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Commission européenne - Communiqué de presse

Semestre européen – Paquet d'hiver: évaluation des progrès accomplis par les États membres dans la réalisation de leurs priorités économiques et sociales

Bruxelles, le 27 février 2019

Dans son évaluation annuelle de la situation économique et sociale dans les États membres, la Commission européenne souligne aujourd'hui la nécessité de promouvoir les investissements, de mener des politiques budgétaires responsables et de mettre en œuvre des réformes bien conçues.

Les défis varient considérablement d'un pays à l'autre et requièrent des mesures appropriées et déterminées.

Cet examen des défis spécifiques à chaque pays s'inscrit dans le contexte d'une économie européenne qui devrait croître pour la septième année consécutive en 2019, mais à un rythme plus modéré. Le niveau de l'emploi n'a jamais été aussi élevé et les chiffres du chômage sont au plus bas. Les finances publiques se sont également améliorées à tous les niveaux, même si certains pays restent confrontés à des niveaux d'endettement élevés. Il subsiste toutefois des défis à relever. Les niveaux de productivité restent faibles, le vieillissement de la population s'intensifie et les mutations technologiques rapides ont une forte incidence sur les marchés du travail. Le revenu réel des ménages demeure inférieur aux niveaux d'avant la crise dans certains États membres. Le chômage des jeunes a été considérablement réduit, mais reste à un niveau inacceptable dans certains États membres. À l'heure où l'incertitude est plus marquée, au niveau mondial, il est essentiel que les États membres de l'UE intensifient leurs efforts pour stimuler la productivité, améliorer la résilience de leur économie et veiller à ce que la croissance économique profite à tous les citoyens.

À la suite de la publication, en novembre, de l'examen annuel de la croissance et de la recommandation concernant la politique économique de la zone euro, qui fixaient les priorités au niveau européen, les 28 rapports par pays publiés aujourd'hui mettent l'accent sur la dimension nationale du Semestre européen. Les rapports fournissent une analyse détaillée des défis économiques et sociaux spécifiques à chaque pays. Ils serviront de base aux discussions avec les États membres concernant leurs choix nationaux en vue de l'adoption de leur programme national en avril et conduiront à la formulation, à la fin du printemps, des recommandations annuelles par pays.

Le paquet présenté aujourd'hui innove en ce sens que la Commission lance un débat sur les défis et les priorités en matière d'investissement dans les États membres et expose de premières idées sur la manière dont les fonds de l'UE, et en particulier les fonds de la politique de cohésion de l'UE, peuvent s'avérer utiles lors de la prochaine période de programmation 2021-2027. Cela permettra également d'assurer une plus grande cohérence entre la coordination des politiques économiques et l'utilisation des fonds de l'UE, qui représentent une part importante des investissements publics dans plusieurs États membres. Cette nouvelle priorité transparaît dans les rapports par pays et une nouvelle annexe sur l'utilisation possible des futurs fonds de la politique de cohésion de l'UE est jointe à chaque rapport par pays.

M. Valdis Dombrovskis, vice-président pour l'euro et le dialogue social, également chargé de la stabilité financière, des services financiers et de l'union des marchés de capitaux, a déclaré: «L'économie européenne connaît actuellement sa septième année consécutive d'expansion économique. Cependant, la croissance ralentit. Le maintien de la dynamique à l'avenir nécessitera un niveau élevé de compétitivité ainsi que la poursuite de la convergence vers le haut. Pour libérer tout le potentiel de croissance de nos économies, nous avons besoin de réformes structurelles. Nous avons également besoin d'investissements ciblés pour soutenir la croissance de la productivité dans l'ensemble de l'Europe.»

Marianne Thyssen, commissaire pour l'emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs, s'est exprimée en ces termes: «L'évolution démographique et les nouvelles technologies sont en train de refaçonner le marché du travail, tandis que de nombreux États membres connaissent une pénurie croissante de compétences. Nous devons passer à la vitesse supérieure. Investir dans les compétences des personnes, et en particulier élever les niveaux de compétences des personnes peu qualifiées, doit être notre priorité absolue si nous voulons maintenir notre niveau de vie.»

