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MEMO/06/311

Bruxelles, le 25 août 2006

La Bibliothèque numérique européenne: foire aux questions

La Bibliothèque numérique européenne, qu’est-ce que c’est?

Actuellement, la Commission encourage et coordonne les travaux visant à la création d’une «bibliothèque numérique» européenne commune, conçue comme un point d’accès multilingue commun au patrimoine culturel européen. De ce point d’accès, les utilisateurs pourront lancer dans leur langue maternelle des recherches dans diverses collections de bibliothèques, archives et musées d’Europe sans avoir à consulter différents sites. C’est en effet l’un des principaux objectifs de l'initiative de la Commission sur les bibliothèques numériques: rendre les ressources d’information européennes plus faciles d’accès et plus intéressantes à exploiter en ligne.

Les Européens trouveront-ils vraiment un intérêt dans une bibliothèque numérique européenne?

Les initiatives de numérisation et de bibliothèques en ligne doivent être fondées sur la demande et l'utilisation. Les bibliothèques européennes ont 138 millions d'utilisateurs enregistrés. La mise en ligne du matériel ne va pas seulement accroître les possibilités offertes aux utilisateurs, mais également permettre une utilisation plus vaste et transnationale de ces ressources. Jusqu'à présent, l'expérience montre que, quand on offre des services en ligne, ils sont utilisés. Gallica, par exemple, le département en ligne de la bibliothèque nationale française, reçoit 4 000 demandes de téléchargement par jour et un million et demi de consultations par mois. Le fait que des sociétés telles que Google investissent autant d'argent dans des projets de numérisation montre également qu'elles en attendent de nets bénéfices commerciaux.

Quelles sont les attentes de la Commission à l’égard des États membres?

Le contenu de la bibliothèque numérique européenne augmentera au même rythme que les collections numériques des institutions participantes qui en constituent la base. A l’heure actuelle, seule une fraction des collections qui se trouvent dans les États membres est numérisée. Un effort collectif est nécessaire pour intensifier la numérisation et l’accessibilité en ligne du matériel.

Avant tout, les États membres devront investir en vue de la numérisation du patrimoine culturel national conservé de manière traditionnelle (textes et photos sur papier, négatifs photographiques, films en rouleaux, musique enregistrée sur disque vinyle ou sur bande, etc.).

Mais la création d’une bibliothèque numérique européenne bien dotée n’est pas seulement une question d’argent. Un effort d’organisation est également nécessaire. Et cela suppose que l’on ait préalablement ménagé les conditions favorables à la numérisation, à l’accessibilité en ligne et à la préservation du patrimoine culturel. La recommandation de la Commission invite les États membres à agir dans les domaines où des difficultés ont été rapportées, telles que l’affranchissement de droits d’auteur, l’absence de vue d’ensemble du matériel déjà numérisé et le manque de stratégies pour la conservation de l’information numérisée.

Quelles sont les questions abordées dans la recommandation de la Commission adoptée aujourd’hui?

Dans sa recommandation, la Commission prie instamment les États membres d’agir dans trois principaux domaines: la numérisation du matériel culturel, son accessibilité en ligne et la conservation numérique. La Commission demande aux États membres de garantir

  • la numérisation du contenu

- en mettant en place des installations de numérisation à grande échelle;

- en indiquant clairement ce qu'ils ont déjà numérisé et en quantifiant leurs projets de numérisation à venir. Cela permettra d’éviter les recoupements et de créer des collections présentant une valeur ajoutée européenne;

- en encourageant les partenariats entre institutions culturelles et secteur privé;

  • l’accessibilité en ligne

- en promouvant le développement de la Bibliothèque numérique européenne en tant que point d’accès multilingue au patrimoine culturel européen - par exemple, en précisant les conditions d’octroi de fonds à des institutions culturelles pour des activités de numérisation;

- en recherchant et en œuvrant à des solutions concrètes sur les problèmes liés aux droits d’auteur, comme des mécanismes pour le traitement des œuvres «orphelines» (c’est-à-dire protégées par des droits d’auteur dont il est difficile, voire impossible, de trouver le titulaire) ou des œuvres dont l’édition est abandonnée;

  • la conservation numérique

- en élaborant des stratégies et des plans nationaux pour la conservation à long terme du matériel numérique et l’accès à ces ressources;

- en adaptant la législation, si nécessaire, de façon à permettre la reproduction en plusieurs exemplaires et la migration du matériel numérique aux fins de conservation, et à s’attaquer aux problèmes de la conservation du contenu web et du dépôt du matériel numérique aux fins de conservation.

