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MEMO/06/372

Bruxelles, le 12 octobre 2006

Relever à temps le défi du vieillissement: quelques exemples de politiques réussies

Le défi du vieillissement dans l’Union européenne (UE) en quelques chiffres

La question du vieillissement de la population ne concerne pas que les seuls travailleurs âgés et les retraités. C’est toute la structure démographique de l’Europe qui est en mutation. Le vieillissement touche l'ensemble de la société et a des répercussions sur toutes les générations. Ainsi,

le nombre de travailleurs âgés (de 55 à 64 ans) augmentera de quatorze millions d’unités entre 2005 and 2030;

le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans passera de dix-neuf millions aujourd’hui à trente-quatre millions en 2030.

La population en âge de travailler de l’UE (les 15-64 ans) se réduira, au total, de vingt millions de personnes entre 2005 et 2030.

Population de l’UE: projections tendancielles 2005-2050

(en milliers)





 
2005-2050
2005-2010
2010-2030
2030-2050

Population totale
- 8 659
5 563
5 312
- 19 534

 
- 1,9 %
1,2 %
1,1 %
4,2 %

Enfants (0-14 ans)
- 13 811
- 2 304
- 6 080
- 5 427

 
- 18,6 %
- 3,1 %
- 8,5 %
- 8,2 %

Jeunes gens (15-24 ans)
- 14 035
- 2 383
- 6 663
- 4 990

 
- 24,3 %
- 4,1 %
- 12,0 %
- 10,2 %

Jeunes adultes (25-39 ans)
- 24 867
- 3 896
- 14 883
- 6 088

 
- 25,0 %
- 3,9 %
- 15,6 %
- 7,5 %

Adultes (40-54 ans)
- 18 666
4 116
- 10 029
- 12 754

 
- 19,0 %
4,1 %
- 9,8 %
- 13,8 %

Travailleurs âgés (55-64 ans)
4 721
4 973
8 717
- 8 969

 
9,1 %
9,5 %
15,3 %
- 13,6 %

Personnes âgées (65-79 ans)
25 688
1 947
22 281
1 460

 
44,5 %
3,4 %
37,3 %
1,8 %

Personnes âgées
fragiles (80 ans et +)
32 311
3 109
11 969
17 233

 
171,6 %
16,5 %
54,0 %
50,8 %

Source: EUROSTAT, 2004





Trois facteurs différents sous-tendent le vieillissement démographique

  • Une importante chute de la fécondité,
  • un accroissement notable de l’espérance de vie,
  • le vieillissement de la génération du baby boom.

La population européenne stagne et va immanquablement chuter

La population totale de l’UE continuera de croître très légèrement au cours des vingt prochaines années, puis elle entamera une chute. Elle passera ainsi de:

  • 458 millions d’habitants en 2005 à 469,5 millions en 2025 (+ 2 %),
  • pour tomber ensuite à 468,7 millions en 2030.

(Par contraste, la population des États-Unis va s’accroître de 25,6 % entre 2000 et 2025).

Les populations de certains États membres se contractent déjà

  • C’est le cas de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de l’Estonie, de la Slovaquie et de la République tchèque.
  • Des six États membres de l’UE les plus peuplés, seuls le Royaume-Uni et la France verront leur population s’accroître entre 2005 et 2050 (la population britannique devant, selon les projections, progresser de 8 % contre 9,6 % pour la France).

Dans certains pays, toutefois, la dénatalité est compensée par l'immigration (en Allemagne, en Italie et en Espagne).

Que peuvent faire les États membres pour profiter d’un ralentissement des effets du vieillissement?

Si le nombre d’Européens en âge de travailler va se réduire à moyen terme, celui des travailleurs, par contre, progresse (grâce à une augmentation générale du nombre de travailleurs âgés et à la participation accrue des femmes au travail), offrant ainsi aux États membres la possibilité et le temps d’adapter leurs politiques à la nouvelle réalité du vieillissement. Voici quelques exemples de pratiques couronnées de succès appliquées dans les cinq domaines d’action relevés dans la communication d’aujourd’hui. Ces exemples produisent des effets concrets dans les États membres qui les appliquent, et leur large diffusion pourrait aider certains pays à faire face aux effets du vieillissement.