Pierre Moscovici, commissaire pour les affaires économiques et financières, la fiscalité et les douanes, a fait la déclaration suivante: «Nous avons effectué une radiographie de l'ensemble des 28 économies de l'UE afin de recenser les problèmes et de faire en sorte qu'ils soient traités en temps utile. Bon nombre des déséquilibres de l'Europe sont en train d'être corrigés grâce, à la fois, à la croissance économique et aux mesures prises, mais il subsiste des difficultés de longue date. La croissance étant en perte de vitesse cette année, il est plus important que jamais que les gouvernements agissent pour renforcer la résilience de nos économies: réduction de la dette, stimulation de la productivité, accroissement et amélioration des investissements, et lutte contre les inégalités. En ce qui concerne la Grèce, le deuxième rapport au titre du cadre de surveillance renforcée, également publié aujourd'hui, fait apparaître des progrès significatifs, mais aussi la nécessité de fournir des efforts supplémentaires dans certains domaines, et j'invite instamment les autorités à les mener à bien d'ici le prochain Eurogroupe.»

Corina Crețu, commissaire chargée de la politique régionale, a quant à elle ajouté: «Les rapports par pays comprennent une nouveauté importante cette année en ce sens qu'ils mettent fortement l'accent sur les obstacles à l'investissement et les disparités régionales, ainsi que sur l'évaluation, par la Commission, de la manière dont les financements futurs de l'UE devraient être investis dans chaque pays. Cela nous aidera à lancer la discussion sur les priorités d'investissement des États membres pour la prochaine décennie et sur la contribution que peuvent apporter les fonds de la politique de cohésion à cet égard.»

Progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations par pays

Les rapports par pays évaluent les progrès accomplis par les États membres dans la mise en œuvre des recommandations par pays de la Commission de juillet 2018. Dans l'ensemble, les États membres ont réalisé des progrès dans la mise en œuvre de plus de deux tiers des recommandations émises depuis l'introduction du Semestre européen en 2011. Les progrès les plus importants accomplis par les États membres concernent les recommandations relatives aux services financiers, reflétant la priorité accordée à la stabilisation et à la solidité du secteur financier au lendemain de la crise financière. De réels progrès ont également été réalisés en ce qui concerne les réformes visant à faciliter la création d'emplois en recourant à des contrats à durée indéterminée et à s'attaquer à la segmentation du marché du travail.

Depuis quelques années, l'un des moyens par lesquels la Commission entend aider les États membres à intensifier leurs efforts de réforme est son programme d'appui à la réforme structurelle (PARS), qui vise à fournir une assistance technique à tous les États membres de l'UE, à leur demande, pour les aider à concevoir et à mettre en œuvre des réformes propices à la croissance. Il s'agit également des réformes mises en évidence dans les recommandations par pays.

Dans le cadre du paquet présenté aujourd'hui, la Commission a également adopté le programme de travail 2019 du programme d'appui à la réforme structurelle.En 2019, le PARS fournira une assistance technique à 26 États membres pour leur permettre de réaliser plus de 260 projets, qui viennent s'ajouter à plus de 290 projets retenus en 2017 et 2018.

Correction des déséquilibres macroéconomiques

En novembre, la Commission avait entamé des bilans approfondis concernant 13 États membres, afin de déterminer s'ils présentaient des déséquilibres macroéconomiques et, dans l'affirmative, d'évaluer leur gravité. La Commission a à présent conclu à l'existence de déséquilibres ou de déséquilibres excessifs dans chacun de ces 13 États membres, mais la gravité des déséquilibres a diminué dans certains cas. Les résultats des bilans approfondis peuvent être résumés comme suit:

- La Bulgarie, l'Allemagne, l'Espagne, la France, la Croatie, l'Irlande, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie et la Suède connaissent des déséquilibres économiques.

- Chypre, la Grèce et l'Italie présentent des déséquilibres excessifs.

La Commission continuera à examiner l'évolution de la situation dans l'ensemble des pays présentant des déséquilibres ou des déséquilibres excessifs, et les mesures adoptées par ceux-ci, au moyen du suivi spécifique effectué dans le cadre du Semestre européen.

Avis concernant le projet de plan budgétaire de la Slovénie

La Commission publie aussi aujourd'hui son avis sur le projet de plan budgétaire actualisé de la Slovénie car celui présenté en octobre dernier était fondé sur un scénario de «politique inchangée» et a été représenté dans l'intervalle. La Commission estime que le projet de plan budgétaire actualisé présente un risque de non-conformité avec les dispositions du pacte de stabilité et de croissance. Tant le plan de la Slovénie que la Commission prévoient que le projet de plan budgétaire pourrait entraîner un écart important par rapport à la trajectoire d'ajustement vers l'objectif à moyen terme du pays. La Slovénie est invitée à prendre les mesures nécessaires, dans le cadre du processus budgétaire national, pour faire en sorte que le budget 2019 soit conforme au pacte de stabilité et de croissance.

