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Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi: questions fréquemment posées

European Commission - MEMO/06/478   12/12/2006

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MEMO/06/478

Bruxelles, le 12 décembre 2006

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Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi: questions fréquemment posées

Première partie: le rapport annuel d'avancement de la Commission de décembre 2006

L'année dernière, la Commission a invité les États membres à "passer la vitesse supérieure". L'ont-ils fait?

Oui. Le rythme s'est accéléré et les résultats enregistrés depuis un an se sont sensiblement améliorés. On note une évolution sensible de la prise de décision nationale, en particulier dans les quatre domaines définis comme prioritaires par le Conseil européen du printemps 2006 (voir ci-après). En outre, les États membres échangent de plus en plus leurs expériences et bonnes idées. Cependant, si tous ont progressé, d'importantes disparités persistent entre les États membres en ce qui concerne l'ampleur et le rythme des réformes.

Quelles sont les autres principales conclusions du rapport de la Commission?

Trois autres conclusions principales sont tirées. En premier lieu, les réformes au niveau européen au titre du programme communautaire de Lisbonne (voir IP/06/1470) progressent bien dans l'ensemble elles aussi. En deuxième lieu, les perspectives économiques actuelles plus favorables sont en partie dues aux réformes déjà réalisées. En troisième lieu, l'Europe doit à présent profiter de la reprise pour accélérer le rythme de la réforme et garantir ainsi un avenir prospère et durable à l'ère de la mondialisation.

Quels sont les principaux messages politiques?

Le ton du rapport est positif et confiant. Il souligne les réalisations significatives de cette année ainsi que les éléments qui confirment que l'Europe est en train de franchir un cap.

En revanche, il constate aussi que les progrès plus lents dans certains domaines – en particulier la concurrence dans les services et les industries de réseau et la réforme du marché du travail – freine les progrès dans d'autres domaines. Le défi est d'atteindre un rythme de croisière cohérent pour l'ensemble des politiques, au niveau de l'UE et par tous les États membres.

Le rapport souligne que la reprise actuelle doit être considérée comme l'occasion de faire plus, et non une excuse de faire moins. L'amélioration de la situation économique permettra de mieux faire face au changement. Elle constitue pour l'Europe le moment opportun d'introduire de vastes réformes qui jetteront les bases de notre avenir et aideront à orienter l'économie de l'UE sur une voie nouvelle et de plus forte croissance. Ne gâchons pas cette chance!
Le rapport est un vote de confiance en faveur d'un modèle économique et social européen modernisé apte à étayer la durabilité de notre prospérité en alliant le dynamisme du marché et un engagement ferme pour la cohésion sociale et l'environnement durable.

Qu'est-ce qui prouve que les perspectives économiques plus favorables sont dues aux réformes mises en œuvre dans le cadre de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi?

Personne ne prétend que les réformes de Lisbonne sont le facteur exclusif. Mais les modèles économiques élaborés par la Commission prouvent leur contribution significative qui peut être demain encore plus grande.

Pour prendre un seul exemple: il est estimé que les réformes dans des domaines tels que les indemnités de chômage, la fiscalité les facilités d'accès de nouvelles entreprises ont réduit le taux de chômage structurel de près de 1,4 point de pourcentage et augmenté le PIB de l'UE-15 de 2 % depuis 1995.

Une analyse plus complète figure dans l'annexe du rapport annuel d'avancement.

Que couvre le rapport d'avancement annuel? Qu'a-t-il de différent par rapport à l'année passée?

La structure est identique. Une partie générale analyse les progrès d'ensemble réalisés dans l'UE et comporte quelques propositions spécifiques au Conseil européen de printemps, accompagnées d'annexes plus détaillées sur les politiques macroéconomiques, microéconomiques et de l'emploi. De plus, elle contient 25 "chapitres nationaux" qui évaluent les progrès réalisés par chaque État membre et identifient les forces aussi bien que les faiblesses.

