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MEMO/06/102

Bruxelles, le 2 mars 2006

La bibliothèque numérique européenne: foire aux questions

1. Y aura-t-il une seule bibliothèque numérique européenne centralisée ?

La Commission n'entend pas réaliser une base de données unique, mais veut assurer l'accès intégré aux produits numérisés des institutions culturelles de l’Europe. L'utilisateur pourra effectuer des recherches dans différentes collections des institutions culturelles (bibliothèques, archives, musées) à partir d'un seul point d'accès multilingue, qui se présentera sous la forme d'un portail internet. Cela évitera d'être obligé de connaître et de visiter toute une série de sites. Le contenu de la bibliothèque numérique européenne augmentera au même rythme que les collections numériques des institutions participantes qui en forment la base.

2. Pourquoi s'appuyer sur le projet de la «bibliothèque européenne» pour créer la bibliothèque numérique européenne ?

Lors de leur réunion du 14 novembre 2005, les ministres européens de la culture ont fortement soutenu l'initiative de bibliothèques numériques dans l'Union européenne. En même temps, ils ont insisté sur le fait que la bibliothèque numérique européenne ne devait pas être créée à partir de rien, mais qu'elle devait être construite sur la base d'initiatives existantes.

Les réponses à la consultation en ligne ont montré que la bibliothèque européenne (TEL) constituait un bon point de départ pour la bibliothèque numérique européenne. Elle offre un cadre organisationnel dans lequel plusieurs bibliothèques européennes collaborent déjà et ont acquis une expérience concernant l'amélioration de l'accessibilité en ligne de leurs produits numérisés. Le service de la bibliothèque européenne trouve son origine dans le projet TEL, qui a bénéficié d'un concours financier au titre du cinquième programme-cadre de recherche de l'Union européenne. Actuellement, le portail TEL constitue une passerelle vers les catalogues des collections des bibliothèques européennes et donne accès à certaines ressources numérisées des bibliothèques participantes.

3. La bibliothèque numérique européenne contiendra-t-elle uniquement des livres ?

L'initiative relative aux bibliothèques numériques européennes concerne toutes sortes de matériaux: livres, matériel audiovisuel, photographies, documents d'archives, etc. Les archives et les musées seront invités à un stade précoce à apporter leur contribution et à rendre leurs collections accessibles et utilisables par l'intermédiaire de la bibliothèque numérique européenne.

4. Par quelles étapes faudra-t-il passer pour arriver à la bibliothèque numérique européenne ?

Trois étapes sont envisagées:

  • 2006: Entière collaboration à l'échelle de l'UE entre les bibliothèques nationales dans le cadre TEL/CENL.
  • 2008: Accès multilingue aux collections numérisées des bibliothèques nationales à partir du portail TEL. Les collections doivent être consultables et utilisables. Un minimum de 2 millions d'ouvrages numérisés (livres, images, fichiers sonores, etc.) devraient être rendus accessibles par la bibliothèque numérique européenne.
  • 2010: La bibliothèque numérique européenne devra avoir été étendue aux collections d'un certain nombre d'archives, de musées et d'autres bibliothèques, et éventuellement à celles d'éditeurs. Un minimum de 6 millions d'ouvrages numérisés devraient être rendus accessibles par la bibliothèque numérique européenne. Dans la pratique, ce nombre pourra être beaucoup plus important si des institutions culturelles de différents types et de différents niveaux (national, régional, local) participent.

5. Quels sont les résultats de la consultation en ligne lancée en septembre 2005 ?

La Commission a reçu de 225 réponses provenant des institutions culturelles (46%), des éditeurs et détenteurs de droits d'auteur (19%), des milieux universitaires (14%), des entreprises de l'informatique (8%), de particuliers (6%), des gouvernements et ministères (3%), et d'autres milieux (4%). Des organisations et des particuliers de 21 États membres et de huit pays étrangers à l'Union européenne ont répondu à la consultation. L'initiative a généralement été bien accueillie et est considérée comme un moyen prodigieux de rendre le patrimoine culturel, scientifique et universitaire de l'Europe plus accessible et utilisable sur l'internet. Les réponses ont fourni beaucoup d'idées pour progresser dans la réalisation du projet de bibliothèques numériques. Le traitement à réserver aux ouvrages protégés par des droits d’auteur est un point à forte charge contentieuse, notamment entre les institutions culturelles et les éditeurs.

6. Quels sont les rapports entre votre initiative et les travaux du «comité de pilotage» français ?

La Commission apprécie beaucoup l'importance que le gouvernement français accorde au projet de bibliothèques numériques ainsi que les efforts concrets qu'il déploie pour le faire avancer. Le comité de pilotage, qui rassemble les principaux acteurs français dans le domaine, est un bon exemple de ce qu'on peut faire dans un État membre pour organiser le débat entre les parties prenantes dans le domaine des bibliothèques numériques. La Commission attend avec beaucoup d'intérêt le rapport final du comité, qui pourra être une source d'inspiration pour les efforts de collaboration qui seront nécessaires au niveau européen.

7. Quelle est la contribution de la Commission au projet de bibliothèque numérique européenne, et quel est le rôle des États membres ?

La création d’une bibliothèque virtuelle de dimension européenne nécessitera un effort commun pour avancer sur les trois plans stratégiques suivants:

  • numérisation des contenus conservés de manière traditionnelle (textes et photos sur papier, négatifs photographiques, films en rouleaux, musique enregistrée sur disque vinyle ou sur bande, etc.),
  • accessibilité en ligne de ces contenus,
  • conservation numérique visant à ce que l’information stockée sous forme numérique reste accessible pour les générations futures.