1. Le renouveau démographique

Contexte

Le nombre moyen d’enfants par femme (indice de fécondité conjoncturel), dans l'UE à 25, s’élevait à 1,5 en 2004. Les pays qui affichent les meilleurs résultats sont l’Irlande avec 1,99, la France avec 1,89 et la Suède avec 1,75.

Qu’est-ce que cet «indice de fécondité conjoncturel»?

Il exprime le nombre moyen d'enfants nés vivants d'une femme qui traverserait ses années de vie féconde en se conformant aux taux de fécondité par âge.

Exemples de bonnes pratiques

En France et en Suède, des politiques généreuses en faveur de la famille et de la conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée se sont traduites par un taux de fécondité «faible, mais confortable». Certes, ce taux reste inférieur au seuil de remplacement de 2,1 enfants par femme. Toutefois, couplé à une immigration modérée, il est suffisamment élevé pour prévenir le déclin de la population, sinon le vieillissement lui-même.

2. Des emplois de qualité plus nombreux pour les travailleurs âgés

Contexte

L’objectif de Lisbonne – un taux d’emploi des travailleurs âgés de 55 à 64 ans de 50 % au moins – a été atteint en 2005 par Chypre, le Portugal, le Danemark, l’Estonie, l’Irlande, la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni. Les meilleurs résultats ont été enregistrés par la Suède (69,4 %), le Danemark (59,5 %) et le Royaume-Uni (56,9 %). La plupart des États membres ont engagé des réformes de leurs systèmes de retraites, les freins à la prolongation de la vie active sont moins nombreux, cette prolongation étant favorisée par ailleurs, et le lien entre cotisations et prestations a été resserré.

Exemples de bonnes pratiques

  • Au Danemark, la mise en avant de la «flexicurité» qui allie protection minimale contre le licenciement et prestations avantageuses, se traduit actuellement par la création de nombreux emplois. En parallèle, l'âge de la retraite va passer au Danemark de 65 à 67 ans.
  • Aux Pays-Bas, la législation visant à assurer la neutralité du coût salarial et des droits à la sécurité sociale pour les travailleurs à temps partiel et les travailleurs intérimaires a débouché sur la création de nombreux emplois nouveaux de qualité acceptable. Le taux de chômage se situe à un plancher historique et les mesures incitant à prolonger la vie active ont été renforcées.
  • En Finlande, l’obligation faite aux entreprises de s’engager dans une gestion active de la pyramide des âges pour éviter les restructurations par licenciement et/ou d’autres formes de sortie prématurée du marché du travail a eu des effets positifs. En outre, la réforme des retraites, appliquée principalement entre 2003 et 2005, a accru l’attrait du travail en prévoyant que les travailleurs âgés accumulent davantage de droits à la retraite et en révisant les modalités des départs en préretraite.

3. Une Europe plus productive et performante

Contexte

Les investissements en R&D revêtent une importance croissante pour assurer les gains de productivité et la compétitivité de demain. L’investissement intérieur brut moyen en R&D dans l'UE à 25, exprimé en pourcentage du PIB, s'élevait à 1,86 % en 2004. Les pays les plus performants à cet égard sont l’Allemagne (2,58 %), le Danemark (2,49 %), la Finlande (3,5 %) et la Suède (3,7 %).

Exemples de bonnes pratiques

  • L’Allemagne est un des principaux exportateurs au monde grâce à une tradition bien établie de développement de produits issus de la R&D. L'adaptation aux futures demandes des personnes âgées, de plus en plus nombreuses, ouvre de nouvelles possibilités dans des marchés mondialisés. Le réseau régional SEN@t, sous l’impulsion de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, s’emploie à étudier et à soutenir la demande et l’offre de nouveaux produits et services liés au vieillissement et à exploiter la nouvelle économie «vermeille».
  • Le Royaume-Uni dispose d’un système d’université ouverte («Open University») de grande qualité qui permet l’éducation et la formation tout au long de la vie et un enseignement de la seconde chance.
  • L’Irlande a consenti des investissements considérables dans un système éducatif de qualité élevée, un des fondements solides de l’éclatante santé économique actuelle du pays.