Une différence essentielle de cette année est que la Commission invite le Conseil à faire siennes les recommandations propres à chaque pays.

Pourquoi la Commission propose-t-elle des recommandations propres à chaque pays, contrairement à son précédent rapport d'avancement?

Les recommandations propres à chaque pays permettent en effet aux États membres de convenir ensemble au plus haut niveau politique de leurs actions pour faire avancer les réformes. La base politique de la réforme en sortira renforcée.

Ces recommandations sont proposées au titre des articles 99 et 128 du traité. Elles sont présentées dans un instrument juridique joint à la communication.

Lors de la publication du dernier rapport en janvier 2006, les programmes nationaux de réforme n'avaient que quelques mois. Il était prématuré de présenter une vision assez claire des progrès de leur mise en œuvre pour étayer les recommandations propres à chaque pays.

Sur quoi l'analyse de la Commission repose-t-elle?

L'année passée, le rapport annuel d'avancement rédigé par la Commission avait procédé à une évaluation des 25 programmes nationaux de réforme, en avait identifié les forces et faiblesses et avait proposé que, lors du Conseil européen de printemps, les dirigeants européens prennent un engagement commun de renforcer le programme global de réforme dans quatre domaines d'action prioritaires: la connaissance (éducation, recherche et innovation), l'exploitation du potentiel des entreprises, l'augmentation des possibilités d'emploi et la mise en place d'une politique énergétique. Le Conseil européen avait accepté cette proposition.

Cette année, les "chapitres nationaux" sont basés sur une analyse des rapports de mise en œuvre des États membres. Il en ressort que les États membres ont pris bon nombre de mesures nécessaires pour mettre en œuvre leurs programmes et les renforcer à la lumière de l'évaluation réalisée l'année dernière par la Commission ainsi que des engagements du Conseil européen.

Que couvrent les recommandations spécifiques par pays?

Les recommandations couvrent essentiellement les domaines pour lesquels la Commission avait déjà signalé l'an dernier qu'ils nécessitaient une plus grande attention. Une recommandation proposée signifie que, de l'avis de la Commission, l'État membre concerné doit, malgré certains progrès réalisés, encore renforcer ou accélérer ses efforts dans ce domaine.

La Commission propose-t-elle des recommandations propres à chaque État membre?

Non. Quelques États membres [Danemark, Estonie, Finlande, Irlande, Luxembourg et Suède] ont bien progressé dans tous les domaines exigeant l'an dernier selon la Commission une attention particulière. Aucune recommandation formelle n'est proposée à ces États membres. Cependant, il leur reste de grands défis à relever. Dans les "chapitres nationaux" relatifs à ces États membres, comme dans tous les autres, la Commission souligne les domaines politiques auxquels il conviendra d'être particulièrement attentif au cours des prochaines années.

Un chapitre est-il prévu pour la zone euro?

Oui. Le chapitre conclut que l'interdépendance économique et financière plus étroite engendrée par la monnaie unique exige de la zone euro dans son ensemble d'aller au-delà de ce qui est requis au niveau de chaque État membre. L'appartenance à l'union économique et monétaire (UEM) confère une importance particulière à l'efficacité de la coordination politique pour assurer la discipline budgétaire et les réformes structurelles. Les États membres de la zone euro doivent donc plus particulièrement tirer parti de la reprise économique pour viser une consolidation budgétaire plus ambitieuse, une plus grande concurrence en particulier dans les services en général et les services financiers, et une réforme plus poussée des marchés du travail.

Dans l'ensemble, dans quels domaines politiques les progrès ont-ils été les plus et les moins importants?

Les progrès enregistrés dans le domaine de la meilleure réglementation et de l'amélioration de l'environnement des entreprises ont été bons. La plupart des États membres ont également pris des mesures significatives pour promouvoir la R&D, même si, dans plusieurs cas, d'autres réformes sont nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux liés aux investissements dans la R&D.