La recommandation concerne-t-elle uniquement les livres?

Non. La recommandation concerne tous les types de matériel culturel: livres, revues, matériel audiovisuel, photographies, documents d’archive, etc.

Qu'en pensent les parties intéressées?

La recommandation s’appuie entre autres sur les résultats d’une consultation publique à propos de l’initiative «bibliothèques numériques» organisée entre le 30 septembre 2005 et le 20 janvier 2006 (voir IP/06/253). La Commission a reçu 225 réponses provenant d’institutions culturelles (46 %), d’éditeurs et de détenteurs de droits d'auteur (19 %), des milieux universitaires (14 %), d’entreprises de l'informatique (8 %), de particuliers (6 %), de gouvernements et ministères (3 %), et d'autres milieux (4 %). Des organisations et des particuliers de 21 États membres et de huit pays étrangers à l'Union européenne ont répondu à la consultation. L'initiative a généralement été bien accueillie et est considérée comme un moyen prodigieux de rendre le patrimoine culturel, scientifique et universitaire de l'Europe plus accessible et utilisable sur l'internet. Les réponses foisonnent d’idées. Le traitement à réserver aux œuvres protégées par des droits d’auteur est un des points qui suscitent la plus vive controverse, notamment entre les institutions culturelles et les éditeurs.

En quoi la conservation numérique est-elle nécessaire?

Les experts estiment que notre société a créé et stocké 100 fois plus d’information depuis 1945 qu’au cours de toute l’histoire de l’humanité jusqu’à cette date. Une autre étude suggère que le total du contenu imprimé, filmé, optique et magnétique produit chaque année dans le monde nécessiterait un volume de stockage d’environ 1,5 milliard de gigaoctets, soit 250 mégaoctets par personne.

Certes, toutes ces informations ne méritent pas d’être conservées, mais une grande partie, si - et c'est là que le bât blesse. L’ensemble du matériel numérique – les œuvres numérisées aussi bien que le matériel créé dans ce format - doit être entretenu sous peine de le voir disparaître. Plusieurs facteurs contribuent à la perte du contenu numérique: des générations successives de matériel informatique, qui finissent par rendre les fichiers illisibles; la rapidité avec laquelle les programmes informatiques se succèdent et deviennent obsolètes; la durée de vie limitée des dispositifs de stockage (les cédéroms, par exemple) ; et l'offre croissante d’information et de contenu dynamique.

Si nous voulons que les générations à venir puissent encore disposer des contenus de l’ère numérique, nous devons agir maintenant. Plusieurs initiatives ont été lancées dans ce domaine, mais la plupart des États membres n’ont pas défini de politique claire en matière de conservation numérique.

À qui s’adresse la Bibliothèque numérique européenne?

La Bibliothèque numérique européenne offrira à toute personne intéressée un accès simple aux ressources culturelles européennes. Elle s’adresse aux citoyens avertis (professionnels ou non) qui cherchent un moyen efficace et simple d’obtenir du matériel culturel provenant de différents États membres. En outre, la Bibliothèque numérique européenne devrait attirer l’attention des chercheurs puisqu’elle abritera une vaste collection virtuelle de matériel issu de toutes les disciplines.

Une fois numérisé, notre patrimoine culturel peut également être utilisé pour alimenter de nouvelles créations et toute une gamme de produits et de services d’information. Il peut, par exemple, jouer un rôle déterminant dans la croissance future de secteurs tels que l’apprentissage et le tourisme.

Des ouvrages récents seront-ils mis à disposition en ligne par l’intermédiaire de la Bibliothèque numérique européenne?

