQUOI UNE COMMUNICATION SUR L’ASSISTANCE ALIMENTAIRE HUMANITAIRE ?

Ces dernières années, la faim et la malnutrition n’ont cessé d’augmenter dans le monde; aujourd’hui plus d’un milliard de personnes vivent en situation d’insécurité alimentaire. Sur ce milliard, environ 100 millions de personnes se trouvent dans un contexte de crise et font face à une insécurité alimentaire aiguë qui va jusqu’à menacer leur existence. Des progrès considérables ont été accomplis récemment dans l’analyse de la nature et des causes de la faim en situation d’urgence, et dans la manière la plus efficace d’apporter un soutien aux populations vulnérables.

Ceci inclut d’aller au-delà de la simple distribution de denrées alimentaires et de réfléchir, par exemple, aux moyens d’aider les victimes à se nourrir mieux par elles-mêmes en préservant leurs moyens de subsistance, ou de les aider en distribuant de l’argent pour acheter la nourriture de leur choix sur le marché local, aidant ainsi simultanément les fermiers locaux.

La Communication de la Commission sur l’assistance alimentaire à caractère humanitaire détaille ces nouvelles approches et intègre les principes fondamentaux grâce auxquels l’impact de l’aide humanitaire européenne sera optimisé dans le secteur de la sécurité alimentaire.

POURQUOI MAINTENANT ?

Un consensus est maintenant atteint parmi les experts et les spécialistes sur ce qui fonctionne dans la gestion de la faim et de la malnutrition dans les situations d’urgence. Après quelques années de programmes pilotes, nous disposons maintenant d’importantes évidences pour soutenir cette approche. C’est donc le moment opportun d’utiliser ces évidences pour concevoir des stratégies d’intervention mieux adaptées.

QUEL EST LE FOCUS DE CETTE COMMUNICATION ?

La Communication cherche à s’assurer que tous les acteurs de l’UE opèrent dans un cadre commun, analysent les besoins dans l’urgence de la même manière, conçoivent des réponses appropriées et mettent en oeuvre plus efficacement les programmes d’assistance alimentaire.

Ce cadre commun inclut les principes suivants :

Adhérer aux principes humanitaires d’impartialité, neutralité et d’indépendance, et prioriser les réponses les plus urgentes;

Prendre toutes les mesures nécessaires à l’analyse des causes de l’insécurité alimentaire des populations et des stratégies de réponses adaptées aux besoins spécifiques;

Impliquer les bénéficiaires à toutes les étapes de l’organisation de l’aide, pour que notre compréhension de la situation et les réponses que nous apportons soient adaptées aux réalités du terrain;

Adapter nos ressources pour permettre des réponses efficaces et appropriées;

S’assurer que notre assistance alimentaire protège et soutient les moyens de subsistance, et ne nuise pas, par inadvertance, aux populations bénéficiaires;

S’assurer de l’impact optimal de nos actions sur le problème complexe et souvent fatal de la malnutrition, particulièrement pour les femmes enceintes et les enfants;

Maintenir une forte coordination entre les initiatives humanitaires et celles de développement, pour que les besoins à court terme et à long terme soient abordés ensemble et durablement;

Prioriser la prévention et la réduction des risques de catastrophes afin que les effets des futures catastrophes naturelles soit minimisés;

Renforcer la capacité du système humanitaire à se coordonner et fournir les réponses efficaces face à l’insécurité alimentaire sévère.

QUI A ÉTÉ IMPLIQUÉ DANS LA PRÉPARATION DE CETTE COMMUNICATION ?