La faiblesse de la concurrence sur de nombreux marchés, en particulier les services de réseaux comprenant l'énergie, continue de freiner l'Europe.

D'importantes avancées ont été réalisés pour renforcer la viabilité financière, y compris dans les États membres le plus menacés par les coûts liés au vieillissement de la population et ceux qui souffrent le plus des effets d'entraînement des déséquilibres précédents entre les recettes et les dépenses. Ces progrès devront dorénavant être poursuivis avec un effort soutenu.

Le consensus croissant en faveur de l'approche de la "flexicurité" de la réforme du marché du travail est une évolution très positive. D'importantes mesures ont d'ores et déjà été prises. Il en résulte en partie que l'emploi a progressé à un rythme annuel de 1,4 % en 2006, la progression la plus forte depuis l'été 2001, et que le taux de chômage a reculé à 8,0 %.

Néanmoins, si nous voulons atteindre le taux d'emploi global de 70 % dans l'UE d'ici à 2010, nous devrons encore réaliser de nombreux progrès pour résoudre le double problème des marchés du travail rigides qui freinent la compétitivité et de la "segmentation", notamment entre les travailleurs qui bénéficient de contrats permanents assortis de la sécurité de l'emploi et les travailleurs qui ont des contrats à durée déterminée et pas ou peu de chances d'échapper à la précarité.

Des réformes significatives en matière d'éducation et de formation dans plusieurs États membres améliorent les possibilités pour les jeunes et permettront à terme de proposer aux employeurs des travailleurs hautement qualifiés et adaptables.

Mais les progrès au niveau de l'apprentissage tout au long de la vie des adultes sont encore insuffisants. La permanence du fossé entre les rémunérations des hommes et des femmes est inacceptable. De nombreux États membres doivent faire plus pour mettre la protection de l'environnement et les technologies environnementales au centre de leurs programmes de réforme et, en particulier, réduire les émissions.

Quelles sont les principaux résultats de la stratégie communautaire de Lisbonne?

D'importantes mesures ont été prises pour créer de nouvelles opportunités pour les entreprises, en particulier dans le secteur des services en général et des services financiers, et pour réorienter les fonds structurels vers la croissance et de l'emploi. En outre, une nouvelle culture de la réglementation émerge et ouvre de nouvelles perspectives au niveau tant national que communautaire. La Commission a réalisé 75 % des actions prévues par le programme communautaire de Lisbonne.

Quels États membres sont les bons élèves?

La Commission n'entend pas organiser un "concours Eurovision de la chanson" et classer les États membres. Cette démarche serait vaine et empreinte de subjectivité dans la mesure où ce ne sont pas les performances actuelles qui comptent mais le potentiel futur. Il est cependant particulièrement encourageant de noter trois points.

En premier lieu, les États membres bien classés dans les listes internationales de compétitivité, tels les pays nordiques et l'Irlande, résistent à la tentation de se reposer sur leurs lauriers. Ils savent que la poursuite des réformes est la clé du maintien de leurs performances futures.

En deuxième lieu, les plus grandes économies dont le succès est particulièrement important pour la création de la prospérité ailleurs dans l'Union - France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne - ont toutes progressé de manière significative depuis l'année dernière, bien que leurs points de départ aient été différents et que la mise en œuvre se situe à des stades différents.

En troisième lieu, si la plupart des États membres qui ont rejoint l'Union en 2004 ont encore du rattrapage à faire, ils progressent également, même si le rythme varie.

Quels États membres sont les mauvais élèves?

Le mérite de tous les États membres doit être salué pour avoir réalisé des progrès, souvent dans des circonstances politiques difficiles. Il ne serait ni juste ni utile de montrer du doigt tel ou tel État membre et de lui reprocher son retard. Mais l'ampleur et le rythme des réformes sont très disparates. Il importe à terme de réduire cet écart car toutes nos économies sont interdépendantes. La prospérité de l'une engendre la prospérité des autres. C'est pourquoi il faut que chaque État membre exploite pleinement son potentiel.

