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Bruxelles, le 16 novembre 1998

L'euro facile - projets pilotes avec les populations défavorisées, âgées et de malvoyants

La Commission Européenne a présenté pour la première fois ses projets pilotes « Euro facile ». Ces projets visent, en collaboration avec les personnes concernées, à évaluer les difficultés spécifiques lors du passage à l´Euro de trois groupes cibles: les personnes âgées, les personnes en situation économique et sociale difficile et les personnes aveugles et malvoyantes. Vingt groupes de travail composé chacun d'une quinzaine de ces personnes ont été mis en place en France, en Belgique et en Italie. Leur but est de créer d´ ici la mi-1999 un matériel d'information et de formation sur l'euro, sur base de leurs propres expériences et travaux, adapté à leurs besoins, à leurs habitudes et à leurs modes d' expression et de communication. Une fois réalisé, ce matériel sera mis à disposition de tous, par la Commission.

« Les projets pilotes constituent un pas vers une politique de discrimination positive visant à éviter que l'euro ne soit perçu comme une "monnaie pour les riches" ou par les difficultés d'adaptation de certaines populations et n'accroisse l'exclusion. Nous voulons que l'euro soit un projet fédérateur, que tous les citoyens européens, sans exception puissent se l'approprier». Tel est le message qu'Emma Bonino, Commissaire Européenne pour la politique des Consommateurs a transmis aux 50 représentants des groupes de travail réunis à Naples et qu´a repris le Député européen Aldo Arroni, rapporteur sur la Politique d´information euro et sur lequel a insisté le maire de Naples, ministre du Travail Antonio Bassolino qui accueille ces rencontres. Jusqu´au 18 novembre, ces représentants des groupes de travail vont faire le point sur l´état de leurs travaux.

Ces projets pilotes naissent de la constatation que, dans le cadre du scénario du passage à l'euro, une attention particulière devra être portée à certaines catégories de la population (personnes en situations de précarité économique, personnes âgées, illettrés, aveugles et malvoyants, sourds et malentendants, en situation d'isolement géographique ou social…). En effet, pour de multiples raisons, une part importante de ces groupes sociaux risque de ne pas être touchée par les médias traditionnels ou de rencontrer des difficultés particulières. Selon L'OCDE(1), plus du quart de la population européenne connaît des difficultés de lecture et compréhension de textes simples relatifs à des sujets de la vie courante. Selon l'Eurobaromètre n° 47, 29 % de la population européenne n'a jamais fait de paiements en « monnaie étrangère ».

Ainsi, les études menées pour la DG XXIV, montrent qu'environ 30 % de la population européenne pourraient avoir des problèmes de compréhension et d'adaptation, si rien n'est fait spécifiquement à leur attention.

Pour ces personnes, une information euro grand public sur support papier n'apparaît pas suffisante. Une préparation appropriée à l'euro doit être mise en place dès 1999 pour que ces personnes puissent s'habituer début 2002 simultanément à des nouveaux instruments de paiement, aux nouveaux prix et échelles de valeur en euro. Alors qu'une mauvaise évaluation des prix pourrait amener à des phénomènes de surconsommation, une sous évaluation des revenus pourrait amener à la sous-consommation. Par ailleurs, selon le groupe d'experts, l'introduction de l'euro doit être accompagnée de politiques adéquates fondées sur des principes de discrimination positive pour ne pas aggraver les « fractures sociales » existantes ni les ressentiments envers le processus de construction européenne.

Les projets sont organisés et cofinancés par la Direction Générale des Consommateurs de la Commission Européenne avec un montant de 200.000 Ecus pour les populations en difficulté économique ou sociales et les personnes âgées et de 200.000 Ecus pour les aveugles et malvoyants. Des associations professionnelles, particulièrement sensibles à ces problématiques (Confcommercio, l'association des commerçants italiens, l'INDICOD et l'ILEC, Institut de liaison et d'Etudes des Industries de Consommation) contribuent à hauteur de 100.000 Ecus à ces projets. La coordination des travaux et l'animation des groupes est assurée par des associations spécialisées dans la formation et l'information des publics cibles, telles que : l'Institut Européen Inter régional de la consommation (IEIC, Lille), le Conseil régional de la Consommation du Nord-Pas-de-Calais, l'Office Stéphanois des personnes âgées, l'Ecole de l'Europe de Saint-Alban, en France ; l'association internationale « 50&piú », le Movimento Federativo Democratico, en Italie, le Mouvement des échanges de Savoirs réciproques, la Gerbe -ASBL, le KBG (Mouvement chrétien de pensionnés), en Belgique, ou le mouvement international ATD Quart monde (Aide à Toute Détresse).

L'originalité de ces projets découle du fait que le matériel de formation et d´information destiné à des « Médiateurs de confiance », c'est-à-dire, des professionnels qui sont en contact direct et physique avec les populations cibles, est réalisé sous la direction des populations concernées. Ce sont eux, qui selon leur grille d´analyse, leur perception des choses, leurs concepts, leur culture et leur langage seront en mesure d´expliquer aux autres le passage à l´euro. Ainsi les Fédérations italiennes des Médecins de famille (FIMMG) et des pharmaciens (FEDERFARMA) suivent les projets pilote et se sont engagés à en utiliser les résultats. De même, la Région Veneto (Italie) et la commune d'Ixelles (Belgique), qui ont déjà mis en place des projets euro destinés à leur population, s'attacheront à aider les personnes en difficulté et à former leur personnels afin de répondre aux besoins.

Créés en mai 1998, le travail des groupes se déroule en deux phases : repérer les problématiques, questionnements des populations cibles (mai 1998-janvier 99) puis, concevoir un matériel de formation et d´information destiné à des « médiateurs de confiance » (février 1999-juin 99). Une fois ce matériel conçu et testé, il sera mis à la disposition de tous par la Commission.

Jusqu'à présent, chaque groupe a travaillé de façon autonome, sur les concepts de base (propriété, valeur d´échange, échelles de valeur, formation des prix, intermédiation de la monnaie, création monétaire). Le but des rencontres de Naples est de confronter les travaux des 20 groupes, puis de simuler l'utilisation de monnaies différentes pour aborder le problème des taux de change.

Les travaux seront suivis par des représentants des « missions euro », belge, française et italienne.

(1)Etude "littératie et société du savoir"- OCDE 1997


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