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Qu'est-ce que le  "tapis roulant" de la circulation océanique? Comment éviter
l'érosion ou l'envasement  du littoral ?  Qu'est-ce que  les éponges  peuvent
apporter  à la  recherche  médicale? Telles  sont, parmi  beaucoup  d'autres,
quelques-unes  des  questions posées  par  les  34  projets  de recherche  en
sciences et  technologies marines, impliquant  258 partenaires, qui  viennent
d'être approuvés  par la Commission européenne  sur proposition  de Mme Edith
CRESSON, commissaire  à la  recherche, à l'éducation  et à  la formation.  La
contribution financière de l'Union européenne à  ces premiers projets s'élève
à 54  millions  d'écus. D'ici  la fin  du  mois,  la Commission  prendra  des
décisions  analogues sur la  plupart des  autres domaines couverts  par le 4e
programme-cadre   :    technologies   industrielles    et   des    matériaux,
biotechnologies,  biomédecine  et  santé,  agriculture  et  pêche  ou  encore
énergie.

A  noter que ces projets sont  les premiers lancés au  titre du 4e programme-
cadre  de  recherche  et  développement  technologique  (1994-1998).  "Le  4e
programme-cadre    est  maintenant  entré  dans sa  phase  opérationnelle"  a
déclaré   à  cette  occasion  Mme  Edith  CRESSON.  "En  accordant  davantage
d'attention aux besoins de compétitivité de l'Europe et de son  industrie, en
tenant  compte   des  problèmes  de  tous   les  jours   rencontrés  par  nos
concitoyens,  il  contribuera à  lutter  efficacement pour  l'emploi tout  en
améliorant  la qualité de  la vie dans  toute une  série de   domaines, qu'il
s'agisse de la santé, des  transports, de l'éducation, de  l'environnement ou
encore de l'information et de la communication entre les personnes". 

Rappelons  que, doté  de  12,3 milliards  d'écus  pour la  période 1994-1998,
auxquels s'ajoute  une réserve de 700  millions écus que  le Conseil décidera
ou non  de débloquer avant  la mi-1996,   le 4e programme-cadre soutient  des
actions à frais partagés qu'il co-finance jusqu'à hauteur de 50 %. 

Rapprocher recherche et industrie 

Ces  projets approuvés composent la première  tranche du programme spécifique
"Sciences et technologies marines" (MAST  III), l'un des vingt  qui composent
le  quatrième  programme-cadre  (1994-1998)  de  recherche  et  développement
technologique (RDT)  de l'Union européenne. En  resserrant les  liens au sein
de la  communauté océanographique européenne et en stimulant la mise au point
de technologies  marines, ces  travaux de  recherche doivent améliorer  notre
connaissance du milieu marin ainsi que  sa gestion (voir quelques exemples en
annexe). 

Cette première sélection indique dès  à présent la tendance  au rapprochement
de la recherche et  de l'industrie qui caractérisera la mise  en oeuvre du 4e
programme-cadre  : 28  entreprises  industrielles  participent en  effet  aux
projets  retenus,  connues  pour  leur  savoir-faire  dans  les  technologies
marines comme, entre autres, Thomson Sintra  Activités Sous-Marines (France),
IDRONAUT (Italie),  Datawell, DRIE et  Kantakun (Pays-Bas)  ou encore  Oxford
Computer Services et  SIMRAD (GB). Le  reste des  participants est  constitué
pour l'essentiel de  centres de recherche (96) et  d'instituts universitaires
(128).  Un  total  de  293   projets  étaient  candidats  à   un  financement
communautaire.

Pourquoi une recherche européenne dans ce domaine ?

Couvrant 71% de la surface du globe et  représentant 99% du volume accessible
aux organismes  vivants, les océans  jouent un rôle important  à l'échelle de
notre planète: ils exercent une  influence déterminante sur le  climat global
et sont un important facteur de  développement économique par le biais  d'une
multitude d'activités liés à la pêche (chaque  année, plus de 60 millions  de
tonnes de poissons et de fruits de mer  sont extraits des mers), au forage et
à l'exploitation d'hydrocarbures, au transport  ou encore au loisir.  L'Union
européenne  est particulièrement  concernée,   treize  de ses  Etats  membres
disposant  d'une  façade   maritime.  De  plus,  l'environnement   marin  est
aujourd'hui un milieu particulièrement menacé. 