4. Une Europe aux finances publiques viables

Contexte

D’importants progrès ont été accomplis ces dernières années pour réformer les systèmes de retraites, lesquels tiennent désormais davantage compte de l’évolution favorable de l’espérance de vie. En outre, la mise à disposition de retraites complémentaires a été soutenue dans certains États membres et les cadres législatifs y afférents ont été mis en place et améliorés.

Certains États membres luttent également contre la pauvreté chez les personnes âgées en relevant les montants des retraites minimales garanties. Les réformes ont progressé dans trois objectifs clés de l'UE: assurer des revenus adéquats lors de la retraite, garantir la viabilité financière des systèmes de retraite et les adapter à l'évolution de l’environnement du marché du travail et de la société.

La dette publique, exprimée en pour cent du PIB, constitue un indicateur utile pour analyser la viabilité des services liés au défi du vieillissement, dont les retraites, les soins de santé, l’accompagnement des personnes dépendantes etc.

En moyenne, dans l’UE à 25, la dette publique, exprimée en pour cent du PIB, s’établit à 63,4 % en 2005. Le trio de tête en la matière est constitué par l’Estonie (6,2 %), le Luxembourg (6,2 %) et la Lettonie (11,9 %), la Grèce (107,5 %), l’Italie (106,4 %) et la Belgique (93,3 %) figurant en queue de peloton.

Exemples de bonnes pratiques

  • En Autriche, les réformes menées en 2004 et 2005 ont constitué un pas essentiel vers un régime de retraites plus viable, en renforçant le lien entre cotisations et prestations et en augmentant le nombre d'années d’assurance requis pour pouvoir bénéficier d'une retraite au taux plein. De plus, la prolongation de la vie active a été favorisée davantage et le départ en retraite anticipée a été découragé par l’introduction d’un système de «bonus/malus». Par ailleurs, un système de retraite beaucoup plus uniforme a été introduit dans les secteurs public et privé, en même temps que l’indexation des retraites sur les prix à partir de 2006.
  • En Finlande, en réaction aux futures augmentations de l’espérance de vie, une série de réformes vise à stabiliser les systèmes de retraites par des mécanismes d’ajustement automatique (c’est le cas également en Suède, en Finlande, en Pologne ou en Lettonie) ou de réexamens et ajustements obligatoires (à l’image de ce qu’ont fait l’Autriche, l’Italie ou la France) pour tenir compte de l’évolution de l’espérance de vie. La Finlande, par exemple, introduit un «coefficient de durée de vie» pour adapter les retraites futures à des augmentations de l’espérance de vie.

5. Migrations et intégration

Contexte

La communication soutient la mise en place d’une politique commune d’immigration légale combinant une réponse aux besoins du marché du travail et un partenariat solide avec les pays d’émigration.

Toute restriction à la libre circulation au sein de l'UE à 25 doit être levée pour 2011. S’agissant de l’immigration externe, la Commission prévoit de publier une communication consacrée à la coordination des politiques en la matière en 2009.

À l’heure actuelle, l’immigration permet déjà de contrer le déclin démographique et contribue à la croissance économique de certains États membres.

Par exemple,

  • en Espagne, le récent afflux de travailleurs migrants a entraîné un accroissement considérable des cotisations sociales perçues qui a permis aux systèmes de sécurité sociale de ne pas basculer dans le déficit.
  • En Irlande et au Royaume-Uni, la vague d'immigrants venus des nouveaux États membres après l’élargissement de l’UE en 2004 a contribué à la réduction des goulets d’étranglement sur le marché de l’emploi et à l’essor de la croissance

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