L'engagement des États membres et des institutions particulières qui participent à ce projet (bibliothèques, archives) sera déterminant pour la rapidité avec laquelle il sera réalisé. Les efforts financiers à consentir pour la numérisation de base nécessaire pour atteindre les premiers objectifs de la bibliothèque numérique européenne peuvent être estimés à quelque 200 à 250 millions d'euros répartis sur une période de quatre ans entre tous les États membres.

La Commission contribuera dans les domaines où la valeur ajoutée européenne est la plus importante, mais elle ne participera pas au financement de la numérisation de base. Un montant de 60 millions d’euros est prévu dans le cadre du programme eContentplus pour rendre le patrimoine culturel et scientifique de l'Europe plus accessible et utilisable. Les programmes de recherche mettront des sommes considérables à disposition pour participer au financement d'un réseau de «centres de compétence» pour la numérisation et la conservation numérique.

Les partenariats public-privé ou le parrainage privé peuvent être des moyens utiles pour compléter l'intervention financière du secteur public, et permettront à certaines bibliothèques d'accélérer la numérisation.

8. Qu'est-ce que la CENL ?

La conférence des bibliothécaires nationaux européens (CENL) vise à accroître et à renforcer le rôle des bibliothèques nationales en Europe, en particulier en ce qui concerne le rôle qu’elles ont à jouer pour assurer la conservation du patrimoine culturel national et l’accessibilité des connaissances dans ce domaine. Les membres de la CENL (Conference of European National Libraries) sont tous les États membres du Conseil de l’Europe. La CENL comprend actuellement 45 membres de 43 pays européens. La conférence soutient fortement une approche de coopération à l'égard de la numérisation par les bibliothèques nationales européennes et les autres grandes institutions culturelles.

9. À quoi les centres de compétence ressembleront-ils et comment seront-ils choisis ?

Un réseau de centres de compétence, cofinancé par la Commission européenne dans le cadre des programmes de recherche, pourrait devenir la pierre angulaire de la numérisation et de la conservation numérique à l'échelle européenne. Ces centres devraient réunir les compétences et les connaissances nécessaires pour atteindre un niveau d'excellence dans les processus de numérisation et de conservation numérique. Ils devront intégrer et exploiter le savoir-faire existant qu'on trouve dans les entreprises technologiques, les universités, les institutions culturelles, etc. Les centres de compétence seront choisis à travers des appels de propositions ouverts suivis d’une évaluation des propositions par des experts indépendants.

10. L'initiative de la Commission est-elle une réponse au projet de bibliothèque numérique de Google ?

L’initiative de Google est un exemple qui montre à quel point l’environnement en ligne permet de rendre l’information accessible à tous. La dimension même de l'opération annoncée - 5 millions de livres - fait rêver. Cette initiative a certainement suscité une réflexion sur l’attitude à adopter envers le patrimoine culturel européen à l'ère numérique. Elle est également intéressante en ce sens qu'elle illustre les possibilités d'associer le secteur public et le secteur privé dans des initiatives de ce genre. Les partenariats public-privé ou le parrainage par des entreprises privées accélérera la numérisation. Compte tenu des contraintes budgétaires qui pèsent sur beaucoup d'institutions culturelles, des initiatives associant le secteur privé peuvent être un moyen utile de compléter le financement par les pouvoirs publics. L'initiative de Google a également montré qu'il ne sera pas possible de réaliser une bibliothèque numérique européenne si on ne résout pas le problème de la protection des droits de propriété intellectuelle.

11. Les Européens manifestent-ils de l'intérêt pour une bibliothèque numérique européenne ?

Les initiatives de numérisation et de bibliothèques en ligne doivent être fondées sur la demande et l'utilisation. Les bibliothèques européennes ont 138 millions d'utilisateurs enregistrés. La mise en ligne du matériel ne va pas seulement accroître les possibilités offertes aux utilisateurs, mais elle ouvre également la voie à une utilisation plus vaste et transnationale. Jusqu'à présent, l'expérience montre que quand on offre des services en ligne, ils sont utilisés. Gallica, par exemple, le département en ligne de la bibliothèque nationale française, reçoit 4 000 demandes de téléchargement par jour, et reçoit un million et demi d'appels par mois. Le fait que Google investit autant d'argent dans son projet de numérisation montre également qu'un tel projet répond à des perspectives commerciales manifestes.

12. Qu'est-ce qui a déjà été fait dans ce domaine ?

L'idée de rendre le patrimoine culturel et scientifique de l'Europe accessible en ligne n'est pas nouvelle. Ces dernières années, plusieurs initiatives politiques se sont préoccupées de la numérisation et de la visibilité des collections détenues par les bibliothèques, les archives et les musées. Les États membres de l'Union européenne, soutenus par la Commission, ont échangé des informations et ont travaillé ensemble sur la question de la numérisation. Le plan d’action eEurope de Lund pour la numérisation (qui est le résultat d’une importante conférence sur la numérisation organisée à Lund, en Suède, par la Commission en 2001) a fourni une base importante pour ces travaux. Une mise à jour du plan d'action a été adoptée sous la présidence britannique.

Plusieurs projets de recherche financés par l’Union européenne ont traité de l'accessibilité en ligne du patrimoine culturel européen, et, pour certains, de la numérisation. PRESTO-SPACE peut être cité comme exemple d'un projet récent qui porte sur la numérisation du patrimoine cinématographique de l'Europe.


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