Rapport sur la Grèce au titre du cadre de surveillance renforcée

En ce qui concerne la Grèce, qui participe au processus du Semestre depuis qu'elle a mené à bonne fin son programme de soutien à la stabilité, l'été dernier, la Commission a adopté le deuxième rapport au titre du cadre de surveillance renforcée. Le rapport évalue les progrès accomplis par la Grèce en ce qui concerne les engagements pris lors de l'Eurogroupe en juin 2018. Le rapport conclut que, bien que la Grèce ait accompli des progrès considérables dans la mise en œuvre de ses engagements de réforme spécifiques pour la fin de 2018, l'évolution a été lente dans certains domaines, ce qui a entraîné des retards dans les réformes clés concernées.

Rapport d'avancement sur les conseils nationaux de la productivité

La Commission a également publié le rapport sur l'état d'avancement de la mise en œuvre de la recommandation du Conseil du 20 septembre 2016 sur la création de conseils nationaux de la productivité. Le rapport analyse l'évolution de la productivité et de la compétitivité dans l'UE et dans la zone euro et fournit une vue d'ensemble des conseils de la productivité en place à la fin de 2018. Des conseils nationaux de la productivité sont déjà en place dans 10 États membres de la zone euro. Les autres États membres de la zone euro ont tous confirmé leur intention d'en créer un prochainement. Les conseils existants, qui, en raison de contextes propres à chaque pays, ont des structures différentes, contribuent déjà activement aux discussions nationales sur les problèmes liés à la productivité. La Commission a lancé un réseau destiné à faciliter les échanges de vues, de pratiques et d'expériences entre les conseils de la productivité.

Renouvellement des lignes directrices pour l'emploi

La Commission a également adopté une proposition visant à maintenir la décision du Conseil de 2018 relative aux lignes directrices pour les politiques de l'emploi des États membres. La proposition de cette année confirme l'alignement des lignes directrices pour l'emploi sur les 20 principes du socle européen des droits sociaux, étant donné que leurs objectifs généraux et leurs priorités restent valables. Les lignes directrices pour l'emploi présentent des priorités et des objectifs communs pour les politiques nationales de l'emploi et constituent la base juridique des recommandations par pays dans ces domaines, qui doivent être réadoptées chaque année.

Rapport d'évaluation des stratégies des États membres en matière de formation et de reconversion

La Commission a également publié aujourd'hui un rapport sur la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative aux «parcours de renforcement des compétences», qui s'inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie en matière de compétences pour l'Europe présentée par la Commission en juin 2016. À l'heure actuelle, l'UE compte 61 millions d'adultes qui sont titulaires au mieux d'un diplôme du premier cycle de l'enseignement secondaire. Par cette recommandation, les États membres se sont engagés à offrir aux adultes présentant un faible niveau de compétences et de qualifications des possibilités nouvelles et améliorées de renforcer leurs compétences de base dans les domaines de la lecture, de l'écriture, du calcul et du numérique, et d'atteindre un meilleur niveau de qualification. Le rapport visé ci-dessus passe en revue les mesures prises par les États membres, qui diffèrent par leur taille et leur niveau d'ambition. Un grand nombre d'entre elles sont soutenues par le Fonds social européen.

Prochaines étapes

Le Conseil devrait débattre des rapports par pays, ainsi que des résultats des bilans approfondis. Dans les mois à venir, la Commission tiendra des réunions bilatérales avec les États membres à la lumière de l'analyse des rapports respectifs. Les vice-présidents, les commissaires et les services de la Commission se rendront dans les États membres pour y rencontrer les gouvernements, les parlements nationaux, les partenaires sociaux et d'autres parties prenantes et examiner avec eux les conclusions des rapports. Ces visites comprendront également des discussions ciblées sur les annexes relatives à la manière dont les futurs fonds de la politique de cohésion de l'UE pourraient contribuer à répondre aux besoins d'investissement spécifiques dans les États membres.

En avril, les États membres devraient présenter leurs programmes nationaux de réforme, détaillant leurs priorités nationales en matière de réforme, et leurs programmes de stabilité (pour les pays de la zone euro) ou programmes de convergence (pour les pays n'appartenant pas à la zone euro), exposant leurs stratégies budgétaires pluriannuelles.