Comment peut-on évaluer la performance des "nouveaux" et des "anciens" États membres, des grands et des petits, selon les mêmes critères?

Ce n'est pas possible et nous n'avons pas essayé. Nous reconnaissons que tous les États membres partent d'un point différent et ont des traditions différentes. Nous n'évaluons pas leurs performances économiques actuelles en tant que telles, mais leur progrès vers la mise en œuvre et le renforcement de leurs programmes de réforme nationaux, en d'autres termes, la manière dont ils se préparent à l'avenir pour saisir les opportunités offertes par la mondialisation et relever le défi du vieillissement de la population.

Y a-t-il une corrélation entre le nombre de recommandations et la manière dont la Commission juge un État membre donné?

Il est clair que la Commission ne formule de recommandation que si elle estime qu'un important défi existe et que l'État membre doit déployer davantage d'efforts pour relever ce défi. Mais il n'y a aucune corrélation directe entre le nombre de recommandations et le niveau de progrès général.

Même pour les États membres n'ayant pas fait l'objet de recommandation cette année, la Commission souligne des domaines où un effort particulier s'impose et qui, en conséquence, pourraient faire l'objet d'une recommandation future. Un État membre visé par une recommandation dans un domaine particulier pourrait devoir réagir d'urgence pour ne pas freiner les progrès réalisés dans d'autres domaines. Et si un État membre visé par plusieurs recommandations est appelé à relever une série de défis difficiles, il peut aussi avoir de bons résultats dans d'autres domaines. Les "chapitres nationaux" identifient les forces significatives de chaque programme national.

La Commission présentera-t-elle des propositions spécifiques au Conseil européen de printemps cette année?

Oui. Le rapport annuel d'avancement invite le Conseil européen à améliorer le suivi des engagements spécifiques pris en mars 2006 et à approuver quelques mesures supplémentaires. En voici quelques exemples (les détails complets figurent dans le rapport).

Dans le domaine d'action prioritaire de la connaissance, le Conseil européen est invité à s'assurer que les États membres approuvent à temps la proposition de la Commission visant à créer l'Institut européen de technologie (IET, voir IP/06/1164) pour qu'il soit opérationnel en 2008. Le Conseil européen est également invité à prendre un engagement politique renouvelé en faveur d'un cadre européen clair et cohérent de protection de la propriété intellectuelle.

En ce qui concerne l'exploitation du potentiel des entreprises, les dirigeants de l'UE sont invités à fixer un objectif commun de 25 % de réduction des charges administratives à atteindre conjointement par l'UE et les États membres d'ici à 2012. Le rapport invite également le Conseil européen à donner la priorité absolue à la mise en œuvre rapide et efficace de la directive sur les services.

En outre, la Commission entend conduire une analyse systématique des principaux marchés des biens et des services pour identifier les obstacles spécifiques à la concurrence et présenter des propositions en vue de les éliminer. Le rapport invite les États membres à faire de même.

En ce qui concerne les marchés du travail, la Commission présentera une communication relative à la "flexicurité" avant l'été 2007 qui devrait servir de base à un accord, réalisé d'ici à la fin 2007, sur une série de principes communs.

La Commission proposera en janvier 2007 une analyse stratégique de la politique énergétique et une communication concernant de nouvelles mesures de lutte contre le changement climatique. Ces propositions comprendront des mesures spécifiques soumises à la décision du Conseil européen de printemps.

Que se passera-t-il après la publication du rapport annuel d'avancement?

Comme d'habitude, le rapport sera soumis aux dirigeants européens lors du Conseil européen de printemps qui adoptera les conclusions sur la voie à suivre. Il sera également demandé au Conseil de faire siennes les recommandations spécifiques adressées aux différents pays.

Les États membres prépareront d'autres rapports de mise en œuvre qui seront examinés par la Commission dans un nouveau rapport annuel d'avancement qu'elle publiera vers la fin de l'année.