Notre connaissance trop  limitée de la vie  marine ne permet pas  toujours de
pouvoir choisir  les méthodes de  protection et les stratégies  d'utilisation
les plus  efficaces.  Elle  doit  être  encore  approfondie  pour  éviter  de
gaspiller ou de détruire  les ressources  disponibles. Etant donné  l'urgence
et la  complexité des problèmes  posés, l'Europe a  tout intérêt à mettre  en
commun ses ressources. En réunissant expériences  et expertises, le programme
MAST III donne  à l'Europe les moyens intellectuels et financiers d'atteindre
la "masse critique" indispensable.

Le programme sciences et technologies marines

Doté d'un  budget  de  228 millions  d'écus  pour  la période  1995-1998,  le
programme MAST III comprend trois grands domaines de recherche:

.    sciences  marines :  il s'agit de  comprendre les processus fondamentaux
     qui  régissent  les  systèmes  marins,  y  compris  les  milieux  marins
     extrêmes  (grands  fonds,  mers  couvertes  de  glace  etc)  et certains
     bassins  européens particuliers (Mer Baltique, Méditerranée etc). Quinze
     des  projets  retenus à  l'issue  de  ce  premier  appel à  propositions
     portent sur ce domaine.

.    recherche marine  dite "stratégique" : ces  recherches sont  destinées à
     rendre compatible  l'exploitation des ressources  du milieu marin et  sa
     protection. Dans cette optique, des travaux  scientifiques devront aider
     à identifier les risques et impacts négatifs susceptibles d'affecter  le
     milieu  marin  (essentiellement  dans  les  zones  côtières).  Sept  des
     projets retenus concernent ce chapitre de recherche.

.    technologies  marines  :  le  but  est  de  développer les  technologies
     génériques   requises  pour   la  surveillance,   l'utilisation  et   la
     protection du  milieu marin  (observation océanographique, communication
     et vision sous-marine, analyse des substances naturelles,  mise au point
     d'instruments de mesure,  de véhicules télécommandés et  de laboratoires
     benthiques  pour l'exploration  en  mer  profonde et  dans  l'Arctique).
     Douze des projets retenus portent sur ce domaine.

Dans tous  ces  secteurs, l'Europe  est bien  placée par  rapport aux  autres
grands blocs industrialisés. Elle  se situe  même à la  pointe en matière  de
recherche côtière et dans certains  secteurs technologiques (par exemple  les
engins de reconnaissances sous-marine). Le programme  MAST III doit permettre
de maintenir  et  d'améliorer la  position  de  l'Union européenne  dans  ces
domaines. Une partie des ressources  du programme seront concentrées  sur des
priorités  précises,  notamment  le  rapprochement  de  la  recherche  et des
besoins des  industries maritimes auquel  a appelé  le récent forum  de Brême
consacré à ce secteur.

Contacts :

Jean Boissonnas, Chef d'Unité, DG XII
Téléphone: + 32-2-295.67.87
Télécopie: + 32-2-296.30.24 

Annexe

Quelques exemples de  projets sélectionnés dans  le cadre  du programme  MAST
III

  Lutter contre l'envasement des côtes

     Ainsi que  le constatent les promeneurs,  certaines côtes ont tendance à
     s'envaser. Ce  phénomène résulte en fait  d'un recul général  de la mer,
     qui  menace les  espèces  marines vivant  dans les  zones situées  entre
     marées  basse  et  haute,  comme  par  exemple  les huîtres.  Ces  zones
     abritent en  général en  Europe une  faune riche  et diversifiée -  mais
     aussi  très  sensible  aux  variations  du  niveau  de  la  mer  et  aux
     changement   climatiques.   Le  projet   "INTERMUD",  qui   implique  14
     organisations de 4  pays (Danemark, France, Pays-Bas,  Royaume-Uni) doit
     améliorer notre  compréhension des  phénomènes de base  qui régissent la
     morphologie de ces zones ainsi que leur protection.

  Comment protéger les zones côtières?