En s'appuyant sur tous ces programmes, la Commission présentera au printemps ses propositions pour une nouvelle série de recommandations par pays ciblant les principaux défis à relever pour 2019-2020. Les recommandations comprendront également des orientations budgétaires. Elles seront basées sur les prévisions de printemps de la Commission, qui intègreront les données budgétaires finales de 2018 validées par Eurostat.

Contexte

Le paquet d'hiver s'inscrit dans le cycle annuel de coordination des politiques économiques au niveau de l'UE, le Semestre européen. Il fait suite à la publication, en novembre, de l'examen annuel de la croissance 2019 et de la recommandation concernant la zone euro (paquet d'automne), qui fixaient les priorités pour l'année à venir au niveau européen. Il met maintenant l'accent sur la dimension nationale du Semestre européen.

Il se fonde sur les dernières données des prévisions économiques de l'hiver 2019 de la Commission et s'appuie sur le dialogue permanent mené avec les autorités et les parties prenantes des États membres pour examiner les progrès accomplis au fil du temps. Les rapports par pays fournissent aux États membres une base sur laquelle ils pourront bâtir leurs programmes nationaux d'ici à la mi-avril et sous-tendront les recommandations par pays qui seront adoptées par la Commission par la suite dans le courant du printemps (paquet de printemps).

 

Appendice - Conclusions tirées des bilans approfondis pour chaque État membre

La Bulgarie présente des déséquilibres. Les vulnérabilités du secteur financier s'accompagnent d'un niveau d'endettement élevé et de prêts improductifs dans le secteur des entreprises. La position extérieure nette s'est améliorée sous l'effet d'une croissance soutenue et des excédents importants de la balance courante. Des mesures ont été prises pour renforcer la stabilité du secteur financier. Les banques et les autres sociétés financières ont réalisé de nouvelles avancées en ce qui concerne la mise en œuvre des recommandations adressées à la suite des examens de la qualité des actifs et des bilans, et la surveillance a été renforcée. Toutefois, les fragilités liées à la faiblesse de la gouvernance, à la qualité des actifs et à la surveillance subsistent, alors que de nouvelles difficultés apparaissent dans le secteur des assurances. La robustesse de la croissance a permis la poursuite du désendettement privé et une nouvelle baisse du ratio de prêts improductifs, mais l'encours de prêts improductifs dans le secteur des entreprises reste élevé. Alors que des progrès ont été accomplis pour ce qui est de la lutte contre les sources des déséquilibres, la mise en œuvre intégrale et le suivi des réformes entreprises récemment en matière de surveillance et de gouvernance dans le secteur bancaire et le secteur financier non bancaire seront cruciales. Une action plus résolue s'impose également en vue de réduire l'encours des prêts improductifs et d'achever la réforme du cadre en matière d'insolvabilité.


Chypre présente des déséquilibres excessifs. Une proportion très importante de prêts improductifs pèse sur le secteur financier et les niveaux élevés de la dette privée, de la dette publique et de la dette extérieure menacent l'économie dans un contexte de chômage encore relativement élevé, bien qu'en recul, et de faible croissance potentielle. Le déficit de la balance courante est fortement négatif, même si l'on tient compte de l'existence d'entités ad hoc, reflétant une forte demande intérieure et l'épargne négative des ménages, et ne permet pas de garantir un ajustement durable de l'important volume des engagements extérieurs nets. Le désendettement du secteur privé est en cours, mais ne progresse que lentement. L'octroi de nouveaux prêts au secteur privé reste limité. Le transfert d'un volumineux portefeuille de prêts improductifs de Cyprus Cooperative Bank au secteur public dans le contexte de la vente et de la liquidation de la banque a considérablement réduit la proportion de prêts improductifs dans le système bancaire. Toutefois, les prêts improductifs restent élevés, tant pour les ménages que pour les entreprises. Le soutien public apporté dans le cadre de la vente de Cyprus Cooperative Bank a eu une incidence à la hausse ponctuelle sur la dette publique en 2018. L'endettement public élevé devrait prochainement emprunter une trajectoire descendante grâce à des résultats budgétaires qui restent bons. Par rapport à l'année dernière, la dynamique de réforme s'est intensifiée en ce qui concerne, en particulier, les mesures destinées à remédier aux vulnérabilités résultant des prêts improductifs, mais il convient de continuer à progresser dans la mise en œuvre des réformes structurelles en vue d'accroître le potentiel de croissance.