Cela dépendra de la participation des titulaires privés de droits (par exemple, des éditeurs) à l’initiative et des accords passés entre les institutions culturelles participantes et les titulaires de droit pour rendre le matériel disponible.

La consultation des fonds de la Bibliothèque numérique européenne sera-t-elle gratuite?

Elle sera gratuite pour le matériel relevant du domaine public, c’est-à-dire qui n’est pas ou plus couvert par des droits d’auteur. Les titulaires de droits auront bien entendu également leur mot à dire sur la manière dont le matériel soumis à droits d’auteur devra être mis à disposition.

La Bibliothèque numérique européenne sera-t-elle une véritable création?

Non. La Bibliothèque numérique européenne prendra appui sur la Bibliothèque européenne TEL («The European Library»), qui offre d’ores et déjà un cadre organisationnel dans lequel plusieurs bibliothèques européennes collaborent et ont acquis une expérience en ce qui concerne l'amélioration de l'accessibilité en ligne de leur fonds numérique. Le service de la Bibliothèque européenne trouve son origine dans le projet TEL, qui a bénéficié d'un concours financier au titre du cinquième programme-cadre de recherche de l'Union européenne. A l’heure actuelle, le portail TEL (voir: http://www.theeuropeanlibrary.org/portal/index.html) donne accès aux catalogues des collections de bibliothèques européennes et aux ressources numérisées des bibliothèques participantes.

Quelles sont les prochaines étapes pour la Bibliothèque numérique européenne?

Trois étapes sont envisagées :

2006: Entière collaboration à l'échelle de l'UE entre les bibliothèques nationales dans le cadre TEL/CENL (Conference of the European Natioanl Librarians).

2008: Accès multilingue aux collections numérisées des bibliothèques nationales à partir du portail TEL. Les collections doivent être consultables et utilisables. Un minimum de 2 millions d’œuvres numérisées (livres, images, fichiers sonores, etc.) devraient être rendues accessibles par l’intermédiaire de la Bibliothèque numérique européenne.

2010: La Bibliothèque numérique européenne devra avoir été étendue aux collections d'un certain nombre d'archives, de musées et d'autres bibliothèques, et éventuellement à celles d'éditeurs. Un minimum de 6 millions d'œuvres numérisées devraient être rendues accessibles par l’intermédiaire de la Bibliothèque numérique européenne. Dans la pratique, ce nombre pourra être beaucoup plus important si des institutions culturelles de différents types et de différents niveaux (national, régional, local) participent.

Quelle a été jusqu’à présent la réaction des États membres à l’initiative «bibliothèques numériques»?
Le lancement de l’initiative “bibliothèques numériques” fait suite à une lettre du 28 avril 2005 adressée aux présidents du Conseil européen et de la Commission par six chefs d’État ou de gouvernement préconisant la création d’une bibliothèque européenne virtuelle.Dans sa lettre du 7 juillet 2005, M. Barroso a réagi positivement à cette suggestion en soulignant la volonté de la Commission d’œuvrer à la réalisation d’une telle bibliothèque européenne virtuelle et en rappelant les travaux déjà entrepris dans ce domaine au niveau européen.

Dans sa communication «i2010: bibliothèques numériques» du 30 septembre 2005 (voir: COM(2005) 465 final), la Commission a exposé les grandes lignes de sa stratégie dans ce domaine. L’initiative a été discutée et bien accueillie lors du Conseil «Culture» du 14 novembre 2005. Plusieurs ministres ont souligné la nécessité de s’appuyer sur les initiatives et les projets existants.

Quel sera le coût de la numérisation?

L’effort financier à consentir pour la numérisation de base nécessaire pour atteindre les premiers objectifs de la bibliothèque numérique européenne peut être estimé à quelque 200 à 250 millions d'euros, répartis sur une période de quatre ans (jusqu’à 2010) entre tous les États membres.

En quoi consistera la contribution financière de la Commission en faveur de la Bibliothèque numérique européenne?