     Les  zones   côtières  sont  des   systèmes  complexes,  dynamiques   et
     relativement fragiles.  La construction d'une  digue, par exemple,  peut
     dans certains  cas  provoquer d'importantes  perturbations locales  avec
     des  conséquences  néfastes  pour la  côte  et  les  environs  (courants
     modifiés,  dépôts  de  sédiments,  etc.).  Les scientifiques  maîtrisent
     encore  mal ces  phénomènes.  Ainsi,  il  arrive fréquemment  que,  sous
     l'assaut  des vagues  et  des marées,  une plage  s'érode. Une  solution
     vient  immédiatement à  l'esprit:  la construction  de digues.  Mais  il
     s'agit  là,  souvent,  de  la  plus mauvaise  des  solutions.  Le projet
     "SAFE", qui  implique  11  partenaires de  8  pays (Allemagne,  Espagne,
     France, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas et Suède) a pour but  d'étudier
     une solution alternative  "douce", plus respectueuse de  la nature,  qui
     consiste à reconstituer périodiquement les plages érodées.

  Des courants d'eau froide déterminants pour le climat

     L'océan  détient   la  clé   du  climat   terrestre:  il  échange   avec
     l'atmosphère  de l'énergie  et des  gaz contribuant  à l'effet  de serre
     tels que  le CO2. Les courants marins  jouent un rôle essentiel dans ces
     phénomènes. Le projet "ESOP 2", qui mobilise 21 organisations de 8  pays
     (Allemagne, Danemark, France,  Royaume-Uni, Islande, Italie,  Norvège et
     Suède)  a pour but  d'étudier, dans l'Atlantique  Nord, le  moteur de la
     circulation  océanique  mondiale.  C'est là,  en  effet, que  naît cette
     circulation. De l'eau froide et dense se forme  en bordure de l'Arctique
     et  passe en  profondeur (l'eau  froide étant  plus dense)  dans l'Océan
     Atlantique. Cette  eau se réchauffe  et remonte alors progressivement  à
     la surface. Arrivés dans l'hémisphère Sud, ces  courants s'inversent et,
     emportés par  le "Gulf Stream", remontent  vers l'Europe. C'est ce qu'on
     appelle  le  phénomène  du  "tapis  roulant". Le  projet  "ESOP  2" doit
     permettre de mieux comprendre ce phénomène, ainsi que son  impact sur le
     climat.

  Comment se forme la glace?

     La  formation  de glace  dans les  mers polaires  est un  processus fort
     important mais  encore mal connu. Ainsi, les  glaces qui se forment dans
     l'Arctique ont  souvent  une  structure très  chaotique  dont on  ignore
     l'origine. Déterminer cette structure est essentiel  et la télédétection
     est l'un des moyens d'y parvenir. Le projet "ICE STATE", qui regroupe  5
     organisations de  4 pays (Finlande,  Royaume-Uni, Islande et Norvège)  a
     pour  but  d'améliorer  notre  capacité  à  prévoir  les  conditions  de
     formation  de ces  structures  dans  la glace.  Cette  connaissance doit
     notamment faciliter  la navigation  et l'implantation  de stations  off-
     shore. 

  Un pas vers la biotechnologie marine

     Les  projets  "BIOACTIVE  MARINE  NATURAL  PRODUCT"  et  "MICROORGANISMS
     THERMOPHILES  BIO"  ont  pour but  d'établir  un  inventaire  de  divers
     invertébrés marins,  tels que  les éponges, et  de micro-organismes pour
     ensuite extraire de ceux-ci des substances d'intérêt pharmaceutique. 

  Des instruments de surveillance et de contrôle

     Le  projet  "BIOSONAR"  doit  permettre  d'exploiter   les  systèmes  de
     détection  acoustique (sonar)  pour  évaluer  la santé  des  communautés
     d'organismes marins vivant  sur le fond. Le  projet "BASS" doit quant  à
     lui utiliser  la réponse des bancs  de poissons  aux signaux acoustiques
     pour  suivre  l'évolution  de  leur  population  (en  termes  de  nombre
     d'organismes  et  de  classes  d'âge),  ceci  notamment  afin  d'estimer
     quantitativement  l'impact de  la  pêche  et des  éventuels  changements
     environnementaux.

     Par  ailleurs,  deux  projets  illustrent  deux   options,  radicalement
     différentes, de  l'observation  sous-marine:  le  projet  "ALIPOR"  doit
     développer un dispositif léger tandis  que le projet "GEOSTAR"  a, quant
     à lui,  choisi une  alternative plus  ambitieuse et futuriste:  réaliser
     une station non habitée et modulaire qui sera posée sur le fond marin. 

***

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