Les lignes directrices intégrées sur lesquelles reposent l'ensemble du processus seront examinées et si nécessaire révisées en 2008.

Entre-temps, la Commission poursuivra ses efforts pour, directement ou en collaboration avec les parties intéressées, faire passer le message au plus grand nombre que la stratégie pour la croissance et l'emploi véhicule une vision positive de perspectives plus larges et non une vision d'échec, de dépression et d'austérité. Elle encouragera les États membres à faire de même et mettra fortement l'accent sur l'appropriation et la communication lorsqu'elle évaluera les progrès réalisés au niveau national.

Deuxième partie: contexte

Qu'est-ce que la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi?

Si l'UE met en œuvre aujourd'hui les réformes économiques adéquates, elle peut assurer à l'Europe un futur à la fois prospère, équitable et durable du point de vue environnemental. Elle peut garantir que nos économies se trouvent en bonne position pour tirer parti des possibilités offertes par la mondialisation. Elle peut placer l'Europe dans un position favorable pour affronter les changements démographiques qui se profilent avec davantage de personnes âgées et moins de personnes en âge de travailler.

C'est pourquoi lors du sommet qui s'est tenu à Lisbonne en mars 2000, les dirigeants de l'Union ont présenté une nouvelle stratégie, fondée sur un consensus entre les États membres, pour rendre l'Europe plus dynamique et plus compétitive.

Baptisée "Stratégie de Lisbonne", cette stratégie couvre un très large éventail de politiques. Elle a été relancée au printemps 2005 après des premiers résultats relativement modestes.

Pourquoi la stratégie se concentre-t-elle maintenant plus clairement sur la croissance et l'emploi?

La croissance en elle-même n'est pas une fin en soi mais c'est une condition préalable au maintien et à l'amélioration de la prospérité en Europe et donc à la préservation et à l'amélioration de nos modèles sociaux.

La croissance doit être soutenable. Si, à court terme, la protection de l'environnement a parfois un coût, dans le long terme, les coûts que nous aurons à supporter pour ne pas nous être intéressés à des problèmes d'environnement comme les changements climatiques seront bien plus élevés.

Nous devons créer davantage d'emplois pour deux raisons: d'une part, parce que la vie d'un trop grand nombre est encore gâchée par le chômage et, d’autre part, parce qu'avoir davantage d'actifs sera la seule manière pour nous d'être certains que nos sociétés pourront absorber les changements démographiques qui s'annoncent. Une population plus âgée signifie des retraites plus élevées et des soins de santé plus coûteux qui ne peuvent être financés que par la population active.

En un mot, quelles sont les principales étapes pour créer davantage de croissance et d'emploi en Europe?

Il s'agit d'un puzzle qui comporte un grand nombre de pièces. C'est l'ensemble du dosage des politiques qui compte. Nous devons faire de l'Europe un endroit où il fait bon investir et travailler.

Cela suppose la viabilité budgétaire, une meilleure réglementation et des systèmes fiscaux et sociaux adéquats. Nous devons améliorer l'éducation et la formation pour permettre à davantage de personnes de réaliser pleinement leur potentiel, dans leur propre intérêt et dans celui de l'ensemble de la société. Nous devons aussi investir dans la recherche pour conserver notre avantage comparatif par rapport aux régions avec lesquelles nous sommes en concurrence.

Il nous faut plus de concurrence pour être sûrs que notre recherche débouche sur des innovations véritables, alors que nos entreprises se battent pour conserver la tête sur des marchés hautement compétitifs. Nous devons faire en sorte que notre économie s'adapte plus facilement aux changements et offre une plus grande résistance aux chocs extérieurs. Nous avons besoin de plus d'actifs de tout âge pour financer nos dépenses sociales à mesure que notre population vieillit. Nous devons consommer l'énergie de façon plus efficace et plus durable et mieux négocier avec les pays qui nous en fournissent. Tout cela nécessite des réformes tant au niveau européen que national.