La Communication a été préparée par la DG ECHO, Direction Générale de l’aide Humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne, avec le support de son vaste réseau mondial d’experts dans le domaine. C’est aussi le produit fini de plusieurs mois de consultations rapprochées entre la Commission et ses partenaires d’assistance alimentaire humanitaire (Nations unies, agences de la Croix-Rouge/Croissant-Rouge et ONG). Ces sont ces mêmes partenaires qui mettent en oeuvre les programmes humanitaires financés par la Commission sur le terrain, qui ont des dialogues réguliers avec leurs bénéficiaires et qui fournissent tous les efforts pour représenter au mieux les intérêts des populations qu’ils aident. D’autres donateurs humanitaires, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union Européenne, ont été consultés, ainsi que d’éminentes institutions académiques et de recherches avec une expertise spécifique dans ce domaine.

DANS QUELLE MESURE CETTE COMMUNICATION SUR L’ASSISTANCE ALIMENTAIRE HUMANITAIRE EST-ELLE COHÉRENTE AVEC LA COMMUNICATION SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ?

La faim et la malnutrition dans le monde sont souvent le résultat de crises aigües mais dans beaucoup de pays en développement, la malnutrition et l’insécurité alimentaire sont aussi chroniques et générées par des causes structurelles. Les outils humanitaires sont utilisés dans les situations de crise tandis les outils de développement sont utilisés pour lutter contre l’insécurité alimentaire à long terme. La Communication sur l’assistance alimentaire à caractère humanitaire répond principalement à la problématique de l’insécurité alimentaire dans les situations d’urgence et de transition. La Communication sur la sécurité alimentaire donne, elle, un cadre pour atteindre à la sécurité alimentaire à long terme et pour développer les capacités des pays à gérer les chocs alimentaires à venir.

EN TERMES CONCRETS, QU’EST-CE QUE CELA VEUT DIRE ?

Suivant le type de situations auxquelles les populations sont confrontées, les réponses sont adaptées.

1. Manque de disponibilité de la nourriture

Distribution générale de nourriture gratuite;

Distribution de nourriture gratuite de manière ciblée (catégorie spécifique de population);

Distribution de nourriture conditionnée : contre du travail, formation…;

Distribution d’aide à la récupération des moyens de subsistance pour assurer la relance de la production (ex : distribution de semences, formations, soins vétérinaires, eau et fourrage pour le bétail, déstockage d’urgence de bétail).

2. Manque d’accès à la nourriture (par exemple, lorsque le prix de la nourriture devient inabordable sur les marchés locaux)

Distribution ciblée ou générale d’argent ou de bons d’achat;

Distribution ciblée ou générale d’argent ou de bons d’achat conditionnée : contre du travail, formation…;

Distribution d’aide à la récupération des moyens de subsistance pour assurer la protection ou la relance de la production (ex: distribution de semences, formations, soins vétérinaires, eau et fourrage pour le bétail, déstockage d’urgence);

Mise en place de projets pour améliorer l’accès au / le fonctionnement des marchés dans les zones affectées par les crises (ex : route d’urgence / réhabilitation de ponts, aide à l’information des marchés).

L’assistance alimentaire peut être utilisée pour protéger et développer les moyens de subsistance d’une population affectée par une crise, de façon à empêcher les gens d’utiliser des moyens qui pourraient mettre à mal, à court ou moyen terme, la base de leurs moyens de subsistance, leur sécurité alimentaire ou leur statut nutritionnel (ex : vendre leurs semences ou accumuler les dettes).

3. Mauvaise utilisation de la nourriture

Distribution de matériel de cuisine et de stockage de nourriture (ex : eau potable, ustensiles de cuisine, pétrole);

Formation et sensibilisation à la nutrition et aux bonnes pratiques nutritionnelles.

L’assistance alimentaire humanitaire de la Commission saisira toutes les opportunités pour soutenir et promouvoir des pratiques alimentaires favorables aux bébés et aux enfants. En particulier, les projets d’assistance alimentaire humanitaire financés par la Commission éviteront de décourager ou d’interrompre l’allaitement des bébés.