La Commission contribuera dans les domaines où la valeur ajoutée européenne est la plus importante, mais elle ne participera pas au financement de la numérisation de base. Un montant de 60 millions d’euros est prévu dans le cadre du programme eContentplus pour rendre le patrimoine culturel et scientifique de l'Europe plus accessible et utilisable. Les programmes de recherche mettront des sommes considérables à disposition pour participer au financement d'un réseau de «centres de compétence» pour la numérisation et la conservation numérique.

Les partenariats public-privé ou le parrainage privé peuvent être des moyens utiles pour compléter l'intervention financière du secteur public, et permettront à certaines bibliothèques d'accélérer la numérisation.

À quoi les centres de compétence ressembleront-ils et comment seront-ils choisis?

Les centres de compétence devraient réunir les qualifications et l’expertise nécessaires pour atteindre un niveau d'excellence dans les processus de numérisation et de conservation numérique. Ils devront intégrer et exploiter le savoir-faire existant qu'on trouve dans les entreprises technologiques, les universités, les institutions culturelles et d’autres organismes compétents. Un réseau de centres de compétence, cofinancé par la Commission européenne dans le cadre de son programme de recherche, pourrait devenir la pierre angulaire de la numérisation et de la conservation numérique à l'échelle européenne.

Les centres de compétence seront choisis dans le cadre d’appels de propositions ouverts, parmi des candidatures évaluées par des experts indépendants. Les installations de numérisation à grande échelle mentionnées dans la recommandation de la Commission peuvent faire partie des centres d’excellence ou y être étroitement associées.

Quel a été le rôle de l’Europe dans ce domaine par le passé?

L'idée de rendre le patrimoine culturel et scientifique de l'Europe accessible en ligne n'est pas nouvelle. Ces dernières années, plusieurs initiatives politiques se sont préoccupées de la numérisation et de la visibilité des collections détenues par les bibliothèques, les archives et les musées. Les États membres de l'Union européenne, soutenus par la Commission, ont échangé des informations et ont travaillé ensemble sur la question de la numérisation. Le plan d’action de Lund pour la numérisation (qui est le résultat d’une grande conférence sur la numérisation organisée à Lund, en Suède, par la Commission en 2001) a fourni une base importante pour ces travaux. Une mise à jour du plan d'action a été adoptée sous la présidence britannique. Un groupe de représentants nationaux (NRG) a été constitué pour suivre les progrès et veiller à ce que les bonnes pratiques soient connues et diffusées dans les différents États membres.

Plusieurs projets de recherche financés par l’Union européenne ont traité de l'accessibilité en ligne du patrimoine culturel européen, et, pour certains, de la numérisation. PRESTO-SPACE peut être cité comme exemple d'un projet récent qui porte sur la numérisation du patrimoine cinématographique de l'Europe. MICHAEL est un autre projet important, qui donne un aperçu des objets numérisés existants dans les États membres. D’ici à 2007, la plateforme MICHAEL sera capable, grâce à un portail à l’échelle européenne relié à un réseau de portails nationaux, de découvrir des collections numériques dispersées sur le continent.

En définitive, que va apporter la Bibliothèque numérique aux citoyens européens ?

En définitive, la Bibliothèque européenne offrira aux citoyens européens la possibilité pour consulter à partir de leur ordinateur des livres, des revues et des films appartenant au patrimoine national ou à celui d’autres pays d’Europe. Il leur sera ainsi possible d’explorer, de comprendre et de vivre leur patrimoine culturel grâce à des bibliothèques numériques et à des visites virtuelles dans le passé. La convivialité du point d’accès leur permettra d’effectuer des recherches dans leur langue maternelle et de combiner des matériels numériques de différentes sources.

Pour en savoir plus:

Le texte de la recommandation sur la numérisation et la conservation numérique peut être consulté sur le site web de l’initiative «i2010: bibliothèques numériques» à l’adresse:

http://ec.europa.eu/information_society/activities/digital_libraries/index_en.htm

Le portail de la Bibliothèque européenne TEL est accessible à l’adresse:

http://www.theeuropeanlibrary.org/portal/index.htm


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