MEMO/08/673
Bruxelles, le 5 novembre 2008
Questions et réponses concernant le
rapport intermédiaire sur l'exécution du plan d'action pour le
renforcement de la fonction de surveillance de la Commission européenne
dans le contexte de la gestion partagée des actions
structurelles
Quel est le but du plan d'action et où en est son
exécution?
- Le plan d'action adopté par la Commission le 19 février de
cette année représente un engagement politique en faveur de la
réduction des erreurs dans les demandes de paiement émanant des
États membres en ce qui concerne les actions structurelles (Fonds
structurels et Fonds de cohésion). Il donne suite aux recommandations
formulées par la Cour des comptes européenne dans son rapport de l'an
dernier, qui avait mis en évidence certaines faiblesses dans la gestion
partagée des actions structurelles dans les États membres.
- Le rapport d'avancement d'aujourd'hui présente les premiers
résultats et effets de la nouvelle approche, plus stricte, de la
Commission.
- Le plan d'action repose sur une stratégie en deux volets:
- aider les États membres à mieux vérifier
l'admissibilité des dépenses afférentes aux différents
projets avant de présenter des demandes de paiement à la Commission;
- prendre des mesures plus sévères de suspension des
paiements et d'application de corrections financières lorsque les pratiques
des États membres laissent à désirer – perdre de
l'argent à la suite de corrections financières incite à
améliorer les contrôles.
- Il contient 37 actions à réaliser pour la fin de
l'année, et est en bonne voie d'être mené à terme.
- La Commission a par exemple déjà appliqué de nombreuses
actions relatives à l'étalonnage des performances, aux bonnes
pratiques, à la formation et aux séminaires. En juin, elle a
organisé un séminaire sur la façon d'améliorer les
contrôles, auquel ont assisté 500 représentants des organes
qui gèrent les programmes des Fonds structurels dans les États
membres.
- La Commission a organisé des audits ciblés sur les programmes
présentant un risque élevé, a vérifié que les
États membres avaient pris des mesures correctives pour remédier aux
carences et a appliqué un plus grand nombre de suspensions et de
corrections que les années précédentes (voir ci-dessous pour plus
de détails).
Quelle est la différence entre une
erreur et une fraude, et la fraude constitue-t-elle un problème important
dans le contexte des dépenses structurelles?
- «Erreur» est le terme général employé pour
désigner tout cas de non-respect d'une condition devant être remplie
pour recevoir des fonds communautaires. Erreur n'est pas synonyme de fraude. Le
rigoureux travail d'audit réalisé par la Commission et la Cour des
comptes chaque année a conduit uniquement à la détection de cas
isolés de fraude.
- Selon l'OLAF, l'Office européen de lutte antifraude, les fraudes
soupçonnées concernaient 0,16 % des paiements effectués par
la Commission entre 2000 et 2007 (soit 290 millions d'euros).
- La Commission prend toujours des mesures pour recouvrer les fonds qui ont
fait l'objet d'une utilisation abusive à la suite d'une erreur ou d'une
fraude.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes?
- Parmi les exemples courants figurent l'attribution de marchés sans
procédure adéquate de mise en concurrence, la présentation de
pièces justificatives insatisfaisantes pour étayer les dépenses
des projets, l'application de taux incorrects de cofinancement des projets et la
soumission de demandes de paiement surévaluées.
- Les erreurs se produisent principalement au niveau des
bénéficiaires dans les États membres, qui demandent le
financement de dépenses qui ne remplissent pas les conditions requises. Le
fait qu'un État membre présente des dépenses non admissibles
à la Commission en vue d'obtenir leur remboursement signifie que les
systèmes de contrôle de cet État n'ont pas bien fonctionné,
puisqu'ils n'ont pas prévenu ni détecté les erreurs. La
Commission peut seulement détecter les erreurs à l'aide d'audits
réalisés après le remboursement. Elle prend alors des mesures
correctives (voir ci-dessous).
