MEMO/08/429
Bruxelles, 23 juin 2008
Le réseau judiciaire européen en matière civile et commerciale, créé par la Décision n° 2001/470/CE du Conseil[1], est une structure "premier pilier" (différente donc du réseau judiciaire pénal). Le Danemark ne participe pas à l’adoption de cette décision du Conseil.
Les objectifs du réseau judiciaire européen sont doubles :
Le réseau est composé des membres suivants (400) :
Ses points de contact se réunissent en moyenne 5 fois par an à Bruxelles pour une journée de travail (90 personnes environ) et les membres du réseau (les points de contacts, les autorités centrales et les magistrats de liaison) se réunissent une fois par an (deux jours – parfois dans un Etat membre. La Commission assure l'impulsion nécessaire de ses travaux, assure donc le secrétariat du réseau civil et la présidence de toutes ses réunions.
Le réseau judiciaire civil est opérationnel depuis décembre 2002.
Le réseau judiciaire facilite la coopération judiciaire en matière civile en Europe par l'interaction de ses points de contacts à la disposition des autorités judiciaires locales. Les points de contact sont facilitent la coopération traditionnelle entre autorités centrales en matière judiciaire et débloquent parfois les situations difficiles. Ils jouent également un grand rôle en matière de diffusion de l'information aux juges européens en matière d'application des instruments communautaires et du droit étranger.
Le réseau peut aussi étendre son action aux domaines non couverts par des instruments européens ou internationaux. Dans ces matières, il peut s’avérer particulièrement utile de mettre à la disposition des Etats une coopération fluide et informelle, prête à fournir l’assistance nécessaire à la formulation et la transmission de telles demandes de coopération (ex : adoption, testaments..).
Les réunions périodiques des points de contact leur permettent de partager leur expérience, notamment en ce qui concerne le fonctionnement du réseau. Elles offrent une plate-forme de discussion pour les problèmes pratiques et juridiques rencontrés dans le cadre de la coopération judiciaire, notamment en ce qui concerne l'application des mesures adoptées par la Communauté européenne; et permettent d’identifier les meilleures pratiques dans le domaine de la coopération judiciaire en matière civile et commerciale, d’assurer la diffusion des informations y afférentes; d’échanger les points de vue notamment sur la structure, l'organisation et le contenu des informations disponibles sur le site Internet, ainsi que sur l'accès à celles-ci.
Le réseau assure également des missions d'information auprès des juges sur le droit européen relatif à la justice civile ainsi que le suivi de la bonne application de ces instruments à l'initiative de la Commission, en élaborant et publiant par exemple des guides pratiques pour les juges et les praticiens du droit sur l'application des règlements (ex : règlement dit "Bruxelles II" sur la responsabilité parentale).
Le réseau facilite l'accès à la justice des citoyens européens par l'intermédiaire de son site Internet accessible dans toutes les langues de l'Union (http://ec.europa.eu/civiljustice/). Ce site Internet présente un aperçu des différents systèmes juridiques dans le domaine du droit civil et commercial. Il ne saurait se substituer aux conseils des professionnels de la justice, notamment à l’assistance d’un avocat en cas de litige. Mais il permet au grand public, voire même aux praticiens du droit, de connaître le droit des autres Etats membres, le droit européen en matière civile et même le droit international.
Les principales valeurs ajoutées du réseau judiciaire européen civil sont donc:
Le renforcement du réseau judiciaire civil:
Conformément à la Décision de 2001, la Commission a présenté en mai 2006 un rapport d'évaluation du fonctionnement du réseau[2] élaboré notamment sur la base des informations communiquées préalablement par les membres du réseau et sur la base d'une étude externe.