4. Large prédominance de malnutrition aigüe ou de déficience en micronutriments

Centres thérapeutiques nutritionnels pour les personnes sévèrement malnutries avec complications médicales : Centres de stabilisation ou Centres de réhabilitation nutritionnels intensifs (CRENI);

Centres thérapeutiques nutritionnels communautaires pour les personnes sévèrement malnutries sans complications médicales : Centres de réhabilitation nutritionnels ambulatoires

(CRENAS);

Distribution de compléments alimentaires, destinés à des personnes modérément malnutries ou distribués largement à toutes les personnes à risque : Centres de réhabilitation nutritionnels ambulatoires (CRENAM) ou programmes d’alimentation supplémentaire larges pour tous les enfants de moins de 5 ans (“Blanket Feeding”)

Distribution de suppléments nutritionnels (ex : distribution de vitamine A ou d’acide folique ou renforcement de micronutriments dans la nourriture);

Sensibilisation à la nutrition et à la diversité alimentaire.

5. Réponses complémentaires

La Commission préconise une programmation complémentaire et intégrée, pour s’assurer que les besoins humanitaires sont efficacement couverts de façon holistique. A côté des mesures d’assistance alimentaire répondant directement aux besoins en nourriture, certaines mesures complémentaires peuvent être vitales (ex des mesures de santé publique) même si elles n’ont pas d’impact direct sur l’accès à la nourriture. Voici quelques exemples de ces mesures complémentaires que la Commission peut être amenée à financer :

Mise à disposition des populations affectées par une crise alimentaire de services de santé, d’eau potable, d’assainissement et d’autres mesures de santé publique, pour réduire les risques d’épidémies étroitement liées à la malnutrition (ex : diarrhées, malaria, rougeole).

Mise à disposition d’argent pour s’assurer que les besoins de base d’une famille sont couverts (ex : pour des soins de santé, des biens, l’assainissement, l’éducation), de façon à éviter l’utilisation à d’autres fins de l’argent destiné à l’alimentation.

Aide à des actions de protection humanitaire “réactives” ou “curatives”, là où des problèmes de sécurité peuvent être rencontrés lors d’une crise alimentaire (ex : assurer l’accès aux champs en dehors des camps de réfugiés ou protéger contre les abus et l’exploitation sur les points de distribution).

DEUX EXEMPLES DANS LA RÉGION :

Projets financés par l’aide humanitaire de la Commission européenne

Niger: Save the Children UK – Tessaoua

Depuis mars 2010, 8 400 familles (près de 60 000 personnes), les plus pauvres de la région de Tessaoua dans le sud-est du pays, reçoivent 30 € par mois pour les 6 mois avant les prochaines récoltes. En échange de cet argent, les familles reçoivent des formations pour une meilleure alimentation et hygiène de leurs enfants. Ce projet remplit deux objectifs immédiats:

* améliorer, pour les familles, les connaissances et les mesures de prévention contre la malnutrition et avoir assez d’argent pour acheter la nourriture nécessaire a la famille;

* grâce à cet argent, empêcher l’endettement et/ou la vente du capital des familles pendant cette période difficile : ils ne vendront pas leur capital (chèvres, semences…) et pourront ainsi profiter à 100% des revenus de la récolte à venir.

Burkina Faso : FAO – Région du Sahel

Dans une des régions où l’absence des pluies s’est fait le plus ressentir, mettant ainsi en danger le bétail et les populations qui en dépendent, la FAO distribue à plus de 2 000 ménages de quoi maintenir en vie leurs troupeaux. Distribuer du fourrage (devenu excessivement cher pour la plupart des familles) en quantité suffisante et/ou vacciner le bétail, permettra non seulement de le maintenir en vie mais aussi d’augmenter considérablement la production de lait nécessaire à l’alimentation des enfants de ces populations d’éleveurs.

SEUILS D’URGENCE DE LA MALNUTRITION AIGUË

Pour de plus amples informations: http://ec.europa.eu/echo/index_fr.htm


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