- Dans la plupart des cas, même s'il y a une erreur, le projet est
réalisé et fonctionne. L'argent n'est pas perdu – cela veut
juste dire que le projet en question ne peut pas bénéficier d'une aide
financière de l'Union européenne.
- Si l'État membre accepte de procéder lui-même à une
correction concernant les dépenses non admissibles, les fonds
recouvrés peuvent généralement être réutilisés
pour d'autres projets admissibles. Si la Commission adopte une décision de
correction, l'argent est recouvré auprès de l'État membre et
retourne dans le budget communautaire.
Qui décide quand
une suspension ou une correction financière est nécessaire et quel
montant il convient de recouvrer? Qu'advient-il de l'argent
récupéré?
- La Commission dispose de quelque 90 auditeurs pour les Fonds
structurels. Ceux-ci procèdent à des vérifications dans tous les
États membres pour s'assurer que les systèmes nationaux de
contrôle, qui devraient permettre de détecter et de prévenir les
erreurs dès le départ, fonctionnent correctement.
- Les audits portent sur les programmes par l'intermédiaire desquels des
ressources des Fonds structurels sont allouées. Dans chaque programme sont
définis la dotation financière, les priorités et les objectifs
afférents à la région ou au thème dont il est question. Pour
la nouvelle période de financement (2007-2013), 407 programmes ont
été adoptés. Chaque programme peut comprendre plusieurs centaines
de projets différents, concernant des priorités majeures sur le plan
des infrastructures comme les autoroutes ou les chemins de fer, l'assistance aux
petites entreprises ou l'aide aux familles passant par la construction de
nouvelles crèches, par exemple. Les États membres et les régions
choisissent les différents projets après s'être accordés sur
les programmes avec la Commission.
- La Commission ne vérifie pas tous les programmes chaque année. Sa
stratégie consiste à contrôler les programmes selon une approche
fondée sur les risques, en tenant compte notamment des montants
communautaires en jeu et des facteurs de risque liés aux faiblesses connues
des organismes de gestion, aux types d'opérations et de
bénéficiaires, etc., et à veiller à ce que tous les
problèmes éventuels aient été réglés avant la
clôture des programmes.
- Lorsque ses auditeurs décèlent des problèmes graves, la
Commission peut suspendre les paiements en faveur d'un programme et, si
certaines sommes ont fait l'objet d'une utilisation abusive, elle peut
finalement procéder à leur recouvrement.
Quelle
somme la Commission a-t-elle recouvrée l'an dernier? De nouvelles
suspensions et corrections sont-elles prévues?
- Le rapport intermédiaire sur l'exécution du plan d'action fait
apparaître clairement les effets du durcissement de l'approche de la
Commission. La Commission a adopté 7 décisions de suspension des
paiements concernant des programmes relatifs à la période 2000-2006
(deux programmes interrégionaux, deux programmes en Italie, un au
Royaume-Uni et en Écosse, un en Bulgarie et un au Luxembourg), et
20 décisions supplémentaires sont en préparation.
- Les mesures de correction financière ont conduit au recouvrement de
843 millions d'euros depuis le début de l'année 2008 (les
corrections portent sur l'ensemble des Fonds structurels et des périodes).
Sur cette somme, 216 millions d'euros ont été
récupérés à la suite de 21 décisions de correction
de la Commission. Le reste a été accepté par les États
membres concernés avant que la Commission adopte une décision formelle
de correction. En comparaison, 287 millions d'euros avaient été
recouvrés sur l'ensemble de l'année 2007.
- D'autres corrections financières, d'un montant total de
1,5 milliard d'euros, sont prévues et devraient être
terminées pour la fin du mois de mars de l'année prochaine. Les
corrections ne sont pas des amendes: ce sont des décisions de recouvrer
l'argent des contribuables européens lorsque celui-ci a été
demandé indûment et versé à tort aux
bénéficiaires.
Quels sont les autres indicateurs
s'agissant des effets du plan d'action?
- Certains éléments donnent déjà à penser que les
systèmes de contrôle des États membres fonctionnent mieux. La
Commission surveille l'application de mesures correctives destinées à
remédier aux problèmes concernant 27 programmes ou groupes de
programmes. À la fin du mois de septembre 2008, elle avait pu
établir que les autorités nationales avaient respecté leurs
engagements dans 9 cas.