Quelles sont les principaux objectifs de la stratégie pour la croissance et l'emploi?

Avant la relance de la stratégie en 2005, celle-ci comportait trop d'objectifs disparates. Nous avons aujourd'hui un processus simplifié et rationalisé qui ne comporte plus que deux grands objectifs: un taux d'investissement dans la recherche et le développement égal à 3 % du PIB européen d'ici 2010 et un taux d'emploi (la proportion de la population européenne en âge de travailler qui occupe un emploi) de 70 % à la même date.

Naturellement, ce ne sont pas les seules matières qui comptent mais atteindre ces deux objectifs est absolument indispensable si nous voulons préparer nos économies à la mondialisation. Des progrès ont déjà été constatés dans la réalisation de ces deux objectifs. Lors du Conseil européen du printemps 2006, tous les États membres sont convenus de se fixer des objectifs ambitieux en matière de R&D et la plupart ont entamé des réformes importantes pour y parvenir. L'emploi s'est accéléré à un rythme annuel de 1,4 % en 2006, le rythme le plus élevé depuis l'été 2001, et le taux de chômage a reculé à 8,0 %.

Comment est organisée la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi?

La stratégie repose sur un partenariat étroit entre la Commission et les États membres, avec une répartition claire des responsabilités et la recherche de synergies maximales entre la Communauté et les niveaux nationaux et entre les différents domaines de la politique économique. Les États membres mènent des réformes à l'échelon national sur la base des programmes nationaux de réforme présentés en 2006, fondées sur des orientations politiques ("lignes directrices intégrées") convenues collectivement par tous les États membres en 2005 et dont la révision est prévue en 2008. Ces PNR sont triennaux.

Chaque année, les États membres produisent des rapports sur la mise en œuvre de leurs PNR. Ils ont présenté le premier en octobre 2006. Tous les États membres ont désigné des coordinateurs de Lisbonne ("Monsieur ou Madame Lisbonne") chargés de promouvoir la stratégie dans leurs États membres respectifs et de mobiliser les parties prenantes en vue de la mise en œuvre. De nombreux États membres ont nommé des coordinateurs au niveau ministériel. La Commission assure l'assistance, le suivi et l'évaluation de ce processus de réforme au niveau national.

En parallèle, un programme de réforme au niveau européen – le programme communautaire de Lisbonne (voir IP/06/1470 et MEMO/06/399) – est mis en œuvre.

La gestion de la stratégie a-t-elle toujours fonctionné ainsi?

Non. La stratégie a été relancée en 2005. Le système antérieur était plus compliqué avec une myriade de cibles différentes et de structures de soumission de rapports ainsi que des synergies moindres entre les différentes parties. Si certains progrès ont été réalisés, les résultats d'ensemble n'ont pas été pleinement satisfaisants. C'est pourquoi la Commission a proposé une relance de la stratégie, fondée principalement sur les recommandations d'un examen à mi-parcours réalisé par l'ancien premier ministre néerlandais, M. Wim Kok. Les dirigeants de l'UE ont approuvé cette proposition lors du Conseil européen du printemps 2005.

Pourquoi avons-nous besoin d'une stratégie européenne alors qu'une bonne partie des mesures requises doivent être prises au niveau national?

Nos économies sont interdépendantes. La prospérité d'un État membre engendre la prospérité des autres. L'apathie d'un État membre freine les autres. Les Européens doivent donc travailler la main dans la main pour réaliser les réformes économiques en appliquant les mêmes mesures politiques quand celles-ci sont efficaces.

En outre, les politiques nationales seules ne sont pas suffisantes pour que la stratégie pour la croissance et l'emploi produise ses effets. Les politiques de l'UE sont également au centre de la stratégie. C'est ainsi, par exemple, que toute une série d'éléments sont fondamentaux pour construire la société prospère et moderne qui est le but ultime de la stratégie de Lisbonne: un marché intérieur efficace, une politique adéquate en matière de commerce extérieur, la mise à jour et le respect de la législation communautaire dans le domaine de la concurrence, des programmes de recherche européens bien ciblés, l'utilisation efficace des fonds structurels et de cohésion de l'UE et la mise en œuvre de la politique communautaire de l'environnement.