L'Allemagne présente des déséquilibres. L'important excédent de la balance courante, qui diminue lentement, reflète la stagnation de l'investissement par rapport à l'épargne, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, et a une incidence qui dépasse les frontières nationales, alors qu'il est de plus en plus nécessaire d'investir et d'innover pour rendre l'économie allemande plus résiliente et garantir un modèle de croissance durable et inclusif. Cet excédent s'est légèrement réduit en 2018 dans le contexte d'une reprise de la demande intérieure et devrait continuer à diminuer progressivement au cours des prochaines années, tout en demeurant à un niveau historiquement élevé. Les investissements privés et publics ont considérablement augmenté et on constate une évolution vers une croissance davantage tirée par la demande intérieure. Cependant, tant l'investissement que la consommation restent atones en pourcentage du PIB malgré les conditions de financement favorables et les besoins d'investissement persistants dans les infrastructures et l'enseignement, en particulier au niveau municipal, ainsi que la marge de manœuvre budgétaire disponible. L'excédent budgétaire a augmenté en 2018 et le ratio d'endettement s'est encore réduit. Si la croissance des salaires s'est légèrement accentuée avec le resserrement du marché du travail, celle des salaires réels reste modeste. Alors que plusieurs mesures ont été prises en vue d'accroître les investissements privés et publics, des efforts supplémentaires doivent être consentis pour éliminer l'important déficit d'investissement, en particulier pour ce qui est des investissements publics dans les infrastructures et l'enseignement. Dans d'autres domaines d'action, les progrès ont été moins marqués.


La Grèce présente des déséquilibres excessifs. Les vulnérabilités constatées sont liées au niveau élevé de la dette publique, à la position extérieure négative, à la proportion importante de prêts improductifs et au rééquilibrage extérieur incomplet dans un contexte de chômage toujours élevé, bien qu'en diminution, et de croissance potentielle faible. En août 2018, la Grèce est parvenue à sortir avec succès du programme de soutien à la stabilité au titre du Mécanisme européen de stabilité, après avoir procédé à des améliorations substantielles au cours des dernières années. Des déséquilibres de stocks persistent néanmoins, parmi lesquels une position extérieure globale nette largement négative qui continue à se dégrader dans un contexte de progression modérée du PIB nominal et de balance des paiements courants toujours négative. Des améliorations considérables ont été constatées ces dernières années en ce qui concerne la compétitivité-coûts, qui a récemment marqué un temps d'arrêt eu égard à la faible croissance de la productivité. Si son niveau reste élevé, la dette publique est principalement détenue par les créanciers du secteur public et les besoins de financement seront relativement limités durant dix ans au moins. Le rythme de désendettement dépend fondamentalement du respect constant des objectifs budgétaires adoptés et de la mise en œuvre des réformes en vue de parvenir à une augmentation durable du potentiel de croissance. Le secteur financier est vulnérable en raison d'un encours de prêts improductifs très important et d'une faible rentabilité, qui entravent la croissance du crédit et la reprise de l'investissement. La dette privée diminue alors que le désendettement actif est toujours en cours. Des mesures de grande envergure ont été adoptées dans le cadre des programmes d'assistance financière en vue de remédier à nombre de faiblesses structurelles de l'économie grecque. Outre la consolidation des réformes antérieures et les efforts d'ajustement, les autorités se sont engagées à garantir la poursuite et l'achèvement des réformes, qui font l'objet d'un suivi dans le cadre d'une surveillance renforcée.


L'Irlande présente des déséquilibres. L'encours élevé des dettes publique et privée et des engagements extérieurs nets est source de vulnérabilité. Les déséquilibres de stocks font l'objet d'une correction substantielle. Les activités des multinationales ayant peu de liens avec l'économie nationale influencent fortement les engagements extérieurs nets, qui reculent sous l'effet d'un excédent important de la balance courante. L'encours de la dette privée reste élevé, mais la croissance économique continue de favoriser le désendettement privé. Les activités des multinationales continuent d'influer sur la dette des entreprises. La dette des ménages semble globalement conforme aux fondamentaux, même si elle est élevée par rapport au revenu disponible. D'après les prévisions, la dette publique devrait rester sur une courbe descendante, alors que le déficit se rapproche d'une position à l'équilibre. Les prix des logements augmentent rapidement depuis quelques années, mais cette hausse s'est ralentie récemment. Ces prix sont en grande partie liés à l'insuffisance de l'offre et il n'existe aucun signe clair de surévaluation. L'encours de prêts improductifs, quoique toujours élevé, a continué à diminuer, même si les arriérés à long terme décroissent plus lentement. Des mesures concrètes ont été adoptées en vue de remédier à ces vulnérabilités, notamment dans le domaine de l'offre de logements et de la politique macro-prudentielle, mais il faudra du temps pour que certaines mesures produisent les effets escomptés.