- On ne peut pas encore s'attendre à observer une diminution importante
du taux d'erreurs dans le rapport que la Cour des comptes européenne
publiera la semaine prochaine sur les dépenses de 2007, car le plan
d'action a été adopté plus tard. Il faudra encore attendre un an
pour voir les résultats des mesures de la Commission.
- En ce qui concerne les nouveaux programmes, pour la période de
financement 2007-2013, une nouvelle procédure préventive a
été mise en place afin de réduire le risque d'apparition de
problèmes au cours de leur mise en œuvre. Pour chaque programme,
l'organisme d'audit national compétent doit fournir une attestation
relative à la conformité du système de contrôle interne
avant qu'une demande de paiement puisse être introduite. La Commission
vérifie si l'attestation est complète et conforme à la
réglementation relative aux Fonds structurels. Elle en est actuellement
à la moitié de ce travail. Elle a reçu des attestations pour un
peu plus d'un tiers des 407 programmes existant dans l'UE. Une trentaine
seulement de ces attestations ont été définitivement
acceptées jusqu'ici, ce qui indique que la procédure est
appliquée rigoureusement.
Qui fixe les règles
applicables aux systèmes de gestion et de contrôle des États
membres pour les Fonds structurels?
Les règles sont définies dans la législation communautaire: le
règlement financier détermine les principes généraux, le
règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil établit le cadre
réglementaire des Fonds structurels et le règlement (CE)
n° 1828/2006 de la Commission fixe des règles plus
détaillées. La Commission a également publié des notes
d'orientation afin d'encourager l'application de bonnes pratiques en
matière de contrôle par les autorités nationales.
Que fait la Commission pour simplifier les règles?
Les exigences en matière de contrôle applicables aux actions
structurelles sont strictes afin de garantir l'utilisation adéquate de
l'argent des contribuables européens, mais il importe également de
trouver le juste équilibre entre le coût des contrôles et les
avantages obtenus.
Les règles afférentes aux programmes 2007-2013 ont
été simplifiées à certains égards: désormais, il
est permis de rembourser les frais généraux selon un taux forfaitaire
et possible de raccourcir la période pendant laquelle les
bénéficiaires doivent conserver les pièces justificatives, par
exemple.
La Commission s'est engagée à travailler avec les États
membres pour trouver des moyens d'introduire des simplifications
supplémentaires. Aussi a-t-elle proposé de modifier les règles
relatives aux projets qui génèrent des recettes, de telle sorte
qu'elles ne s'appliquent plus aux petits projets.
Combien la Commission dépense-t-elle dans le cadre de sa politique
structurelle? La Commission soumet-elle chaque euro dépensé dans ce
domaine à un audit?
Pour la période 2007-2013, le budget total destiné aux actions
structurelles (Fonds européen de développement régional, Fonds
social européen et Fonds de cohésion) s'élève à
347 milliards d'euros, ce qui représente 35 % du budget global de
l'Union.
La responsabilité principale des contrôles et des audits incombe
aux États membres. Une autorité d'audit est désignée pour
chaque programme, et celle-ci émet tous les ans un avis sur les
systèmes de contrôle et les dépenses à l'intention de la
Commission.
Le rôle de la Commission consiste à superviser le fonctionnement
des systèmes de contrôle dans les États membres. Dans la mesure
du possible, la Commission se fie aux résultats des auditeurs nationaux et
ne refait pas leur travail. Lorsque c'est nécessaire, elle procède
à ses propres audits des systèmes de contrôle. Elle vérifie
aussi un petit nombre de projets, pour mesurer l'efficacité des
systèmes de contrôle. La Commission applique donc une stratégie
lui permettant, grâce au travail des auditeurs nationaux et à son
propre travail d'audit, d'obtenir des assurances concernant l'ensemble de
l'argent dépensé dans les programmes au cours de leur mise en
œuvre.