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   UEM : CONSERVER LA POSSIBILITE DE CHOISIR

   Le  traité de Maastricht a de nombreuses facettes.  Avec pragmatisme,  il
   jette  les  bases  d'une  coopération  européenne  dans  de  nombreux  et
   importants   domaines  de  la  politique  extérieure.  Il  fait   de   la
   subsidiarité - dont Bruxelles ne fournit pas nécessairement la  meilleure
   illustration - un principe essentiel du fonctionnement de la  Communauté.
   Grâce  à  Maastricht,  cette dernière est plus à  même  de  s'assurer  du
   respect effectif des règles établies.  Ce sont toutefois les dispositions
   relatives  à  l'Union économique et monétaire qui  constituent  l'élément
   central du traité.

   A cet égard, les avis sont partagés quant aux implications pour l'UEM  de
   la  récente crise du SME.  D'aucuns pensent qu'elle montre simplement  le
   chemin  qui  reste  à parcourir avant que  l'UEM  devienne  une  réalité.
   D'autres  en concluent que le seul moyen d'obtenir une  réelle  stabilité
   est  d'abandonner  dès  que  possible le mécanisme  de  change,  qui  est
   extrêmement  vulnérable  aux  soubresauts du marché,  pour  passer  à  la
   monnaie unique, prévue dans l'UEM.

   Pour les non Britanniques, l'évaluation des clauses du traité relatives à
   l'UEM passera, et devra passer, par le choix d'une de ces deux  optiques.
   Par  contre, le Royaume-Uni occupe une position privilégiée : notre  pays
   peut adhérer au traité quelle que soit notre position à cet égard.

   Grâce  à l'accord que John Major a réussi à négocier pour le  Royaume-Uni
   en décembre dernier, le gouvernement britannique conserve toute  latitude
   pour  s'associer ou non à l'instauration d'une monnaie unique  européenne
   au  cours de la présente décennie.  A cet égard, le traité est limpide  :
   le Royaume-Uni ne s'est pas engagé à adopter la monnaie unique, mieux, le
   Gouvernement  et  le  Parlement britanniques ont le  droit  d'évaluer  la
   situation  et de décider, le moment venu, s'il est de l'intérêt  du  pays
   d'adhérer au système.  J'estime que tel sera le cas.

   Mais  le  moment de débattre de ce sujet n'est pas encore  venu.  Ce  que
   John  Major  a  négocié, c'est le droit de choisir.  Ainsi,  au  lieu  de
   limiter  les choix offerts au Royaume-Uni, la ratification du  traité  de
   Maastricht lui donnera toute liberté de choisir.

   Par contre, en ne ratifiant par le traité, nous prendrions une  décision.
   Nous  déciderions  d'empêcher  d'autres  pays  de  construire  une  union
   monétaire  sur  les  bases  jetées par  le  traité  de  Rome.  Nous  nous
   refuserions alors le droit d'opter ou non pour l'adhésion par la suite.

   Et qu'y gagnerions-nous ? En définitive, le Royaume-Uni  ne peut pas  et,
   du reste, ne doit pas chercher à bloquer la progression des autres  Etats
   membres   vers  une  monnaie  unique.  Nous  pouvons  nous  retirer   des
   négociations  permanentes sur la politique économique et monétaire de  la
   Communauté.  Et  ceux qui estiment que ce retrait servirait les  intérêts
   particuliers du Royaume-Uni se bercent d'illusions.  Loin de permettre  à
   notre gouvernement de mener une politique indépendante en vue de défendre
   l'emploi   et  les  intérêts  britanniques,  une  telle   attitude   nous
   condamnerait à un isolement peu glorieux et nous laisserait à la merci du
   moindre coup de froid provenant d'outre-Manche.

   L'accord obtenu par John Major à Maastricht protège la position  centrale
   que le Royaume-Uni occupe en Europe et garantit que la voix de notre pays
   sera  clairement  entendue lorsque seront prises des décisions  qui  nous
   concerneront  tous dans les mois et les années qui viennent.  Voter  pour
   Maastricht,  c'est  conserver la possibilité  de  choisir.  Voter  contre
   Maastricht,  c'est décider de reléguer le Royaume-Uni au dernier rang  de
   la ligue européenne.

   Et  ceci  vaut  également pour la politique  sociale.  Le  Royaume-Uni  a
   obtenu  la garantie absolue que le traité de Maastricht  n'aggravera  pas
   ses coûts sociaux.

   Aucun  autre pays ne bénéficie de cette garantie.  Il n'est pas  étonnant
   que  certains  Etats membres craignent que le  Royaume-Uni  dispose  d'un
   avantage concurrentiel par rapport à eux.

   Bien  plus  que  tout autre pays, le Royaume-Uni  a  intérêt  à  ratifier
   Maastricht.  Comme  nos partenaires, nous tirerons profit  des  avantages
   réels  du traité.  Les éléments qui ont suscité notre inquiétude ne  nous
   serons pas applicables si nous ne le désirons pas.

   En  politique,  il est peu fréquent qu'on ait le beurre  et  l'argent  du
   beurre.  Le traité de Maastricht est l'une de ces rares  occasions.  Nous
   ne serons privés du beurre que si nous-mêmes décidons de le  refuser.  Je
   ne pense pas que nous soyons suffisamment déraisonnables pour le faire.

                                     * * *

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