L'Espagne présente des déséquilibres. Même si la croissance économique reste solide, l'importante dette extérieure et intérieure, tant publique que privée, reste source de vulnérabilités dans un contexte de taux de chômage toujours élevé, et son incidence dépasse les frontières nationales. Le rééquilibrage extérieur s'est poursuivi, même si l'excédent de la balance courante a diminué en 2018, reflétant des éléments liés à l'environnement mondial. Des excédents stables de la balance courante pendant une période prolongée seront nécessaires pour ramener les engagements extérieurs nets à des niveaux prudents. La réduction de la dette du secteur privé a également progressé, grâce à une croissance nominale vigoureuse. Le ratio de prêts improductifs a continué de diminuer. L'endettement public a légèrement diminué, la baisse escomptée des déficits devant favoriser la poursuite de sa réduction progressive. Cependant, des efforts supplémentaires seront nécessaires pour ramener les finances publiques sur une trajectoire plus durable. Le taux de chômage a continué à reculer, mais demeure élevé. La mise en œuvre des mesures décidées par les pouvoirs publics pour accroître la croissance potentielle a été lente. Des difficultés subsistent, en particulier en ce qui concerne la segmentation du marché du travail, la recherche et l'innovation et la réglementation applicable aux entreprises, notamment dans le secteur des services.


La France présente des déséquilibres. Les vulnérabilités découlent du niveau élevé de la dette publique et d'une dynamique de faible compétitivité dans un contexte de croissance peu élevée de la productivité, ces divers éléments ayant une incidence qui dépasse les frontières nationales. La dette publique est restée globalement stable en 2018, bien qu'elle se situe à un niveau élevé. Selon les prévisions, elle ne devrait reculer que de façon marginale. Le niveau élevé de l'endettement public rétrécit la marge budgétaire disponible pour réagir aux futurs chocs et pèse sur les perspectives de croissance. Les hausses des coûts salariaux unitaires restent modérées, dans un contexte de faible croissance de la productivité. Certains éléments de l'environnement des entreprises continuent de peser sur la compétitivité hors coûts. Des réformes ont été entreprises ces dernières années, des progrès étant enregistrés sur plusieurs fronts, notamment sur les marchés du travail, ainsi qu'au niveau de la fiscalité et de l'environnement des entreprises. Cependant, les effets de ces réformes ne se sont pas encore entièrement concrétisés, tandis que des actions supplémentaires se justifient dans d'autres domaines, tels que la réforme du système des allocations de chômage, la réforme du régime des retraites, et le réexamen des dépenses afin de garantir la viabilité des finances publiques et d'accroître le potentiel de croissance.


La Croatie présente des déséquilibres. Les vulnérabilités qui demeurent sont liées aux niveaux élevés des dettes publique, privée et extérieure, dans un contexte de faible croissance potentielle. Cependant, ces dettes se sont résorbées au cours de ces dernières années, sous l'effet d'une solide croissance nominale - supérieure à son potentiel estimé - et d'une politique budgétaire prudente. La position extérieure nette négative demeure importante, mais elle s'améliore grâce à des excédents continus de la balance des paiements courants. Le désendettement du secteur privé est en cours, même si son rythme devrait ralentir à mesure que la croissance du crédit et les investissements reprennent. L'équilibre budgétaire est en excédent depuis 2017 et la dette publique a nettement diminué après avoir atteint un taux record en 2014. Le secteur financier est bien capitalisé et rentable, alors que les prêts improductifs, quoiqu'en déclin, restent élevés. L'exposition des entreprises et des ménages au risque de change s'est réduite, mais demeure une vulnérabilité. Les mesures prises par les pouvoirs publics se sont intensifiées, avec l'adoption d'une réforme des retraites et de nouveaux actes législatifs visant à améliorer le cadre budgétaire. D'autres mesures adéquates sont en préparation, et leur mise en œuvre complète reste essentielle pour renforcer la résilience de l'économie.