Quel est le rôle joué par la Commission dans la gouvernance de la stratégie?

En premier lieu, la Commission propose les lignes directrices intégrées pour les réformes à mener. Quand elles ont été approuvées par le Conseil, ces lignes directrices constituent la base des programmes nationaux de réforme des États membres.

Deuxièmement, dans son rapport annuel d'avancement, la Commission évalue le contenu et la mise en œuvre des programmes nationaux de réforme, permettant ainsi aux parties intéressées et aux citoyens de connaître le stade atteint par chaque État membre.

Troisièmement, la Commission travaille en permanence avec les États membres pour les aider à échanger leurs expériences, à apprendre les uns des autres ainsi qu'à appliquer, mettre à jour et améliorer leurs programmes nationaux de réforme, en tenant compte des forces et des faiblesses identifiées dans le rapport annuel d'avancement. Ce rôle de catalyseur pour l'apprentissage mutuel, qui aboutit à un consensus alimentant à la fois les politiques nationales et la politique européenne, n'est parfois pas très visible mais il est au centre des travaux de la Commission depuis que la Communauté européenne existe.

Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses, en faisant avancer le programme communautaire de Lisbonne, la Commission garantit que l'élaboration des politiques et les activités de financement au niveau européen servent au mieux les objectifs en matière de croissance et d'emploi.

Quel est le lien entre la stratégie pour la croissance et l'emploi et les Fonds structurels?

Ce lien est très étroit. La Commission s'est engagée à garantir que les Fonds structurels et de cohésion doivent d'abord être utilisés pour contribuer aux objectifs de Lisbonne en matière de croissance et d'emploi. Ces fonds seront dépensés au sein du marché unique pour acheter des travaux, des biens et des services auprès de tous les États membres de l'UE. La démarche profitera à tous les États membres et pas uniquement à ceux qui reçoivent directement les montants les plus élevés des Fonds structurels.

La Commission a travaillé avec les États membres pour garantir que leurs documents concernant la planification de l'utilisation des fonds pour la période 2007-2013 au titre de leur cadre stratégique national reflètent les priorités en matière de croissance et d'emploi. Les 15 Etats membres de l'UE se sont engagés à investir 60% des Fonds Structurels dans les régions de convergence et 75% dans les régions sous l' objectif Compétitivité et Emploi.

Les États membres de l'UE-15 se sont engagés à affecter au programme pour la croissance et l'emploi au moins 60 % des investissements qu'ils réalisent à l'aide des fonds structurels en accord avec les régions et 75 % dans les régions dépendant de l'objectif régional Concurrence et emploi.

L'UE conserve-t-elle son objectif de devenir l'économie basée sur la connaissance la plus compétitive au monde d'ici 2010?

L'objectif est de parvenir d'ici à 2010 à un rythme élevé de croissance annuelle durable et à un faible taux de chômage. Si, par exemple, les États-Unis devaient faire mieux, cela ne signifiera pas que la stratégie de l'UE a échoué. Au contraire, ce sera plutôt une bonne nouvelle pour nous tous. Néanmoins, il est essentiel qu'en matière de compétitivité, l'Europe comble le fossé qui la sépare des États-Unis, un objectif qui va de pair avec celui de mettre l'Europe dans les conditions lui permettant de tirer parti de la mondialisation.

Il importe en définitive que les Européens puissent sauvegarder et accroître leur qualité de vie ainsi que celle de leurs enfants et petits-enfants, à l'ère de la mondialisation, des changements démographiques et des défis de l'environnement. Telle est en définitive la raison d'être de la stratégie de Lisbonne.


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