Dans ce rapport la Commission a constaté que le réseau judiciaire civil avait généralement amélioré la coopération judiciaire dans l'Union, mais qu'il était encore loin d'avoir développé toutes ses potentialités. Il est notamment apparu que l’efficacité du réseau dans l’accomplissement de ses missions dépendait largement des capacités encore limitées d’exécution des tâches par ses points de contact et que ces capacités devaient être renforcées. La Commission a donc adopté le 23 juin 2008 une proposition révisant la Décision du Conseil de 2001. Cette proposition fait suite à une large consultation des membres du réseau, des autres institutions et de la société civile.
Cette proposition a pour but de doter le réseau d'un cadre juridique rénové, d'une organisation plus efficace et de moyens renforcés pour lui permettre de s'imposer à l'avenir au sein de l'espace de justice européen comme le rouage essentiel de la coopération entre tous les acteurs de la justice civile.
La proposition de la Commission vise à:
Il est ainsi proposé que le point de contact principal dans chaque Etat membre consacre exclusivement ses fonctions aux tâches du réseau. Il a également été prévu qu'un juge assiste le point de contact lorsque celui-ci n'est pas lui-même juge afin de faciliter la circulation de l'information vers les tribunaux et à conférer aux points de contact davantage de légitimité vis-à-vis de la magistrature nationale.
Ces objectifs s'inscrivent parfaitement dans le cadre du programme de la Haye adopté par le Conseil en 2004 qui réclame des efforts supplémentaires soient consentis afin de faciliter l'accès à la justice pour les citoyens et la coopération judiciaire en matière civile à l'avenir, et a mis un accent particulier sur la mise en œuvre effective des actes adoptés. Ce programme soulignait également pour la 1ère fois la nécessité de promouvoir la coopération entre les membres des professions juridiques en vue de définir les meilleures pratiques.
L'objectif principal est de favoriser le dialogue direct entre les juges des Etats membres chargés de régler des litiges transfrontières et d'y associer tous les professionnels du droit concernés.
L'innovation la plus importante consiste donc à ouvrir le réseau à ces professions juridiques (avocats ou avoués, sollicitors ou barristers, huissiers de justice, notaires, syndics). Cette ouverture se fera par le biais des ordres professionnels concernés de chaque Etat membre.
Les avantages de cette ouverture pour le réseau et la consolidation de l'espace de justice sont multiples. Le résultat principal escompté est de redynamiser fortement le réseau. Les professions consultées y sont très favorables.
Cette proposition permettra notamment au réseau de mettre en œuvre plus efficacement les nouveaux instruments destinés à faciliter l'accès à la justice vis à vis du public adoptés depuis 2002: les directives sur l'aide judiciaire et l'indemnisation des victimes de la criminalité, le règlement créant une procédure européenne pour le règlement des petits litiges, qui se réfère directement au rôle du réseau en vue de sa bonne application.
La proposition permettra aussi de développer des relations plus étroites entre le réseau et le réseau des Centres européens des consommateurs (ECC-Net) géré par la Direction Générale chargée de la politique de protection des consommateurs de la Commission.
[1] JO L 174 du 27.6.2001, p. 25
[2] COM (2006) 203 final, SEC (2006) 579 final
[3] Directive sur l'aide judiciaire applicable depuis le 30 novembre 2004, règlement "Bruxelles II bis" le 1er mars 2005, directive sur l'indemnisation des victimes de la criminalité le 1er janvier 2006, règlement sur le titre exécutoire européen le 21 octobre 2005, règlement instituant une procédure européenne d'injonction de payer applicable à partir du 12 décembre 2008, règlement instituant une procédure européenne pour le règlement des petits litiges applicable à compter du 1er janvier 2009, règlement Rome II sur la loi applicable aux obligations non contractuelles à compter du 11 janvier 2009, règlement révisant le règlement sur la transmission des actes à compter du 13 novembre 2008, ainsi que la directive sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale du 21 mai 2008 et le règlement Rome I sur la loi applicable aux obligations contractuelles en cours d'adoption.
[4] http://www.hcch.net/index_fr.php