L'Italie présente des déséquilibres excessifs. Le niveau élevé de la dette publique et l'atonie persistante de la productivité entraînent des risques dont l'incidence dépasse les frontières nationales, dans un contexte d'encours toujours élevé de prêts improductifs et de chômage important. Le ratio de la dette publique ne devrait pas fléchir au cours des prochaines années, alors que les perspectives macroéconomiques médiocres et les plans budgétaires actuels du gouvernement, bien que moins expansionnistes que les projets initiaux pour 2019, entraîneront la détérioration de l'excédent primaire. La compétitivité-coûts est stable, mais la croissance de la productivité reste faible. Cet élément trouve ses racines dans des problèmes qui se posent de longue date sur le plan du fonctionnement des marchés du travail, des capitaux et des produits, aggravés par les lacunes des systèmes de l'administration publique et de la justice, ce qui constitue un frein à la croissance potentielle du PIB. Le volume de prêts improductifs a continué de diminuer considérablement, mais maintenir l'allure de cette résorption pourrait se révéler difficile compte tenu des conditions du marché. Les rendements des obligations souveraines supérieurs aux niveaux enregistrés au début de l'année 2018 affectent les coûts de financement et les coussins de fonds propres des banques, pesant sur l'activité de prêt au reste de l'économie et sur la croissance du PIB. Bien que des progrès aient été observés en ce qui concerne le redressement des bilans des banques, les réformes en matière d'insolvabilité et les politiques actives du marché du travail, le rythme des réformes s'est fortement ralenti en 2018. Le budget de 2019 comprend des mesures qui inversent certains éléments de réformes importantes engagées précédemment, notamment dans le domaine des retraites, et ne comporte pas de mesures visant à accroître le potentiel de croissance.


Les Pays-Bas présentent des déséquilibres.     Le niveau élevé de la dette privée et l'excédent important de la balance courante constituent des sources de déséquilibre dont l'incidence dépasse les frontières nationales. Après avoir atteint un niveau record en 2017, l'excédent devrait diminuer progressivement, tout en restant malgré tout à un niveau très élevé. L'excédent extérieur s'explique en partie par des caractéristiques statistiques liées au rôle des entreprises multinationales et ne devrait pas se résorber dans un avenir proche. Soutenu par la croissance économique, le ratio de la dette privée au PIB a poursuivi sa tendance à la baisse tant pour les entreprises que pour les ménages, bien qu'il demeure à un niveau élevé. Néanmoins, la dette nominale des ménages augmente lentement à la faveur de la croissance dynamique des prix de l'immobilier. À ce jour, la croissance salariale reste modérée en dépit des tensions observées sur le marché du travail. Les réformes menées récemment, telles que l'accélération de la réduction de la déductibilité des intérêts hypothécaires, devraient réduire les distorsions en faveur de l'endettement des ménages, tandis que les mesures de relance budgétaire devraient contribuer à soutenir la demande globale.


Le Portugal présente des déséquilibres. L'encours important des engagements extérieurs nets, la dette publique et privée et une proportion importante de prêts improductifs sont source de vulnérabilité dans un contexte de croissance atone de la productivité. La balance courante est globalement en équilibre, mais il est essentiel de maintenir une position prudente et de conserver des gains de productivité afin de garantir l'ajustement des engagements extérieurs nets à des niveaux prudents. Les ratios de dette privée, qui se trouvaient à un niveau élevé, continuent de diminuer à la faveur de la reprise de la croissance nominale et de l'intervention moindre du processus de désendettement actif. La dette publique a commencé à baisser à partir de 2017, notamment grâce à des excédents primaires. Elle demeure malgré tout à un niveau élevé. Les risques présents dans le secteur bancaire ont diminué, notamment à la suite des recapitalisations des grandes banques en 2017 et d'une récente amélioration de la rentabilité. L'encours élevé de prêts improductifs a baissé, mais reste comparativement élevé. Il est primordial d'assurer une croissance plus forte de la productivité afin d'améliorer les perspectives en matière de compétitivité, de désendettement et de croissance potentielle. L'ajustement du marché du travail a continué sa progression, tandis que le chômage diminue à un rythme soutenu depuis plusieurs années. Des mesures ont été prises pour remédier au problème de l'encours de prêts improductifs, mais d'autres domaines, tels que les marchés des produits et des services, continuent de pâtir de l'absence de mesures. Il conviendra de suivre l'adoption et la mise en œuvre de plusieurs programmes de réforme, notamment de réformes budgétaires structurelles visant à améliorer la viabilité des finances publiques.


La Suède présente des déséquilibres. Le niveau surévalué des prix de l'immobilier, associé à une hausse continue de l'endettement des ménages, entraîne un risque de correction désordonnée. L'endettement important des ménages a continué de croître en proportion du PIB. Les prix de l'immobilier ont subi une correction au cours du second semestre de 2017, pour se stabiliser ensuite progressivement. Malgré tout, les indicateurs d'évaluation montrent que les prix de l'immobilier demeurent élevés par rapport aux fondamentaux. Bien que le secteur bancaire semble correctement capitalisé, une correction désordonnée aurait des conséquences négatives sur le secteur financier compte tenu de sa forte exposition aux prêts hypothécaires des ménages. Dans une telle situation, des retombées négatives seraient également possibles pour les pays voisins du fait des interactions financières systémiques. L'offre de logements continue de pâtir de goulets d'étranglement structurels et la production de la construction s'est affaiblie. Bien que des mesures aient été prises ces dernières années dans le domaine macroprudentiel pour juguler la croissance de la dette hypothécaire, leurs effets semblent limités à ce jour. Des lacunes importantes subsistent, en particulier en ce qui concerne les incitations fiscales en faveur de l'accès à la propriété, ainsi que le fonctionnement de l'offre de logements et du marché locatif.


La Roumanie présente des déséquilibres. Les vulnérabilités sont liées à des pertes de compétitivité-coûts et au fait que le déficit de la balance courante se creuse, tout cela dans un contexte de politique budgétaire expansionniste et de conditions imprévisibles pour les entreprises. Les récentes initiatives législatives créent des risques pour le fonctionnement du secteur financier et pourraient nuire à l'investissement privé. Le déficit de la balance courante se creuse du fait de la vigueur des importations, essentiellement à des fins de consommation, et devrait encore augmenter. La forte croissance du PIB nominal a néanmoins entraîné l'amélioration, depuis quelques années, de la position extérieure globale nette négative, mais cette tendance pourrait être entravée par la persistance des déficits de la balance courante et une croissance plus faible du PIB. La demande est alimentée par une croissance soutenue des salaires, notamment en raison du relèvement des salaires de la fonction publique et du salaire minimum, ce qui s'est traduit par des hausses très importantes des coûts salariaux unitaires. Malgré une érosion de la compétitivité-coûts, à ce jour, les parts de marché à l'exportation ont augmenté. D'après les prévisions, l'orientation expansionniste de la politique budgétaire, dans un contexte de forte croissance du PIB, devrait être maintenue, contribuant ainsi à la forte dynamique de la consommation privée. Après avoir fléchi pendant plusieurs années, le ratio de la dette publique devrait repartir à la hausse. Les changements législatifs fréquents et imprévisibles contribuent à un environnement moins favorable et plus incertain pour les entreprises, ce qui a des répercussions négatives sur leurs décisions et leurs investissements. Les récentes initiatives législatives ayant une incidence sur le risque bancaire menacent le fonctionnement du secteur financier et pourraient entraver les investissements en raison du resserrement des conditions de crédit, d'une part, et du tarissement du marché des capitaux, associé à une plus grande faiblesse des investisseurs institutionnels, d'autre part. Dans d'autres domaines, les réformes ont progressé plus lentement, voire se sont inversées.

 

Pour en savoir plus

Mémo: Semestre européen – Paquet d'hiver

28 Rapports par pays

Communication sur les grandes conclusions des rapports par pays

Avis concernant le projet de plan budgétaire 2019 de la Slovénie

Second rapport sur la Grèce au titre du cadre de surveillance renforcée

Programme de travail annuel du programme d'appui à la réforme structurelle (PARS)

Lignes directrices pour l'emploi pour 2019 mises à jour

Rapport d'avancement sur la recommandation du Conseil relative à des «parcours de renforcement des compétences: de nouvelles perspectives pour les adultes»

Rapport d'avancement sur la recommandation du Conseil relative à la création de conseils nationaux de la productivité

Calendrier du cycle du Semestre européen

 

Publications précédentes

Examen annuel de la croissance 2019

Rapport 2019 sur le mécanisme d'alerte

Recommandation concernant la zone euro pour 2019

Projet de rapport conjoint sur l'emploi 2019

Socle européen des droits sociaux et tableau de bord social

Prévisions économiques de l'hiver 2019

Lancement du Semestre européen 2019: paquet d'automne

 

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